Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre d’Avril 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre d’Avril 1996

Avril

lundi 1er avril 1996, par Alain


La Lettre de avril 1996
No : 7

 
Sommaire :

Echos de csdptt et de ses
projets

M. Nyamba nous rend visite.
Laurent Siré Kinta, Courrier
cycliste, à Sérékéni nous écrit.

Chiffrage du projet radio dans le Kénédougou.
Des nouvelles de Gagnoa.
Relance du projet à Marena dans
le cercle de Yélémané
.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Réseau cellulaire en Côte
d’Ivoire.

Les satellites de Globalstar couvriront 
aussi l’Afrique.

Concurrence dans les systèmes
mondiaux de communication par satellite.

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A lire
L’aide publique au développement 
F.- X. Verschave et A. S. Boigallais 

Edition Syros et Alternatives Economiques 1T94. 150P
.


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Echos de csdptt et de ses
projets

M. Nyamba nous rend visite.
Nous avons pu organiser quelques séances de travail
avec M. André Nyamba professeur d’éthnosociologie à
l’université de Ouagadougou, spécialiste en sociologie de
la communication, de passage en France à l’occasion d’un voyage
d’études. Annick D. et Colette O. du comité CSDPTT de Toulouse
ont ainsi pu discuter avec lui d’un certain nombre de problèmes
concernant la redynamisation du projet d’installation de radios de communication
dans la région de Marena au Mali, en particulier de la question
primordiale de la participation paysanne.

D’autre part le point a pu être fait avec Bruno
J. sur l’état d’avancement du projet d’installation de radios de
communication dans 3 villages et la ville de Orodara dans le Kénédougou 
(voir ci-contre) au Burkina. La rédaction du projet a ainsi pu être
finalisée en accord avec lui. Rappelons que M. Nyamba a donné
son accord pour prendre la responsabilité de la partie étude
sociologique du projet.

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Laurent Siré Kinta, Courrier
cycliste, à Sérékéni nous écrit.

Voici quelques extrait d’une lettre de Laurent Baro,
agriculteur mais aussi surperviseur alphabétiseur à Sérékéni,
par ailleurs notre correspond sur place.

« Chaque vendredi je vais à Orodara pour
chercher le courrier et en fin de mois on me donne 3000 FCFA. Je fais cela
4 à 6 fois par mois avec le vélo, quelquefois j’envoie mon
moteur, cela est moins fatiguant mais il faut du carburant .

Cela a beaucoup arrangé le village et tout le
village vous remercie beaucoup.

 Nous sommes à l’attente du projet radio
qui pour le moment n’est pas encore arrivé. Je pense bien que vous
pensez aussi pour que cela réussisse .

Nous avons fini les récoltes, elles ont été
bonnes ».

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Chiffrage du projet radio dans
le Kénédougou.

Le projet d’installation de 4 postes radio dans
le Kénédougou a été récemment chiffré.
Le coût total avoisine les 200 KF, la main d’oeuvre bien que bénévole
ayant été valorisée. Ce chiffre comprend outre la
réalisation technique, une mission de préparation d’une semaine,
ainsi que les deux études sociologiques avant et après l’installation
des moyens de communication à distance.

 Dans notre première hypothèse qui
tient compte d’une participation de l’ONATEL (les télécoms
burkinabè), CSDPTT prend en charge 25% du financement, les autres
participants étant l’AOMPTT( l’association des radio amateurs PTT),
l’ONATEL, les groupements villageois, le Haut Commissariat du Kénédougou
et l’université de Ouaga. Il resterait cependant encore à
trouver 83000 FF.

Si le Haut Commissaire, les GVC et l’université
ont cosigné la convention, les discussions n’ont toujours pas abouti
avec l’ONATEL et se poursuivent actuellement.

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Des nouvelles de Gagnoa.
Le directeur des Equipements et du matériel du
ministère de la santé, M. Zagballou de passage à Paris,
a pu être joint par André L. Il a déclaré
que l’hôpital était actuellement en travaux, en particulier
que le réseau téléphonique interne était
en réfection. Il a ajouté qu’il comptait nous recontacter
pour la mise en route de l’autocommutateur.

A suivre ...
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Relance du projet à Marena
dans le cercle de Yélémané
.

Les contacts sont rétablis avec l’AOTRF (association
des originaires du Tringa résidant en France) par l’intermédiaire
du comité de Toulouse en particulier Annick D., Colette O. et Daniel
D.. Les discussions portent sur l’installation de postes de communication
afin de relier 4 villages à un dispensaire et plus généralement
afin de leur permettre de communiquer entre eux. En effet une coopérative
agricole financée par la CEE avec le soutien du Secours Populaire
fonctionne depuis déjà plusieurs années dans la région.

CSDPTT avait déjà dans le passé
installé deux vieux postes radio fournis par une grande entreprise
française. L’un d’eux était malheureusement tombé
en panne et malgré nos recherches il n’a pas été possible
d’en récupérer les plans pour le réparer.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Réseau cellulaire en Côte
d’Ivoire.

Motorola, l’un des géants américains des
télécoms, vient d’obtenir un contrat de plusieurs millions
de dollars pour la fourniture et l’installation d’un réseau numérique
de téléphonie cellulaire GSM en Côte d’Ivoire.

La première tranche de l’installation devrait
être achevée au milieu de l’année et servira les abonnés
d’Abidjan qui compte plus de 2,5 millions d’habitants.

C’est le 8 ème contrat pour l’installation de
réseaux GSM en Afrique signés par Motorola par ailleurs à
l’initiative d’un des projets de couverture de l’ensemble de la terre par
des satellites concurrent de Globalstar (voir ci-dessous). (Source Le Quotidien
des Télécoms 11/03/96)

De son côté, la Société Ivoirienne
des Mobiles (dont le capital se répartit entre France Télécom
70% par l’intermédiaire de FCR et Comafrique 30% filiale de la plus
importante holding ivoirienne SIFCOM) a annoncé qu’elle allait investir
pas moins de 140 millions de Francs pour l’exploitation de ce réseau
de téléphonie cellulaire. La couverture devrait progressivement
toucher l’intérieur La SIM vise entre 20000 et 30000 abonnés.
(Source AFP 21/03/96).

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 Les satellites de Globalstar
couvriront aussi l’Afrique.

Le futur système de constellation de satellites
Globalstar étend sa couverture au-dessus de l’Afrique. C’est ainsi
que la société américaine Loral le plus gros
actionnaire de Globalstar (31% des actions racheté en janvier 
par son concurrent Lockheed Martin) avait annoncé en
Octobre la signature d’accords avec la société britannique
Globaltouch pour couvrir le Nigéria, le Ghana le Togo et le Bénin
et avec MTA (Mobile Télécommunications Africa) basé
à Nairobi pour couvrir le Soudan, l’Ethiopie, l’Erythrée,
la Somalie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Zaïre. Ces deux sociétés
deviendraient ainsi les distributeurs exclusifs de Globalstar dans
ces pays.

Cet accord vient compléter celui signé 
peu auparavant avec la société TESAM (une joint venture
entre France Télécom et Alcatel) pour couvrir le Cameroun,
la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Côte
d’Ivoire et le Sénégal.

Le projet à l’étude depuis 1991 prévoit
le lancement de 48 satellites à partir de 1997. Ceux-ci d’un poids
de 250 kg chacun seront placés à 1300 km de la terre. Les
investissements nécessaires sont estimés à 1,9 milliards
de dollars pour couvrir l’ensemble du globe alors qu’ il est difficile
aujourd’hui de connaître l’origine des financements. Pour l’instant 
73 pays sont touchés par le projet. L’ouverture commerciale doit
intervenir en 1998, la constellation complète devant être
achevée en 1999.

Aujourd’hui 3,9 milliards d’habitants de la planète
sont dépourvus de téléphone ce qui rend le directeur
du projet optimiste qui prévoit 3 millions d’abonnés en 2002
pour un chiffre d’affaires de 2,7 milliards.

Ce projet doit permettre d’offrir « à un
prix compétitif » selon ses promoteurs les services de téléphonie,
télécopie et transmission de données. Les abonnés
seront munis d’un terminal bimode (coût annoncé 4000 FF hors
taxe) qui choisira de se relier au réseau terrestre existant en
priorité ou au satellite lorsque ce dernier fera défaut.
Selon les promoteurs du projet, ce réseau « serait surtout
destiné aux populations locales ayant une activité économique
pour leur communication régionale et interégionale. »

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Concurrence dans les systèmes
mondiaux de communication par satellite.

Plusieurs projets concurrents de Globalstar, à
base de réseau satellite, sont aussi à l’étude, Iridium
autour de Motorola, Odissey autour du géant américain du
spatial militaire TRW, Projet 21 autour d’Inmarsat l’organisation internationale
des satellites maritimes et il semble que cela ne soit pas tout.

Le plus important demeure le projet Iridium évalué
à 3,4 milliards, qui prévoit le lancement de 66 satellites
de 450 kilos à environ 780 kilomètres qui diffère
de Globalstar par le fait qu’ils seront munis à bord de système
de commutation. Ainsi contrairement à Globalstar, une communication
d’un terminal Iridium vers un autre pourra être acheminée
en utilisant plusieurs satellites sans utiliser le réseau terrestre.
Ce projet vise un marché plus restreint mais plus aisé puisque
les terminaux sont évalués à 13500 FF HT et la communication
à 16,8 FF HT la minute.

Cette concurrence promet une très dure bataille
commerciale d’autant plus que selon certains spécialistes, ce marché
ne devrait guère accepter plus de 2 concurrents à l’échelle
mondiale.

De plus la complexité des alliances qui se nouent
actuellement engendre quelques situations que l’on pourrait qualifier
de cocasses s’il ne s’agissait d’un service aussi vital que celui de la
communication qui fait encore actuellement défaut au 4/5 ème
de la population mondiale. Deux exemples, le principal partenaire de Loral
dans Globalstar (où se retrouve France Télécom) n’est
autre que le groupe californien Qualcomm, promoteur d’une norme de communication
numérique concurrente de la norme européenne GSM ! De plus
Loral a récemment fusionné avec la société
Lockheed Martine qui était jusqu’ici le principal sous-traitant
d’Iridium !

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A lire
L’aide publique au développement 
F.- X. Verschave et A. S. Boigallais 

Edition Syros et Alternatives Economiques 1T94. 150P
.

Dans la page de présentation au dos du livre on
peut lire :

« Chaque année la France dépense
officiellement 40 milliards de F pour aider le développement des
pays du tiers monde. Cete masse d’argent augmente régulièrement
depuis 30 ans, sans que les pays bénéficiaires voient leur
niveau de vie progresser.

En étudiant de près les flux et les circuits
complexes de ces financements, on s’aperçoit que 95% n’est pas de
l’aide et n’a rien à voir avec le développement. Sous cette
étiquette se cache en fait un ensemble de dépenses budgétaires
plus ou moins justifiées qui vont du développement rural
au financement de partis politiques en passant par la promotion culturelle
et commerciale et l’accroissement des fortunes des potentats locaux. ».

C’est donc à une critique sévère
de la politique d’aide publique française que se livrent les 2 auteurs
de ce livre. Des positions que tout acteur de l’aide au développement
devrait se faire un devoir de connaitre et qui s’appuie sur des exemples
précis y compris dans les télécoms ainsi « l’installation
de centraux téléphoniques en Ouganda alors que le réseau
ne fonctionnait pas. »

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