Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Reportage au Burkina : Mission de prospection pour un projet de téléphonie (...) - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Reportage au Burkina : Mission de prospection pour un projet de téléphonie rurale (juin1998)

juin 1998

en mission pour le compte de CSDPTT au Burkina Faso. juin 1998

Reportage d’Alain Bergounioux en mission pour le compte de CSDPTT au Burkina Faso. juin 1998

Accueil Chaleureux

Après un voyage mouvementé, j’arrive enfin à Ouagadougou à 23h30, 8
heures de retard ! L’accueil est très chaleureux. Je remercie mes hôtes
et nous nous séparons. Le chauffeur de l’ONATEL me conduit au centre
d’hébergement, là une surprise m’attend, je n’étais pas prévu. Il
s’ensuit toute une série de conciliabules et de personnes qui se
succèdent pour régler l’incident. Il est 1h quand tout rentre dans
l’ordre et je peux enfin me détendre.
11/6/98. A 8h je rencontre tous les responsables de la "DILA" (Direction
de l’infrastructure et de l’approvisionnement) : Mr Koala, Mr Bonkoungou,
Mr Bouda, ceci dans le plus grand respect du coutumier. Mr Bouda s’excuse
pour l’absence des draps la veille. Je fais ensuite connaissance avec les
personnes qui s’occupent des repas, tout cela dans un cadre pittoresque :
un ensemble de grandes bassines pas très nettes, contiennent des plats
cuisinés d’un aspect pas très engageant, des tables basses de fortunes
sont dressées sous un hangar qui tient lieu de réfectoire, de nombreuses
personnes se restaurent en mangeant dans des écuelles avec leurs doigts.
Le repas terminé, elles se lavent les mains dans une bassine placée sous
chaque table. Tout cela se déroule dans une atmosphère joyeuse avec de
nombreux échanges de propos, dont je ne saisi pas le sens, la langue
utilisée étant le "Mossi".

Découverte de Ouaga

Appolinaire vient me chercher en mobylette. Nous visitons la capitale.
Je dois être particulièrement étonnant sur cette monture poussive. Tous
les passants se retournent sur notre passage. Une circulation très dense
nous environne, dans un tumulte inextricable de cyclistes, de
motocyclettes fumant comme des "barbecues", des voitures toussant et
pétaradant dans tous les sens, des bus poussiéreux et bringuebalants, de
gros poids lourds jetant de gros nuages de fumées noires, telles de
vieilles locomotives, tout ceci dans une moiteur étouffante et un vacarme
assourdissant. Mes vêtements et mon corps prennent rapidement la couleur
safran. Nous parcourons ainsi toutes les rues de la capitale et visitons
les édifices publiques et surtout les lieux de la Révolution. Les
Burkinabés sont très prolixes sur tous les sujets, mais très réservés si
nous abordons le sujet de la Révolution, dont ils sont fiers par
ailleurs. Je n’ai pas réussi à avoir une explication rationnelle à ce
comportement. Nous faisons plusieurs haltes dans des boutiques : mélange
de branches d’arbres, de tôles, de roseaux et de nattes, d’où se dégagent
des parfums exotiques. Je déguste des brochettes de rognons,
accompagnées d’une bière du pays, la "SO.B.BRA" . Dans ce coin de
banlieue, perdu à la lisière de la ville, il règne une grande animation,
toute une cohorte de petits marchants ambulants vous proposent une
multitude d’objets et de produits : épices, bibelots, kleenex,
cigarettes, montres, de l’eau en sachet, des friandises etc ...
Appolinaire connaît tout le monde et tout le monde le connaît, je suis
son fétiche et dans la langue "Mossi" il ne cesse d’expliquer ce que
" l’Etranger " est venu faire dans son Pays. Il est très fier de me
présenter comme son ami. Nous rendons visite à son ami Abdou Nandebega,
Entrepreneur d’un atelier de soudure, il m’explique ses problèmes de
téléphone. Appolinaire me demande d’intervenir auprès de l’ONATEL pour
satisfaire sa demande de raccordement. Hélas je n’ai aucun pouvoir dans
ce Pays.
Appolinaire me fait l’honneur de visiter sa maison. Je rencontre toute la
famille. Le maître de maison m’offre une bière. Je m’assieds, brusquement
il me bouscule, je me relève précipitamment. Il s’enflamme d’une longue
tirade pour me dire qu’un homme ne doit jamais tourner le dos à la porte
d’entrée de sa maison. Je suis surpris par cette intervention, il me dit
qu’il y a danger à être assis ainsi, un intrus peut entrer et vous tuer
sans que l’on ait pu se défendre. Nous prenons ensuite un repas préparé
en cuisine, accompagné par du "To blanc", une farine de mil cuite à l’eau
et donnant un aspect de purée très épaisse. Cet préparation est fort
agréable au palais.
Après ce repas, mon guide me fait visiter la maternité où travaille son
épouse : le bâtiment est récent et très propre. Elle est composée d’une
salle d’attente, d’un dortoir, d’une salle de travail, d’un bureau pour
les sages femmes, d’une pharmacie bien pourvue en médicaments, à
l’extérieur les toilettes sont indépendantes. Mais les soins et
l’accouchement sont payants si bien que bon nombre de femmes ne viennent
pas. Une mortalité importante subsiste faute de suivi et d’assistance à
la naissance. Seules les femmes prodiguent les accouchements et les
soins, il n’y a pas de docteur.

En route pour Ouahigouya

Le départ pour Ouahigouya est prévue à 18h précise. Nous arrivons à la
gare des bus "STMB", de vieux "coucou" coréens de marque "Isubu", tout
poussiéreux de latérite. Le pare-brise est étoilé par la projection d’une
pierre, le toit est surchargé de mobylettes, de vélos, de bagages de
toutes sortes. Ceux qui attendent le départ sont massés contre l’entrée
du bus. L’accès à l’intérieur se fait dans une cohue invraisemblable. Si
vous devez un jour prendre un bus pour relier une ville à une autre, il
est impératif de réserver à l’avance, une fois les places assises
occupées plus personne ne monte.
A la sortie de Ouagadougou le bus paye une taxe, puis nous sommes
contrôlés par la police et par les gendarmes. Nous faisons une petite
halte dans un village, une seconde à "Yako" gros bourg à mi chemin. Ici,
je suis surpris de voir tous les hommes descendre, se mettre en rang
d’oignons le long d’un caniveau en plein centre de la ville et se mettre
à uriner le plus normalement du monde devant la foule qui va et vient.
Mon ami m’invite à en faire autant ce que je décline fermement. Nous
repartons après une halte de 15 minutes. Nous arrivons à Ouahigouya à 20
h 30.
Le lendemain, je suis debout dès 5h. Joseph, mon hôte est déjà prêt.
C’est une petite et frêle silhouette de 74 printemps mais d’une bonne
santé. Son regard est perçant et pétillant de malice. Il me demande
courtoisement de l’accompagner à la messe de 6h30. Même si mes idées
sont contraires aux religions, je saisis que ce serait un honneur.
Au retour, j’ai le temps d’observer à loisir la structure sociale très
hiérarchisée, chaque membre de la famille exécute un rituel bien rodé et
admis de tous. Les femmes sont le plus souvent en retrait. Elles ne
participent à aucun repas ni à aucune collation, elles sont d’une grande
discrétion et paraissent toujours affairées aux tâches familiales.
Nous nous rendons à l’orphelinat où je dois effectuer une mission pour le
compte " d’Enfants du Monde ". Je suis accueilli par un chant de
bienvenue des enfants, suivit de l’hymne de l’ASED, enfin par une
représentation mimée des activités de l’orphelinat. Joseph me présente
aux enfants et à l’équipe pédagogique qui encadre les enfants.
Nous sommes interrompus dans notre dialogue ,par son fils meunier qui a
des gros problèmes avec son moulin à mil. La réparation du matin n’a pas
résisté. Le pas de vis du boulon a "foiré", le père et le fils s’en vont
au moulin. Ils reviennent avec le carter en cause. Nous autres européens
nous aurions commandés cette pièce et le moulin aurait été arrêté. En un
rien de temps tous les frères et voisins se mettent sur l’ouvrage sous la
vigilance de l’ancêtre. A force de percer un métal en fonte d’aluminium,
de limer, de bricoler, le "malade" est de nouveau opérationnel, tout cela
en moins d’une heure de temps.

Les burkinabés s’expriment sur le développement

De retour à Ouaga à 20h30, je croise à l’entrée de la DILA trois
techniciens de l’ONATEL qui suivent une formation. Ils sont surpris de
ma présence dans ces locaux, Je les informe de l’objet de ma mission
,nous poursuivons notre discussion autour d’un repas pris dans un
"Maquis" où règne une chaude ambiance musicale. Nous palabrons jusqu’à
minuit sur le manque de modernité au Burkina. Ces trois jeunes très
dynamiques voudraient voir leur pays se lancer dans l’industrie du
tourisme de masse surtout dans le sud ouest du Burkina ou il existe un
potentiel avec une réserve d’animaux sauvages et des sites forts
pittoresques.
Ils sont insatisfaits des choix stratégiques basés uniquement sur des
échanges commerciaux. L’exemple le plus caractéristique sont les choix
opérés par l’ONATEL avec la construction de centraux électromécaniques
à faibles capacités pour la commutation téléphonique (saturés tout juste
construits). Ils manifestent aussi leur mécontentement devant
l’exploitation qui est faite des serveuses du restaurant ou nous sommes.
Elles sont payées misérablement par une ristourne faite sur les
consommation. Il y a en eux une force de révolte qui n’existe pas chez
les anciens.
Ce matin du 15 juin j’ai un rendez - vous en fin de matinée. En
attendant je note quelques impressions sur les sentiments que j’éprouve
dans cet étonnant Pays : Un mélange incroyable entre la modernité la plus
avancée et l’archaïsme le plus ancien. J’ai pu constater une grande
défiance envers l’occident, mais dans le même temps on attende que
celui-ci leur apporte toute l’aide dont on a besoin pour se développer.
Les structures de l’Etat Burkinabé sont calquées sur celles de la France.
Un nombre impressionnant d’O.N.G. possédent une antenne à Ouagadougou.
L’administration Burkinabée et la coopération Française essaient de
récupérer toutes ces O.N.G. (soit par des formalités à remplir très
tatillonnes, soit par des blocages systématiques). La raison avancée,
serait les actions menées par ces organismes lors de la première
sécheresse en 1974. Elles ont à cette époque agit en toute liberté devant
l’ampleur du désastre humanitaire. Des erreurs ont été alors commises par
un manque de connaissances concernant la région du "Sahel". Se servant
des quelques erreurs et du manque de coordination avec les autorités du
Pays, L’Etat veut aujourd’hui faire main basse sur la "Manne" Humanitaire
et parfois s’en servir comme propagande politique.
J’ai un rendez vous avec l’ONATEL pour une de mes nombreuses séances de
travail. Je rencontre Etienne. Nous abordons à nouveau le projet d’un
futur IRT 1 500, il me précise que Sérékéni est bien programmé, le
contrat de plan a été signé, le budget voté. Il ne reste plus que la
signature pour le déblocage des fonds. La réalisation de cet
investissement est prévu pour être exécuté en 1999.
Aux environs de 18h je rencontre à la DILA Mr Bouda et nous allons boire
"un verre de l’Amitié" , nous échangeons nos points de vues sur l’action
des O.N.G. Selon Mr Bouda les régles hiérarchiques et les coutumes
doivent être respectées par les représentants des organismes. Ce n’est
pas toujours le cas et de nombreux malentendus ont souvent été à
l’origine d’échecs cuisants, au détriment des populations concernées par
les projets, mais aussi pour les O.N.G. Monsieur Bouda juge le travail
des O.N.G. nécessaire, face aux immenses besoins du Burkina. Il reconnaît
que les hommes politiques récupèrent couramment les actions humanitaires
à des fins personnelles. Il prend comme comparaison les mariages mixtes
avec des blancs, toute mauvaise appréhension des coutumes débouche sur
un échec, souvent lourd de conséquences pour les enfants.
Il aborde le problème du développement de son Pays, qui ne possède
aucune industrie. Il pense qu’un effort plus important devrait être fait
dans l’industrie du tourisme grande pourvoyeuse d’emplois. Je suis
étonné que l’artisanat ne soit pas plus développé. Il me fait remarquer
que c’est lier au manque de touristes.

Rapports difficiles avec les français

... Le match du Cameroun de la coupe du monde de football vient de se
terminer, je suis brusquement pris à partie par environ une centaine de
personnes qui font preuve de xénophobie envers l’occident. Ils me disent
"non contents de nous avoir colonisés et exploités, vous continuez même
avec le sport à pratiquer de la ségrégation ,en utilisant des artifices
pour éliminer les équipes Africaines de la coupe du monde". J’essaie de
convaincre mes interlocuteurs que la couleur de la peau n’a rien à voir
avec ce qui se passe au "Mondial" . Si réellement il y a tricherie, seul
l’argent en est la cause. Pour s’en convaincre je leur rappelle les
scandales qui ont entourés un grand nombre de matchs de "Foot" ces
dernières années. Il n’en reste pas moins vrai que je ressens chez eux
une grande défiance contre l’occident, et contre la France en particulier .

Je rencontre un ami de longue date. Il me confirme l’impression que j’ai
sur l’attitude des résidants Français : "Ceux sont de vrais Rats. Je ne
fréquente que des Burkinabés me dit-il". Pour me donner une image il me
narre l’exemple de la coupe du monde : "J’ai un cuisinier qui suit tous
les matchs . Pour suivre cet événement, il a acheté une revue (3000fcfa)
vendue dans toutes les librairies de Ouaga. Un Français de l’ambassade
a récupéré chez moi ce document. Il l’a fait photocopier, mais n’a même
pas daigné donner un petit quelque chose au cuisinier ".
Etant à l’ambassade il a constaté , que le système de redistribution de
l’aide par les O.N.G., est souvent récupéré par les structures de l’Etat.
Les fonds n’arrivent , pas toujours à ceux à qui ils étaient déstinés.
C’est bien triste quand nous savons que le Burkina est classé 173 ème
Pays sur 175 au niveau de la pauvreté .

Repérage sur les lieux du projet de CSDPTT

18/6/98 Départ pour Toma à 8h en compagnie d’un chauffeur de l’ONATEL,
André Nyamba, chargé de l’étude sociologique. A Koudougou, nous rendons
visite au Directeur de L’ONATEL, Monsieur Dieudonné Wema, qui après les
présentations conventionnelles et les explications données sur notre
mission, met à notre disposition le Chef de Centre Monsieur Manoudou
Tiandrébéogo, qui sera le représentant de l’ONATEL pour cette mission à
Toma.
Nous poursuivons notre voyage. La piste, 87 km de latérite, est
submersible à la saison des pluies. Au fil des kilomètres André, à
l’avant, devient de plus en plus rouge. Mes vêtements se couvrent
progressivement de plusieurs millimètres de poussière. Derrière nous la
route défile, poursuivie par un énorme panache de fumée, j’observe les
pauvres gens qui circulent à pied. Ils doivent rester dans cette
poussière plusieurs minutes. Le conducteur me dit : " Ils sont habitués
à vivre ainsi ". Je ne pense pas que l’on puisse s’accoutumer à ce genre
de chose. Ce qui est désagréable pour nous, doit certainement l’être pour
eux. Ainsi vont les choses dans ce Pays. La fatalité prime sur la
révolte.
André ne cesse de conter des histoires et des anecdotes en "Morré"
(Langue Mossi)". Mes compagnons de route sont très attentifs. André me
dit que traduit en Français cela n’aurait pas la même signification.
Toutefois il m’explique " La région que nous traversons a été conquis
autrefois par les Mossis. Les Français ont essayé une première fois de
coloniser cette région, mais ils ont été battu par des hordes de
cavaliers Mossis montés sur de merveilleux petits chevaux de couleur
fauve très résistants. Les Français sont revenus en nombre et équipés
d’artillerie. Ils ont battus les habitants de la région. Pour être sûrs
de ne plus être gênés par les cavaliers Mossis, ils ont exterminés la
race de chevaux. Quelques uns ont réussi à échapper à ce massacre et le
cheptel est actuellement en cours de reconstitution. Il sert pour les
loisirs ou les courses de chevaux ".
Nous faisons un premier arrêt au village de Koen. Nous sommes reçu par le
délégué administratif Mr Alphonse Paré qui détient le pouvoir local, le
chef coutumier ayant perdu son autorité. Ce site est à 8 km de Toma.
J’explique les conditions d’implantation d’un télécentre public, la
nécessité de la construction d’un local pour abriter le matériel et
assurer sa sécurité contre tout vandalisme. André l’informe de sa venue
en août pour régler ce problème. Nous poursuivons notre chemin et
arrivons à Toma à 1h. Nous nous rendons au centre de transmission : Un
pylône de 60 m aubané sert de support à une antenne d’IRT 2000 qui
dessert cette localité. Nous rencontrons le responsable local de l’ONATEL
Mr Olivier Sawadogo. L’IRT possède 80 équipements d’abonnés, seuls 71
sont occupés, 9 restent disponibles. Je demande au responsable de
Koudougou de faire réserver 4 de ces derniers pour les TERA. Le centre
est desservi par une énergie solaire largement dimensionnée pour
alimenter notre matériel. Les murs sont en parpaing. Il n’y aura aucune
difficulté pour fixer les équipement.
Nous quittons Toma pour Biba distant de 9 km. Nous rencontrons le délégué
Mr Siaka Ky, les mêmes explication que pour Koen lui sont données. Le
relief permet l’installation d’un Tera en 450 Mhz .
Nous retournons à Toma à 14h30, après un repas sommaire, nous
poursuivons notre périple vers Yaba, c’est une grosse agglomération avec
un habitat dispersé. Le Préfet Mr Frédérique Sibsié nous reçoit : Il est
surpris que l’ONATEL n’ait pas incorporé cette localité dans l’extension
de l’IRT de Toma. Il avait envoyé à cet effet une liste de tous les
résidents qui souhaitaient être raccordés au réseau téléphonique. Mr 
Tiendrébéogo lui fournit quelques explications qui n’ont pas du tout
l’air de convaincre notre interlocuteur. La localité vient de subir un
grave accident de Taxi Brousse et faute d’avoir pu avertir les secours
d’urgences, un mort est à déplorer. Après avoir reçu un complément
d’informations, il semble disposer à mettre tout en uvre pour permettre
la réalisation de la liaison Tera. Nous partons sur Nimina à 14 km. C’est
le village natal d’André. Nous sommes reçus par le délégué MrAdama
Karambiéri. Immédiatement je suis préoccupé par la situation géographique
du terrain. C’est une cuvette bordée d’une haute et épaisse forêt. Un
promontoire à l’extérieur du village est le seul site susceptible de
recevoir un équipement Tera. Cette situation me paraît délicate pour la
sécurisation du matériel. Lle délégué me précise qu’il n’y a pas de
problème. Une petite construction sera faite si cela est nécessaire. Il
nous faudra aussi installer l’antenne côté bureau au plus haut sur le
pylône.

On annonce la privatisation de l’ONATEL

Aux informations du soir le résumé du conseil des ministres annonce la
privatisation l’ONATEL. avec la participation d’investisseurs étrangers.
J’aborde la question avec un cadre de l’ONATEL pour qu’il me donne ses
impressions. C’est un "Black Out " total qui fait suite à ma question. Je
comprends que je ne dois pas insister.
Je suis toujours à la recherche d’une carte de taxiphone, je vais à
l’agence commerciale, ma démarche reste vaine il n’a toujours pas de ce
précieux gadget. Je passe devant la poste centrale, un panneau est
affiché informant le public que les services sont fermés suite à une
assemblée générale du personnel. Le journal l’Observateur mentionne que
cette réunion se fait sous l’égide du ministre de tutelle. Suite aux
événements récents qui viennent de secouer cette administration .
Il est 19 h quand je rencontre les stagiaires qui sont restés à la DILA .
J’aborde tout de suite le sujet de la privatisation. Leur inquiétude est
manifeste, d’autant qu’ici, il n’y a pas d’information préliminaire au
sein de l’entreprise, ni de débat interne. Les choses arrivent
brutalement, et ils n’ont qu’à exécuter les ordres. Toutefois la plupart
d’entre eux considère que c’est une bonne chose. L’Etat ne détournera
plus les bénéfices de l’ONATEL. Cet argent pourra enfin être réinvesti
pour l’extension du réseau téléphonique. Je leur demande s’ils ne
craignent pas l’arrivée d’opérateurs étrangers qui pourraient prendre
les parts de marché les plus intéressants et laisser le secteur peu
rentable à l’ONATEL. "Non me disent-ils. Jamais un opérateur étranger ne
viendra s’installer au Burkina. Notre société restera sous monopole.
Devant tant d’assurance je ne peux convaincre mes interlocuteurs, même en
leur donnant l’exemple France Télécom.

Ultimes réflexions

J ’arrive aux termes de mon séjour, j’ai passé 18 jours sur 23 à Ouaga.
Cette ville accablée par la chaleur, les gaz d’échappements, les parfums
d’épices, les relents de cuisines, d’odeurs fétides et de poussières de
latérite rendent l’atmosphère irrespirable et les déplacements forts
pénibles. Les petits marchands ambulants vous harcèlent et vous
poursuivent sans cesse, même s’ils ne sont pas agressifs et je dirai même
très sympathiques, ils n’incitent pas l’étranger à baguenauder tant leur
présence finie par être pesante. Sans compter les mendiants. J’ai appris
à mes dépends qu’il y a les vrais et les faux. Ces derniers sont les
élèves des écoles coraniques, qui l’après-midi mendient pour le compte
des "Muezzins". Ils sont repérables par leur propreté, la première des
chose qu’ils apprennent dans ces écoles. Ils se déplacent le plus souvent
en groupe d’une dizaine.
Dans les villages il n’y a pas cette pression même si la misère règne ici
comme ailleurs. Les choses se passent discrètement. L’étranger est objet
d’une simple curiosité. Etonnant aussi la façon de vous accueillir la
première fois : "Bonne arrivée" vous dit-on avec un large sourire en
joignant les deux mains puis en inclinant légèrement le buste. C’est un
peuple très gaie et charmant. Les conditions de vie sont très dures, une
grande misère existe partout. Il y a quelques gens fortunés qui ont un
comportement plus misérable que les européens dans leurs relations avec
le peuple, l’attitude du dominant envers le dominé et celui du maître et
de l’esclave. Point de révolte chez les pauvres gens. Ceci est un concept
de la société Burkinabé, depuis la structure familiale hyper
hiérarchisée, jusqu’au sommet de l’Etat. Je pense qu’il a une confusion
entre le respect et la soumission, qui permet au "Blancs" de se
comporter de manière souvent intolérable à l’encontre de ces brave gens.
J’ai pu en certaines occasions me rendre compte que certains jeunes
instruits commencent à refuser le poids de cette coutume.
Je suis ravi de retourner dans mon pays, mais l’émotion me gagne devant
les amitiés que je laisse après ce bref séjour. Leur gentillesse, leur
hospitalité me resteront à jamais gravées en moi. Nous décollons. Je ne
trouve pas le sommeil de la nuit ,toutes ces journées passées avec ce
peuple remplissent mes pensée. Que de travail !!! Pour donner à ces
populations le même droit pour vivre correctement comme nous
occidentaux ???
Adieu cher Pays et peut être à bientôt !!!

Alain Bergounioux CSDPTT Nice


CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06

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