Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de novembre 2002 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de novembre 2002

Novembre

vendredi 10 janvier 2003, par Bruno JAFFRE


La Lettre de novembre 2002
No : 84

 
Sommaire :

Editorial
CSDPTT s’enracine …
________________________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Des ONGs engagées dans la coopération
dans les NTICS en direction du Sud se concertent

______________________

Echos des postes et télécoms
dans le monde

Bénin : Les dessous du GSM
Burkina : La SONAPOST lance
un service électronique

Burkina : l’ONATEL bientôt
privatisé

En Bref  : Afghanistan, le spsotes
africaines, Afrique du Sud, Djibouti, Mali.

________________________________

Economie
L’Afrique marginalisée par les
investisseurs étrangers

________________________________

Internet
Attaque contre les serveurs racines
________________________________

Articles et documents
La "Société de l’Information"
, des précédents qui plaident pour la mise en place d’un
Tribunal International
d’Antonio Pasquali ancien Sous-Directeur
Général de l’UNESCO pour le Secteur de la Communication.


Editorial
CSDPTT s’enracine …
Depuis juin 2002 une délégation régionale
CSDPTT-RA est née. Plus qu’un essaimage, il s’agit d’une expérience
d’enracinement local de notre activité.

La représentation régionale de CSDPTT additionnée
au potentiel solidaire de la région Rhône-Alpes devait servir
de moteur à cette initiative.

Aujourd’hui des membres de CSDPTT Rhône-Alpins
contribuent à des projets en cours et des réalisations
en des régions du Burkina Faso, du Mali et de Madagascar. La téléphonie
rurale et l’introduction d’Internet en forment l’enjeu. Le développement
de liens et de partenariats sur notre région doit pouvoir accroître
la réussite et la pérennisation de ceux-là. A un moment
ou l’on reparle déconcentration, nous entamons un rapprochement
de CSDPTT vers les acteurs institutionnels associatifs et économiques
de la région. Il serait dommage de ne pas enraciner l’action de
CSDPTT dans une région ou la Présidente du conseil Régional 
pose candidature à l’expérimentation d’une nouvelle politique
régionale.

Michel Bongiraud
_____________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Des ONGs engagées dans la
coopération dans les NTICS en direction du Sud se concertent

Au cours d’une rencontre amicale, de responsables des
associations Africa Computing (voir africacomputing.org), d’AEDEV (association
e_developpement voir aedev.org), engagées dans le soutien à
des actions au développement avec ces associations partenaires au
Sud et de CSDPTT, nous avons décidé ensemble de nous
concerter plus régulièrement afin d’échanger des informations,
nos expériences voir de collaborer sur des projets. L’association
Colombus (voir colombus.org) intervenant au Vénézuela
devrait rejoindre le groupe.

Premier acte concret : la mise ne place d’une liste permanente
de discussion, abritée par Africacomputing, entre les membres
des 4 associations.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Bénin : Les dessous du
GSM

C’est le titre d’un rapport confidentiel ,publié
par le quotidien Le progrès début octobre, issu des travaux
de la commission interministérielle chargée de renégocier
les prix des licences.

D’un côté les opérateurs privés,
Libercom, Télécel, Spacetel ( Bénincell) se plaignent
de :

- Retard dans la signature de la convention d’interconnexion
- Répartition inégale et manque chronique
des plans de numérotation

- Non disponibilité de liaison pour le service
ROAMING

- absence d’organe de régulation.
Ce qui favoriserait la pratique de position dominante
de l’OPT (Office des Postes et Télécommunications), mais
semble-t-il aussi de Libercom.

De son côté l’OPT se défend en déclarant
qu’elle n’avait pas plus de disponibilité et que les tarifs d’interconnexion
lui sont défavorables, la balance jouant aujourd’hui en sa défaveur.

On apprend par ailleurs que certains opérateurs
de réseau mobile établissent ou reçoivent des communications
en provenance de l’étranger sans passer par le réseau de
l’OPT, ce qui constitue une violation des dispositions de la licence à
eux octroyée. Mais aucune mesure de rétorsion ne semble devoir
être prise à leur encontre.

D’autre part, à la suite d’une analyse circonstanciée
tenant compte des prévisions et en comparaison des prix pratiqués
dans la région, le rapport préconise un prix des licences
à 6,5 milliards pour une d’exploitation de 10 ans plus une redevance
annuelle de 2% du chiffre d’affaires.

Cette recommandation a été adoptée
par un conseil des ministres début octobre.

On apprenait par ailleurs mi-octobre que l’ancien ministre
de la Culture et de la Communication a pris la contrôle d’un des
opérateurs en achetant une bonne partie des actions.

Enfin Libercom annonçait vouloir étendre
son réseau pour doubler le nombre des abonnés (70000 actuellement).
Le groupe Titan, partenaire de cet opérateur annonçait d’autre
part, par la voie de son Président M. Demarco de passage à
Cotonou, avoir l’intention de "résoudre 
avec l’Office des postes et télécommunication (OPT) tous
les problèmes que rencontrent leurs nombreux projets". Ceci concernerait,
la liaison satellite, les fibres optiques, la téléphonie
rurale et les centraux numériques. (Source http://www.opays.com
et Agence Pana).

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Burkina : La SONAPOST lance
un service électronique

La Société nationale des postes (SONAPOST)
a procédé mardi 17 septembre 2002 au lancement de son premier
produit électronique : TELIMAN, le mandat express.

TELIMAN qui signifie, en langue bambara, la rapidité,
sera désormais disponible dans 24 bureaux de poste, les plus importants.

Tout mandat déposé est payable 10 à
15 minutes après son émission, abstraction faite de la distance
donc.

Les usagers auront la possibilité d’envoyer de
l’argent dans n’importe quel pays du monde dont l’administration postale
est signataire d’un accord bilatéral avec la SONAPOST. Le montant
maximum autorisé s’élève à un million de Fcfa,
le client bénéficie d’une offre de la messagerie à
titre gratuite ainsi que de l’information sans frais pour le correspondant
par la poste dès réception du mandat.

Dans la même dynamique de mise à profit
de ces nouvelles technologies, la SONAPOST projette de créer d’autres
types de produits dont « BP Plus » qui devra s’intéresser
à la collecte et à la distribution des objets de correspondance
et la messagerie à délai garanti, en plus du développement
du courrier électronique par l’ouverture de cyberpostes notamment
à Ouagadougou. (Source : L’Observateur Paalga Ouagadougou
19/0/9/2002)

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Burkina : l’ONATEL bientôt
privatisé

La privatisation de l’opérateur historique devrait
intervenir à la fin de l’année après avoir été
prévu préalablement fin 2001 et décidé en 1998.

Le programme de privatisation qui doit toucher d’autres
entreprises publiques au Burkina Faso, se heurte cependant à une
résistance des salariés qui ont déjà fait plusieurs
jours de grève à l’appel de leurs syndicats.

L’ONATEL, au capital 12 milliards de FCFA bénéficie
d’une bonne image grâce à sa bonne santé financière.
Son chiffre d’affaires a connu une hausse de 50 % en l’espace de trois
ans, passant de 21,5 milliards de FCFA en 1996 à 32 milliards de
FCFA en 1999.

L’opérateur emploie 1250 salariés et compte 
47 300 lignes fixes et plus de 35 000 abonnés à la téléphonie
mobile Son réseau dessert les plus grandes villes du pays.

Après un appel d’offre lancé en avril 2001,
Le consortium Price Water House Coopers / Rothschild, a été
choisi pour assister la commission nationale de privatisation en partenariat
avec la Banque Internationale du Burkina.

Les deux candidats sont le groupe Orascom, actionnaire
de Telecel-Burkina, et présent déjà dans de nombreux
pays en Afrique, et France Télécom. Selon Réseau Telecom,
"Dans les coulisses, s’affrontent deux grands groupes, dont chacun s’appuie
sur lobby politico-économique local". Telekom Malaysia, un moment
pressenti, a été écarté. Le repreneur doit
acquérir près de 40 % des actions, 37% allant à l’État
et à des privés, 20% des actions vendues au public et 3 %
au personnel de l’office. (Source Réseau Telecom http://www.reseautelecom.com/)

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En Bref
Un consortium comprenant le Fonds pour le développement
économique de l’Aga Khan (51% du capital), Monaco Telecom filiale
de Vivendi (35%) et Alcatel (15%) a remporté la deuxième
licence de téléphonie mobile en Afghanistan. L’investissement
de départ serait de 55 millions de dollars. Le premier opérateur
ne compte actuellement que 20000 abonnés.

Sur l’ensemble de l’Afrique, selon un bilan établi
en juillet 2002, 7 systèmes postaux africains font toujours
partie du gouvernement central, tandis que 11 opèrent avec les services
nationaux de télécommunications au sein de ce qu’on appelle
souvent l’OPT et que 34 autres sont des sociétés d’Etat.

En Afrique du Sud, la COSATU, Congrès des
syndicats sud-africains, a organisé deux journées de grève
début octobre contre les privatisations. A cette occasion ses dirigeants
ont dénoncé les suppressions d’emplois, citant le chiffre
de 20000 pour la société nationale des télécommunications
Telkom.

Djibouti Telecom a augmenté le débit
de sa connexion à Internet de 512 kilobits à 2 mégabits.

Au Mali, la SOTELMA a procédé à
un réajustement de ses tarifs. La taxe de base augmente de 85 à
75 F CFA toutes les 3 minutes. Les communications sous-régionales
sont réduites de 57%, passant à 300 F CFA par minute.
Vers l’Europe la réduction est de 56% en passant à 600FCFA/mn
et de 50% vers les Etats-Unis en passant à 1.500 F CFA/mn. Par ailleurs,
la SOTELMA a réduit les tarifs 20% sur les plages horaires (de 20
heures TU à 07 heures TU) et durant les jours non ouvrables.

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Economie
L’Afrique marginalisée par les investisseurs
étrangers

Selon le rapport annuel publié récemment
par le CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Développement)
Les investissements directs (IDE) à l’étranger sont passé
de 1 500 milliards de dollars en 2000, ils ont plongé à 735
milliards de dollars l’an passé. L’Afrique n’en a reçu que
17 milliards de dollars ! Ce qui ne manque pas de relativiser l’optimisme
affiché des promoteurs du NEPAD dont le succès dépend
essentiellement de l’augmentation des investissements étrangers

La Cnuced en profite pour relativiser les prétendus
bienfaits automatiques des IDE. « Seuls ceux qui ont su imposer des
conditions aux investisseurs étrangers ont bénéficié
d’un effet d’entraînement économique et social des IDE, assure
encore Odenthal Ludger. Mais la grande majorité, pressée
de s’ouvrir et de libéraliser son économie, s’est livrée
à une véritable concurrence fiscale sans contrepartie de
la part des multinationales". (Source Libération du 18/09/2002)

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Internet
Attaque contre les serveurs racines
Le lundi 23 octobre, l’infrastructure centrale du Net
fut l’objet d’une attaque de pirates informatiques sans équivalent
depuis sa naissance. Les 13 serveurs de nom maîtres, issus
pour la plupart du modèle ARPANET, forment un annuaire central et
unique. C’est par eux que se forme la pertinence de l’adressage de toute
requête formulée par un navigateur pour trouver une
page web, une adresse de destination mail. Trois de ces machines
sont localisées en Europe et au Japon, les dix autres aux Etats-Unis.

Diverses sources mentionnaient que sept de ces
serveurs racines gérés par des intervenants différents,
ICANN, VeriSign, Internet Software Consortium… devinrent inopérant
durant plus d’une heure. Les experts estimaient que quatre serveurs assuraient
l’essentiel du trafic, générant une perte de 10 pour cent
des requêtes. Cette situation n’eut que peu d’impact pour l’internaute,
il nous arrive bien d’avoir un plantage sur notre machine personnelle une
heure durant, de temps à autres. Retenons aussi, que l’Internet
a été construit pour résister à toute forme
d’agression

Mais au-delà de la tentative de déni de
service, se pose la question de la gestion d’une ressource essentielle
dans les échanges mondiaux.. Les noms de domaines dont il s’agit
représentent cette ressource. Ici se pose donc la question de la
sécurité d’un bien public et universel.

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Articles
et documents

La "Société de l’Information"
des précédents qui plaident pour la mise
en place d’un Tribunal International

par Antonio Pasquali Ancien Sous-Directeur Général
de l’UNESCO, secteur de la Communication.

 Source :: www.movimientos.org/foro_comunicación/

 

La "société de l’information" - issue
de cet écheveau de bits, chips, fréquences, câbles,
satellites, programmes et réseaux qui a unifié électroniquement
tous les codes humains et a permis la croissance exponentielle de la messagerie
et de l’"infosphère" dans laquelle nous baignons - sera élevée
en décembre 2003 aux honneurs d’un Sommet Mondial que lui dédiera
l’Organisation des Nations-Unies elle-même, avec l’Union Internationale
des Télécommunications, l’UIT, dans le rôle de l’hôte
principal.

D’ici là, avec trois Conférences préparatoires
et les fabricants d’équipement, de programmes et de canaux qui s’en
lèchent les babines d’avance, un déluge de panégyriques,
hymnes, hosannas, apologies et autres éloges à ladite Société
tombera sur nos têtes, plus abondant encore que celui qui déferla
en 1998, quand on voulut nous faire croire qu’Internet viendrait rapidement
à bout du sous-développement, de la pauvreté et de
la faim dans le monde.
Tout cela relève de la légende
dorée de ce qui avait été baptisé, il n’y a
pas si longtemps, the network age ; des éloges qui, si on regarde
les choses de façon objective, sont en grande partie mérités.
Car c’est à partir de la révolution technologique sous-jacente
que les standards de production, de conservation et de diffusion des savoirs
ont été élargis de façon radicale et, dans
une certaine mesure, démocratisés.

Comme dans toute histoire digne de ce nom, ces images
d’Épinal de la "société de l’information" cachent
néanmoins par devers elles une légende noire que les protagonistes
voudraient escamoter, mais qu’il faudra mettre en lumière au moment
du Sommet. Cette légende noire est de nature économique et
il faut la raconter ici, non pas dans l’intention manichéenne de
salir ou de détruire la légende dorée, mais plutôt
pour peser en toute connaissance de cause le pour et le contre, ce
qui dans cette "société de l’information" est bon à
garder et ce qui doit être dénoncé et jeté.
Il s’agit, concrètement, de deux gigantesques spéculations
économiques, en grande partie frauduleuses, menées par ceux
qui ont déjà accaparé ladite "société
de l’information", qui ont ruiné son développement naturel,
appauvri des millions d’épargnants, hypothéqué les
coûts futurs de ses services et déclenché une crise
économique globale qui, selon certains analystes, pourrait être
pire que celle de 1929. Car une chose est sûre : tout comme dans
le cas du "global village ", la "société de l’information"
est déjà propriété de quelques uns, et il existe
un risque bien réel que le Sommet ne serve qu’à renforcer
- derrière une façade de débats démocratiques
- l’adaptation de l’univers des consommateurs au bon vouloir des grandes
multinationales, cette fois-ci officiellement invitées (le verbe
"adapter" figure dans les textes officiels de l’UIT).

* * *

Sommaire de l’article :
La crise du secteur de l’information et de la communication
Le Crash Internet
Le scandale ENRON
Le scandale de la téléphonie mobile
Pour un Tribunal international

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l’article en entier