Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Mars 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Mars 1996

Mars

vendredi 1er mars 1996


La Lettre de mars 1996
No : 6

 
Sommaire :

Echos de csdptt et de ses projets

Le Président de RTSF nous répond.

L’ONP du Burkina Faso ne souscrit pas
à notre proposition de convention.

Les besoins du bureau de Poste et de la SOTELMA 
de Yélémané

Réunion du groupe Poste.
Rencontre avec le CCFD et une ONG Sénégalaise

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Congo : Privatisation de l’ONPT en Juillet
96 ?

Madagascar : la presse s’empare des problèmes
des télécoms.

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Politique
Interpellation démocratique au Mali.



Editorial
Bonne année 96 !
 A l’occasion de la nouvelle année, c’est à tous nos correspondants que nous voudrions souhaiter tous nos voeux de réussite.
Certes s’engager dans une activité d’aide au développement comporte bien des pièges et sans un minimum de précaution, l’enthousiasme cède vie la place au découragement voire au dépit. C’est souvent dans une certaine naïveté qu’il faut trouver la source du découragement qui tourne parfois à l’afro-pessismisme.
C’est ainsi que pour ce qui concerne notre activité, c’est dans les rapports avec les différentes institutions ou administrations en France ou à l’étranger que résident les principaux obstacles. Au contraire les différents correspondants avec qui nous travaillons prouvent s’il en était encore besoin que l’Afrique possède bien des ressources qui permettent d’espérer son avenir.
 C’est donc à eux que nous pensons en ce début de nouvelle année afin que toutes ces énergies qui émergent puissent enfin trouver un environnement national et international à la mesure de leur dynamisme afin qu’ils puissent pleinement le mettre à profit au service du développement, de leurs villages, leurs entreprises et leurs pays.
Bonne année donc à
- M. Laurent Barro Siré Kinta, agriculteur alphabétiseur à Sérékéni dont nous avons pu apprécier le dynamisme et qui avec ses amis du groupement villageois ont réussi à développer considérablement leurs villages,
- Ms. Babiné Dianessi et à Sambi immigrés maliens animateurs de l’Association des Originaires du Tringa en France AOTRF qui mobilisent leurs compatriotes afin de développer leurs villages
- M. Cheikna N’Diaye secrétaire général de l’Association pour le Développement du Cercle de Yélémané en France qui avec d’autres immigrés ont réussi à unifier les forces des différentes associations villageoises en France et qui  se dépensent sans compter pour que le téléphone atteignent enfin leurs villages,
- M. Moumouni Sawadogo receveur à Koupéla, anciennement à Gorom, toujours prompt à répondre au courrier et qui chaque fois qu’il a été sollicité a toujours fait des propositions intéressantes
- M. Traoré Yacouba de la direction de l’ONP toujours à l’écoute de nos propositions et cherchant toujours à nous faciliter la tâche,
- Ms. Casimir Pitroipa et Felix Comparoé à l’ONATEL au Burkina qui nous permettent de suivre nos dossiers dans ce pays
- M. Djibril Traoré qui, avec nous, avait fait preuve d’une remarquable efficacité lorsqu’il dirigeait la SOTELMA à Kayes ce qui lui a valu sans doute cette rapide promotion dans cette entreprise,
- M. Bassirou Diarra ancien Président de l’AOTRF aujourd’hui conseiller à la Présidence toujours prompt à prendre des initiatives pour le développement de son pays, la dernière en date étant la création d’une ONG dont le programme d’activité est déjà impressionnant. Bruno Jaffré
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Echos Echos de csdptt et de ses projets

Le Président de RTSF nous répond.

Nous avons reçu la réponse à la motion de
notre AG demandant à RTSF (Réseau Télécom Sans Frontières)
de mettre en commun nos activités dont voici un extrait : « Nous
ne sommes pas très chauds actuellement pour nous disperser dans une structure
plus large donc plus difficile à suivre. D’autant que chacun reste très
pointilleux sur le profil de l’association dans laquelle il s’engage et qu’il
tient à contrôler au plus près. » Il nous propose
cependant de venir en discuter à Tours. Qui est volontaire ?

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L’ONP du Burkina Faso ne souscrit pas
à notre proposition de convention
.

Annick D. et de Christian R. au Burkina Faso lors de leur séjour
en 93 au Burkina Faso avaient été saisis du besoin en boites postales
par le receveur de Gorom Gorom, localité proche du désert. Le
groupe poste de CSDPTT avait alors rédigé un projet de convention
avec l’ONP (Office Nationale des Postes) qui stipulait que 10% des recettes
générées par ces boites postales devaient être réservées
pour l’achat de nouvelles boites postales et que CSDPTT s’engageait à
verser çà chaque fois une somme équivalente, le lieu de
l’installation restant à l’initiative de l’ONP.

L’ONP nous a signifié ne pas souhaiter souscrire aux termes
de la convention pour 2 raisons : Elle ne répond pas à des besoins
expressément formulés par l ’ONP et les « conditions de
son exécution ne lui conviennent pas car elles impliquent une mise en
place d’un système de gestion différenciée des boites postales
 ».

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Les besoins du bureau de Poste et de la
SOTELMA de Yélémané

L’ADCYF (l’association pour le développement du cercle
de Yélémané en France) nous a transmis les besoins du bureau
de poste et de la SOTELMA de Yélémané au Mali. Outre de
la papeterie, notons un dictionnaire Larousse, un livre des codes postaux français,
une machine à écrire, une machine à calcul, un photocopieur,
un pèse lettres et une balance pour colis et paquets pour la poste, des
outils, appareils de mesure, moto, groupe électrogène, livres
pour la SOTELMA. Nous n’avons pas l’habitude de répondre à ce
genre de demande sous forme de catalogue sans qu’existent des relations amicales.
Nous allons néanmoins étudier quelles suites à donner avec
l’ADCYF.

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Réunion du groupe Poste.

Une réunion du groupe Poste s’est tenu à Paris le
15 Février. La réponse de l’ONP a été examinée.
Elle est apparue compréhensible compte tenu des problèmes de gestion
que soulevait notre proposition. Il a été convenu de répondre
cordialement en sollicitant une autre proposition qui 
tienne compte du soucis que l’investissement initial génère par
la suite d’autres achats de boites postales, et en souhaitant qu’une discussion
puisse avoir lieu.

Les besoins exprimés par le receveur du bureau de poste
de Yélémané transis par l’ADCYF (voir plus haut) ont aussi
été examinés. Certains pourraient être rapidement
satisfaits mais les participants ont émis le souhait que cela se fasse
dans le cadre d’une relation d’échange amicale et durable. Il a été
convenu de prendre rendez-vous avec l’ADCYF début mars.

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Rencontre avec le CCFD et une ONG Sénégalaise

Nous avons rencontré André L. Jean B. et Bruno J.
le CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement)
à la demande de ce dernier le 31/01/96. Nous avons présenté
nos projets d’installations radios et l ’expérience acquise dans la récupération
de matériel et l’accompagnement de projet en matière de
téléphonie rurale. Ceci a particulièrement intéressé
notre interlocuteur M. B. IYAMUJE, Chargé de Mission Afrique.


A la suite de cet entretien nous avons été sollicités
par Ms. SY Oumar Hamady et Ba Thierno respectivement Secrétaire Général
et Directeur du programme intégré Podor tous deux de l’ONG sénégalaise
l’USE (Union pour la Solidarité et l’Entraide). Nous leur avons raconté
notre expérience au Burkina Faso et exprimé notre disponibilité
en postes radio et en conseils tout en insistant sur nos engagements actuels.
Particulière- ment sensibles à notre recherche de relais sur place,
ils nous ont promis de nous mettre en contact avec des techniciens de la SONATEL
(Société Nationale des Télécommunications).


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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Congo : Privatisation de l’ONPT en Juillet
96 ?

La privatisation de l’Office National des Postes et Télécommunications
(ONPT) devrait intervenir en Juillet, sous les instances des organisations financières
internationales en même temps que celles de 5 autres grandes entreprises
publiques congolaises.

Le cabinet français ICEA (Ingénieurs, Conseils et
Economistes Associés) aurait concocté un plan prévoyant
l’éclatement de l’ONPT en 3 entités autonomes, une société
privée des télécommunications, une société
postale et une société des services communs aux télécoms
et à la poste. Les deux dernières garderaient le statut de service
public mais seraient régies selon les règles de gestion privée.
Des diminutions d’effectifs devraient affecter la poste qui compte actuellement
600 employés.

En revanche le plan ne prévoirait pas de licenciements
dans les services communs (670 employés) ou les télécoms
(970 employés). Dans ce secteur, le plan de restructuration prévoirait
une réduction progressive des tarifs internationaux afin de susciter
de nouveaux raccordements et faire passer le nombre d’abonnés de 21000
actuellement à 100000 en 7 ans. Durant cette période, la nouvelle
société privée devrait « jouir du monopole des télécommunications
pour permettre aux repreneurs de rentabiliser les investissements ».
(Source AFP 29/01/96).

Nous avons fait état dans notre numéro précédent
des réactions du personnel à ces projets.

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Madagascar : la presse s’empare des problèmes
des télécoms
.

Depuis quelque temps c’est par pages entières que l’on
invoque les problèmes des télécommunications dans la presse
malgache. Soit qu’il s’agisse de déclarations ou interviews du ministre,
soit de publicité des entreprises présentes dans le secteur soit
encore des plaintes des citoyens contre les dysfonctionnements du téléphone.


Du côté gouvernemental à l’occasion
de l’inauguration d’un réseau IRT2000 de 312 abonnés (coût
8 milliards de Francs financés sur fonds propres, 1FF vaut autour de
700 Francs malgaches FMG) dont certains bénéficieront du système
radio TANGARA dans le sud du pays, on annonce des investissements de 141 milliards
de FMG. Plusieurs importants projets seraient actuellement à l’étude
ou en cours de réalisation, dont la réhabilitation du faisceau
hertzien sud-est, la mise en place de stations terriennes Domsat à Mahajanga
à l’ouest, Antsirana et Nosy Be dans le nord et Morondava à l’ouest,
l’installation d’une vingtaine de BLU (radio téléphone) dans l’ensemble
du pays ou la mise en place d’une plaque numérique financée à
83% par la Caisse Française de Développement

Du côté des usagers la presse fait état de
la difficulté à acquérir des cartes de téléphone
à 10000 FM pour 25 taxes et que les usagers préfèrent payer
1000 FM dans les épiceries pour un appel. Ici, on se plaint qu’un appel
de la capitale vers la province n’aboutit qu’une fois sur 2, un abonné
de province affirme qu’un canal sur 3 fonctionne seulement et qu’il lui arrive
d’attendre la journée pour atteindre la capitale, là un
restaurateur explique que le téléphone ne fonctionne qu’entre
8h et 9h30. Et pour corser le tout on annonce des câbles sectionnés
par sabotage privant 900 abonnés de téléphone (Source DMD
N°414 et 457 du 9/03/95 et du 11/01/96) et Midi Madagascar du 30/12/95) 
C’est ainsi que les statistiques officielles annoncent des taux d’efficacité
d’appel de la capitale vers les villes de province entre 12 et 48% par l’automatique
en 1994. Il faut ajouter que le réseau de Toamasina la deuxième
ville du pays a été presque entièrement détruit
cette année-là par les cyclones Daisy et Zéralada au début
de l’année 94. Rappelons que CSDPTT a contribué cette année-là
à l’envoi de près de 2300 postes de téléphones à
la suite d’une sollicitation de l’ambassade malgache à Paris.


Pour une population d’environ 12 millions d’habitants, le pays
compte 19389 abonnés dans la capitale contre 13200 en province (contre
respectivement 12254 er 7829 en 87).

Les redevances annuelles d’abonnement et d’entretien sont passées
en 95 de 186000 à 236000 et le coût d’une nouvelle installation
de 69000 à 258000 FMG. La taxe de base est de 230 FMG pour 6 minutes
en zone urbaine et la taxation varie entre 2 taxes/minute et 6 taxes/minute 
selon la distance

France Câble Radio filiale de France Télécom
déjà présente avant la récente restructuration détient
aujourd’hui 34% du capital de Télécom Malagasy contre 66% à
l’Etat malgache. Cette prise de participation de FCR aurait été
imposée à Madagascar par le FMI sous peine de se voir refuser
les financements nécessaires à la modernisation du réseau.
FCR a signé un contrat d’assistance qui prévoit un transfert de
méthode et de savoir faire, mais aussi un programme d’investissement
et de modernisation dont nous avons parlé ci-dessus. Ce programme
est financé par la Caisse Française de Développement (130MFF),
la Banque Mondiale (80MF) et les fonds propres (30MF). FCR ne le finance que
pour 10MF par une avance d’actionnaire (CA de FCR 2,2 milliards de FF dont 1,7
à l’international).

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Politique
Interpellation démocratique au Mali.

Alors que la période passée on a assisté
en peu de temps à un coup d’état militaire au Niger, et à
des révoltes de militaires en Guinée et au Congo, pour la deuxième
fois au Mali s’est tenu « l’Espace d’interpellation démocratique
 » au Mali. Devant un public nombreux et en face d’un jury composé
de membres d’organisation de défense des droits de l’homme maliens ou
étrangers, le gouvernement au complet a dû répondre aux
diverses interpellations de citoyens, la séance étant retransmise
en direct à la télévision et à la radio. Parmi les
sujets abordés citons, les conditions d’incarcération, la situation
des « délogés », l’injustice dans l’attribution des
bourses, la discrimination des albinos, l’absence de débat politique
dans les médias, la corruption entre les multinationales et l’appareil
d’état dans l’exploitation d’une mine d’or, le désespoir d’habitants
à qui on a promis l’eau et l’électricité depuis plus de
20 ans.

La séance s’est terminé par une série de
8 recommandations formulées par le jury en particulier que que rendez-vous
soit pris dans 6 mois pour faire le point sur les sujets évoqués.


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