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"Une ONG contre la privatisation de la téléphonie en Afrique". Dépêche de l’Agence Panafricaine de presse suite à une interview du Président de CSDPTT

mercredi 2 octobre 2002, par Bruno JAFFRE

Une ONG contre la privatisation de la téléphonie en Afrique

Dépêche de l’Agence Panafricaine de presse
suite à une interview de Bruno Jaffré Président de
CSDPTT

Paris, France (PANA) - Les opérations de privatisation
des télécommunications conduites sous l’égide des
institutions financières internationales en Afrique n’ont
pas connu le succès qu’on espérait, a déclaré
samedi à Paris le président de l’association française
Coopération solidarité, développement aux postes et
télécommunications (CSDPTT).
 S’exprimant lors d’un entretien avec la PANA,
M. Bruno Jaffré, dont l’association intervient dans plusieurs pays
du continent, a estimé qu’à l’exception notable du Sénégal,
la privatisation des télécommunications dans les autres pays
francophones d’Afrique a échoué.
 "Les opérations de privatisation des
télécommunications ont certes permis ici et là de
générer de l’argent, mais cet argent n’a été
pas investi dans le développement des télécommunications.
Il a plutôt servi, sur les conseils du FMI et de la Banque mondiale,
à payer les dettes des Etats", a regretté le président
de CSDPTT.
 Selon M. Jaffré, les cahiers
de charge signés par les repreneurs des entreprises nationales des
télécommunications visent davantage la recherche de la rentabilité
que l’augmentation du nombre des usagers du téléphone en
Afrique. 80 à 90 pour cent des villages sur le continent ne sont
pas connectés au réseau téléphonique fixe,
qui ne saurait être remplacé, a-t-il souligné, par
l’arrivée du portable à la fois coûteux et exigeant.
 "Si vous prenez un pays comme
le Sénégal, sur les 17.000 villages qui attendent d’être
connectés, seulement 1000 l’ont été. Et le cahier
de charge signé par France-Télécom, le repreneur,
prévoit d’en connecter 1.000 chaque année. Dans d’autres
autres pays comme la Guinée, la situation est encore moins réjouissante",
s’est inquiété l’expert français.
 Celui-ci souligne que les privatisations
en cours dans d’autres Etats du continent comme le Nigeria sont mal engagées,
parce que peu de repreneurs de renommée internationale se sont manifestés.
Si l’Afrique avait fédéré ses efforts dans le lancement
du satellite RASCOM, elle ne se serait pas retrouvée dans la situation
d’aujourd’hui, regrette le président du CSDPTT, qui pense que l’unique
alternative à la crise de la téléphonie sur le continent
reste la recherche d’une solution panafricaine.
 En attendant, l’ONG française
apporte son appui aux actions de développement dans les domaines
des postes et télécommunications à travers notamment
des séminaires de perfectionnement destinés aux agents des
opérateurs nationaux des télécommunications.
 Au Mali, CSDPTT, qui envoie
des experts en télécommunications séjourner régulièrement
en Afrique pour aider à raccorder des villages aux lignes téléphoniques,
a réussi à connecter au réseau téléphonique
des zones reculées du pays.
 "Les pays africains, à
l’exception de quelques rares Etats comme la Libye, ont besoin du FMI et
de la Banque mondiale pour obtenir des prêts, mais je ne trouve pas
normal qu’on leur impose des privatisations des télécommunications
qui ne servent pas leurs intérêts", a conclu M. Bruno Jaffré.

Paris - 21/09/2002