Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Mai 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Mai 1996

Mai

mercredi 1er mai 1996


La Lettre de mai 1996
No : 8

 
Sommaire :

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Editorial
Quelques vérités sur l’immigration
malienne
.

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Echos de csdptt et de la vie
associative

Le CODEV fête ses 10 ans.
Un groupe de travail sur les télécoms
au CFSI.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Colloques à Abidjan.
Téléphone : Le Zaïre
sollicite l’aide de la Belgique.

WorldStar, premier système mondial
de radio numérique par satellite.

Statistiques du téléphone
au Togo.

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Burkina
Epidémie de méningites


Editorial
Quelques vérités sur l’immigration malienne.
Mais quand cessera-t-on de s’acharner sur les immigrés !
S’agit-il encore d’une énième opération destinée
à récupérer les voix des électeurs lepenistes
attirés par la bassesse, l’ignorance et la peur de la différence ?

Il est vrai que la transformation de la quasi-totalité
de l’immigration malienne en un immense acteur de développement
aura sans doute largement contribué à la faire sortir massivement
de sa torpeur passive. Voilà d’ailleurs que maintenant elle revendique
des droits et publiquement.

Deviendrait-elle trop gênante pour qu’au même
moment ressortent de nouveaux projets pour restreindre toujours plus la
circulation des immigrés ? Certains proposent de réduire les
capacités d’accueil des foyers à 50 personnes. Certes quelques
aspects folkloriques y contredisent parfois la légalité.
Mais c’est toute la vie collective communautaire et solidaire qui risque
d’être atteinte. Celle qui permet par exemple aux chômeurs
de ne pas se retrouver SDF, à de nombreux jeunes de ne pas tomber
dans les mirages de la société occidentale qui mènent
parfois tout droit à la drogue. Des dérapages existent mais
cette structure communautaire les préservent du pire. Mais surtout
c’est elle qui a permis que se développe toute cette intense activité
tournée vers le développement de la région d’origine
(surtout celle de Kayes dont sont issus la plupart des immigrés
maliens).

 Il nous arrive régulièrement d’évoquer
le dynamisme des associations avec lesquelles nous collaborons. Mais il
existe de nombreux autres exemples. Ainsi tout récemment, j’ai reçu
un appel d’un responsable de l’Association des originaires de Sefoto en
France qui sollicitait un complément de financement. Cet arrondissement,
situé dans la région de Kaarta à 80 kilomètres
du chemin de fer Bamako-Kayes compte environ 10000 habitants. Cette association
s’est fixée pour premiers objectifs, la construction d’une maternité,
d’un hôpital et d’une école de 9 classes. Elle compte environ
200 adhérents dont seulement moins de la moitié travaille.
Eh bien en 16 ans elle a réussi à rassembler 250000 FF uniquement
par les cotisations des adhérents, soit la moitié du
financement de leur projet !

L’objectif suivant c’est la construction d’un bureau
de poste ! Les habitants souhaitent régler les problèmes
de la distribution du courrier et du paiement des mandats. Actuellement
le courrier est transporté par la route environ une fois par semaine
en camion au bon gré des chauffeurs. Et pendant l’hivernage, la
route est le plus souvent coupée...

Le Mali, pays parmi les plus pauvres, n’a certes pas
les moyens de répondre aux demandes des populations. La démocratie
a multiplié les exigences donc par ricochet les mécontentements
ce qui la rend fragile.N’est ce donc pas là une oeuvre d’utilité
publique à laquelle s’est attelée l’ immigration malienne.
Et cet engagement ne mérite-t-il pas tout notre respect voire notre
admiration ? 

Bruno Jaffré
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Echos de csdptt et de la vie
associative

Le CODEV fête ses 10 ans.
Nous venons de recevoir une invitation du CODEV qui va
fêter ses 10 ans. Cette association regroupant du personnel de l’EDF
a un peu inspiré la création de CSDPTT. En effet, créée
au sein du service des études et de la recherche elle s’est consacrée
à l’aide au développement sur les métiers existant
à l’EDF.

Le CODEV a pu bénéficier dès
le début de son existence d’un comité d’entreprise qui lui
a permis d’obtenir ses premiers financements. Très rapidement ensuite
elle a pu négocier avec la direction de l’entreprise qui lui accorde
depuis des aides substantielles. Si cette expérience est quelque
peu différente de la notre, le CODEV a été jusqu’à
créer des joint venture, elle apparaît très riche d’enseignement
pour les associations de développement au sein des entreprises et
mérite donc une attention particulière de la part de notre
association

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Un groupe de travail sur les télécoms
au CFSI.

Le Comité Français de Solidarité
International serait en train de mettre sur pied un groupe de travail sur
les télécommunications, un domaine jusqu’ici absent de toute
réflexion au sein des ONG.

Rappelons que le CFSI regroupe une soixantaine d’organismes
dont de grosses ONG comme le Secours populaire, ou le Comité Catholique
contre la fin ou de développement. Parmi ses multiples activités,
il a mis en place le réseau « SOLIDARITE
- ENTREPRISES » dont le rôle est de favoriser des collaborations
entre les entreprises et les ONG. C’est encore le CFSI qui a financé
la mission CIEDEL-ADCYF au Mali fin 1995 dans le cadre de l’étude
d’un réseau de télécommunications dans la région
de Yélémané.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Colloques à Abidjan.
Abidjan capitale des colloques et séminaires sur
les télécoms africaines ? Début mars un premier séminaire
a rassemblé les délégués de 14 pays africains
et experts internationaux favorable à la privatisation. C’est ainsi
qu’un représentant du Sénégal M. Cheikh Tidiane Ndiongue
a déclaré : « La libération est inéluctable.
Il faut donner aux opérateurs classiques la possibilité de
faire des alliances pour se muscler. C’est cela qui nous amène à
la privatisation... ». N’avez-vous pas entendu cela quelque part
ailleurs ? C’est ce même M. Ndiongue dont les employés de la
SONATEL ont réclamé la démission au cours d’une grève
en Août dernier. (voir La Lettre de CSDPTT N°00).

Fin mars c’était autour de l’IUT d’organiser un
colloque sur le financement des télécommunications en Afrique.
Le représentant du bureau de développement des télécoms
de l’IUT a déclaré : « Dans beaucoup de pays, le problème
du financement est un faux problème. C’est plus un problème
d’organisation de structures et de gestion des ressources financières.
En principe les télécommunications sont un secteur excessivement
rentable, par conséquent un réseau bien géré,
bien administré, est capable de s’autofinancer. Il n’y a pas de
possibilités de faire des économies sur l’importation des
équipements compte tenu que les marchés sont relativement
petits » mais a-t-il ajouté « 
si les pays africains arrivaient à se mettre d’accord pour faire
des appels d’offre groupés, ils pourraient bénéficier
de prix intéressants ».

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Téléphone : Le
Zaïre sollicite l’aide de la Belgique.

Selon le quotidien Belge le Soir, Un ancien ministre
des télécommunications serait venu solliciter l’aide des
entreprises belges Belgacom et Alcatel Bell afin de créer une nouvelle
société privée de téléphone au Zaïre.
Le projet prévoit que la compagnie nationale Zaïroise, l’ONPTZ
(Office Nationale des Postes et Télécommunications du Zaïre)
apporterait les licences et la Gécamines, la plus importante société
minière du pays, ses liaisons par satellites.

L’ONPTZ serait virtuellement en faillite et les opérateurs
étrangers refuseraient actuellement de relier le réseau
zaïrois au reste du monde. C’est ainsi par exemple qu’il est très
difficile de France d’appeler directement un numéro au Zaïre
et qu’il est devenu courant de passer par un opérateur américain.
La Gécamines loue déjà une liaison satellite entre
Lumumbashi et Bruxelles à la Belgacom. Celle-ci se charge ainsi
des communications internationales, contre garanties bancaires, de certaines
sociétés privées zaïroises.

Plus encore que partout ailleurs en Afrique le téléphone
est réservé au Zaïre à une élite
car si l’on veut pouvoir compter sur son téléphone, on est
pratiquement obligé de s’abonner au réseau de téléphone
cellulaire géré par une société privée
Télécel dont les prix sont très élevés.

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WorldStar, premier système
mondial de radio numérique par satellite.

L’objectif annoncé du système Worldstar
est dans un premier temps de donner aux quelques 4 milliards de terriens 
qui n’en sont pas encore pourvus, un embryon de système de télécommunications
multimédia passif surtout radio (AM et FM numérique).

Trois satellites, Afristar_1, AsiaStar_1 et CaribStar_1
seront lancés dans 6 mois et le système devrait être
opérationnel à la mi-99. AfriStar_1 lancé à
la mi-1998 sera positionné en orbite géostationnaire (36000
km) par 21 degrés de longitude au-dessus du Zaïre.

WorldStar mettra ainsi 216 canaux à la disposition
des radios nationales ou internationales voulant émettre dans ces
zones. Premier client, Radio Nederland et la Voix de l’Amérique...
Le système doit aussi être capable dans un second temps de
fournir du texte et de l’image.

La réception des programmes radio, d’une
qualité proche d’un CD, s’effectuera à l ’aide de petits
récepteurs, un peu plus grands qu’une main d’environ 100 dollars
pièce. Ils fonctionneront à énergie solaire
ou à piles et seront munis d’un mini-écran sur lequel pourront
s’afficher des informations, du courrier électronique ou des images.

Selon le Président de la société
américaine WorldStar, maître d‘oeuvre du projet, le système
devrait générer plusieurs milliards de recettes provenant
de la vente des canaux et des abonnements payés par les souscripteurs.
L’équilibre financier devrait être atteint en deux ans.

C’est la société Alcatel Télécom
qui a été choisie comme architecte industriel pour un contrat
de 3,5 milliards de francs à répartir entre ses partenaires
dont Arianespace qui fournira les fusées, Matra Marconi qui construira
les satellites. (Source AFP du 18/03/96 ).

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Statistiques du téléphone
au Togo.

Le téléphone au Togo reste pour l’instant
sous la responsabilité de l’OPTT (Office des Postes et Téléphones
du Togo) .

Sur les 1500 agents de l’OPTT, 760 sont affectés
à la branche Télécom. La productivité y est
de 30 lignes par agent alors que le pays compte environ 6 lignes pour 1000
habitants. Le parc d’abonnées est passé en 3 ans de 1000
en 1992 à 21000 en 95. Selon les prévisions ce chiffre devrait
atteindre 90000 en l’an 2000 soit une croissance moyenne de 35% par
an. Le réseau national est numérisé à 97%.
La numérisation des liaisons avec la France, les Etats Unis et l’Allemagne
devrait être achevée à la mi-96.

Un programme de téléphonie rurale a été
entrepris à partir de 1993. Trente localités devaient être
raccordées à la fin 1995.

Dans les zones urbaines, il est prévu l’installation
d’une centaine de Publiphones par an, des licences étant délivrées
à des particuliers pour exploiter des cabines téléphoniques
privées. (Source Publicité dans le mensuel Afrique Asie)..

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Burkina
Epidémie de méningites.
Cette épidémie a fait plus de 2500 morts
au Burkina depuis le début de l’année où près
de 26000 cas ont été recensés. Une épidémie
de rougeole affecte aussi l’ouest du territoire où sur 11000 malades
recensés, 180 sont décédés. (Source Le Monde
12/04/96).

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