Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de décembre 2002 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de décembre 2002

Décembre

vendredi 7 février 2003, par Bruno JAFFRE


La Lettre de decembre 2002
No : 85

Ce numéro a été rédigé
par Danielle Lautard, Jean Louis Fullsack et Bruno Jaffré. Il contient
par ailleurs une communication de Djilali Benamrane.

 
Sommaire :

Editorial
Rideau sur la Plénipo de l’UIT
 : Un bilan décevant et lourd de conséquences

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Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Des ONGs engagées dans la coopération
dans les NTICS en direction du Sud se concertent

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Tunisie  : 2 ème licence
GSM

Nouveaux réseaux mobiles en RDC
Maurice : Libéralisation
des télécoms annoncée

Algérie : vers une 3 ème
licence GSM

En Bref : Progression d’Internet
en Afrique, Maurice, Burkina, Cap Vert.

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Internet
Amnesty International épingle
des Sociétés TIC

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Afrique
Le pillage du Congo
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Economie
Subventions agricoles : l’hypocrisie
occidentale

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Articles et documents
La communication rurale : un lien
stratégique pour la réduction de la pauvreté au Niger

(Communication de Djilali BENAMRANE, économiste
novembre 2002)


Editorial
Rideau sur la Plénipo de l’UIT : un bilan décevant
et lourd de conséquences

La Conférence des Plénipotentaires de l’UIT,
qui se réunit tous les quatre ans pour élaborer le programme
d’action pour les quatre prochaines années et le plan financier
pour l’exécuter, s’est achevée le 17 octobre dernier sur
un échec dont on mesurera les effets dès les prochains mois.
Cet échec est dû à la frilosité de l’engagement
des Etats Membres notamment les pays « du Nord ». Sa traduction
la plus concrète est une baisse importante de leur contribution
au budget de l’Union, à un point tel que le plan financier basé
sur ces contributions et adopté, risque de bloquer partiellement
les programmes inscrits dans son plan d’action … lui aussi adopté.
Pire encore, l’UIT se trouve ainsi placée dans une situation critique
telle qu’elle devra licencier une partie de son effectif, alors que son
Bureau du Développement déplore depuis quelques années
déjà un nombre important d’emplois non comblés.

Voilà donc la plus ancienne organisation intergouvernementale
« banalisée » au rang d’une société anonyme
qui doit recourir à un « plan social » pour survivre.
On croit rêver ! Mais c’est le résultat affligeant auquel
son zèle pour embrasser et mettre en œuvre les dogmes de l’ultra-libéralisme
a conduit cette autrefois respectable institution. A force de phantasmer
et de se polariser sur la privatisation, qu’elle a imposée aux opérateurs
de tous les Pays en Développement comme remède universel
à leurs besoins en télécoms, la voici rattrapée
par ses conséquences.

Il n’y a -hélas- vraiment pas à se réjouir
de cette ironie du sort.

Jean-Louis Fullsack
_____________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Des ONGs engagées dans la
coopération dans les NTICS en direction du Sud se concertent

Au cours d’une rencontre amicale, de responsables des
associations Africa Computing (voir africacomputing.org), d’AEDEV (association
e_developpement voir aedev.org), engagées dans le soutien à
des actions au développement avec ces associations partenaires au
Sud et de CSDPTT, nous avons décidé ensemble de nous
concerter plus régulièrement afin d’échanger des informations,
nos expériences voir de collaborer sur des projets. L’association
Colombus (voir colombus.org) intervenant au Vénézuela
devrait rejoindre le groupe.

Premier acte concret : la mise ne place d’une liste permanente
de discussion, abritée par Africacomputing, entre les membres
des 4 associations.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Tunisie : 2 ème licence
GSM

En Tunisie, Orascom Telecom Tunisie qui devait entamer
la commercialisation des abonnements début novembre 2002, table
sur 1 million d’abonnés en 2004 (AFP 21/08/2002). L’ambition
serait de commercialiser 150.000 abonnements avant la fin de cette année
pour atteindre les 600.000 abonnements en 2003. Les équipements
doivent être fournis par Alcatel pour un contrat d’une durée
de cinq ans pour un montant de 114 millions d’euros. Orascom avait
remporté l’appel d’offre en mars 2002 pour un montant de 454 millions
de dollars. Le montant des investissements prévu serait de l’ordre
de 650 millions de dollars. D’autre part on apprenait mi-octobre qu’Orascom-Tunisie
avait cédé 50% de son capital à la Compagnie
nationale de Télécommunications mobiles du Koweit (NMTC)
de communication pour une enveloppe de 113,5 millions de dollars.

L’accord prévoit le paiement d’une bonne partie
de l’enveloppe, soit 90 millions de dollars en liquide alors que le solde
sera décaissé, lors de l’augmentation du capital d’Orascom
Tunisie prévue pour une date ultérieure.

 Aux termes de cet arrangement, le capital d’Orascom
Tunisie sera détenu, dorénavant, par le consortium koweitien
de communication, Orascom Egypte, le Fonds palestinien des pensions et
d’autres investisseurs arabes.

 L’opérateur égyptien Orascom Telecom,
détient actuellement 21 licences dans 20 pays en Afrique et en Asie.

L’autre réseau GSM opérationnel dans ce
pays est géré par Tunisie-télécoms. Il est
en voie d’extension pour tenter de satisfaire quelque 600.000 demandes
en souffrance. La capacité du marché tunisien est estimée
à 2,5 millions d’abonnés en 2005. (Source AFP et Panapress).

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Nouveaux réseaux mobiles
en RDC

Dans la région de Goma, en République Démocratique
du Congo, quartier général de la rébellion soutenue
par le Rwanda, une nouvelle société de téléphonie
mobile Supercell vient de s’installer. Elle est une émanation de
MTM international, qui arrosait déjà l’Est du pays grâce
au réseau Rwandacell. Ces bureaux ont été inaugurés
par le président du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD), le Dr Adolphe Onusumba. Celui-ci a par ailleurs incité les
responsables de cette entreprise à étendre leur réseau
au delà de Goma et de Bukavu aux 20 millions d’habitants que contrôlerait
ce mouvement.

Supercell vient concurrencer dans cette région
Globalnet qui est partenaire de Vodacom et Télécel. Globalnet
et Supercell ont par ailleurs tous deux signé des conventions de
collaboration avec l’Office congolais des postes et télécommunications
(OCPT).

On apprenait par ailleurs que Congo-Korea télécoms
serait opérationnel, avec un an de retard par rapport à ce
qui avait été annoncé, mais en phase expérimentale
en octobre à Kinshasa. Selon ses dirigeants, ce réseau devrait
être interconnecté avec celui de l’OCPT mais aussi avec la
dizaine de réseaux cellulaires présents dans la capitale.
C-Kt est née d’un joint-venture entre l’OCPT et le consortium coréen
Ko Myung. Le président de Ko Myung, Kim Jung, avait même déclaré
que la capitale congolaise serait dotée d’un million de lignes avant
2002. (Source http://www.opays.com et Agence Pana).

Selon le bimensuel Réseau Telecom (http://www.reseautelecom.com/mag_online.htm)
qui publie dans sa dernière édition un intéressant
reportage sur le sujet, le développement des cellulaires se heurteraient
à de nombreuses difficultés, et en particulier aux vols de
portables. On peut y lire notamment : "Considéré comme un
outil de travail, banalisé sous d’autres cieux, le téléphone 
cellulaire est encore un luxe en République Démocratique
du Congo… Un récepteur récent haut de gamme muni d’un navigateur
est vendu à 800 dollars environ. D’autres portables se marchandent.
L’on peut les obtenir à 300 dollars, 100 dollars, voire 80 dollars,
sur le marché, dans la rue et dans les maisons appelées ici 
« laboratoires »… Très peu de mobiles viennent de Dubaï
(où ils sont vendus à 10 dollars la pièce). La plupart
d’entre eux sont volés".

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Maurice : Libéralisation
des télécoms annoncée

 Les autorités du pays ont annoncé
que la libéralisation des télécommunications dans
l’île devrait intervenir fin décembre prochain. Ce pays fait
preuve depuis de nombreuses années d’un important dynamisme dans
le secteur qui en a fait le premier pays en terme de télédensite.
Dernière initiative en date, l’ambition de devenir une "cyber-île"
et le lancement en septembre de la création d’une cybercité.
II s’agit de profiter pleinement de la connection de l’île au câble
sous-marin SAFE qui relie l’Afrique du Sud à l’Inde, câble
connecté par ailleurs au à travers le South Atlantic Telephone-West
African Submarine Cable (SAT-3/WASC) Le Cap sera relié au Portugal
via l’Afrique de l’Ouest.

L’Inde et Maurice viennent d’alleurs de signer un protocole
d’accord sur le développement des services postaux de l’île.
Il vise à développer entre les deux pays les échanges
d’expertise et d’information, les programmes de formation et la promotion
de projets à risques partagés dans le domaine des télécommunications.

 Mauritius Telecom, dont 40 pour cent des actions
sont détenues par France Telecom depuis la fin l’année dernière,
possède actuellement le monopole en matière de téléphonie.
Mauritius Telecom compte 300000 abonnés au téléphone
fixe et sa filiale Telecom Plus spécialisé dans les
services Internet compte 50000 abonnés.

De nouveaux tarifs viennent par ailleurs d’être
annoncés par L’Information and Communication Technologies Authority
(ICTA). Les communications internationales sont réduites selon les
cas de 20 à 50 pour cent. Les appels locaux passent de 1 roupie
les trois minutes à 1,30 roupies les quatre minutes ou 32,5 sous
par minute. L’abonnement mensuel passe de 60 roupies à 75 roupies
pour les foyers et de 80 roupies à 210 roupies pour les entreprises.

Deux syndicats du personnel des télécommunications
ont exprimé leur opposition à toute libéralisation
du secteur et ont saisi la court suprème pour s’y opposer. Pour
eux, Mauritius Telecom est la meilleure compagnie de télécommunications
en Afrique, après celle de l’Afrique du Sud. "Il ne faut pas commettre
une deuxième erreur après celle de la privatisation
de MT en 2000", ont-ils déclaré. Les syndicats viennent d’ailleurs
de demander la renationalisation totale de l’opérateur. (Source
 : Agence Pana http;//www.panapress.com)

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Algérie : vers une 3
ème licence GSM

 Le ministère de la Poste et des Technologies
de l’information et de la Communication a lancé en août un
appel d’offre pour la mise en service d’une troisième licence de
téléphonie mobile. Selon les autorités, les deux premiers
opérateurs actuellement en service, Algérie Télécom
et l’égyptien Orascom, n’arrivent toujours pas à satisfaire
les besoins du marché national. Les prix trop élevés
des seraient à l’origine de la réticence des consommateurs
algériens à s’abonner.

Ce prêt entre dans le cadre d’un prêt de
la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD)
pour la réforme du secteur des postes et des télécommunications. 
Une partie de ce prêt doit servir à payer des consultants
Les services attendus comprennent la préparation de la mise sur
le marché de la licence GSM et la mise en vente de la licence GSM.
Rappelons qu’au mois dernier, l’Autorité de régulation des
postes et des télécommunications (ARPT) avait lancé
une sollicitation de manifestation d’intérêt pour engager
des consultants en vue de l’élaboration d’une étude sur le
marché algérien des services de télécommunications.
L’objectif de l’étude est de prévenir et de pallier les éventuelles
carences que pourrait présenter le futur acquéreur de la
troisième licence GSM en termes de financement, d’équipements
et de prix. (Source La Tribune d’Algérie http://www.reseautelecom.com/)

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En Bref
Selon des chiiffres annoncés au cours du forum
des régulateurs africains à Ouagadougou en novembre, dans
les autres continents l’Internet progresse de 30 pour cent par an alors
que cette progression est de 43 pour cent en Afrique
.

A Maurice, le gouvernement mauricien a lancé
un programme de développement des services postaux qui prévoit
un changement de statut. La poste mauricienne est également appelée
à offrir une palette de services financiers et de télécommunications,
en plus de la traditionnelle distribution du courrier.

Au Burkina, les sociétés de téléphonie
mobile, Telecel et Celtel, et l’ONATEL s’affrontent à coup de communiqués
dans la presse locale. Les opérateurs dénoncent en effet
la restriction faite aux administrations qui ne peuvent appeler les réseaux
privés. Les défenseurs de l’ONATEL évoque l’obligation
de reverser une partie des recettes vers les opérateurs privés
en cas d’appel d’un fixe vers un mobile TELECEL ou CELTEL, alors que l’Etat
est un mauvais payeur, ce qui fragiliserait l’ONATEL alors qu’elle est
en phase de privatisation. Il y aurait environ 4000 lignes concernées.

Le gouvernement du Cap Vert a annoncé l’ouverture
du marché du cellulaire en décembre tandis qu’il envisagerait
aussi de revoir le monopole sur le téléphone fixe détenu
par la CV Telecom. . Le pays devrait se doter d’ un Institut national des
communications et technologies de l’information, qui sera l’organe régulateur
du secteur des télécommunications dans l’archipel.

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Internet
Amnesty International épingle des Sociétés
TIC

Amnesty International accuse dans un Rapport des sociétés
comme Microsoft, Sun et Cisco de soutenir le gouvernement chinois dans
la censure et la surveillance d’Internet.

Traduction d’un extrait du Rapport :
Des sociétés étrangères,
comprenant Websense et Sun Microsystems, Cisco Systems, Nortel Networks
et Microsoft ont fourni -selon certaines sources- une technologie importante
qui permet aux autorités chinoises de censurer Internet. Nortel
Networks et d’autres sociétés internationales sont, selon
des sources, en train d’approvisionner la Chine en technologie qui lui
permettra de transférer le filtrage de contenu au niveau du centre
de transit international vers le filtrage du contenu aux PC individuels,
à domicile, dans les cafés Internet et les bureaux.

Liens
http://web.amnesty.org/ai.nsf/Index/ASA
http://news.com.com/2100-1023-975517.html
http://derstandard.at/standard.asp
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Afrique
Nous publions ci-dessous un résumé d’un
récent rapport publié par l’ONU sur la guerre du Congo en
raison de la mention faite au Coltan composant utilisé dans la fabrication
de téléphones portables

Le pillage du Congo
Le 16 avril dernier, après des semaines de tractations
en coulisses, Kofi Annan a (partiellement) rendu public le rapport des
experts de l’ONU sur le pillage du Congo. Ce rapport détaille le
pillage systématique des ressources de la RDC telles que le diamant,
l’or et le bois précieux par les pays en guerre. Le coltan, un minerai
contenant un métal utilisé pour la fabrication des GSM, est
particulièrement convoité. Parmi les recommandations des
experts pour s’attaquer au financement d’une guerre qui a déjà
coûté la vie à 2,5 millions de personnes figure un
embargo sur le commerce de ces produits avec le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda.

La guerre qui a débuté en août 1998
a déjà coûté la vie à 2,5 millions de
Congolais.

 Dans certaines régions du Sud-Est du Congo
occupées par le Rwanda, trois enfants sur quatre meurent de maladie
et de malnutrition avant l’âge de deux ans. L’horreur de cette
situation n’avait visiblement pas touché les membres du Conseil
de Sécurité des Nations Unies le 3 mai dernier lorsqu’ils
se sont penchés sur le rapport du panel d’experts sur le pillage
du Congo par les Etats belligérants.

Ce rapport démontre que le pillage systématique
du coltan, de l’or, du bois et des autres ressources du Congo constitue
non seulement une source de financement mais également un enjeu
important de la guerre. Le Conseil de Sécurité décida
cependant de ne pas donner suite aux recommandations des experts, se contentant
de demander aux pays incriminés de mener leurs propres enquêtes
et de prendre eux-mêmes des mesures pour mettre fin aux pillages !
Ceci alors même que les accusés (en premier l’Ouganda, le
Rwanda et le Burundi, mais également le Zimbabwe, l’Angola et la
Namibie) nient toute responsabilité.

Les résultats des mois d’enquête des experts
de l’ONU sur le terrain et dans les capitales concernées confirment
ce que l’on sait déjà depuis longtemps : aujourd’hui,
la guerre au Congo tourne principalement autour du contrôle des immenses
richesses du pays. C’est là le cœur du problème ! Le rapport
décrit de près la logistique, et les montages financiers
et administratifs mis en oeuvre par le Rwanda et l’Ouganda en vue de l’exploitation
systématique de l’Est du pays.

Principaux visés : l’élite militaire de
ces pays et leurs partenaires du secteur privé. Certains pays donateurs
et des institutions comme le FMI et la Banque mondiale sont également
pointés du doigt. Ils ont préféré fermer les
yeux plutôt que de tirer les conclusions qui s’imposaient des informations
qu’ilsdétenaient,notammentconcernant l’accroissement anormal
des exportations d’or et de diamant de l’Ouganda et du Rwanda. Le rapport
passe également en revue les concessions minières octroyées
par Laurent-Désiré Kabila à des sociétés
contrôlées par des personnages-clés du régime
zimbabwéen en échange de l’appui militaire de Harare à
Kinshasa. Sur l’Angola et la Namibie, par contre, il y a étonnamment
peu d’informations dans le rapport. Certains ont utilisé cet argument
pour qualifier l’ensemble du rapport de partial. Les experts reconnaissent
pourtant eux-mêmes que leur enquête n’est pas complète.
De plus, le Conseil de Sécurité avait refusé en janvier
d’accéder à la demande des experts de prolonger leur mandat
de trois mois.

Afin de mettre un terme au cercle vicieux du pillage
et de la guerre en RDC, les experts proposent une série de mesures
sévères. On peut citer notamment : un embargo temporaire
sur le commerce du coltan, de l’or, du diamant, du bois et d’autres matières
premières avec le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda ; la suspension
par le FMI et la Banque mondiale de l’appui budgétaire à
ces pays ; le gel des avoirs des leaders des groupes rebelles et des sociétés
qui poursuivent leurs activités liées à l’exploitation
illégale du Congo après la publication du rapport ; le dédommagement
des victimes du pillage par les gouvernements responsables.

Le 3 mai dernier, le Conseil de Sécurité
a réclamé une enquête complémentaire aux experts
et a prolongé leur mandat de trois mois. La suite qui sera alors
donnée à leurs recommandations dépendra de la pression
exercée sur des pays comme le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis
pour qu’ils ne ferment plus les yeux sur les crimes à motivation
économique commis par leurs alliés en Afrique centrale. Cette
pression doit venir en premier lieu des ONG et de l’opinion publique de
ces pays.

La Belgique a elle, aussi, un rôle très
important à jouer : L’aide accordée par la Belgique au Congo
ne servira à rien si rien n’est fait pour s’attaquer aux causes
du conflit. En effet, il est indispensable de lancer rapidement des 
enquêtes sur l’implication de sociétés belges
(qui constituent, d’après le rapport, « des maillons essentiels
dans une chaîne d’exploitation et de continuation de la guerre »)
dans le pillage du Congo et le financement de la guerre et d’envisager 
les possibilités qu’offre le droit belge de sanctionner ces sociétés.

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Economie
Subventions agricoles : l’hypocrisie occidentale
Alors que les pays occidentaux poussent à l’ouverture
des marchés, notamment au sein de l’OMC, et incitent les pays africains
à supprimer les aides pour atteindre la "vérité de
prix", ils subventionnent massivement leurs agricultures. Ainsi, l’économiste
en chef de la Banque Mondiale M. Steren vient de déclarer : "Il
est hypocrite de prêcher les avantages du commerce et des marchés
et, dans le même temps, ériger des obstacles sur les marchés
dans lesquels les pays en développement ont un avantage comparatif". 
Et plus loin :"Une vache européenne reçoit 2, dollars d’aide
par jour, une vache japonaise 7,5 dollars alors que 75% des Africains vivent
avec moins de 2 dollars par jour".

Les pays riches accordent 300 milliards de dollars à
leurs agriculteurs, soit 6 fois le montant de l’aide publique au
développement. L’Europe a décidé de poursuivre son
actuelle aide directe à l’exportation des produits agricoles (5,8
milliards en 1998). Les Etats-Unis vont consacrer, selon, la
BM, 3,9 milliards de dollars d’aide à la filière coton ce
qui représente 3 fois le montant de l’aide américaine à
l’Afrique. Cette aide représenterait, pour le Mali par exemple,
un manque à gagner de 43 millions de dollars soit 1,7% de son PIB
selon l’association Oxfam. Et la part des pays en développement
dans les exportations agricoles serait passée de 40% en 1961 à
35% aujourd’hui. (Source Libération du 20/11/2002).

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Articles
et documents

La communication rurale : un lien stratégique pour
la réduction de la pauvreté au Niger

(Communication de Djilali BENAMRANE, économiste
novembre 2002)

L’information et la communication deviennent de plus en
plus vitales dans les activités socioéconomiques humaines
modernes. Dans les années récentes, les progrès technologiques
procurent aux habitants des zones urbaines et rurales des capacités
nouvelles accroissant leur productivité, améliorant les possibilités
de satisfaction de leurs besoins essentiels vitaux et renforçant
leur implication, spécialement en matière de lutte contre
la pauvreté, de bonne gouvernance et de participation aux niveaux
local, national, voire international, aux débats d’importance, notamment
ceux portant sur le projet social en construction du fameux village planétaire.

Au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde au
regard de son classement dans les rapports mondiaux annuels du développement
humain du PNUD (classé avant dernier dans la quasi-totalité
des rapports publiés depuis 1990), tous les partenaires au développement,
le Gouvernement, les opérateurs publics et privés, les bailleurs
de fonds, les ONGs, la société civile, sont impliqués
dans un processus participatif tendant à promouvoir les populations
rurales dans l’ère des nouvelles technologies de l’information et
de la communication (NTICs). L’expérience en cours est menée
dans le cadre d’une initiative sans pareil dénommée ’’RURANET/CID’’
 : Réseau des radios rurales et centres d’information pour le développement.

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