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La communication rurale : un lien stratégique pour la réduction de la pauvreté au Niger de Djilali Benamrane

vendredi 7 février 2003, par Bruno JAFFRE


 


La communication rurale : un lien stratégique pour la réduction de la pauvreté au Niger
(Communication de Djilali BENAMRANE, économiste novembre 2002)

L’information et la communication deviennent de plus en
plus vitales dans les activités socioéconomiques humaines
modernes. Dans les années récentes, les progrès technologiques
procurent aux habitants des zones urbaines et rurales des capacités
nouvelles accroissant leur productivité, améliorant les possibilités
de satisfaction de leurs besoins essentiels vitaux et renforçant
leur implication, spécialement en matière de lutte contre
la pauvreté, de bonne gouvernance et de participation aux niveaux
local, national, voire international, aux débats d’importance, notamment
ceux portant sur le projet social en construction du fameux village planétaire.

Au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde au
regard de son classement dans les rapports mondiaux annuels du développement
humain du PNUD (classé avant dernier dans la quasi-totalité
des rapports publiés depuis 1990), tous les partenaires au développement,
le Gouvernement, les opérateurs publics et privés, les bailleurs
de fonds, les ONGs, la société civile, sont impliqués
dans un processus participatif tendant à promouvoir les populations
rurales dans l’ère des nouvelles technologies de l’information et
de la communication (NTICs). L’expérience en cours est menée
dans le cadre d’une initiative sans pareil dénommée ’’RURANET/CID’’
 : Réseau des radios rurales et centres d’information pour le développement.

1. Une approche globale et participative :
RURANET/CID procède d’un effort de collaboration,
mené selon une approche participative et impliquant l’ensemble des
Nigériens (hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, sans distinction
d’appartenance ethnique, religieuse ou politique), tant au niveau national
que local, les institutions internationales, les organisations non gouvernementales,
l’ensemble mobilisant expertise et autres ressources pour répondre
aux besoins des populations rurales en matière d’information et
de communication pour le développement économique et social.
L’effort est orienté prioritairement sur la réduction de
la pauvreté et la capacitation des populations rurales pour participer
à la construction de la bonne gouvernance au plan local et national.

L’initiative RURANET/CID a été conçue
dès le départ autour des objectifs, activités et résultats
attendus suivants :

o Mise en place d’un réseau de cent soixante (160)
radios rurales solaires autogérées couvrant l’ensemble du
territoire national (20 unités par Région afin de respecter
l’équilibre interrégional), les implantation des sites se
faisant sur la base de l’expression explicite du besoin par les populations
et priorité étant donnée aux villages ruraux les plus
pauvres, les plus excentrés, les plus démunis de ressources
humaines, techniques et matérielles ;

o Mise en place de cinquante (50) Centres d’information
pour le développement (CID), chaque centre couvrant et accompagnant
les activités de développement d’une demi douzaine d’unités
de radios rurales implantées dans une zone géographique homogène
pour la mise en commun des moyens et ressources rares, le partage des expériences
(bonnes comme mauvaises pratiques), la promotion de l’usage de l’énergie
solaire pour la radiodiffusion de proximité, la télévision,
l’éclairage, les pompes à eau, le séchage des fruits
et légumes, la mouture des céréales ou l’accès
aux multimédias.

o Mise en place de huit Coordinations régionales
(une par Région), animées principalement par les responsables
élus des stations des radios rurales et des CID, coordinations régionales
devant consolider l’autonomie du réseau RURANET/CID grâce
au développement de moyens technologiques adaptés de mise
en relation des radios et CID entre eux, au plan national et international
(développement des expériences d’accès aux moindres
coûts à INTERNET au moyen de pôles régionaux,
appelés à satisfaire les besoins progressifs des populations
rurales à travers leurs radios rurales et leurs CIDs. C’est au niveau
des coordinations régionales que seront traités les politiques,
programmes, projets et autres actions de formation professionnelle, de
promotion des langues utilisées dans la Région, de maintenance
des équipements et matériels, d’appui aux banques de programmes,
des films, CD, livres, documents de toutes natures détenus dans
les radios rurales et CID.

o Mise en place d’une Coordination nationale, émanation
des coordinations régionales et qui assurera la représentation
effective et autonome du réseau RURANET/CID, aux plans national
et international. C’est à ce niveau que seront traités les
problèmes d’intérêt commun au réseau, de déontologie
quant au bon fonctionnement des radios rurales, des choix technologiques,
des partenariats stratégiques, des activités de formation
pour renforcer la capacité des associations constituantes du réseau
à gérer des activités d’information et de communication
avec la production, la traduction, l’échange de programmes de qualité,
en langues locales.

2. Une stratégie à long terme
S’inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale
de réduction de la pauvreté et de la politique nationale
de la communication dont le Gouvernement achève la formulation avec
l’appui respectif d’une part des institutions de Bretton Woods et d’autre
part de l’UNICEF et de la FAO, l’initiative RURANET/CID menée avec
l’appui du PNUD et de nombreux partenaires bilatéraux et multilatéraux,
requiert plusieurs années pour sa mise en œuvre. Depuis son démarrage
l’été 1999, trois phases principales ont été
identifiées :

o An 2000 : phase expérimentale consistant à
partir de la première radio pilote de Bankilaré, en la mise
en place d’un premier réseau de huit radios rurales solaires autogérées,
une dans chacune des régions du pays. Le partenariat opérationnel
en cette phase fut celui d’un noyau dur composé du PNUD, d’ACMAD
(Centre africain de la météorologie appliquée au développement)
et de la SNV (Mécanisme de la Coopération hollandaise), la
conception et le suivi de la mise en œuvre ont été l’œuvre
du Comité de Pilotage des Radios de Proximité (CPRP), un
mécanisme paritaire, animé par des représentants de
la société civile qui en assume la présidence, des
partenaires au développement, du Gouvernement et des opérateurs
publics et privés - le CPRP est appelé a cédé
la place à la Coordination nationale dès que cette dernière
deviendra opérationnelle ;

o 2001- 2003 : phase de consolidation avec la mise en
place de 160 unités de radios rurales solaires autogérées,
vingt unités dans chacune des huit régions du pays, confortées
par les 50 Centres d’information pour le développement et les huit
Coordinations régionales. En cette phase de consolidation, le partenariat
est ouvert aux agences du Système des Nations Unies (UNICEF, FAO,
FNUAP, UNESCO, FIDA, CEA, etc…), aux partenaires bilatéraux (France,
Canada, Suisse, USA, Hollande, etc..) et multilatéraux (Banque Mondiale,
Union Européenne, Agence internationale de la Francophonie, etc…),
aux ONGs nationales et internationales et aux associations représentatives
de la société civile, ainsi qu’aux opérateurs privés
internationaux telles les fondations de WorldSpace, de Freeplay ou l’entreprise
canadienne Wantok) ;

o 2004-2007 : phase de généralisation consistant
en l’extension souhaitable des unités RURANET et des CID dans toutes
les communes dans la perspective des impératifs de la politique
de décentralisation en cours de gestation, avec l’ouverture de cette
phase à l’ensemble des partenaires concernés par les activités
d’information et de communication. La Coordination nationale se substituant
au CPRP durant cette phase.

3. Des objectifs ambitieux :
Dès son démarrage, l’initiative RURANET/CID
a eu pour ambition de doter les populations rurales des villages les plus
pauvres, les plus enclavés et les moins dotés en ressources
humaines et autres, d’une capacité réelle d’accès
et de maîtrise des NTICs. L’appropriation des émissions à
partir de radios rurales devant donner aux populations des ’’sans voix’’
les moyens de prendre part et de contribuer aux débats national,
régional et local, spécialement dans les domaines d’un développement
axé sur la lutte contre la pauvreté, la décentralisation
et la bonne gouvernance globale, nationale et locale.

Le renforcement progressif des capacités locales
d’information et de communication devait en ces temps là, faciliter
les négociations en cours avec les responsables de la société
et de la Fondation « Worldspace » de production des récepteurs
radios numériques, pour l’implantation d’une unité montante,
ce qui devait permettre au Niger de pouvoir diffuser sur le satellite Afristar,
des sélections de programmes pouvant être captés et
écoutés avec confort à l’aide de récepteurs
numériques sur l’ensemble du territoire nigérien ainsi que
sur de larges zones africaines et européennes et de recevoir en
FM, à l’aide de simples récepteurs Freeplay, fonctionnant
à l’énergie manuelle et/ou solaire ou de tous autres types
de récepteurs radio, sur les zones couvertes par des radios rurales
solaires, capables de retransmettre en direct ou en différé
les programmes diffusés via Afristar.

4. Bankilaré : Le point de départ de l’initiative RURANET/CID :
4.1. Bankilaré : expérience appelée
à être répliquée :

o Bankilaré est un des plus pauvres villages au
Niger, situé à 240 Km à l’Ouest de Niamey :

o Village enclavé, à 120 Km de piste de
Téra, le chef lieu d’Arrondissement ;

o 2.000 Habitants environ y vivent dans l’extrême
pauvreté, dans un environnement précaire, sans réseau
d’électricité, de téléphone ou d’eau potable
 ;

o 10.000 nomades vivent autour du village dans un rayon
d’une trentaine de Km.

o Deux ethnies principales, les Songhaia et les Tamacheks
cohabitent en s’adonnant à des activités d’agriculture (sédentaires)
et d’élevage (nomades) ;

o Le Document d’appui du PNUD au Programme National de
Lutte Contre la Pauvreté (PNLCP) a identifié Bankilaré
comme zone prioritaire d’intervention et l’accès à l’information
et à la communication comme besoin essentiel, notamment au bénéfice
des populations féminines locales qui ont été les
premières à l’avoir exprimé.

4.2. La justification de l’initiative : une priorité
et un besoin urgent d’accès à la communication pour la population
locale :

o La population locale y rencontre les plus grandes difficultés
pour recevoir les émissions de la radio nationale ou régionale
 ;

o A de très rares exceptions, il n’existe pas
de radios récepteurs puissants ni de moyens pour acheter des batteries
pour en assurer le fonctionnement ;

o En plus des difficultés de capter les émissions
radios (zone d’ombre par rapport aux émetteurs et réémetteurs
opérationnels), peu de programmes émis par l’ORTN, opérateur
public de la radiodiffusion, le sont en langues compréhensibles
localement (Songhaï, Tamacheq, Peulh ou arabe) ;

o Pas de presse écrite du fait de la grande pauvreté
et de l’analphabétisme généralisé, pas de télévision
et encore moins de moyens plus moderne de communication tel INTERNET.

4.3. le développement de l’initiative :
Les enjeux étaient :
o Trouver des solutions adaptées aux besoins des
populations et aux conditions d’y répondre utilement et durablement
 ;

o Tenir compte du bas niveau des revenus, du fort taux
d’analphabétisme et de l’absence des sources d’énergies classiques
 ;

o Développer des programmes produits par et pour
les populations, répondant à leurs besoins, dans les langues
locales et sur des thématiques de développement.

4.4. une stratégie communautaire et participative
 :

L’approche a consisté en :
o Créer des associations communautaires capables
d’exprimer leurs besoins et de s’organiser pour autogérer une unité
de radio rurale solaire ;

o Construire un local d’exploitation avec une architecture
sans bois et mobiliser une équipe de direction, d’animation et de
gestion d’un programme d’émission en langues locales et à
dominante de développement, équipe composée à
égalité de filles et de garçons du village, travaillant
dans un esprit de volontariat ;

o Entreprendre les démarches requises pour obtenir
les statuts de leur association et l’autorisation d’émettre dans
le respect des lois, règlements et procédures en vigueur
 ;

o Distribuer des radios récepteurs à manivelle
et à énergie solaire pour écoute collective, dans
les écoles, les formations sanitaires, les associations de développement,
les marchés et autres lieux de regroupement et d’animation culturelle
des populations ;

o Participer aux activités développées
au sein des réseaux de radios rurales, des CID et des coordinations
et contribuer aux activités de recherche et d’applications en NTICs.

4.5. La première radio rurale solaire autogérée,
opérationnelle à Bankilaré :

Objectif d’un coût unitaire minimum (15.000$ l’unité 
 :

o Console de transmission, mât, antenne, panneau
solaire et batteries : $ 10.000, y compris des équipements complémentaire
pour le multimédia ;

o Construction d’un local d’exploitation sans bois $
2.000 avec participation des populations à la construction ;

o Distribution d’une centaine de récepteurs à
manivelle et solaires pour écoute collective $3.000 (récepteurs
radio Freeplay à l’énergie manuelle et solaire et obtenus
à des conditions avantageuses grâce à la Fondation
Freeplay)

o Tous les équipements devant fonctionner à
l’énergie solaire pour éviter les charges récurrentes.

Objectif 1. de durabilité grâce à
une autogestion effective de la part de l’association totalement responsable
de l’exploitation :

o Sept animateurs bénévoles durant les
six premiers mois et depuis rémunérés à 7.500
FCFA/mois : 12 $ ;

o Les animateurs utilisent les moyens de transport des
projets de développement locaux (pauvreté et environnement)
ou des missions des services techniques et administratifs pour couvrir
les reportages ;

o l’association a développé une capacité
de mobilisation des ressources : 500.000 FCFA soit 800 $ provenant de contribution
diverses et de revente de radios récepteurs FM « Free Play
 » offerts par ACMAD ;

o l’association a obtenu un engagement du projet environnement
de 10.000$ pour l’achat de récepteurs Freeplay 3.000$, d’achat de
petits équipements : 2.000$ et pour la formation 5.000$ ;

o l’association a identifié des partenaires pour
contribuer au financement d’activité de création du CID.

Objectif 2. respect de la législation et des procédures
nationales telles que définies par Décret N° 001/CSC
du 17/7/95 :

o l’association a déposé ses statuts et
a demandé une autorisation d’émettre auprès de l’Observatoire
National de la Communication (ONC) sur la base d’un programme à
dominante développement et en langues locales ;

o après visa du Ministère de l’intérieur
pour les statuts, de l’ONC et du Ministère des communications pour
le droit à émettre, une autorisation provisoire de trois
mois a été donnée pour les tests techniques, suivie
d’une autorisation pour cinq ans renouvelable.

Objectif 3. simplicité et rapidité des
procédures, dans le cas de Bankilaré :

o septembre 1999 : atelier de sensibilisation des populations
et création de l’association ;

o octobre 1999 : obtention de l’autorisation d’émettre
 ;

o octobre 1999 : installation des équipements
offert par le Consortium PNUD/ACMAD/SNV et émission dans un local
prêté par le projet SNV ;

o avril 2000 installation dans les locaux construits
par l’association ;

o 2001 : construction par la population d’un deuxième
local pour la télévision communautaire solaire et pour la
mise en place d’un centre de documentation ;

o 2002 : construction par la population d’un troisième
local pour l’installation d’une unité de téléphonie
solaire

o fin 2002 - début 2003 accueil de la troisième
rencontre nationales des dirigeants, animateurs, journalistes et techniciens
des radios rurales (500 personnes attendus pour un mois dans un village
pour vivre chez l’habitant et échanger l’expérience de 3
années de fonctionnement des radios rurales.

Objectif 4. application de l’approche participative et
communautaire :

o mise en place d’un comité de direction de trois
membres élus (président, secrétaire et trésorier)
 ;

o mise en place d’un comité de gestion de sept
membres élus ;

o et mise en place d’un comité de contrôle
de la qualité des programmes diffusés de sept membres élus

o mobilisation de sept animateurs volontaires quasi bénévoles
pour produire des émissions en Songhaï, en Tamacheq et en Peuhl
 :

§ sur les 17 membres, 6 sont des femmes ;
§ sur les 7 animateurs, 3 sont des femmes.

  
4.6. 
Les phases suivantes :

Consolider l’expérience de Bankilaré qui
commence à avoir une renommée internationale en entreprenant
les actions suivantes :

o renforcer la gestion de l’unité par la formation
des gestionnaires, contrôleurs et animateurs ;

o promouvoir les apports de la radio numérique
satellitaire ’’World Space’’ et les potentialités des canaux ’’Africa
learning Channel’’ et le ’’Canal Educatif de la Francophonie’’ ;

o promouvoir les multiples applications en NTICs avec
des applications de la radio numérique en réception en plus
du son, de l’image et des données par voie satellitaire sans besoin
d’électricité ni de téléphone ;

o rendre disponible pour les populations locales qui
le souhaitent des statuts types, des règlements intérieurs,
des grilles de programmes répondant aux impératifs de développement
local : deux tiers de la grille en rubriques élaborées dans
les langues locales portant sur les thèmes de développement,
l’autre tiers réparti entre les rubriques d’information, de distraction,
d’annonces, d’avis, de communiqués et de publicité.

o créer les meilleures conditions pour la mise
en place d’un Centre d’Information pour le Développement qui réponde
de façon durable aux besoins effectifs et à la capacité
d’autogestion des populations avec :

§ la mis en place d’une télévision
solaire ;

§ d’une téléphonie solaire ;
§ de fours solaires ;
§ d’une pompe solaire ;
§ d’un moulin solaire ;
§ d’un centre de documentation et d’application
multimédia ;

o créer des activités génératrices
de revenus, induites par les activités d’information et de communication
 ;

o s’intégrer au réseau des radios rurales
RURANET/CID afin de bénéficier des ressources mobilisées
par son Comité de pilotage de l’initiative de développement
des radios de proximité (CPRP) :

o Le CPRP est présidé par un représentant
de la société civile l’association nigérienne de défense
des droits de l’homme (ANDDH), il comprend des représentants des
opérateurs publics et privés, des ONGs, des partenaires au
développement et des administrations concernées par la production
de programmes de sensibilisation en matière de développement
économique et social ;

o Le comité comporte trois commissions présidées
comme suit : celle de la programmation et de la formation par la SNV, celle
des NTICs et des équipements par ACMAD et celle de la mobilisation
des ressources par le Ministère du développement rural ;

o La première phase consistant en la mise en place
de sept unités type Bankilaré s’est achevée l’été
2000, outre Bankilaré dans la région de Tillabéry,
Belbéji dans la région de Zender et Tchin Tabaraden dans
la région de Tahoua, enfin Aderbi Sanet dans la région d’Agades,
N’Gourti dans la Région de Diffa, Douméga dans la région
de Dosso et Bermou dans la région de Maradi.

o Une seconde phase de consolidation concernera la mise
en place de quatre vingt autres unités type Bankilaré pour
fonctionner aux environs de la fin de l’année 2002 ;

o Une troisième phase de généralisation
portera en 2003 le nombre d’unités à 160 soit 20 unités
dans chacune des huit régions du pays.

o L’extension du réseau aux radios communales
se fera progressivement avec le renforcement du fonctionnement des CID
et des coordinations régionales et nationale.

 Conclusion :
Bankilaré a constitué un exemple remarquable
en matière d’expérience d’accessibilité sans coûts
à l’information et à la communication des pauvres, des sans
voix et des populations isolées. Bankilaré a déjà
servi avec succès de centre de promotion et de formation pour les
associations de radios rurales de Belbéji et de Tchin Tabaraden
et servira dans l’avenir pour d’autres associations. Elle abritera très
prochainement les troisièmes rencontres nationales des radios rurales
avec la participation de quelques cinq cents dirigeants, animateurs, journalistes
et techniciens. Le cas de Bankilaré a été exposé
et a connu un grand retentissement lors des travaux de l’atelier organisé
en avril 2000 à Addis Ababa en faveur des professionnels de la communication
et des spécialistes intéressés. En août 2000
déjà, une mission UNESCO, l’Ambassadeur de France au Niger
et la Déléguée de la Commission de l’Union européenne
ont assisté à Bankilaré à une opération
de téléchargement de documents, type pages Web transmis de
Washington par World Space via le satellite Afristar et reçus directement
au village sur le récepteur numérique connecté à
un micro-ordinateur, le tout fonctionnant gratuitement par la seule énergie
solaire sans autres facilités énergétiques, téléphoniques
ou de ressources en expertise extérieure au village. N’est-ce pas
là une initiative méritant toute l’attention lors des débats
du prochain Sommet Mondial sur la Société de l’Information
programmé en fin 2003 à Genève ?

Djilali BENAMRANE
 Pour plus d’information et accès à
de la documentation consulter le site web : http://www.multimania.com/nigeradio   ;
ou http://membres-lycos.com/nigeradio

ou écrire à dbenamrane@yahoo.com
 

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