Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Juin 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Juin 1996

Juin

samedi 1er juin 1996, par Alain


La Lettre de juin 1996
No : 9

 
Sommaire :

 

Editorial
Nouveau constat : le retard de l’Afrique
s’accentue dans les télécoms.

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Echos de csdptt et de la vie
associative

CSDPTT au CPE Paris Nord.
CSDPTT recherche...
La Lettre de CSDPTT recherche...
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Sénégal : lancement
de la privatisation des télécoms.

OMC. Report de l’accord sur la libéralisation
des télécoms.

Nouveaux réseaux cellulaires
en Zambie et en Egypte.


Editorial
Nouveau constat : le retard de l’Afrique s’accentue
dans les télécoms.

C’est ce que souligne un rapport que vient de publier
l’IUT, l’Union Internationale des Télécommunications, publié
à l’occasion de sa conférence régionale africaine.
Il ne fait que renforcer à l’aide de chiffres le constat que nous
vérifions sur le terrain grâce à nos correspondants.
Le retard de l’Afrique en matière d’équipement téléphonique
continue à s’accentuer. C’est ainsi que la télédensité
(nombre de lignes pour 100 habitants) reste encore inférieure à
0,5. Elle a même baissé entre 1990 et 1994 pour 9 pays de
la région. En revanche, elle est passée de 2,9 à 4,2
en Afrique du Nord et de 8,7 à 9,5 en Afrique du Sud (60 pour les
zones blanches, contre 1 dans les zones noires !).

De profondes disparités existent à l’intérieur
de chaque pays où les zones rurales restent presque entièrement
démunies. On assiste certes depuis quelque temps à la multiplication
des projets dans ces zones grâce à une sensibilisation des
autorités politiques locales parallèlement à l’émergence
de solutions techniques mieux adaptées. Mais tout ceci reste bien
trop lent car les coûts restent très élevés.
L’offre reste inférieure à la demande, les listes d’attente
s’allongeant même. Les opérateurs ont en général
accentué leurs efforts en direction des couches aisées ou
les entreprises exportatrices espérant ainsi par des prix élevés
alimenter les investissements. Ceux-ci ont certes augmenté
entre 90 et 93 mais ont accusé une baisse de 19% en 1994 en raison
de la dévaluation du franc CFA. Celle-ci est en outre à l’origine
de la baisse de 40% des recettes des télécommunications et
de part de ce secteur dans le PIB (+2% en 93 et -1,7% en 94).

Près de 60% des investissements sont autofinancés
dans cette région, ce qui est important comparé aux autres
pays en développement, 20% proviennent de l’assistance multilatérale,
le reste d’organismes bilatéraux, de dons ou de prêts. Considéré
comme l’un des secteurs les plus rentables sur le continent, ce qui fait
cruellement défaut aux télécoms africaines c’est l’insuffisance
de l’aide extérieure. Ainsi pour la France, ce secteur est considéré
comme rentable, l’aide extérieure disponible déjà
en régression doit servir ailleurs. D’où cette politique
qui consiste à pousser ces pays à privatiser afin de bénéficier
d’apports financiers d’investisseurs privés. Pour autant ceux-ci
permettront-ils d’accélérer l’installation du téléphone
dans les zones rurales ? L’Afrique pourrait devenir le 4 ème marché
mondial si la télédensité était porté
à 5 pour 100 habitants. Tout porte à croire cependant que
la bataille que se mènent les opérateurs à vocation
mondiale ne se déroulera pas dans les campagnes. En effet si de
nombreuses solutions se font jour pour les liaisons internationales (satellites
voir la Lettre de CSDSPTT N°7 ou fibres optiques le long des
côtes voir la Lettre N°1), on attend toujours celle qui
s’attaquera massivement à la téléphonie rurale. 
Bruno Jaffré

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Echos de csdptt et de la vie
associative

CSDPTT au CPE Paris Nord.
Odile, Christian et Bruno ont renoué avec la présence
de CSDPTT dans les restaurants en tenant une table à la cantine
du CPE Paris Nord le 28 mai. Quelques contacts ont été pris
et 775 FF ont été récoltés. De l’argent qui
sera bien utile pour les projets à venir. Rappelons qu’en
l’absence de toutes subventions ces ventes dans les cantines restent nos
seules sources de financement à part les cotisations des adhérents.

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CSDPTT recherche...
Nous annoncions dans le numéro 3 de décembre
95 une mission de CSDPTT au Burkina. Malheureuse- ment Claude a dû
annuler son départ pour des raisons familiales. Pourtant d’importants
problèmes restent à résoudre qui nécessitent
une mission rapide de CSDPTT dans ce pays : faire avancer le dossier des
radios dans le Kénédougou au sein de l’ONATEL, acheter 4
bicyclettes pour des courriers cyclistes, reprendre les discussions avec
l’ONP à propos de financement des boites postales, approfondir l’idée
d’une formation en microinformatique au sein de l’ONATEL ou de l’ONP.

Un volontaire serait bienvenu, une forte capacité
de négociation est nécessaire. CSDPTT financera une partie
du voyage.

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La Lettre de CSDPTT recherche...
La faisabilité de Notre Lettre de CSDPTT 
a été démontrée puisque nous
avons pu la faire sortir tous les mois. Les informations intéressent
sûrement beaucoup de monde, bien au delà des adhérents.
Il parait donc opportun de rechercher de nouveaux lecteurs, au sein
de la Poste et de France Télécom bien sur mais aussi dans
le milieu des associations d’aide au développement soucieuses de
s’informer sur le développement des télécoms voire
de certaines entreprises. Cela permettrait en outre de populariser notre
activité plus largement et d’obtenir de nouvelles sources de financement.

Nous recherchons une personne susceptible de gérer
un fichier d‘abonnés et de prospecter de nouveaux lecteurs.

 Enfin afin d’améliorer toujours plus le
contenu, des collaborateurs seraient bienvenus. Ils pourraient être
chargés de suivre certains dossiers et d’écrire régulièrement
des papiers dessus.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Sénégal : lancement
de la privatisation des télécoms.

Le gouvernement a officiellement annoncé début
mai que 66% du capital de la SONATEL (Société Nationale des
Télécommunications du Sénégal) va être
vendus à des investisseurs sénégalais et étrangers.

Considérée comme un des fleurons de l’économie
sénégalaise, la SONATEL emploie environ 1880 agents. Elle
a réalisé en 1994 un bénéficie de 11,6 milliards
de FCFA (FCFA=1 centime) pour un chiffre d’affaires de 55 milliards de
FCFA.

FCR est présente dans ce pays et détient
34% du capital de la société Télécom Plus créée
avec la SONATEL en 91. Telecom Plus est chargée de la commercialisation
des nouveaux produits et services.

Dans une première phase, le gouvernement prévoit
de céder un bloc d’actions à « un partenaire stratégique
 » qui sera un opérateur de télécommunications
ou un consortium dirigé par un opérateur de télécoms
concernant notamment des investisseurs financiers. Dans une deuxième
phase les 66% du capital cédés au privé seront répartis
entre l’opérateur stratégique, des investisseurs privés
sénégalais et les employés de la SONATEL. L’opérateur
stratégique sera choisi avant la fin 96 à la suite d’un appel
d’offres international qui sera lancé en juillet prochain. Le monopole
doit cependant être conservé pendant encore un certain temps.(Source
AFP du 05/05/96).

 Rappelons que l’annonce de la privatisation avait
entraîné de nombreux débrayages en Août dernier,
les syndicats ayant déclaré qu’ils s’opposeraient jusqu’au
bout à la privatisation de la SONATEL, demandant un audit de la
société et la démission de leur directeur. Nous essaierons
dans les prochains numéros de La Lettre de CSDPTT d’obtenir des
informations en provenance directe du Sénégal.

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OMC. Report de l’accord sur la libéralisation
des télécoms.

Commencées en Octobre 95, les négociations
au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (ex GATT) devaient s’achever
en mai 96 pour finalement être prolongées jusqu’en février
1997. Les 53 pays participant à ces négociations représentent
à eux seuls 93% du marché mondial des télécoms,
82% des lignes téléphoniques et 84% du trafic international.
Selon l’OMSYC, l’observatoire mondial des télécommunications,
le marché dans ce secteur représente 625 milliards de dollars
(dont seulement 7,3 milliards en Afrique) soit 3225 milliards de francs !
De quoi exciter bien des appétits.

Pour les Etats-Unis trop peu de pays (une dizaine sur
les 53) ont présenté une offre d’ouverture de leur marché
comparable à la leur. Ils reprochent aux autres, soit de trop limiter
les prises de participation étrangère dans les sociétés, 
soit de ne pas instaurer des conditions de concurrence équitables, 
soit de prévoir leur ouverture trop tardivement, soit de ne pas
instituer une autorité de régulation indépendante.
Les européens et les japonais reprochent aux américains de
vouloir retirer les services par satellites et les câbles sous-marins
des négociations et surtout de vouloir effectuer un contrôle
à priori sur les opérateurs étrangers désirant
offrir des services de communications longue distance à partir du
continent américain. Plus que d’un désaccord de fond, le
consensus existe pour libéraliser c’est plutôt d’un marchandage
auquel on assiste, l’Europe, l’amérique et certains pays asiatiques
cherchant à profiter au maximum de cette libéralisation contre
un minimum d’ouverture.

Selon certains commentateurs (Source Les Echos du 29
mai 1996), la difficulté à conclure résulte du fait
que les américains peuvent parfaitement se passer d’un accord aussi
complexe. De par leur puissance, ils peuvent parfaitement forcer les pays
qui les intéressent à ouvrir leur marché aux entreprises
américaines. Quant aux pays du sud, ils ont du mal à comprendre
quels bénéfices ils pourraient tirer d’un tel marchandage
n’ayant guère les moyens de pénétrer le marché
américain qui représente la moitié du marché
mondial des télécoms. C’est ainsi que les offres de l’Inde
et du Brésil et de la plupart des dragons du sud-est 
potentiellement de gros marché seraient insuffisantes aux yeux des
américains.

L’Afrique est peu présente dans ces négociations,
la Côte d’Ivoire ayant présenté une offre (d’ouverture
de son marché) de dernière minute et l’Afrique du Sud ayant
promis d’en faire une d’ici février 1997.

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Nouveaux réseaux cellulaires
en Zambie et en Egypte.

Motorola, a annoncé à la mi -mai la signature
de contrats en Chine, au Pérou et en Zambie pour des réseaux
de téléphones cellulaires basés sur la technologie
CDMA (Code Division Multiple Access). Celle-ci permet de coder les transmissions
au lieu d’impartir une fréquence pour chaque communication cellulaire,
ce qui accroit les capacités d’utilisation du spectre radio.

En Zambie, la filiale de Motorola, Cellulaire Infrastructure
Group (CIG) va collaborer avec la société Télécel
International déjà présente à Madagascar et
au Zaïre. Le réseau doit initialement atteindre une capacité
de 10000 abonnés ; l’ouverture du service étant prévue
d’ici la fin de l’année.

En Egypte, c’est Alcatel qui a été choisi
pour un contrat de 18 millions de dollars visant à équiper
l’Egypte d’un réseau de téléphones mobiles de voitures
GSM. Dans un premier temps ce réseau devrait atteindre une capacité
de 70000 lignes en Octobre prochain pour ensuite être portée
à 200000 lignes.

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