Accueil > Focus > Projets / Réalisations > Installation de téléphones dans la région de Toma (Province de Nayala) (...) > Les Tribulations de 2 niçois au Burkina Faso. Mission de téléphonie rurale (...)

Les Tribulations de 2 niçois au Burkina Faso. Mission de téléphonie rurale (acte2)

lundi 5 mars 2001, par Bruno JAFFRE

Il s’agit du compte rendu d’une deuxième mission d’installation de téléphones dans la région de Toma en janvier-février 2001, sous forme de reportage, la première s’étant déroulée en septembre 1999.

 
Les Tribulations De Deux Nicois
Au Burkina-Faso

Résumé des chapitres précédents :
Après moult coups de téléphones et autres télécopies,
nos deux amis avaient fini par faire le grand saut vers le Burkina-Faso,
un beau matin de septembre 1999. La nervosité suscitée autant
par l’impatience que les espoirs mis dans ce projet, ne s’atténua
pas à leur arrivée, bien au contraire. La somme des tracasseries
administratives rencontrées faillit anéantir leur moral,
mais tels des « fox-terriers » de base (l’un d’eux est quelquefois
surnommé Milou), ils ne lâchèrent pas le morceau et
purent effectuer l’installation complète au village de Toma, point
de départ des 4 liaisons. C’est donc fourbus mais néanmoins
satisfaits qu’ils regagnèrent « la civilisation » où
l’un d’eux, relâchant sa vigilance, fut terrassé par une amibe
qui ne lui voulait pas que du bien. (voir lettre csdptt N°49
et 50 de décembre et janvier 1999).

CHAPITRE III

Jeudi 25 janvier 2001
C’est tout de même avec quelques inquiétudes quant au
déroulement de la mission, que nos deux « gentils membres
 » atterrissent à Ouagadougou vers 17h30. Le retard d’une heure
est insignifiant, car divine surprise, un chauffeur de l’Onatel nous attend
avec une pancarte CSDPTT. Il s’agit d’une de nos connaissances, Yacouba
Ouédraogo ( voir chapitres précédents ). Sa présence
nous permet de passer la douane sans problèmes malgré la
quantité de médicaments transportés pour le village
de Toessin (voir aussi chapitres précédents). Deux chambres
nous ont été réservées à la D.I.L.A.
comme l’an dernier, ce qui fera l’affaire pour notre séjour dans
la capitale. Nous passons un coup de fil à Etienne Paré (à
ce stade, je ne préciserai plus l’obligation de relire les chapitres
précédents pour une plus grande compréhension). Il
nous recevra demain comme nous le souhaitons, de manière à
organiser le départ vers les villages pour lundi. Nous sommes sur
un nuage.
Pour fêter ça, rien de tel qu’une première Flag
au dîner que nous prenons au Tam-Tam en compagnie de JP Bonkoungou.
Gagnés par une douce euphorie, il nous semble reconnaître
nos odeurs tellement nous y avions passé de temps. A 22h, nous sommes
prêts pour notre première nuit relax en Afrique. Nous n’oublions
pas néanmoins de préparer 1litre d’eau avec micropure (une
fois suffit), un peu de pragmatisme ne nuira pas.

Vendredi 26 janvier 2001
Réveil à 7h par une douche fraîche puis : What
a surprise ! ! ! ! Un chauffeur de l’Onatel est là, prêt à
nous conduire à la direction. Il semble que tout baigne mais ne
nous enflammons pas. Nous passons une bonne partie de la matinée
dans le bureau d’Etienne Paré afin de coordonner le déplacement
vers les villages avec les différents services concernés
( Pylônniers, Energie). Plusieurs coups de fils sont passés
à Michel Pitroipa, directeur régional de Koudougou, lieu
où nous devons dispenser la formation. Il doit nous fournir une
perceuse, un groupe électrogène et des appareils de mesures.
Une fois le programme établi, nous abordons divers sujets avec
Etienne : L’avenir de l’Onatel, l’essor du GSM, les coopérations
futures avec CSDPTT, la conférence de presse que nous souhaiterions
en fin de mission ainsi qu’une entrevue avec le DG. Pas de rencontre possible
aujourd’hui avec un haut responsable car il y a grand-messe. La fin de
matinée sera consacrée à une visite de courtoisie
à Félix Compaoré. Comme toujours, son accueil est
très chaleureux et comme toujours aussi, il regrette de n’avoir
pu créer une association du genre AVDTM (association des volontaires
pour le développement des télécommunications au Mali)
mais promet d’essayer de réunir tous ceux pressentis au sein de
l’Onatel pour notre retour des villages. Dont acte. Nous consacrons l’après-midi
à prendre contact avec André Nyamba et Jean Martin Ki, conseiller
au ministère des affaires étrangères qui fut l’un
de nos contacts depuis la France lorsqu’il s’agissait d’avoir des infos
sur l’avancée des travaux du village de Koin dont il est originaire.
Rendez-vous est pris pour une rencontre dimanche matin.

Samedi 27 janvier 2001
5h30 : Le réveil est matinal, mais JP Bonkoungou souhaite que
nous partions tôt pour apporter les médicaments dans son village
car le retour est prévu le soir même. Nous avons émis
le souhait d’être reçu d’une façon plus modeste que
l’an passé. Nous constatons qu’une maternité a été
construite grâce à une ONG, ce qui ne sera pas du luxe. Notre
contribution sanitaire, bien que modeste, semble faire le bonheur du médecin.
La vue d’un « Vidal » de 95 dans le lot lui arrache un sourire
de satisfaction. Une collation et quelques So.b.bra. plus tard (la bière
ayant généreusement remplacé l’eau de l’étranger),
nous rentrons à Ouaga vers 18h30.

Dimanche 28 janvier 2001
Comme convenu, nous prenons le petit déjeuner avec JM Ki. Le
contact est excellent et nous mesurons son intérêt pour le
projet à la somme des questions qu’il nous pose. Il est évident
que les villageois attendaient davantage de la part de l’Onatel, notamment
au sujet de la construction des locaux devant abriter le matériel
(quelles dimensions ?). Après une période de découragement,
ceux de Koin y ont cru à nouveau lorsqu’il a pu leur annoncer notre
venue, début 2001. Désirant nous faire réserver le
meilleur accueil possible, il insiste pour savoir quel sera le jour de
l’installation à Koin. L’après-midi devait nous permettre
de revoir avec plaisir notre ami André Nyamba, mais la sournoiserie
autant que la férocité d’un virus l’ont cloué sous
les couvertures. Pour lui permettre d’assister au raccordement de son village,
nous décidons de terminer par Nimina.

Lundi 29 janvier 2001
Le rendez-vous avec François « Moro » Billogo notre
chauffeur durant toute la mission a été fixé à
8h. Il arrive à 8h01, incroyable ! ! ! Pour nous, c’est une première
et des frissons de plaisir parcourent nos échines jusqu’au bas du
dos ( Point de trivialité ici). La halte à Koudougou se passe
bien. Nous sommes attendus par Michel Pitroipa et Mamadou Tiendrébéogo,
chef de centre transmission qui nous fournit le matériel nécessaire.
Nous apprenons qu’un technicien de Dédougou avec un chauffeur nous
suivra durant tous les travaux. Faisant partie de l’équipe qui assurera
la maintenance future, il profitera des installations pour acquérir
une préformation.
Nous arrivons à Toma à 14h00, le poulet dégusté
au « maquis de la jeunesse » déjà loin dans les
talons. Nous procédons à l’essai du matériel laissé
sur place depuis 15 mois. « Couilles de boucs » (cagades en
langages TERAssien). Sur 4 liaisons, une seule fonctionne correctement
en local et de plus une antenne a chargé. Nous nous débattons
en vain jusqu’à 20h, lampes frontales braquées sur les objets
de nos déboires. L’arrivée des pylônniers avec les
mâts adoucit notre amertume. C’était trop beau, pas de bobos,
tous au dodo.

Mardi 30 janvier 2001
Réveil 6h30 : la nuit n’a pas été fameuse et dorénavant
toutes les minutes vont compter si nous voulons régler les trois
liaisons défectueuses et terminer les 4 villages dans la semaine.
Trois heures plus tard, après être passés de Charybde
en Sylla, tel Ulysse, nous touchons au port (cela ne veut pas dire que
nous mangeons du Phacochère, comprenne qui pourra). Nous partons
avec les pylônniers pour les opérations de scellage des fixations
destinées à supporter les mâts pour antennes. Koin,
Biba, Nimina sont faits avec l’aide des villageois que nous sentons enthousiastes
et impatients d’entendre une tonalité. L’équipe d’énergie
doit nous rejoindre demain et commencer la pose des panneaux et batteries
solaires. Une douce soirée en compagnie d’une savoureuse So.b.bra.
permet de sensibiliser les agents de l’Onatel sur l’importance de la création
d’une association avec laquelle ils serviraient de relais pour la réalisation
de projets futurs, pourquoi pas dans leurs régions d’origine.

Mercredi 31 janvier 2001
A 7h tapante, nous nous retrouvons « Chez Henriette et
fils », petit maquis où nous prenons le p’tit dej, prélude
à chaque début de matinée. Ce jour doit être
celui du raccordement du 1er village de la région, KOIN. A 12h30,
le premier village Samo est relié au réseau Burkinabé
par la volonté de CSDPTT et de ses partenaires de l’Onatel, énergie
comprise. Nous appelons JM Ki à Ouaga qui n’en revient pas et ne
cache pas sa joie. Les villageois nous convient à une petite réception
avec So.b.bra. et nous offrent un mouton. Cette réunion permet le
traditionnel show de mises en boîte réciproques entre Samos
et Mossis. Le riz-sauce du repas suffira largement avant de rejoindre Yaba.
Le scellage des fixations du mât ainsi que l’installation de l’énergie
est au programme. Tout se déroule sans problèmes, même
si pour la première fois, nous ne ressentons pas une grosse motivation
de la part des villageois. La douche du soir à coup de seaux d’eau
fait du bien car la journée a été rude.

Jeudi 1 février 2001
Après le passage obligé chez Henriette, nous attaquons
le pylône de Toma par la face sud pour le remplacement de l’antenne
de Biba décelée « nase » à notre arrivée.
A 11h, nous filons à Biba car l’énergie a été
installée. 12h30, fin des travaux mais pas de tonalité. Quel
maléfice nous frappe-t-il ? Aucun si ce n’est qu’ayant demandé
la substitution de la ligne normale par une ligne discriminée (pour
pouvoir effectuer les essais de taxation), cette opération a eu
lieu sans que nous en soyons informés. C’est un moindre mal, toutefois
la liaison est de mauvaise qualité. Il faudra reprendre le réglage
à 14h pendant qu’une autre équipe ira à Yaba pour
faire l’installation et les essais. A 16h, tout est réglé
en ce qui concerne Biba mais nos ardeurs sont vite tempérées
par un coup de fil d’une qualité exécrable de Yaba. Plusieurs
tentatives de repointage n’y font rien, il faut se rendre à l’évidence,
il y a un hic. Je me rends à Biba pour essayer la liaison pendant
que Claude rapatrie le matos de Yaba. 17h15, ouf ! Un deuxième village
fonctionne, Biba.
De retour à Toma, nous décidons de rester pour régler
la liaison Yaba et tester les cartelettes de télé taxe. A
20h, nous n’avons pas volé la soupe de viande sauvage (lièvre)qui
nous attend et c’est cassés et de plus en plus barbus que nous sombrons.

Vendredi 2 février 2001
Premier objectif de la journée : remettre les équipements
à Yaba. Premier échec. Nous nous apercevons que l’antenne
est mal montée. Je n’avais pourtant pas tapé le litre hier
mais bon.
Rétablissement de la situation sans succès. Toujours
un bruit abominable malgré des tentatives de repointage à
Toma. L’affaire se corse et une réflexion s’impose pour analyser
la situation.
( ) Ce blanc
pour une courte mais judicieuse analyse des faits. Nous ferons donc deux
équipes. L’une ira à Nimina comme prévu, l’autre prendra
ne charge le problème Yaba. A 11h tapantes, nous déployons
tout le matériel à Nimina pour un essai préalable
car nous sommes un peu échaudés. Tout est parfait si nous
omettons de dire que dans la précipitation nous avons oublié
le groupe électrogène. Un chauffeur retourne le chercher
ce qui nous laisse le temps de joindre Claude de retour à Toma avec
un diagnostic sur le défaut de Yaba : le problème se situe
à Toma. 14h, Nimina est relié à la « civilisation
 », ce qui nous permet d’entendre André, ravi bien qu’il n’ait
pu venir. J’ai les lèvres en feu, brûlées par le soleil
et la déshydratation. Eh ! oui, nous avons aussi oublié une
superbe bouteille d’eau probablement morte de rire du tour qu’elle vient
de nous jouer, disparue du siège arrière où je l’avais
déposée par la magie des mains de Claude, sacré Claudius,
il est joueur. Un bref repas de 15 minutes suffit avant de commencer le
siège du pylône pour déterminer qui du câble
ou de l’antenne est cause de nos tracas. Dans le meilleur des cas, si c’est
l’antenne, pas de problème majeur, on remplace. Mauvaise pioche
car après avoir déconnecter le câble, celui-ci 
s’avère défectueux. Nous essaierons quand même de le
remplacer demain en aboutant deux chutes de 35m et 17m. En attendant, point
de relâchement, nous allons à Koin pour essayer la taxation.
Là, c’est la déconfiture totale. Il n’y a plus de tonalité
au bout du fil. Ce ne sont pas les nombreuses calebasses de Dolo (voir
toujours les Trib. Chap I et II) que nous offrent chaleureusement les villageois
qui vont faire remonter un moral plus prêt des chaussettes que du
Nirvana. Cette soirée autour du mouton offert à Koin devait
être l’aboutissement d’une semaine glorieuse mais le bilan
bien maigre au soir du vendredi nous interpelle. La Fontaine vient enfoncer
un peu plus le couteau dans la plaie de notre désillusion avec sa
morale : Rien ne sert de courir, il faut partir à Koin. Et c’est
les esprits embrumés que nous regagnons nos couches où nous
attendent, impatients et assoiffés de sang, quelques moustiques
en quête d’une soirée de festin. Nous nous offrons sans résistance,
toute velléité étant vaine.

Samedi 3 février 2001
La nuit fût difficile, sans doute trop de choses dans et hors
de la tête. Le premier souci sera de remplacer le câble, pour
cela, il faut faire 4 fiches aux extrémités des deux chutes.
Première mauvaise surprise. Il n’y a pas 2 mais 3 chutes de 17m
chacune donc il faudra 6 connecteurs. C’est assez technique, mais ces détails,
pour insignifiants qu’ils puissent paraître à certain(e)s,
n’en demeurent pas moins cruciaux car ils occasionnent un surplus de temps
qui dans notre situation n’est pas négligeable. Voilà c’est
dit, na ! Il se produit alors un coup de théâtre que seuls
les grands dramaturges peuvent écrire. Les pylonniers affairés
à descendre le câble n’en croient pas leurs yeux. En suivant
le câble défectueux, ils arrivent sur les équipements
de Koin et non de Yaba. Ceci explique pourquoi nous n’avions plus de tonalité
à Koin mais cela veut aussi dire que par un de ces miracles que
la technique seule permet, nous avions fait fonctionner Koin par rayonnement
d’une antenne sur l’autre. Etonnant non ! ! ! (là encore c’est assez
technique, désolé). Nous devons donc redresser complètement
la situation et procéder à de nouveaux essais. Il est 11H00
le samedi 3 février et 4 villages de la province du Nayala sont
reliés. L’émotion intense que nous ressentons est autant
le fait du soulagement du travail accompli que du relâchement de
la tension nerveuse accumulée durant cette semaine. Nous savourons
probablement à ce moment la meilleure bière burkinabé
qu’il nous a été donné de boire. Les pylônniers
présents à nos côtés ont accompli une performance
remarquable avec plusieurs ascensions à 50m en deux jours pour nous
permettre de finir aujourd’hui. Nous quittons le pays Samo à regret
sans savoir si nous y reviendrons un jour (séquence nostalgie).
A 20h, nous ne faisons pas de quartier à la brochette de capitaine
qui nous tend les bras. Une soirée Tam-Tamesque somme toute banale.

Dimanche 4 février 2001
Quel plaisir de prendre notre petit déjeuner chez Tanti Habi,
l’esprit vide de toute angoisse. Ce dimanche doit être l’occasion
de rencontrer André, JM Ki et Sylvestre Ouedraogo. Que croyez-vous
qu’il advint ? Aucuns ne sont disponibles. Tant pis, nous flânerons
et tâcherons de récupérer.

Lundi 5 février 2001
7h30, nous devons passer à la direction de l’Onatel pour prendre
l’ordre de mission avant le départ pour Dédougou, lieu où
nous devons dispenser la formation. Nous en profitons pour faire le point
sur le projet avec Etienne Paré qui nous a appelés régulièrement
à Toma. Il nous propose une entrevue avec le Directeur Délégué,
M. Bonkoungou Zouli, mercredi matin. Pour ce qui est de la conférence
de presse, son ton évasif ne nous laisse présager rien de
bon. Vers 10h, nous quittons Ouaga pour Dédougou que nous rejoignons
à 13h30 après nous être arrêtés à
Koudougou pour prendre Mamadou Tiendrébéogo qui veut assister
au cours. L’excellente carpe dégustée à la « 
guinguette » est bien appréciée, surtout après
ce trajet chaotique mené tambour battant sur les pistes Burkinabé.
Après une présentation des locaux et du personnel, nous rejoignons
la salle de cours où six personnes assisteront à cette formation.
Outre Mamadou déjà cité, il y aura le responsable
des transmissions de Dédougou, M. Dembélé, trois
de ses agents dont celui qui nous a suivis dans nos pérégrinations
et un agent de Tougan, susceptible d’intervenir dans la région des
villages. Nous avons structuré le cours en deux parties :
Lundi, installation et présentation du matériel.
Mardi, fonctionnement et réglage sur banc d’essai.
Cette première partie se termine vers 19h et nous avons le sentiment
que tous éprouvent un peu de crainte comme souvent devant quelque
chose de nouveau. Bien qu’ils aient fait preuve d’une attention soutenue,
quelques questions doivent se bousculer dans leurs têtes. Nous verrons
demain en les mettant à contribution ce qu’il en reste. Le repas
au maquis du « prestige » sera de nouveau l’occasion d’une
joute Mossi-Samo.

Mardi 6 février 2001
La deuxième partie du cours débute à 8h, après
un traditionnel petit déjeuner maquisard, par quelques révisions.
Puis nous les jetons dans l’abyme des réglages. A 14h, nous les
sentons soulagés d’en finir bien qu’ils semblent s’être rapidement
familiarisés avec le matériel. Il va sans dire, que pour
nous aussi, la fin de ce cours rime avec mission accomplie. Reste à
espérer qu’au moment des premiers problèmes, tout ne sera
pas que souvenir. Quelques conseils pratiques quant à la manière
d’appréhender les dérangements et nous faisons un dernier
crochet par le « Prestige » pour se taper une soupe de
phacochère, pas très chère (je n’ai pas résisté
à la faire). Nous sommes un peu déçus car nous pensions
conclure cette formation par un repas pris en commun, il n’en est rien.
L’ambiance n’est pas celle vécue pendant les installations, tant
pis. A 19h, le périple retour est terminé. Nous passons la
soirée avec André. Pas de surprises. La soirée est
très intéressante et la panne de voiture qui suit, habituelle
( voir une dernière fois les chapitres précédents).

Mercredi 7 février 2001
Une journée qui sera consacrée aux entretiens : le Directeur
délégué, l’ambassadeur de France et Sylvestre Ouédraogo.
Changement de programme avec le report du rendez-vous avec le DD pour 15h.
Nous tentons l’ambassade. Chou blanc, pas de possibilité avant l’après-midi.
Nous déposons le document et laissons nos coordonnées pour
le cas où il y aurait une opportunité. 
Riz-sauce et sieste pour patienter. Tout se passe bien chez le Directeur
qui nous remercie. Il fait remarquer qu’à l’avenir, il faudra absolument
éviter qu’il ne s’écoule trop de temps entre le début
et la fin d’un projet. Il ne faut pas désamorcer les enthousiasmes.
Il insiste auprès d’Etienne Paré pour que nous puissions
partir avec le protocole d’accord signé. Nous remercions à
notre tour l’Onatel pour sa contribution et lui expliquons qu’étant
une petite association, il nous serait agréable que l’Onatel nous
encourage, comme disent les petits marchands des rues, en s’abonnant à
la lettre de CSDPTT. Il accepte et cela nous encourage à demander
la prise en compte des expéditions de matériel chaque fois
qu’un partenariat sera mis en place. Nous nous quittons sur une bonne impression
mais conscients de la nécessité de contracter un accord avant
chaque projet de manière à définir précisément
le rôle des uns et des autres. Sortis de là, nous allons au
rendez-vous avec Sylvestre Ouedraogo. Il nous fait visiter le site des
1200 logements où sont dispensées des formations à
l’informatique et où des accès Internet sont disponibles
(voir article sur Yam Pukri). Pour cette soirée, confiance au guide
du routard, ce sera le « Number one ». La musique est un peu
forte mais plus rien ne nous dérange si près du retour.

Jeudi 8 février 2001
Cette dernière journée s’écoulera en roue libre,
au rythme burkinabé, et nous tenterons de savourer. Notre chauffeur,
François « Naba » Billogo, nous informe qu’Etienne veut
nous rencontrer ce matin avant 8h30. Il est heureux de nous montrer trois
exemplaires du protocole qu’il va déposer à la signature
tout de suite. Il nous remet un cadeau de la part du DG et nous invite
pour 13h au restaurant. Les évènements se précipitent.
Il nous reste un peu de temps et nous le mettons à profit pour saluer
Félix Compaoré. Il n’a pu réunir les membres de l’Onatel
comme promis. Il est surpris que le DG ne nous ait pas reçus et
ne comprend pas pourquoi la conférence de presse n’a pas pu avoir
lieu. Et là, tout s’accélère. Il appelle le DG pour
nous obtenir un entretien en fin de matinée et contacte le responsable
de la communication M. Maiga afin que nous puissions trouver ensemble un
moyen de mettre en lumière la réussite de cette mission.
Nous convenons de lui faire parvenir un compte rendu synthétique
du projet assorti de quelques photos prises sur les sites pour qu’il en
fasse un article. Un coup de fil du secrétariat du DG nous informe
que celui-ci peut nous recevoir tout de suite. L’entretien est bref mais
intéressant. Là encore nous sentons un vif intérêt
pourdévelopper d’autres projets, le bénéfice retiré
par l’Onatel n’ayant semble-t-il pas échappé aux uns et aux
autres. Après ce court entretien, il nous reste un peu de temps
pour aller dire au revoir ou adieu à Ziba et ses pylônniers
dont nous regretterons vraiment la gentillesse. 13h, l’heure du « 
Vert Galant » a sonné. Le déjeuner, fort bon au demeurant,
se passe de la meilleure façon car Etienne Paré et Bernard
Bationo affichent une décontraction encore jamais entrevue. Malheureusement,
point de protocole d’accord signé car le directeur délégué
est souffrant. Nous devrons attendre qu’ils nous l’envoient. S’il fallait
un nom à ce document, nous n’hésiterions pas : l’Arlésienne.
15h, nous nous rendons à l’aéroport pour l’enregistrement
des bagages. C’est un peu tôt mais des infos concernant les problèmes
d’Air Afrique nous incitent à être prudents. 17h, retour à
la D.I.L.A. et dernières conversations avec J.Paul, Drahmane, Alain
et les autres autour d’un thé à la menthe. 19h, André
nous rend visite et profite de la présence d’Etienne Paré
pour lui donner son sentiment. Ils ne s’étaient plus vus depuis
Cotonou, il y a un peu d’un an. Une dernière brochette et nous voilà
dans l’avion de Paris. Reviendrons-nous un jour ici ? Sans nous consulter,
nous nous posons sûrement la même question. Ce projet s’il
nous a pompé beaucoup d’énergie, nous a aussi apporté
énormément humainement parlant. Puisse-t-il être le
premier d’une longue série pour CSDPTT.

Emile Quesada Niçois et Burkinabé de cœur

PS : Nous dédions la réussite de cette mission à
Ziba Bahi. Nous n’oublierons jamais ce qu’il a fait pour nous trois jours
après avoir perdu un petit enfant. Merci infiniment Ziba.