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Lettre d’aout 2002

Août

mercredi 2 octobre 2002, par Bruno JAFFRE


La Lettre d’aout 2002
No : 81

 
Sommaire :

Editorial
CSDPTT intervient aussi dans les NTICs
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Rapprochement Yam Pukri -CSDPTT
Burkina Faso : création
de Solidarité Développement des Postes et Télécommunications

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

INMARSAT et Thuraya en Mauritanie
Algérie : difficultés 
dans la téléphonie mobile

Echos de Bamako2002 (suite
.. extraits) :

En Bref  :  Sénégal,
Arabie Saoudite, Orascom, Nombres d’Internautes dans le monde, Câble
de fibre optique reliant l’Algérie, Gabon, (RDC) République
démocratique du Congo, Kenya, Mali.

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Courrier
Problèmes du téléphone
au Cameroun
( M. Ruben BALOCK Professur d’université)

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Articles et documents
REPORTAGE  : Mes premiers
pas au Burkina. d’Alain Roblin Demont (csdptt Ile de FRANCE)


Editorial
CSDPTT intervient aussi dans les NTICs
Le principe de notre activité ne consiste-t-il
pas à fructifier l’adéquation entre les besoins exprimés
par nos partenaires en Afrique et les compétences rassemblées
au sein de CSDPTT ?

C’est donc naturellement que notre relation entamée
par Internet avec Yam Pukri, puis consolidée dans le temps, et l’arrivée
de compétences dans les domaines des NTIC au sein de CSDPTT se sont
traduites par la mise en place d’une formation.

Nous l’avons voulu en direction des formateurs pour qu’elle
soit démultipliée et adaptée aux besoins. Le programme
a été élaboré en concertation étroite
avec nos amis. Enfin elle a bénéficié de l’adaptabilité
d’Alain Roblin Demont, longtemps formateur informatique à la Poste.

 Faute d’obtenir des financements, marquant notre
volonté de ne pas faire dépendre nos actions des éventuels
bailleurs, les frais de déplacements ont été
pris sur nos fonds propres, Yam Pukri prenant en charge le séjour.

Loin de nous l’idée de reprendre les illusions
selon lesquelles Internet serait la nouvelle panacée du développement.
Par contre il devient un outil redoutable au main de la société
civile lorsqu’elle se l’approprie. C’est ce à quoi nous voulons
contribuer par notre partenariat avec Yam Pukri.

Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

Rapprochement Yam Pukri -CSDPTT
Alain Roblin Demont (CSDPTT Ile de France) a effectué
une mission de 15 jours au Burkina fin juin, suivi d’un séjour touristique
d’une semaine. Rappelons qu’il a dispensé une formation sur les
NTICs aux formateurs de l’association Yam Pukri qui œuvre à la vulgarisation
et la Formation Sur les Nouvelles Technologies en direction de la jeunesse.
Alain a été longtemps formateur en informatique à
la Poste et a pu s’adapter aux besoins des formateurs à la satisfaction
de tous.

Cette mission a été entièrement
prise en charge sur les fonds propres de CSDPTT pour le voyage et par Yam
Pukri pour le séjour sur place. Une convention de coopération
sur 3 ans a par ailleurs été signé à cette
occasion.

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Burkina Faso : création
de Solidarité Développement des Postes et Télécommunications

L’association SO DE P TEL BF a été officiellement
créée au Burkina Faso. Et rassemble des salariés ou
retraités de la Poste et de l’ONATEL. "SO DE P TEL BF poursuit principalement
la promotion des échanges et de l’entraide entre les peuples, notamment
en apportant un soutien aux actions de développement et de désenclavement
dans les domaines des Télécommunications et de la Poste". 
Depuis près de 10 ans que CSDPTT intervient au Burkina Faso, nous
entendons entretenir des rapports très privilégiés
avec cette association. Alors que notre action s’intensifie au Burkina, 
cette création que nous appelions de nos vœux vient à point
nommé pour amélioration les conditions de réalisation
des projets dans ce pays et mettre en place de nouvelles formes de coopération.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

INMARSAT et Thuraya en Mauritanie
 Deux sociétés ont commencé
presque simultanément le démarrage de leurs services de télécommunications
par satellite, Mauritel et la société mauritano-tunisienne
des télécommunications (MATTEL).

 Mauritel, Mauritanienne des télécommunications
est détenu 40% par l’Etat et à 54% (3% doivent être
rétrocédés aux salariés) par un consortium
dénommé CMC (Compagnie Mauritanienne des Télécommunications)
constitué entre Maroc Télécom et des partenaires privés
mauritaniens. C’est en avril 2001 que 54% du capital de Mauritel, l’opérateur
historique, avait été cédé pour 48 millions
de dollars à la suite d’un appel d’offre international.

Pour exploiter la technologie INMARSAT, la Mauritanie,
via Mauritel, a acquis une licence d’exploitation des services « 
INMARSAT » dans le cadre d’un partenariat avec « France Télécom
 » et « INMARSAT Limited ».

Ces services doivent permettre la couverture téléphonique
de l’ensemble du territoire national, en particulier les zones non couvertes
par les téléphones fixe filaire et mobile. Ils permettront
également la disponibilité des services de l’Internet, du
fax et de la transmission des données.

Les nouveaux services devraient apporter une dimension
communautaire, permettre de développer les villages et agglomérations
les plus reculés et encourager l’investissement dans l’arrière-pays.
Le débit actuel des services de 64 Kbits/seconde pourrait atteindre
144 kbits en fin d’année et plus de 400 kbits en 2004.

Se son côté la société mauritano-tunisienne
des télécommunications (MATTEL) va s’appuyer sur une collaboration
avec la société Thuraya des Emirats arabes unis (EAU) et
son offre de services de téléphonie mobile par satellite,
déjà utilisés dans une quarantaine de pays dont 14
arabes. La MATTEL compte ainsi offrir des services de communications par
satellite, de téléphonie mobile numérique (GSM) ainsi
que de GPS. Ce service s’adresse en particulier aux touristes et gestionnaires
des flottes maritimes notamment non couvertes par le réseau GSM. 
La MATTEL, société privée, avait été
le premier opérateur à introduire la téléphonie
mobile GSM en Mauritanie en 2001.

On apprenait par ailleurs que le taux de pertes des appels
s’élevait à 74 % pour la Mauritano-tunisienne de télécommunications
(Mattel) et à 46 % pour la Mauritel selon des chiffres fournis fin
juillet par le directeur de l’Autorité de régulation du service
des opérateurs de téléphonie mobile en Mauritanie,
Sidi Abdallah ould Kerkoub, soit le double de ce qui est autorisé.
L’importance de ces pertes serait due au fait que les opérateurs
avaient misé sur un service technique pour 30.000 abonnés,
alors qu’on en serait actuellement à 150000.

( Source Agence mauritanienne d’info, AFP et
Agence Pana
).

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Algérie : difficultés 
dans la téléphonie mobile

 L’Algérie comptait à la mi-année
2002, moins de 250.000 utilisateurs de téléphone mobile dont
110000 à Orascom Télécom Algérie (OTA) un an
après avoir bénéficié de l’attribution de la
2ème licence GSM. Ce qui ne constitue que 50% de ses objectifs d’abonnements.
Son réseau ne couvre que les chefs lieux et grandes agglomérations
des 7 wilayas couvertes, tandis que l’objectif de couverture des 12 wilayas
prévues par le second réseau, celui d’Algérie Telecom,
Djessy, qui compte 120000 abonnés, ne sera pas non plus atteint.
Et les tarifs restent excessivement élevés (17 000 dinards
pour obtenir la puce). En outre la presse ne cesse de se plaindre d’une
mauvaise qualité de service.

Les 500.000 nouvelles lignes d’Algérie-Télécom,
promises de longue date, sont bloquées depuis plusieurs mois,
par la commission nationale des marchés publics qui n’arrive pas
à choisir entre les offres des fournisseurs d’équipements.
Le montage financier pour l’achat des équipements rencontre des
difficultés. Le Président Bouteflika s’en est pris publiquement
à Siemens et Alcatel, les deux équipementiers de Djezzy.

Il s’agissait de trouver 500 millions de dollars pour
le lancement des opérations. Faute de garanties jugées suffisantes,
les équipementiers Siemens et Alcatel ont choisi de ne pas livrer
leurs équipements tant que le montage garantissant le financement
n’était pas bouclé, ce qui a mis en colère le président
Bouteflika qui s’en est pris à eux publiquement.

D’autre part les clients semblent mécontents des
factures et rechignent à payer, ce qui aggrave les difficultés.

Enfin Orascom se serait livré à une opération
commerciale douteuse en offrant aux abonnés à NTM d’Algérie
Telecom un pack complet (téléphone et abonnement Djezzy)
est offert en contrepartie de la remise des téléphones du
réseau NMT et du versement d’une somme de 12 000 DA. L’ARPT saisie
n’a cependant pas jugé le procédé illégal.

La presse algérienne s’en prend aussi à
la politique du personnel d’ORASCOM qui surpaye les cadres expatriés
égyptiens placés aux postes de responsabilités au
détriment des cadres nationaux dont certains seraient poussés
vers la sortie. (Source 
Le Quotidien d’Oran du 11/07/2002 et El Watan 16/07/2002)

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Ce compte rendu de Bamako 2002
(bientôt en ligne intégralement sur notre site) nous vient
de notre ami Sidibé Brehima, un des animateurs de l’Association
des Volontaires pour le développement des Télécommunications
au Mali.

Echos de Bamako 2002 ((suite … extraits)
Je tente ici de te faire un compte rendu des travaux
de la conférence de Bamako 2002…

…III- Le 27 mai, la conférence de l’Association
des Municipalités du Mali (AMM) sur "Société de l’Information
et Développement Local en Afrique : le Projet de Connexion des Communes
du Mali ", a vu la participation de tous les maires ou leurs représentants
à cet atelier et la présence de certaines délégations
étrangères.

Le projet télécentre communautaire polyvalent
de Tombouctou (projet TCP) était représenté par son
coordinateur pour faire une présentation dans le cadre d’illustration
et témoignages d’utilisateurs de l’Internet dans le développement
local.

Après le discours de bienvenu du Président
de l’AMM, il y a eu la présentation des délégations
étrangères, suivi du discours d’ouverture du Ministre de
l’Administration Territoriale et des collectivités Locales. Une
pause de vingt minutes a été observée.

A partir de 10H00, les débats ont commencés
avec l’intervention du coordinateur du projet TCP de Tombouctou, qui après
un bref rappel de l’historique de mise en œuvre du projet, a développé
le but et les objectifs du TCP, les stratégies que développe
le télécentre, les services qu’offre le télécentre
à ses utilisateurs, les bénéficiaires du télécentre,
et les activités développés au télécentre.
Ce qui a surtout impressionné le public, c’est la production de
journal "ANNOURA" qui veut dire : "de la lumière jaillit la vérité",
servant de support d’information aux radios rurales de la place.

Après ce brillant exposé du coordinateur
national du projet TCP de Tombouctou, ce fût le coordinateur du projet
télémedicine "Kénèya Blown" (Docteur Ousmane
SY) pour une quinzaine de minutes d’intervention, au cours duquel, il a
fait une présentation de son projet, les activités qu’il
mène actuellement et ses ambitions. C’est un vaste programme que
le projet compte exécuté sur l’étendu du territoire
ave l’interconnexion de tous les grands hôpitaux de l’intérieur
à ceux de la capitale. En plus de ces deux exposés il y a
eu celui du promoteur du centre d’affaire d’usage de l’informatique et
de l’Internet au Carrefour des Jeunes, celui coordinateur de projet de
connexion 703 communes, celui du projet Centre de Ressources de l’AMM qui
a conclu son exposé avec l’énumération des quatre
conditions de réussites des Centres de Ressources qui sont :<<Echanges
entre élus, et avec les personnes ressources expérimentées
- Proximité des utilisateurs - Compréhension facilitée
(traduction, illustration, langage simple) et l’Animation>>. Ensuite il
y a eu l’exposé du coordinateur du projet télécentre
de Sévaré qui n’était pas prévu dans le programme
initial, car il a fallu la bonne compréhension du présidium,
pour lui accorder cinq minutes d’intervention.

C’est surtout ces deux interventions qui ont attiré
l’attention des élus municipaux, qui pensent pour plus de la moitié
que ces deux expériences sont à soutenir.

Atelier N° 1 : Ce que la Société de
l’Information apporte à l’Afrique

… Il a été retenu au cours de cet atelier
que l’accès à l’information et l’aide à la décision,
le commerce électronique, les réseaux d’affaires, l’accès
aux réseaux financiers, les niches, l’intégration et coopération
régionales, sont des avantages que peut apporter la société
de l’information aux entreprises africaines tout en considérant
que :<<La volonté politique et la motivation sont les premiers
facteurs de succès, tout comme la volonté des entrepreneurs
de regarder sur le long terme>>….

Bréhima Sidibé AVTDM Tombouctou
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En Bref
Au Sénégal, la connexion à
l’internationale est passée de 42 à 53 mégabits par
seconde. En Afrique, le Sénégal se place désormais
en troisième position pour l’importance de sa bande passante derrière
l’Afrique du Sud (400 Mb/s) et le Maroc (100 Mb/s).

L’Arabie Saoudite vient de décider l’ouverture
du capital de l’opérateur Saudi Telcom Co mais les investisseurs
étrangers restent exclus. L’Arabie Saoudite compte 3,3 millions
de lignes fixes 3 millions de mobiles pour une population supérieure
à 22 millions d’habitants.

La société de téléphonie
Orascom,
appartenant au groupe égyptien Sawiris serait en train de brader
ses 17 licences qu’elle détient actuellement en Afrique sub-saharienne
alors que ses deux filiales au Yémen et en Syrie viennent
de déclarer faillite.

Selon des chiffres récemment fournis par le journal
du Net issus de différents instituts spécialisés,
les USA et le Canada comptent 180 millions d’Internautes, l’Europe 154
millions, l’Asie Pacifique 144 millions, l’Amérique du Sud 15,4
millions et l’Afrique 4,5 millions.
Le pourcentage d’Internautes par
rapport à la population est de 59% au Etats-Unis, 38% en Finlande,
19% en France, 5% au Vénézuéla et 1,6% au Maroc. A
propos du trafic, le journal du Net précise qu’avant 1999, quasiment
100 % du trafic Internet mondial passait par les Etats-Unis. Depuis, cette
proportion s’est considérablement réduite : 66 % fin 2000,
60 % fin 2001 et probablement 55 % fin 2002 (voir http://www.journaldunet.com/).

 Un câble de fibre optique reliant l’Algérie
à Palma (Espagne) a été inauguré en juin. Long
de 312 km, il dispose d’une capacité de 2,5 Gbit/S (30.000 circuits
téléphoniques). Il vient compléter un autre câble
reliant Alger à Marseille
(France).

Au Gabon les autorités ont décidé
de couper les communications des téléphones fixes des administrations
vers les téléphones mobiles. Cette mesure aurait été
rendue nécessaire par l’explosion des factures des administrations.
Celles-ci devraient être rétablies après qu’un logiciel
permettant de mieux contrôler les communications sera mis en place..
Une communication d’un fixe vers un mobile coûte 300FCFA la minute
contre 250FCFA dans l’autre sens. Un directeur d’un opérateur de
mobiles a déclaré espérer de cette mesure une augmentation
des abonnements à la téléphonie mobile. (Source RFI).
Ce pays compte 37.000 abonnés, pour une capacité de 41.000,
lignes géré par Gabon Télécom dont la privatisation
est prévue. En outre, deux sociétés privées
et une autre affiliée à Gabon Télécom opèrent
dans le secteur de la téléphonie mobile.

La (RDC) République démocratique du
Congo
dépenserait trimestriellement 450.000 dollars US
pour ses besoins de télécommunications par satellite, aurait
déclaré un expert du ministère congolais des PTT (Source
Pana).

Au Kenya, le gouvernement a institué une
taxe de 5% sur tout appel à partir d’un téléphone
cellulaire et a supprimé celles sur les appareils de téléphone,
les cartes SIM et les cartes de téléphone. D’autres taxes
sur le kérosène et les véhicules d’occasion ont été
instituées afin de combler le déficit budgétaire

Le Mali a procédé à un changement
de numérotation téléphonique. Les numéros passent
de 6 à 7 chiffres. Un 2 est ajouté aux 6 chiffres des numéros
fixes 2 et un 6 aux six chiffres actuels du réseau mobile GSM (Malitel).
Cette numéro est rendue nécessaire en autres par la nécessité
de réserver des tranches de numéros à de nouveaux
opérateurs dont France Télécom qui vient d’obtenir
une licence via la SONATEL du Sénégal.

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Courrier
Problèmes du téléphone au Cameroun
Nous publions cette lettre en provenance du Cameroun,
très intéressante non seulement pour le témoignage
sur l’état du téléphone dans ce pays mais aussi pour
l’exposé précis et pertinent des problèmes rencontrés
dans l’exploitation des téléboutiques.

J’ai découvert votre site en faisant des recherches
sur Internet dans l’espoir de trouver un contact qui puisse m’aider. Avant
tout je vous félicite d’avoir eu l’idée de créer une
telle association.

Mon problème : parvenir à trouver des solutions
techniques pratiques aux difficultés de téléphoner
qu’éprouvent une majorité de personnes au Cameroun
(et sans doute en Afrique). A ma façon et à mon niveau, 
mener ainsi, une lutte réelle contre la pauvreté.

Docteur en droit de l’Université des Sciences
sociales Toulouse 1, j’ai résolu il y a 2 ans de rentrer au
Cameroun comme enseignant à l’Université de Yaoundé
2. Cette dernière créée en 1993 se trouve dans une
petite ville appelée Soa, à 15 KM de Yaoundé. Elle
compte nominalement près de 15000 étudiants et environ 350
enseignants et personnels d’appui les uns aussi pauvres que les autres.
La ville dans son ensemble abrite à peu près 20000 âmes.

L’Université n’a que 2 lignes de téléphone
(Recteur, Secrétaire Général) et cela depuis juin
2001 seulement. La ville n’a pas de cabines téléphoniques,
pas d’Internet. L’opérateur MTN est présent. Orange comptait
y étendre son réseau en juin 2002. Les besoins sont importants.

Personnellement, lorsque la ville a été
connecté en juin 2001 au réseau téléphonique
de Yaoundé, j’ai investi 3 mois de salaire pour obtenir une ligne
que je voulais transformer en « Télé boutique ».
Après coup j’ai découvert que le projet est irréalisable
au motif que le courant est faible et ne permet pas le retour d’impulsions,
impossible donc de faire fonctionner un taxeur sans lequel une telle initiative
est un échec garanti. La première solution que je recherche
est dès lors de trouver une technologie simple et pas chère
pour contourner cette difficulté afin, d’ouvrir ma ligne au public
ce qui aiderait énormément les étudiants.

D’autre part, j’ai constaté sur votre site que
vous connaissez assez bien les systèmes de télécoms
des pays africains. Etant donné la rareté du téléphone
fixe (à mon avis moins de 10% des demandes à Soa ont été
satisfaites) et la cherté des appels fixe - mobiles - fixes, 
je me dis qu’on devrait pouvoir limiter les dégâts en trouvant
un système pouvant utiliser le GSM pour faire accéder le
public au téléphone.

Concrètement, je rêve d’un système
ayant un mini standard qui sera programmé pour reconnaître
qu’un appel va ou vient de Camtel, MTN ou Orange ; chronométrera
le temps mis et le prix à payer, temps et prix qui devront être
affichés et/ou imprimés après chaque appel sortant.
Pour les appels sortants, il comportera autant de lecteurs
de puces GSM que d’opérateurs, ce qui signifie que pour l’instant,
il y aura un lecteur de puce MTN et un lecteur de puce Orange. Prévoir
la possibilité d’un troisième opérateur de Téléphonie
mobile.

L’intérêt d’un tel système est qu’avec
un type d’installation téléphone fixe plus simple à
gérer et mieux reconnu par le public, on aboutit à des prix
un peu plus accessibles, surtout vers les portables qui se multiplient
avec les pré-payés mais restent trop chers pour la 
grande majorité des africains en général et
des camerounais en particulier.

Un tel système peut à mon sens trouver
de nombreuses et heureuses applications dans les localités sans
téléphone fixe ou qui, comme Soa ne peuvent avoir de télé
boutiques pour permettre un accès du public au téléphone.
A cet égard, pour assurer l’efficacité, il faudrait prévoir
techniquement comment capter et stabiliser le réseau (antenne) pour
que la qualité de la communication dans les deux sens (émission,
réception) soit toujours au moins bonne. Exemple : A 
Boumyébél grand carrefour et escale quasi obligé sur
la route Douala - Yaoundé, le réseau des 2 opérateurs
GSM est disponible. Mais pas moyen de téléphoner si vous
n’avez pas votre propre cellulaire.

Si des solutions techniques simples et peu onéreuses
peuvent être trouvées à ces préoccupations par
l’un de vos membres ou partenaires, je suis disposé à travailler
avec lui ou eux, pour que nous aboutissions à des solutions qui,
si j’ai bien compris vos objectifs, iraient dans le sens de ces derniers.

Si vous décidez d’exploiter ces idées dans
le cadre de vos projets en Afrique hors CEMAC, j’en serai heureux. Je souhaiterais
juste la simple reconnaissance que je vous les aurais suggérées.
En revanche, si vous jugez bon de les confier à un de vos partenaires
ou si vous voulez les mettre en œuvre au Cameroun ou dans un autre Etat
de la CEMAC, vous le pouvez également mais à la condition
que je sois partenaire des opérations.

Espérant que ces idées ne sont pas en tout
cas de simples rêves, mais qu’avec l’aide de vos techniciens elles
pourraient techniquement trouver des traductions concrètes rapides,
je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes
salutations distinguées et de mes encouragements répétés.

Ruben BALOCK rbalock@yahoo.fr

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Articles
et documents

Nous publions ci-dessous le compte rendu complet de la
mission qu’Alain Roblin Demont a effectué au Burkina du 15 au 29
juin. Cette mission avait pour but de renforcer les compétences
des formateurs de l’association Yam Pukri. La
Rédaction

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Mes premiers pas au Burkina.

Nuit du Dimanche 16 au lundi 17 juin
Arrivée à Ouaga à minuit et demi,
avec 1h heure de retard.

C’est mon premier séjour en Afrique, et la chaleur
m’assaille dès la sortie de l’avion, il doit faire aux alentours
de 30°. Et pourtant, il faisait la même température à
Paris au départ….

Après les formalités de douanes, Sylvestre
le président de Yam Pukri m’attend, accompagné de Alfred,
un ami. Le pauvre Alfred m’a déjà attendu la veille à
tous les avions du soir, suite à une incompréhension. Il
faudra être plus précis pour les prochaines missions.

Nous nous rendons chez Sylvestre qui m’hébergera
chez lui le temps de la formation, et me présente sa femme Patricia.
L’accueil est chaleureux et agréable, moi qui suis plutôt
réservé, je suis mis à mon aise d’entrée.

La nuit est chaude, la saison des pluies est en retard
d’un mois, je transpire sous la moustiquaire.

Lundi 17
Réveil matinal, 6h30. Je rencontre le reste de
la famille, Harold 8 ans, Sharon 4 ans et Aude la petite dernière
6 mois ½.

La journée débute par une tournée
de divers artisans auxquels Sylvestre fait appel pour modifier une porte,
réparer une roue, puis à l’université de Ouaga où
il a « ses » bureaux. J’en prends plein les yeux que je garde
grands ouverts pour ne rien manquer. C’est l’Afrique au-delà de
mon imagination, vivante et pauvre, je suis fasciné par tout ce
que je vois.

Arrivée à Yam Net. Sylvestre me fait visiter
les locaux de l’association. Locaux assez vastes et bien équipés,
contenant une vingtaine d’ordinateurs. Un serveur d’accès avec Wingate,
utilisé comme Proxy ou comme routeur. Tous les micros sont sous
Windows 98. Je rencontre Aziz un formateur et Amélie la coordonnatrice
de Yam Pukri. Nous discutons du déroulement des formations, et je
sens qu’il va falloir que j’improvise pour le contenu et le timing. Amélie
souhaite des tranches de 2 heures, à tour de rôle.

En fait, je verrai plus tard que nous aurons 4 heures
le matin et 2 heures l’après midi, voire plus, pour tous et ensemble.

Vers midi, nous rentrons pour déjeuner, la chaleur
s’intensifie, le brésil gagne 2-0 à la RTB.

Je fais ma première sieste, bercé par le
bruit des maçons qui font une dalle en ciment, en plein soleil,
alors qu’il fait 37 ou 38° à l’ombre….

16h retour à YamNet, j’ai besoin d’eau,
ce sera le cas tous les jours, 1 à 2 bouteilles. Je commence à
retenir les prénoms : Aziz, Téo, Salam, Marie-Thérèse,
Jean-Emmanuel, Nestor, Benoît. Ils seront mes stagiaires, permanents
ou occasionnels.

Nous commencerons les cours le mardi.
Je sors fumer, il se met à pleuvoir… enfin…Je
déchante rapidement, d’intense, la chaleur devient étouffante.

Mardi 18
Je dors bien, malgré la chaleur. Réveil
à 6h30.

Ce matin les cours commencent. Les horaires prévus
 : 8h-12h et 15h-17h. Le début du cours, avec la théorie,
intéresse visiblement tout le monde. J’attaque par des généralités
et la présentation du déroulement du cours.

 - Notions de Réseau
 - Le modèle OSI
 - Installation du réseau
 - Les équipements du réseau : hub,
routeur

 - Les protocoles TCP/IP
 - Les services
 - Netbios
 - Installation d’un serveur Web : EasyPHP (Apache,
MySQL, PHP)

 - Notions de HTML
 - Notions de PHP
 - Notions de MySQL
 - Utilisation de SPIP
2 semaines, c’est un peu juste pour entrer dans
les détails, mais c’est une bonne approche pour commencer à
comprendre. Mon emploi du temps des mois précédents ne m’a
pas permis de réaliser un support de cours. Nous les préparerons
pour les autres formations à venir.

Il faudra rectifier le tir pour les prochaines formations.
Je me sers du tableau pour leur permettre de prendre des notes.

18h30 fin du cours. Bonne avancée, mais la théorie
est toujours aussi fastidieuse, quoique indispensable.

Amélie la coordonnatrice a téléphoné
à M. Etienne PARE de l’ONATEL, rendez-vous est pris pour le lendemain
18h à Yam Net.

Je rentre à pieds chez Sylvestre, 50 mn d’Afrique
en solitaire, j’en prends plein les yeux. J’ai craqué ma sandale,
et pas un cordonnier en vue. Pourtant il y a de tout comme artisans le
long de la route.

Je suis bêtement inquiet, les fantasmes ont la
vie dure. Pourtant personne ne m’accoste, juste quelques bonjours amicaux.
Un blanc ne passe pas inaperçu dans ce quartier excentré
de Ouaga, où il y a peu de touristes.

Mercredi 19
Il est 22h, une bonne journée.
Je ne bronze pas, je ne vois pas beaucoup le soleil,
on verra ça la dernière semaine.

Le cours se passe bien, mais les disparités de
niveau ne facilite pas les choses. Certains sont visiblement un peu justes,
mais bon, j’ai l’habitude, j’essaye que tout le monde y trouve son compte.

Ce soir à 18h, j’ai rencontré M. Etienne
Paré. Il habite tout près de Yam Net, mais n’est jamais entré.

Nous allons boire un pot à deux pas, et le contact
s’établit avec Sylvestre. M. Paré va me prendre rendez-vous
avec le responsable de FASONET, et me rappellera.

L’association est presque constituée, elle regroupera
des agents de l’ONATEL et de la SONAPOST, comme CSDPTT.

Je pense que Sylvestre et M. Etienne Paré peuvent
s’entendre sur la réalisation de projets, à suivre et à
renforcer. Nous discutons notamment d’Internet dans les bureaux de Poste,
tout le monde semble d’accord sur l’intérêt tant pour la SONAPOST
que pour les utilisateurs. Un projet à lancer dont nous avions déjà
discuté avec Philippe DARROUY. J’apprendrai plus tard qu’un projet
de CyberPoste est en route, mais sans résultats visibles depuis
2 ou 3 ans.

J’ai pris rendez-vous avec l’ambassade pour le lendemain
10h.

Ce soir, Ouaga By Night, ce ne sera pas la dernière
fois…

Mes sandales sont réparées, pour 400CFA
(4 frs !!!). Elles tiendront jusqu’à la fin du séjour.

Sujet important, les moustiques. Je n’en vois pas la
queue d’un. Il ne pleut pas, donc pas de moustiques, super !!!!

Jeudi 20
Bonne journée de nouveau. Il semble que ce soit
désormais un leitmotiv. Le cours avance, je suis un peu brouillon,
mais j’ai peu de temps. Je fais moins de théorie et plus de pratique.
De toute façon, sans support, pas simple la théorie.

A 10h, rendez-vous avec l’ambassadeur, qui me reçoit
agréablement dans son bureau « climé », mon premier
test de la clim à Ouaga. Bien, mais un peu frais à mon goût.
J’expose les raisons de ma venue, et je lui parle des projets en cours,
la téléphonie à Sérékéni, le
partenariat avec Yam Pukri, et le projet de la province du Sourou. La réponse
pour les NTIC est claire, il ne peut pas financer ce type de projet. Tout
ce qui touche aux Nouvelles Technologies est malheureusement trop pris
par les projets globaux comme le NEPAD, le futur (et hypothétique
 ?) ADEN. En bref, les projets seront menés à une échelle
supérieure.

Pour la téléphonie par contre, il est toujours
intéressé par la démarche de CSDPTT, et me confirme
qu’il est d’accord pour continuer à participer, dans la mesure où
les dossiers seront bien montés.

La règle est 1/3 du budget prévisionnel
à la charge du partenaire (CSDPTT), 2/3 pour la subvention. Il met
l’accent sur la nécessaire contribution des populations pour qui
cela doit représenter un investissement, ce qui permet la responsabilisation.

M. Etienne PARE m’a pris rendez vous avec le responsable
d’Internet à l’ONATEL, ou plutôt FASONET. Mardi matin.

Les stagiaires semblent prendre du plaisir, c’est le
meilleur moyen d’apprendre. L’accès Internet à Yam Net est
à peine limite, 33,6 Kb/s, et ce débit est partagé
entre les différents micros. A comparer avec les accès ADSL
à 1Mb pour une seule personne !!!

Vendredi 21
Fin de la partie réseau pure, on attaque l’installation
d’un serveur Web. Serveur Apache, avec serveur MySQL et moteur php. Le
tout grâce à EasyPHP.

Ce soir Sylvestre et Théo ont rendez-vous avec
François Laureys, un Hollandais d’origine belge, qui fait de la
coopération dans le domaine des NTICs. Il fait partie de l’ONG hollandaise
IIDC ( International Institute for Communication and Development).

Il connaît CSDPTT, et suit un peu ce que nous faisons.
La démarche et le créneau téléphonie l’intéresse.
Il me propose de voir si une collaboration entre IICD et CSDPTT serait
possible. Ils ont un projet en cours vers Orodara, et il est possible que
Sérékéni puisse les intéresser. Leur démarche,
pour ce que j’en ai retenu : mettre autour d’une table les représentants
d’associations, d’organisations gouvernementales, d’ONG, etc .. pour discuter
d’un problème lié au développement, et voir comment
les NTICs peuvent aider.

Cela reste un peu flou pour moi.
J’accompagne Sylvestre et Théo à leur rendez
vous, c’est en centre ville, j’en profiterai pour visiter les alentours
du grand marché qui est fermé, mais dont les alentours sont
encore très animés.

Je les rejoins plus tard à l’hôtel de François,
et j’y rencontre un Burkinabé qui a monté un studio d’enregistrement
multimédia d’assez grosse envergure. Les projets de téléphonie
l’intéressent. Il peut communiquer avec le monde entier en quelques
minutes ou secondes, mais ne peut pas joindre sa mère qui habite
à 35km. Le paradoxe africain.

Ce soir c’est la fête de la musique, mais je suis
trop fatigué pour y aller.

Samedi 22
Je fais cours ce matin. Le temps est tellement compté,
que c’est nécessaire. La semaine qui suit me donnera raison.

En arrivant, je m’aperçois que j’ai oublié
mon argent à la maison. Pas d’argent, pas d’eau !! J’emprunte une
mobylette pour éviter la déshydratation. Ouf !!!

A midi, François nous invite au resto, où
je mange une pizza (!!!) Nous discutons de développement, même
si je ne suis pas trop fort sur le sujet.

Après le repas, Sylvestre va acheter une nouvelle
batterie pour la voiture. Cela m’évitera de pousser comme tous les
matins. Surtout que Sylvestre veut me facturer le club de sport qu’il m’offre
ainsi !! C’est près du grand marché, nous y entrons, et là
c’est une expérience, parfois pénible à cause des
sollicitations, mais intéressante au final. On me prend pour un
crésus occidental.

J’ai l’honneur de rencontrer le chef du village de Sylvestre
(enfin du quartier de Ouaga où il habite). Il ne connaît pas
la langue, et Sylvestre sert d’interprète. Il me fait cadeau de
mangues, je lui donne un de mes paquets de cigarettes. Nous sommes contents
tous les deux.

Ce soir il a plu. La pluie s’annonce par un mur de poussière
jaune marron, poussée par un vent fort. Il faut tout fermer, pour
se protéger de la poussière. Gare aux moustiques !!!

Dimanche 23
Journée de repos pour le formateur, journée
de découverte pour le touriste. Petite grasse matinée jusqu’à
8h.

Je vais me promener dans les rues de Ouaga. Je suis frustré,
les Ouagalais ne sont pas très friands de photos, j’arrive tout
de même à en « voler » quelques-unes unes.

Dès 11h il me faut rentrer, rapport à la
chaleur. Je ressortirai vers 16h pour une découverte du centre ville
à pieds. Petit fanta dans un maquis, et retour dans un taxi brinquebalant,
mais à 30km/h, je me sens en sécurité.

 Lundi 24
Journée classique de formation, nous attaquons
le codage HTML, juste ce qu’il faut pour ce que je me suis fixé
comme objectif. Suivre un fil conducteur permettant de réaliser
un site web dynamique utilisant PHP et MySQL.

Passage au bureau de Poste pour quelques timbres, superbes.
Il fait 38° dans la maison, et je tiens bien. L’organisme
est élastique. Il a failli pleuvoir, mais seule la poussière
est au rendez-vous. Ca a commencé par un ciel jaune, qui devient
marron, puis le vent, violent et rafraîchissant.

Il ne fait plus que 31° dans la maison, un peu moins
dehors. Les enfants se couvrent, ils ont froid…

Mardi 25
Visite de FASONET avec M. Etienne Paré.
Je suis reçu par Mr Lamoussa OUALBEOGO, Directeur
de l’Informatique et des Nouvelles Technologies. Nous discutons des raisons
de mon séjour, et il me confie aux bons soins de Mr GANAME, le responsable
du nœud Internet de l’ONATEL. Nous discutons technique et architecture.

Je ferai une présentation d’Internet au Burkina,
que je lui enverrai.

Il me confirme la liaison unique vers le Canada, ce que
j’avais vu en cours avec les stagiaires. L’ONATEL semble manquer de formateurs,
et ce sont les techniciens qui doivent assurer, en plus de leur charge
de travail. Avec les limites que cela impose.

En cours, on débute PHP.
Mercredi 26
Fin du PHP, début de MySQL. Ca roule, mais c’est
dur, trop rapide.

Jeudi 27
Pas d’électricité ce matin. Des pylônes
sont tombés à la sortie d’une centrale hydraulique de l’est.
Ca contraint laSONABEL à des délestages tournants. J’ai
bien fait de venir samedi matin pour avancer le cours, je recommencerai
samedi prochain.

J’attends jusqu’à 10h, toujours rien. Nestor m’emmène
en centre ville où je loue une mobylette. 6000F/jour, c’est un peu
cher, mais je la prends pour 5 jours, jusqu’à mardi matin, jour
de l’arrivée de ma femme. Pas simple de louer, ils leur faut tout,
passeport, permis, adresse, téléphone. On m’accompagne même
jusqu’à YamNet.

Mais bon je suis motorisé.
Toujours pas d’électricité, j’enfourche
ma nouvelle acquisition, et vais me perdre dans les rues excentrées.
Je m’arrête en bordure de la ville, sans oser aller plus loin. Je
n’ai pas encore confiance dans l’engin, qui a visiblement des heures de
« vol ». Près de moi, deux hommes curent un puits. Nous
discutons un moment. Celui du fond, à environ 5m, pose des questions
que me traduit celui du dessus. Sympathique.

Il est midi, direction la maison L’électricité
revient l’après-midi. Ouf ! Nous allons pouvoir finir MySQL.

Vendredi 28
Deuxième matin sans électricité.
J’explore un nouveau quartier. Après le nord hier,
en route vers le sud.

Vers 11h toujours pas d’électricité à
Yam Net.

Après midi de cours, nous voyons SPIP, c’est
bref, mais ça n’est pas trop compliqué.

Vers 18h, nous allons boire un pot à notre QG
habituel, à 2 pas de YamNet. Alfred qui nous a rejoint est une mine
inépuisable d’histoires drôles. Nous y restons 2 ou 3 heures,
sans que je ne vois le temps passer.

Ce soir, deuxième Ouaga By Night. Boite de nuit,
dont je ne suis pas friand, puis Maquis genre Caf’Conc’, où j’apprécie
un chanteur Ghanéen. Nous parcourons dans notre périple les
quartiers chauds de Ouaga, des « 6 mètres » bordés
de tabourets, bien évidemment utilisés par des femmes en
attente du client.

2 heure du mat’, extinction des feux ou presque. Je n’ai
pas fermé la moustiquaire, et 2 moustiques m’attendent. Guerre totale
jusqu’à élimination.

Samedi 29
Réveil à 8h, il pleut, c’est bon la température
devient acceptable.

C’est la dernière journée de cours, que
je passe à affiner, et à répondre aux questions, plutôt
qu’à des choses nouvelles.

Bilan
J’aurai tenu mon planning et mon objectif.
Les formateurs de Yam Pukri sont contents. S’ils ne sont
pas des spécialistes, la formation a démystifié le
réseau. D’utilisateurs passifs, ils sont devenus des débutants
en réseau. La différence, si elle paraît mince, est
sensible.

J’ai déjà une bonne idée du besoin
pour les sessions à venir.

Une formation sur le système d’exploitation Windows
NT ou Windows 2000. La partie administration de serveur. Tout est basé
sur Windows 98, qui n’offre pas de sécurité, ni de moyen
de gérer les répertoires pour un cybercentre. Un serveur
de domaine améliorerait la gestion du centre.

Une formation approfondie sur les réseaux et les
protocoles TCP/IP. Pour faire des stagiaires de véritables spécialistes,
condition indispensable pour en faire des formateurs réseaux.

Le centre aurait aussi besoin d’une optimisation de son
architecture pas physique, mais logicielle. Elimination de NetBEUI, utilisation
de la fonctionnalité routeur de Wingate, etc…

La formation a été appréciée,
ce que Yam Pukri m’a prouvé le soir de mon départ,
en m’invitant au restaurant avec ma femme, et en nous offrant chacun un
cadeau.

Seule ombre au tableau, je n’ai pas eu le temps de rencontrer
la SONAPOST, ce qui était un de mes objectifs, mais bon….

Alain Roblin Demont CSDPTT Ile de France