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Déclaration de CSDPTT avant l’ouverture de la deuxième conférence préparatoire (PREPCOM2) du Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI)

jeudi 13 février 2003, par Bruno JAFFRE

Cette déclaration a été adoptée par le Conseil d’Administration de CSDPTT le 26 décembre 2002. Elle synthétise les positions que défendront les membres de CSDPTT à la PREPCOM2 qui débute le 17 février 2003 à Genève.

 
 

CSDPTT est une association qui travaille « sur le terrain »
avec ses partenaires associatifs et institutionnels pour connecter des
villages et communautés isolés, et développer les
usages d’Internet au service du développement. CSDPTT agit dans
un esprit de solidarité, d’amitié et de coopération
dans les domaines de la formation et de l’ingénierie des réseaux
avec les acteurs impliqués, depuis les utilisateurs jusqu’aux salariés
des Opérateurs publics de télécommunications.
Elle s’est fortement engagée dans le processus du SMSI notamment
par des contributions en matière de « Contenu et Thèmes
 » lors de PrepCom1 et de la Réunion Informelle qui l’a suivi.

CSDPTT partage en grande partie les préoccupations des autres
ONG notamment sur le droit à la communication, l’inaliénable
liberté de tous les hommes et femmes dans le choix de leur mode
de communication ainsi que de son contenu. Enfin, elle place un grand espoir
dans les technologies de la communication pour contribuer à la réduction
de la « fracture sociale » entre les pays industrialisés
et les pays en développement.

CSDPTT met fortement en doute la relation systématique établie
par les initiateurs et entretenue par la grande majorité des acteurs
impliqués dans le SMSI, tous secteurs confondus, entre la technologie
de l’information et de la communication (TIC) et le développement
des pays du « Sud ». Elle estime par ailleurs que la
plus grande partie des recommandations émises jusqu’à présent
dans ce cadre souffre des tares rédhibitoires suivantes :
- Une focalisation excessive voire unique sur la problématique
des contenus de « l’information
 » et des diverses formes de liberté concernant leur génération
et leur dissémination ;
- Slogan : Les NTIC, outil fondamental du développement.
- Une accumulation hypertrophique de résultats attendus du SMSI
dans une multitude voire dans la totalité des domaines de la problématique
du développement.
- Slogan : Les NTIC, une solution à tout problème
posé quel que soit son domaine ou sa spécificité.
- Une promotion quasiment exclusive d’Internet comme médium
structurant la « Société de l’Information ».
- Slogan : Hors l’Internet large bande point de salut.

Pour ces raisons CSDPTT rappelle au PrepCom2 ses recommandations en
termes de contenus et thèmes qu’elle lui demande instamment de prendre
en compte dans le Plan d’Action résultant de ses travaux :

Elles sont formulées en trois thèmes essentiels :
- Un accès aux réseau de télécommunications
à un coût abordable dans tout village et/ou communauté
importante ou sensible dans les PeD d’ici à 2005, fin du processus
du SMSI, qui doit inscrire à son ordre du jour la réalisation
de cet objectif. Les moyens nécessaires pour l’atteindre sont aisément
mobilisables dès lors que la communauté internationale en
exprime la volonté politique. Elle se réjouit que le Secrétaire
général de l’UIT ait repris à son compte cette revendication
lors de la Conférence des Plénipotentiaires de l’UIT à
Marrakech en octobre, mais doute de la capacité de l’UIT -guidée
par le dogme néolibéral- de réaliser cet objectif.
- La relation fondamentale existant entre les sources d’énergie
appropriées et les équipements communs de réseau d’utilisateurs
des TIC. Cette relation doit prendre en considération le caractère
prioritaire des premières sur les seconds. En conséquence,
toute recherche de solution dans le processus du SMSI doit porter sur les
deux domaines, l’énergie et les TIC, condition nécessaire
et suffisante pour sa viabilité, sa durabilité et son efficacité.
- Le SMSI a été placé sous la conduite de l’UIT
par ses initiateurs. Or l’UIT a montré jusque là ses limites
dans la recherche d’une solution pour réduire « la fracture
numérique », plus engagée à déréglementer
le secteur des télécommunications qu’à le conforter
dans les PeD. En outre, la dernière Conférence des Plénipotentiaires
de l’UIT a sérieusement mis en cause le fonctionnement même
de cette institution. Il est donc urgent que l’UIT se recentre sur sa mission
de base qui est un développement des télécommunications
le plus équitable possible. C’est à cette condition seulement
qu’elle sera le moteur du processus du SMSI et le garant d’un développement
qu’attendent les Pays en Développement et au premier rang desquels
les pays africains.
 

CSDPTT jugera à l’aune des progrès faits dans les trois
thèmes, de l’efficacité du processus du SMSI et de la poursuite
de son engagement dans celui-ci.
 

Paris, le 26 décembre 2002