Accueil > Focus > Projets / Réalisations > Installation de téléphones dans la région de Toma (Province de Nayala) (...) > Installation de téléphones dans la région de Toma (Province de Nayala) (...)

Installation de téléphones dans la région de Toma (Province de Nayala) BURKINA-FASO (1999)

1999, par Alain


Mission
au Burkina-Faso

I SIZE="5" color="#0000A0">nstallation de téléphones dans 3 ou 4 villages de la région de
Toma (Province de Nayala). Etude de besoin, viabilité, formation au matériel, étude des
changements sociaux.


Contact  : Mr. Alain Bergounioux : 04 93 85
36 04

 
Emile Quesada : 04 93 01 81 82

 
Claude Sicard :04 93 01 81 82

Bruno Jaffré : 01 44 44 69 30

CSDPTTCoopération
Solidarité Développement aux PTT
BP8 75261 Paris Cédex 06


  1. INTRODUCTION

A l’heure des autoroutes de l’information,
la quasi-totalité des villages africains est privée des moyens de communication les plus
élémentaires. Nous considérons que l’objectif d’un poste public par village
est un minimum qui devrait être atteint rapidement. Malheureusement les pays africains ne
peuvent aujourd’hui prendre en charge seuls cet objectif.

Au rythme où sont actuellement effectuées les
installations, il est à craindre que cette situation perdure longtemps encore. Pourtant
les nouvelles technologies permettraient d’entrevoir de nouvelles solutions
techniques, la radio étant une des alternatives au réseau filaire trop coûteux.

Les besoins existent : rapports familiaux,
santé, état des routes, relations économiques et commerciales, communications des
autorités administratives avec les préfectures et les villages. S’ils
s’expriment peu c’est qu’ils ne disposent guère de relais. Pour notre
part, nous sommes cependant fréquemment sollicités et ne pouvons répondre aux demandes.
De plus disposer de moyens de communication à distance paraît aux yeux des populations
une perspective trop éloignée voire inaccessible. Pourtant dès qu’une possibilité
est entrevue apparaissent rapidement des énergies disponibles particulièrement
motivées.

L’installation de moyens de communication va
permettre non seulement de répondre à des besoins essentiels, par exemple joindre un
hôpital en cas d’urgence mais aussi contribuer à l’expansion économique.
L’absence de moyen de communication constitue aujourd’hui un frein au
développement de ces villages.

Il convient aujourd’hui de mobiliser les
énergies disponibles pour que le droit à la communication pour toutes les populations, y
compris celles des zones rurales, soit effectivement pris en compte et que des moyens
conséquents, financiers et humains, soient mis en oeuvre sans tarder. Si les plus gros
opérateurs internationaux commencent à se presser pour prendre en charge les
communications entre les capitales africaines, le raccordement des zones rurales ne
constitue pas une priorité. En France l’opérateur s’étant désengagé de la
coopération, il convient de montrer que d’autres acteurs peuvent prendre le relais
comme par exemple des associations de techniciens en télécommunications. CSDPTT
(Coopération Solidarité Développement aux PTT) est l’une d’entre elles, mais
pas la seule. Mais les moyens dont ces associations disposent sont dérisoires par rapport
à l’immensité des possibilités de ce qui pourrait être fait en matière de
télécommunications.

Un premier projet est envisage en collaboration
avec des originaires de la région concernée. Il s’agit de moyens de communication
qui vont permettre à certains villages enclavés d’être reliés au réseau
téléphonique. Il s’agit d’installations répondant à des besoins de service
public.

Il nous a semblé nécessaire d’étudier l’expression des
besoins. Depuis notre présence parmi les acteurs, nous nous sommes en effet rendus compte
que peu de travaux existaient sur la question. En nous associant avec un professeur de
sociologie de l’université de Ouagadougou et certains de ces étudiants qui
participeront aux enquêtes, nous souhaitons y apporter toute la qualité nécessaire à
ce genre d’étude. Mais nous souhaitons aussi innover en accompagnant ce projet
d’étude des transformations dans les usages qu’engendre l’installation de moyens de
communication à distance.

Les universités africaines comptent en effet de
nombreux étudiants en Sociologie. Il est donc naturel de leur confier cette étude
encadrés par des professeurs expérimentés qui ont l’habitude de la réalisation
d’étude pour les organismes internationaux. Les télécommunications sont amenées
à un développement de grande ampleur : des solutions originales doivent être apportées
pour promouvoir une solution globale et ainsi doter tous les villages.

Ce projet est réalisé dans un esprit d’amitié,
de solidarité et de développement de nouveaux rapports basés sur l’échange et
l’entraide entre les villages burkinabé mais aussi des agents de l’ONATEL (Office
National des Télécommunications) au Burkina d’une part et les agents de la Poste
française et de France Télécom regroupés au sein de l’association. Sans
précédent par son objet et les conditions de sa réalisation il sera popularisé par
chacun des intervenants selon ses objectifs comme un exemple de solidarité concrète.

Pour sa part, CSDPTT dispose d’une lettre
mensuelle où elle rend compte de son activité et des évolutions du monde des
télécommunications en Afrique. Elle est aussi présente sur Internet où plusieurs de
ces adhérents s’investissent dans des groupes de discussion pour qu’y soit
abordé les problèmes relatifs au développement des télécoms en Afrique. Elle est
entrée dans une phase active de constitution de son propre site. CSDPTT commence à être
connu par mi les acteurs de la coopération dans les télécommunications et compte bien
profiter de tous ces moyens à sa disposition pour rendre largement compte de cette
expérience.

De plus CSDPTT a décidé de se rapprocher du
groupe " Structuration du monde rural " du CCOBF (Comité de
Concertation des OSI qui interviennent au Burkina Faso) et compte travailler en
collaboration avec lui afin d’échanger des expériences et peut-être proposer un
nouveau projet plus vaste au sein du CCOBF.

Pour notre part s’il ne constitue par la
solution aux problèmes du manque de moyens de télécommunications, en plus de répondre
à un besoin immédiat des populations de quelques villages de la Province de Nayala, il
doit permettre de constituer la preuve que l’on peut mobiliser des énergies
jusqu’ici insoupçonnées. Nous espérons qu’il permettra d’enclencher de
nouvelles dynamiques pour d’autres projets de même nature.

Il doit, par le rayonnement et la publicité qui lui sera faite,
contribuer à sensibiliser les différents acteurs de l’urgence qu’il y a à se
pencher sur la recherche d’une solution permettant rapidement l’accès de chaque
village à des moyens de communication.

  1. LE PROJET
  2.  

    1. L’origine du projet
    2. L’association CSDPTT est née
      en 1988 au sein du personnel de la Poste et de France Télécom. Son objectif est de
      promouvoir les échanges et l’entraide entre les peuples notamment en
      apportant un soutien aux actions de développement dans le domine de la Poste et des
      Télécommunications ".
      Assez rapidement l’installation de moyens de
      communication radio dans des villages enclavés apparut comme un des projets
      particulièrement utiles pour les populations, mais aussi réalisables. En effet très peu
      de temps après sa création CSDPTT fut saisie d’une demande de l’AOTRF
      (Association des originaires du Tringa résidant en France) qui regroupe des
      ressortissants maliens d’un groupe de villages du cercle de Yélémané. Des postes
      radio leur avait été donnés mais ils avaient besoin qu’on les installe. Ce à quoi
      s’attela CSDPTT durant l’année 1990.

      CSDPTT a ensuite longtemps travaillé sur un
      projet d’installation de liaison radio entre le village de Sérékéni dans la
      Province d’Orodara. Le projet était bien avancé, une convention avait été signée
      par la plupart des partenaires, groupements villageois, Haut-Commissariat, université de
      sociologie de Ouagadougou. Finalement alors que nous demandions une fréquence,
      l’ONATEL nous informa de l’extension prochaine du réseau dans cette région.
      Nous décidâmes alors de surseoir à notre projet. Mais nous avions eu des contacts
      réguliers avec les villageois et nous étions de plus en plus convaincus que ce type de
      projet répondait à une grande nécessité.

      Durant cette préparation, nos contacts
      s’étaient approfondis avec M. André Nyamba, professeur de sociologie à
      l’université de Ouagadougou qui devait assurer l’étude sociologique avec ses
      étudiants. Originaire de la province il nous confirma tout de suite le besoin de
      téléphone dans cette région, nombreux étant les villages privés de moyens de
      communication. Nos rapports avec l’ONATEL étant désormais soutenus nous apprîmes
      rapidement leur disponibilité d’autant plus que la région disposait d’un
      installation de type IRT à Toma d’une capacité installée de 86 et d’un
      capacité exploitée de 74.

      La décision de se lancer de ce projet, et
      d’en étudier plus avant sa viabilité était prise.

       

    3. La description du projet

Le projet consiste en l’étude des besoins
en communication, l’étude de faisabilité sur le terrain en liaison avec le choix
des villages, l’installation de 3 ou 4 installation de type TERA (téléphone sans
fil), puis l’étude des changements sociaux induits par l’arrivée d’un
nouvel outils de communication.

Trois ou quatre appareils de type TERA (terminaux
de type radioélectrique d’abonnés) doivent être installés. Plusieurs solutions
sont envisagées et techniquement possible, qui concernent tout autant l’organisation
à mettre en place autour des téléphones que des choix techniques. Faut-il crée un
télécentre communautaire avec gestion complète du téléphone par le groupement
villageois qui devra s’acquitter des abonnements et des communications ou bien
préférer l’installation d’une cabine publique la gestion serait confiée à
l’ONATEL ?

Bien évidemment, les décisions seront prises en
concertation avec les différents acteurs, les représentants des villageois,
l’ONATEL et les autorités locales notamment les préfectures et le Haut-Commissariat
qu’il conviendra d’associer à la mise en place du projet.

L’étude des besoins, les possibilités financières ou non
des villages de s’acquitter des abonnements et des communications, et les limites
dues au matériel (physionomie du terrain et distance entre les villages concernés et
l’IRT installé à Toma) présideront à l’arbitrage de la solution choisie
(choix des villages et choix entre cabine publique ou gestion collective d’une ligne
privée).

La première mission d’étude a donc pour
objectifs de préciser les choix relatifs à des questions d’organisation et des
questions techniques, celles-ci étant évidemment liées.

Partie technique :

L’ensemble des problèmes techniques seront
traités en étroite collaboration avec les techniciens et ingénieurs de l’ONATEL
qui nous ont assurés de leur disponibilité pour travailler sur un tel projet.

Le matériel TERA est compatible avec l’IRT,
il n’en reste pas moins une étude technique à faire dont les conclusions
présideront en partie aux choix des villages. Une étude du terrain et de son relief,
doit permettre de fixer la distance acceptable, en liaison avec la puissance des TERA.

L’alimentation électrique sera assurée par
des panneaux solaires. Le choix de l’équipement sera arrêté en concertation avec
l’ONATEL et le fournisseur des panneaux solaires. Il en est de même des pylônes sur
lesquels seront fixés les antennes

Il convient en fin de se pencher sur le choix
entre cabine publique et poste collectif privé. Dans le premier cas il convient de
vérifier la possibilité de l’installation d’une cabine après
l’installation d’arrivée, étant entendu que c’est théoriquement
possible.

Si le choix se porte sur une installation privée
gérée collectivement par le village, il convient d’adapter un compteur de taxe afin
d’éviter les problèmes pouvant survenir au moment de réception des factures
téléphoniques.

Les questions relatives au transfert des connaissances et à la
maintenance seront longuement évoqué. Une partie de la mission consiste à forcer les
techniciens de l’ONATEL à ce type de matériel, montage et fonctionnement des
appareils. Différents schémas de procédure seront élaborés en cas de panne. Ceci
permettra en particulier d’évaluer les capacités de réparation de l’ONATEL de
cartes électroniques. En tout état de cause, Les différentes solutions seront
évoquées y compris le remplacement du poste défectueux.

Problème d’organisation :

Ce sont sans doute les problèmes les plus
faciles à résoudre. Il est clair que l’installation d’une cabine publique en
facilitera la résolution.

Mais nous souhaitons cependant étudier
l’autre solution, c’est-à-dire l’installation d’un téléphone
communautaire privé, qui pour l’ONATEL sera vu comme n’importe quel autre
abonné. Il existe encore de ce point de vue deux solutions.

  • Soit l’installation d’un télécentre avec au préalable la signature d’un contrat avec l’ONATEL, de tels centres existent déjà au Burkina Faso et la mission devra si le temps le permet étudier le fonctionnement d’un ou de plusieurs d’entre eux.
  • Soit le Groupement villageois ou une autre structure collective s’abonne comme un abonné privé classique et il appartient alors de trouver des solutions autour de la gestion de ce téléphone. Qui en prend la responsabilité, quel prix doivent payer les villageois, compte tenu de la nécessité de régler aussi l’abonnement, etc...

Ce choix est entièrement à l’analyse des
besoins et aux capacités de financement des villageois.

L’inventaire des différents acteurs
éventuels du projet sera mené y compris la possibilité par les originaires de cette
région, habitant à Ouagadougou ou à l’étranger tout aussi intéressés au projet
puisqu’il leur permettra de joindre leur famille.

Des rencontres sont prévues avec les autorités administratives
qui peuvent éventuellement devenir aussi des acteurs du projet dans la mesure où il
pourrait aussi être intéressé par la possibilité de joindre rapidement les autorités
du village.

Outre de doter les villages de moyens de
communication à distance, il s’agit de mettre en place des structures et de
préparer le financement de postes de téléphones collectifs lorsque le développement du
réseau national le permettra. Des fonds seront en effet générés par
l’exploitation des postes et toute une organisation aura été mise en place. Des
études menées par le Département de Sociologie de l’Université de Ouagadougou
doivent permettre d’observer et de tirer un bilan de l’expérience, aussi bien
du point de vue de l’évolution de la vie quotidienne, de l’usage qui en sera
effectivement fait afin de mieux formaliser les besoins, que de l’évolution de
l’économie villageoise.

 

    1. L’étude sociologique

L’étude sociologique est un volet à part
entière du projet. Elle sera menée sous la direction du M. André Nyamba, professeur
d’ethno-sociologie et spécialiste en sociologie de la communication, de
l’université de Ouagadougou, avec une dizaine d’étudiants en maîtrise de
sociologie qui ont déjà une expérience de travail de terrain.

Elle se fera en deux phases.

- La première porte sur l’évaluation et
l’analyse des besoins et attentes et des disponibilités d’engagement des
populations en matière de communication à distance, avant la réalisation du projet.
Cette phase nécessite des enquêtes et des analyses sur plusieurs villages pour
déterminer avec précision les besoins et la nature de l’accueil des populations
rurales en matière de communication à distance. Il s’agira en fait d’une
étude prospective qui apportera une meilleure connaissance de ces espaces sociaux.

- La deuxième phase de l’étude sera une
sorte d’analyse des changements sociaux induits par la communication à distance
pendant et après la réalisation du projet ; il s’agira de voir en effet
l’impact d’une nouvelle technologie de communication à distance sur le contexte
social, les rapports sociaux, les modes de vie, les habitudes et les comportements
socioculturels et socio-économiques des populations déjà engagées dans un processus de
développement intégré des zones rurales et des mutations sociales globales. Cette
étude d’impact devra faire connaître la mesure du changement social en général et
le changement des mentalités en particulier, du fait d’un raccourcissement des
distances spatiales.

L’aspect économique de l’étude devra
évaluer les dépenses moyennes des habitants en matière de communication entre les
villages et avec le chef lieu de la Province (déplacements multiformes en mobylettes ou
bicyclettes, voitures occasionnelles, etc...). Cette évaluation sera comparée avec la
nouvelle situation de dépenses en matière de communication dans ces zones enclavées
après la réalisation du projet. Ainsi, il sera possible de déterminer les dépenses
globales en matière de communication, les capacités financières de prise en charge du
projet mais aussi plus généralement les retombées économiques.

Les coûts globaux annoncés à la fin du document comprennent
les déplacements, les séjours de travail, d’enquêtes, de collectes de données
auprès des populations concernées et l’analyse ultérieure des informations
recueillies ( 2 déplacements d’une dizaine d’étudiants encadrés de leur
professeur pendant une dizaine de jours pour effectuer les enquêtes, saisies des
données, tirage des documents, etc.).

Messages