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Internet au Mali, projet de raccordement des 701 communes : expression et hiérarchie des besoins.

janvier 2001

Auteurs CSDPTT (Patrick Faillon, Hervé Massy, Bruno Jaffré)
Ce rapport fait suite à une mission de CSDPTT au Mali en novembre 2000, financée par la mission des nouvelles technologies de l’Information et de la communication du ministère des affaires étrangères. Il traite de l’état actuel de l’Internet au Mali et avance quelques réflexions sur le projet de raccordement des 701 communes de ce pays. Le contenu de ce rapport n’engage que l’association CSDPTT.

INTERNET AU MALI
PROJET DE RACCORDEMENT DES 701 COMMUNES
EXPRESSION ET HIERARCHIE DESBESOINS

Janvier 2001

Patrick Faillon 06 70 75 96 30

Hervé Massy06 70 64 78 22

Bruno Jaffré01 45 29 67 89

Cette étude est le résultat d’un travail collectif mené par l’association CSDPTT. Il a été réalisé à la suite d’une mission au Mali de messieurs Patrick Faillon et Hervé Massy. La rédaction finale a été assurée par M. Bruno Jaffré. D’autres membres de l’association ont en outre été mis à contribution pour apporter leur éclairage technique ou pour effectuer les dernières corrections.

Nous tenons d’autre part à remercier :

- L’ensemble des membres de l’AVDTM (Association des volontaires pour le développement des télécommunications au Mali), et tout particulièrement

- M. Yaya Niaré le Président

- M. Oumar Fomba et sa famille pour son accueil

- M. Sékou Coulibaly pour son investissement personnel

- M. André Togo pour le voyage a Mopti

- M. Gaoussou Konaté

- M. Diallo Birama le coordinateur du télécentre de Tombouctou

- M. Sidibé Bréhima son adjoint et responsable de la transmission de la SOTELMA à Tombouctou pour sa disponibilité et sa compétence

- les dirigeants de la SOTELMA pour leur franc parler et leur écoute,

- les structures de formation de la SOTELMA,

- Jacques ALVERNHE,Mamadou SOUMARE et Mamoudou COULIBALIde l’ADER (Association pour le développement économique régional)

- L’ensemble de l’équipe de SPIDER

- M. Quentel de la Mission des Nouvelles Technologies de l’Information et de la communication au Ministère des Affairse Etrangère pour sa confiance

- et bien sur et bien sur Mohammed notre chauffeur

Table des matières

I.Introduction. 4

II.Le réseau téléphonique. 5

II.1.)Région de Kayes. 5

II.2.)Vers le nord. 5

II.3.)Vers l’Est6

III.Les début d’Internet au Mali6

IV.Internet aujourd’hui au Mali.7

IV.1.)Quelques caractéristiques générales. 7

IV.2.)Nos propres expériences d’utilisation d’Internet lors de la mission. 8

IV.2.1.)Dans les locaux de la SOTELMA.. 8

IV.2.2.)A partir d’une ligne téléphonique à Bamako. 8

IV.2.3.)A Sévaré et Mopti8

IV.3.)Un cybercafé à Bamako. 9

IV.4.)L’expérience du télécentre de Tombouctou.9

IV.4.1.)Une expérience à utiliser10

IV.4.2.)Le matériel10

IV.4.3.)Une évaluation à mi-parcours. 10

IV.4.4.)Quelques exemples d’usage et de besoins satisfaits par le télécentre.11

V.Les besoins. 12

V.1.)Un engouement certain à Bamako. 12

V.2.)L’expression des besoins dans la région de Kayes. 12

V.2.1.)De la réalité des besoins. 13

V.2.2.)De la hiérarchisation des besoins. 13

V.2.3.)De laparticipation des communes rurales en termes de coûts financiers et humains. 14

V.3.)Quelques impressions à l’issue d’un court séjour dans la région de Sévaré Mopti14

VI.Quelques réflexions à propos des expérimentations. 15

VII.Conclusion. 16

I. Introduction
Le Mali fait preuve d’un volontarisme dans le développement d’Internet avec en particulier l’engagement du président de la République lui-même. C’est ainsi que M. Alpha Oumar Konaré et M. Guy Olivier Seconddu Canton de Genève ont initié un dialogue dans le cadre de la rencontre de Genève sur " l’Afrique et les nouvelles technologies ".
Cette rencontre s’est poursuivie par la mise en place du réseau ANAIS (Advistory Network for African Information Strategies), en français RCSIA (Réseau Consultatif sur les stratégies d’information en Afrique)confiée à la Fondation du Devenir, qui suit un développement régulier.
Enfin dernier événement qui a constitué un important rayonnement en Afrique tout particulièrement, mais aussi au-delà pour tous ceux qui s’intéressent au développement de l’Internet au Sud, la conférence Bamako 2000 a rassemblé en février de la même année près de 1500 participants alors qu’on en attendait 300.

Le Président malien montrait par-là que son engagement n’était pas une lubie passagère et qu’il n’entendait pas en rester aux effets d’annonce. Mieux il annonçait publiquement son intention d’aller encore plus loin en fixant l’objectif de relier rapidement les 701 communes de son pays au réseau Internet.

Enfin, le Conseil des ministres vient d’adopter tout récemment un projet de décret instituant une Mission de l’informatique et des nouvelles technologies de l’information directement rattachée au premier ministre[1].

Bien entendu, le Mali se classant parmi les pays les plus pauvres du monde, cette initiative n’a de chances de se concrétiser que par la conjonction de deux facteurs qui s’alimenterontl’un et l’autre, d’une part la mise à dispositiondefinancements importants d’un certain nombre de bailleurs de fonds et d’autre part, la mobilisation d’importantes énergies à l’intérieur du pays capables de tirer vers le même objectif une part importante des forces vives du pays.

Le présent travail se veut une contribution à l’évaluation du deuxième facteur bien évidemment déterminant. C’est ce à quoi nous nous livrerons : après un aperçu de l’histoire d’Internet dans ce pays et de son état actuel, nous tenterons d’évaluer les possibilités d’une mobilisation. Puis nous nous livrerons à quelques considérations qui résultent de la réflexion propre à l’association CSDPTT. Pour effectuer ce travail, une mission constituée de deux adhérents de CSDPTT, Mrs Patrick Faillon et Hervé Massy s’est rendu au Mali en novembre 2000.

II. Le réseau téléphonique
Le réseau téléphonique constituant la première des contraintes nécessaires au développement de l’Internet, nous allons dans ce paragraphe apporter quelques éléments permettant d’appréhender son état actuel à partir de ce que nous avons constaté sur le terrain dans les endroits où nous nous sommes rendus.
II.1.) Région de Kayes
La ville de Kayes a réceptionné en novembre un nouvel autocommutateur chinois de marque ZTE d’une capacité actuelle de 960 abonnés (extensible à 10.000 abonnés). Il abrite aujourd’hui 130 abonnés. L’ancien central, un JISCOS 80-7, est pratiquement saturé avec 2459 abonnés pour une capacité de 2500 abonnés. Les techniciens chargés de la maintenance craignent sérieusement que le central ne succombe aux multiples problèmes qui l’assaillent. Ils nous ont d’ailleurs tout récemment sollicités, peu après le retour de mission pour rechercher des cartes de rechange.
La pose d’une fibre optique entre Bamako et Dakar est en cours. Actuellement les travaux se situent au niveau du barrage de Manantali. La portion Manantali-Kayes est d’une distance d’environ 350 km, ce qui nous laisse à penser que l’arrivée à Kayes de la fibre est prévue pour mars-avril 2001. C’est environ à la même période que, selon les prévisions, Kayes devrait être raccordée au réseau de satellites domestiques« DOMSAT ». La dimension des conduits est à confirmer (conduits de 1 Mbits/s comprenant 30 circuits, extensibles avec un concentrateur à 60 ou 120 circuits).
La première partie d’un projet de téléphonie rurale à partir de Kayes a déjà été réalisée La société canadienne SRT de télécom a installé le système SR500 en direction de Yélimané / Nioro depuis 1998. Une autre liaison, en direction de Kita, est elle aussi, en service. Le projet global de téléphonie rurale dans la région s’étend sur plusieurs années et d’autres extensions sont prévues dans un futur proche.

C’est de cette région dont sont originaires de nombreux migrants travaillant en France. Ilsparticipent très activement, grâce à d’importants apports financiers au développement de la région. Ils ont montré en particulier, depuis déjà plusieurs années, une grande attention aux problèmes des télécommunications de la région.

Plusieurs cabines INMARSAT ont récemment été installées dans des villages, financées par des migrants. L’investissement nécessaire important (environ 60000 FF) et le coût élevé des communications (plus de 20FF la minute) démontrent une fois de plus la bonne place des télécommunications dans la hiérarchie des besoins dans cette région particulière, du fait de la place des migrants dans le développement économique de la région.

II.2.) Vers le nord
Un IRT 1500 entre Bamako et Ségou a été construit par TRT en 1986, la modernisation par un IRT2000 est prévue. L’ONG RTSF travaille à la fiabilisation du réseau à Fana.
A Sevaré, il existe une station terrienne DOMSAT reliée à Mopti et un central téléphonique analogique CP400 non compatible avec l’Internet. Les faisceaux entre Sévaré et Bamako sont aussi analogiques. Mais afin de recevoir la coupe d’Afrique de football dans de bonnes conditions, le changement du central téléphonique et des liaisons sont prévues courant 2001 pour du matériel numérique.
A Tombouctou, un IRT 2000 a été construit par LUCENT TECHNOLOGIE. Cette ville a par ailleurs été très récemment aussi reliée au réseau DOMSAT. Une liaison relie la commune Niafunké, jumelée avec la ville de Moulins[2] dans l’Allier. Celle-ci rencontre de graves difficultés de fonctionnement mais selon nos correspondants, le matériel étant sous garantie, les problèmes devraient être rapidement résolus.

II.3.) Vers l’Est
Nous avons appris tout récemment, après notre retour, que la BOAD (Banque Africaine de l’Afrique de l’Ouest) avait accordé un prêt 6,5 milliards de FCFA àl’Etat Malien pour participer au financement d’une liaison à fibres optiques entre Bamako-Sikasso-Zegoua et Sikasso-Hérémakano. Ce projet doit permettre d’accroître la capacité de transmission et d’améliorer l’écoulement du trafic entre la capitale malienne et les centres économiques de l’Est du pays, que sont Sikasso à 395 km de Bamako, et Zegoua, ville frontalière de la Côte d’Ivoire, à 125 km de Sikasso.
Par ailleurs, un nouveau câble à fibre optique reliant Hérémakano, ville frontalière du Burkina Faso, à 45 km de Sikasso, raccordé au précédent, devrait renforcer l’interconnexion entre le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Cette liaison entraînera la suppression de centres de transit étrangers utilisés actuellement par ces trois pays, dans leurs communications téléphoniques. A contrario, le Mali pourra fournir aux réseaux nationaux de la sous-région, des voies de transit et d’acheminement, en cas de surcharge ou d’interruption des voies internationales directes.
Cet aperçu ne prétend pas à l’exhaustivité. Nous avons souhaité cependant à travers ces quelques exemples montrer la coexistence de pans entiers du réseau dans un état de grande vétusté mais aussi de plusieurs grands projets de modernisation qui devraient permettre assez rapidement de pouvoir offrir via le réseau téléphonique des accès Internet au moins dans les grandes agglomérations. Les IRT1500 et 2000 offrent des débits de 9,6kbts et un repli en 4,5bts aux abonnés , ce qui demeure suffisant pour le courrier électronique. Il permet aussi d’offrir la possibilité d’installer des liaisons louées de 64kbts. Ce matériel est présent en France dans les zones montagneuses et le remplacement des IRT1500 en IRT2000 a été motivé non pas pour permettre un meilleur accès à Internet mais du fait d’un plan de fréquence imposé au niveau européen.

Par ailleurs, la Banque mondiale devrait approuver début 2001 un vaste projet de réforme des télécommunications au Mali d’une valeur de $7,5 millions. Préparé depuis 1998, le projet prévoit la rédaction d’une nouvelle loi sur l’attribution des fréquences et des marchés, la mise en place d’une autorité de régulation du secteur et la privatisation de la Société des Télécommunications du Mali (SOTELMA). Ce projet prévoit également d’étudier des stratégies pour relier les villages maliens isolés au réseau national. Mais les récents déboires qu’a connu la SOTELMA , qui se sont traduits par la mise en détention des deux précédents directeurs et par un conflit à propos de la mise en place du réseau de téléphonie mobile GSM en ont retardé le démarrage.

III. Les début d’Internet au Mali
En 1994, Malinet, premier fournisseur malien de services Internet, a vu le jour au sein de Bintta SA grâce aux efforts et à l’expertise des actuels dirigeants de Afribone Mali SA. La messagerie électronique était alors accessible à heures fixes.
La Société des Télécommunications du Mali (SOTELMA), a amorcé à partir de 1995 des études qui ont abouti à la connexion du Mali à Internet à travers une passerelle nationale.
Le Mali fut le premier pays à bénéficier en 1996 de l’initiative Leland, programme financé par l’USAID. L’objectif de l’Initiative Leland était d’assurer une connectivité à Internet dans une vingtaine de pays africains à la condition de libéraliser le marché de la fourniture d’accès. Le 31 décembre 1996, le nœud national accédait à tous les services Internet grâce à une liaison satellite avec les Etats-Unis. Six mois plus tard, les quatre premiers prestataires de services Internet privés étaient connectés au nœud national. Le 20 septembre 1997 eut lieu le lancement officiel d’Internet en République du Mali, à l’issue du salon des nouvelles technologies, organisé au palais des Congrès sous la houlette de la SOTELMA. Depuis comme nous l’avons souligné dans l’introduction, le Mali se signale par une série d’initiatives volontaristes afin de développer le réseau et l’accès à Internet.

IV. Internet aujourd’hui au Mali.
IV.1.) Quelques caractéristiques générales
La SOTELMA fournit depuis Juin 1997 des lignes spécialisées à 64Kbits/s à quelques sociétés offrant des services d’accès à Internet. Le débit annoncé par la SOTELMA pour sa connexion au reste du réseau des réseaux est 2Mbit/s sur une liaison partagée entre 8 pays.
Il existe à notre connaissance 7 fournisseurs d’accès ( les principaux étant la SOTELMA et Spider semble-t-il)dont la liste est disponible sur le site de la SOTELMA.
Un hebdomadaire local faisait état en juin de 2200 abonnés avec une progression de 10% par mois ce qui donnerait environ 2300, 2400 voir 2500 internautes fin 2000. Le réseau est théoriquement accessible de partout ( ou devrait l’être très bientôt) à partir de numéros taxés au tarif local mais certaines installations vétustes ne sont pas numériques (il existe par exemple un CP400 à Sévaré) et ne peuvent donc supporter des communications via Internet.

Nous ne disposons pas de statistiques officielles qui n’existent d’ailleurs probablement pas mais en recoupant quelques articles récents avec ce que nous avons constaté et ce que nous ont dit nos différents interlocuteurs, on peut affirmer que l’essentiel des abonnés se trouve à Bamako. Parmi ceux-ci, on trouve principalement des employés des organismes internationaux, des administrations, de quelques entreprises locales et des membres d’ONG. Les autres utilisateurs fréquentent les télécentres ou les cybercafés qui se développent assez rapidement pour l’instant essentiellement dans la capitale. Une exclusivité qui ne devrait pastrop durer du fait de l’existence de différents projets de télécentre en province soutenus par des ONG et (ou) des collectivités locales dans le cadre de jumelage. Compte tenu du faible débit qui relie le Mali au réseau international,la navigation sur le web international est extrêmement lente. Par ailleurs, les sites maliens sont encore peu nombreux et sont considérés d’un attrait insuffisant en regard des sites étrangers. La forte attirance pour l’Internet ne provient-elle pas de ses immenses possibilités de contacts avec le monde extérieur ?

Comme pour les autres pays de la zone, le développement d’Internet se heurte à l’analphabétisme, au manque d’ordinateurs et à leur coût élevé, à la cherté des communications téléphoniques des abonnements (28000FCFA/mois chez Spider et 70000FCFA/mois chez Afribone qui annonce garantir un meilleur service) mais d’abord et surtout à l’insuffisance et à la vétusté du réseau téléphonique dont nous donnons ci-dessous quelques illustrations.Nous ne développerons pas ces points qui sont repris dans les articles et études à propos du développement d’Internet dans la région.

IV.2.) Nos propres expériences d’utilisation d’Internet lors de la mission
Nous avons nous-mêmes vécu plusieurs expériences d’usage d’Internet, lors d’une formation que nous avons organisée dans les locaux de la SOTELMA à l’intention de nos partenaires de l’AVDT (association des Volontaires pour le Développement des Télécommunications du Mali), à partir de lignes téléphoniques chez des particuliers de Bamako et enfin à Sévaré.
IV.2.1.) Dans les locaux de la SOTELMA
Nous avions 13 micros raccordés par un hub sur une liaison louée directement sur le nœud Internet. Les vitesses étaient comparables alors à nos vitesses en France. Hormis une tranche horaire comprise entre 12h et 18h pendant laquelle il était interdit d’imaginer une connexion sur un serveur hors du Mali, les services des serveurs maliens étaient corrects. On peut souligner aussi que des communications en vidéo et en téléphonie par Internet avec la France étaient souvent possibles. Les serveurs de dialogues en ligne de wanadoo étaient parfaitement acceptables (messager de wanadoo ou netmetting). Durant cette tranche horaire (entre 12h et 18h), l’utilisation des e-mails accessibles via les sites extérieurs ( Hotmail, Caramail ou autre) était très difficile voire impossible. Au moins 5 minutes pour l’affichage de la première page de Voilà ou Hotmail. De plus les déconnexions au serveur étaient fréquentes ce qui nécessitait de recommencer le processus. Par contre les e-mails de type SMTP sur le provider local (SOTELMA) passaient à peu près correctement. Nous avons cependant constaté des problèmes de non-distribution et de non-réception avec certains fournisseurs.
Nous avonsété surpris par l’utilisation de Copernic qui rend très facile la recherche.
Il apparaît que la transmission de petits paquets se fait à peu près correctement alors que celle des gros paquets est extrêmement difficile à partir d’une ligne téléphonique

IV.2.2.) A partir d’une ligne téléphonique à Bamako
A partir d’une ligne résidentielle, les difficultés de connexion sont plus importantes. Nous utilisions l’accès fourni par la SOTELMA, elle-même gestionnaire du nœud Internet, qui nous avait créé des adresses pour la durée de la mission. Il nous est arrivé de passer plus d’une heure pour rapatrier 2 messages depuis Voilà. Et ceci vers 23h. Par contre une connexion de moins de 5 minutes était nécessaire pour rapatrier des messages via SMTP. Dans la journée il était impossible d’accéder à l’extérieur du Mali.
Nous avons fait à peu près les mêmes constatations à partir de Mopti et de Ségou où nous avons aussi pu procéder à des essais de connexion. Il n’y a pas de différence notoire avec Bamako.
IV.2.3.) A Sévaré et Mopti
A Sévaré il n’y a pas actuellement de possibilité de se connecter compte tenu de la vétusté du central téléphonique. Néanmoins dans le cadredu projet de raccordement des 701 communes, une station reliée à Internet a été installée. Cette station nous avait été présentée à Bamako par un membre du comité directeur de l’évaluation du projet des 701 communes. C’est l’une des 4 stations données (ou prêtées nous n’avons pas eu de confirmation ) par la compagnie WORLDSPACE. Elle doit être raccordée sur Internet via le bouquet numérique du satellite. Elle est équipée d’un micro-ordinateur, scanner, imprimante, téléviseur, magnétoscope, fax et d’un appareil de téléphone numérique. Le coût, la maintenance, le prix des communications ne sont pas fixés à l’heure actuelle. L’énergie est fournie par la Sotelma et Sévaré devrait être la première ville à en être équipée pour un délai minimum d’un an. A mon passage, il ne fut pas possible de la visiter par manque de clef.
A Mopti, nous fûmes reçus par le chef de centre qui n’était pas au courant de notre venue. Nous avons voulu visiter le bus de démonstration Internet qui doit circuler dans tout le pays. Il a été placé à Mopti pendant un mois. C’est en réalité un camion, à l’effigie de la société WORLDSPACE. Il comprend 4 positions munies d’un micro portable récent, d’une webcam, un modem, et d’un micro. Malheureusement nous n’avons rien pu visualiser. Le responsable nous a en effet affirmé que seuls 2 modems fonctionnaient encore et que le fait de se connecter abîmait les machines. Ce camion était et restait dans l’enceinte des locaux de la SOTELMA. Hormis les 5 personnes qui le surveillaient, nous n’avons pas pu en constater l’utilisation. On ne peut que regretter qu’il ne soit pas connecté à Internet par le satellite et qu’il ne se trouve pas en plein milieu de la ville où il serait plus utile.
Nous avons fait des essais de connexions, mais toujours après 18h à partir de notre micro portable à partir d’une ligne du central téléphonique et cela ne posait aucun problème nouveau, par rapport à ceux trouvés sur Bamako. Par exemple j’ai réussi à rapatrier près de 10 e-mails en moins de 5 minutes.

IV.3.) Un cybercafé à Bamako
Nous avons commencé à entendre parler de cybercafés, dès le premier jour de notre séjour. Nous en avons donc visité un tout récent avec Ibrahim, un jeune étudiant habitué à fréquenter ces nouveaux lieux animés de la ville. Il est raccordé via Afribone et la fourniture d’accès coûte 70000CFA par mois sans compter les communications (125FCFA/mn).Il est géré par une association d’étudiant (NEWSTEEK Association des jeunes pour la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication). Le personnel du cybercafé était en train de découvrir la création de site.
Il est abrité dans une maison faisant partie d’un ensemble de bâtiments traditionnels sur Bamako et rien ne la différencie des autres maisons hormis deux choses : la pancarte indiquant que c’était un cybercafé et l’attroupement de jeunes devant qui, visiblement,attendent quelque chose ou occupent le temps. Dés que nous avons franchi la porte, nous nous sommes trouvés en face d’un petit comptoir derrière lequel se trouvent un ordinateur, des imprimantes un photocopieur, un scanner.
Il y a 4 machines assez récentes, (des P11) chacune dans des protections en bois. Elles seconnectent sur le réseau par l’intermédiaire d’une 5éme équipée en NT serveur qui gère la connexion.

L’utilisation d’Internet est facturée 1000 CFA de l’heure et ceci peut être découpé en demi-heure. La moyenne est de 12 pers/jours. Ce sont principalement des étudiants qui utilisent le courrier électronique pour correspondre avec des écoles étrangères et rechercher un emploi. Les boites aux lettres sont accessibles via des sites comme hotmail ou Caramail et les temps de connexion sont particulièrement longs.

Les micros démarraient sur Yahoo ce qui augmentait le temps d’attente. Ibrahim me disait qu’une heure était le temps presque nécessaire pour rapatrier les messages que l’on avait reçus et y répondre. Nous avons aussi noté qu’il n’y avait pas de machine dédiée à l’apprentissage du clavier. Je n’ai pas pu savoir si la facture était basée sur les temps de présence ou sur les temps de connexion Internet, mais je crois que cela dépendait des relations qu’entretenaient les gestionnaires avec les différents clients

Il y a des possibilités de sauvegarde des données sur le serveur mais toutes les semaines le personnel procède au nettoyage des ordinateurs.

IV.4.) L’expérience du télécentre de Tombouctou.
Nous n’avons pas pu nous y rendre comme nous l’aurions souhaité mais CSDPTT est en contact permanent avec M. Sidibé Brehima, membre actif de l’AVDT, par ailleurs adjoint du coordinateur. Nous suivons donc l’expérience d’assez près et avons même contribué à ce que des jeunes ingénieurs y effectuent un stage de 15 jours l’été dernier. Nous avons pu d’autre part nous entretenir longuement avec le coordinateur M. Diallo Birama à Bamako.
IV.4.1.) Une expérience à utiliser
Nous ne reviendrons pas sur l’ampleur des sommes investies dans le télécentre de Tombouctou. C’est le lot commun des projets lancés par les organismes internationaux, dans le cas précis, on trouve en même temps le CRDI, l’UNESCO, la FAO, l’OMS, l’UIT et la SOTELMA. Ces sommes semblent encore une fois d’ailleurs avoir été principalement dépensées en missions d’étude d’experts venus de l’extérieur. On ne peut que s’étonner à ce propos que ces sommes n’aient pas été dépensées pour offrir dès le lancement du projet des connexions d’un débit correspondant effectivement à l’ambition annoncée du projet. L’énormité des moyens est d’autant plus paradoxal que ce télécentre bénéficie aussi de nombreuses initiatives bénévoles et de dons de matériel. La population s’est par ailleurs fortement mobilisée semble-t-il pour la construction d’un local définitif dans lequel le télécentre devrait déménager sous peu.
Mais làn’est pas notre propos. Le télécentre a le mérite d’exister surtout grâce à la mobilisation de son personnel, alors que pendant quelques mois ils n’ont même pas été payés, ce qui constitue en soi un premier élément démontrant l’intérêt qu’il a suscité localement. A part les deux principaux responsables qui ne sont pas présents en permanence, puisque le coordinateur général est le plus souvent à Bamako obligé de régler en permanence de multiples problèmes et son adjoint est le chef de la transmission de la SOTELMA, le télécentre compte 6 employés, dont deux femmes, après l’embauche récente d’un spécialiste « TIC » qui devrait améliorer les compétences locales. Par ailleurs le TCP est dirigé par un comité de pilotage qui comprend les autorités locales et des représentants de la société civile.
IV.4.2.) Le matériel
Le TCP dispose d’un réseau d’accès à distance ( RAS) auquel sont rattachés une dizaine d’abonnés à travers la ville. Il fonctionne à l’aide d’un serveur Windows NT et l’accès se fait par appel téléphonique à distance. Il dispose d’un réseau local (LAN) qui fonctionne à l’aide d’un Serveur Proxysous Windows98 utilisant le logiciel proxy MALGATE. Il permet à la fois le partage Internet pour les machines du réseau mais aussi de se connecter à Bamako pour rapatrier les e-mails des abonnés du domaine tombouctou.org.ml.
La connexionse fait paruneligne téléphonique RTC avec fax modem externe. Cependant il y aura une ligne spécialisée entre le TCP et le Nœud National Internet en Mars 2001. Le débit actuel de connexion est de 16 KB à 32 KB. Le serveur principal est le Serveur de la Sotelma à Bamako. Le TCP dispose d’environ 35 ordinateurs (Pentium I Compaq, Pentium II DELL, un portable DELL, et de nombreux ordinateurs de seconde main pour la salle de formation.
IV.4.3.) Une évaluation à mi-parcours
Les principaux services sont la saisie et l’impression de documents, l’entretien et la réparation de matériel informatique, la formation, la création et la consultation d’e-mails, la consultation de pages Internet, le téléphone, l’émission et réception de fax, et la fourniture d’accès à Internet.
L’objectif du projet est d’engager la communauté de Tombouctou et les participants nationaux dans le processus de développement d’un modèle abordable, reproductible et viable via le TCP donnant accès aux outils NTIC pour améliorer le développement rural. Il est prévu à court terme la connexion des centres de santé, des bibliothèques et d’initier le commerce électronique avec les artisans. Le TCP devrait participer à la formation de nouvelles équipes afin de démultiplier les compétences. Il existe par exemple un projet de télécentre à Niafunké et le TCP de Tombouctou sera utilisé pour la sensibilisation des futurs acteurs du TCP de la ville de Niafunké située à environ 200 km de Tombouctou mais qui en dépend administrativement.
L’expérience n’est qu’à mi-parcours et a du faire face à de nombreuses difficultés, des retards dans l’achat et l’installation des équipements de la liaison spécialisée et dans le déblocage de la contribution de la SOTELMA et de l ’UIT, l’insuffisance du circuit entre Tombouctou et Bamako et enfin une connexion par RTC qui ne permet pas le développement de certaines applications. Ces problèmes devraient être rapidement résolus.

Si la visibilité du Télécentre et certaines de ses applications sont parfaitement identifiées, en particulier la confection de documents et la formation à l’outil informatiquequi constitue le service le plus important, on peut noter une insuffisance de l’utilisation d’Internet (4% de l’activité pour la consultation d’e-mails et 2%pour laconsultation de sites selon un rapport d’étape établi en octobre 2000). Ceci s’explique largement par les difficultés techniques et influe fortement sur l’évaluation de la rentabilité du télécentre qui constitue actuellement un des points faiblesde l’expérience.

IV.4.4.) Quelques exemples d’usage et de besoins satisfaits par le télécentre.
Nous avons pu longuement nous entretenir avec M. Diallo Birama coordinateur du TPC et son enthousiasme,sacréativité et la force de travail qu’il semble déployer pour la réussite du projet nous ont impressionnés. Cette conversation est venue utilement compléter les informations écrites que nous possédions. Il nous a en particulier donné quelques exemples d’utilisation correspondant à des besoins qu’il aurait été difficile pour nous d’imaginer et qui sont autant d’exemples d’une véritable appropriation du lieu par la population locale
Tombouctou est distante de Bamako de 1200km, ce qui correspond au minimum à 15 heures de route quand celle-ci n’est pas coupée par une inondation, ou 3 jours de bateau. La liaison aérienne est assurée deux fois par semaine.
La distribution régulière des journaux paraît donc biencompromise. Le télécentre propose donc aux journalistes des radios locales de consulter les nouvelles via Internet entre 7h30 et 8h30 , ce qui permet leurdiffusion immédiate à la radio. Ainsi les touaregs de la région peuvent recevoir les nouvelles fraîches par la radio alors qu’à Bamako, les journaux ne sont livrés qu’aux environs de 10H. Ainsi vivre loin des grandes agglomérations n’est plus synonyme d’isolement. Conscient de ce besoin d’information, M. Diallo effectuait une étude pour recevoir les journaux de Bamako par e-mail afin de les imprimer et les livrer à la population.

Autre exemple, chaque année une grande question trouble les musulmans. Quel jour doit-on arrêter le Ramadan ? Les avis divergent parfois dans la communauté musulmane. Cette année, l’Imam en personne s’est déplacé pour venir consulter le site Internet de la Mecque, lui qui pourtant ne sort que très rarement de sa résidence. Fort de l’annonce faite sur le web, le départdes festivités a pu être donné.

Il existe d’autres expérimentations en cours permettant d’étendre l’usage du télécentre au-delà des personnes sachant lire ou écrire le français. Un logiciel, mis en œuvre par des spécialistes, avait récemment été livré. Il permettait de définir certaines touches du clavier comme signes utilisés dans différents dialectes courants dans la région. Le personnel devrait donc pouvoir transcrire les messages arrivés par e-mail dans les langues locales et permettre une lecture plus large mais aussitaper des messages dans les langues locales avec des alphabets locaux.

A ce propos il avait été aussi question d’utiliser des logiciels de reconnaissance de la parole et une des meilleures spécialistes de la question, Mme Christel Sorin s’est déplacée plusieurs fois à son compte à Tombouctou.

M. Diallo nous a par ailleurs confirmé l’utilisation première du télécentre comme centre de formation avec en particulier une forte demande de la part des étudiants. Le TCP a pu récupérer grâce à son réseau de connaissance un certain nombre de micro-ordinateurs anciens permettant une vulgarisation de l’informatique et notamment l’apprentissage du traitement de texte. Une autre part importante de l’activité consiste à faire des photocopies (scanner) et à mettre en forme des documents.

Enfin la montée en compétence du personnel du centre permet une augmentation récente de l’activité de dépannage d’appareils électroniques ou électriques qui n’existaient pas avant. Et l’on peut en particulier espérer une incidence positive sur la rentabilité qui reste un objectif fondamental du projet.

V. Les besoins
V.1.) Un engouement certain à Bamako
Nous ne nous étendrons pas sur Bamako,notre étude s’attachantsurtout aux villes secondaires et aux zones rurales. Nous ne rapporterons ici que l’expérience révélatrice de Spider. Les promoteurs de cette entreprise avaient sous-estimé la demande lors de l’étude de leur plan de développement. Il se sont rapidement retrouvés avec 1145 abonnés, beaucoup plus que prévus, et lorsqu’ils se sont retournés vers la SOTELMA pour réclamer des lignes supplémentaires, celle-ci n’a pas pu les fournir. La qualité de service s’en étant ressentie, la désaffection des abonnés n’a pas tardé, est leur nombre est rapidement descendu à 150 environ, les autres préférant soit abandonner, soit migrer vers les concurrents. Ces concurrents arrivés peu après ont compris la leçon et ontpu dimensionner à la hausse leur demande de lignes à la SOTELMA
V.2.) L’expression des besoins dans la région de Kayes
Nous avons pu organiser une réunion avec différents représentants locaux, dont plusieurs maires dans la région de Kayes afin de recueillir leur perception du projet, et leur mobilisation éventuelle[3]. Cette réunion avait pour objectif de faire émerger l’expression de la réalité des besoins, leur hiérarchie éventuelle et l’éventualité de la participation locale à la réussite du projet. Nous publions ci-dessous un compte rendu détaillé de cette réunion.
V.2.1.) De la réalité des besoins
Tous les participants sans exception pensent qu’aujourd’hui, Internet est une nécessité qui s’impose au développement dans le but de véhiculer et de traiter rapidement l’information. Il ressort de la réunion que la nouvelle organisation nationale en 701 communes impose à celles-ci un transfert d’information croissant et le nouveau besoin de communiquer à partir du lieu d’activité des responsables locaux ou communaux. Les infrastructures autoroutières dans cette région du Mali sont de médiocre qualité. Les difficultés sont encore amplifiées par des conditions climatiques qui accentuent l’isolement (période d’hivernage). Les moyens de télécommunication tels que le courrier électronique, la diffusion de documents administratifs, l’information d’événements à caractère officiel ou autres s’avèrent être un besoin prioritaire et urgent.
La connexion à Internet est ressentie comme un levier de développement des communes. Toutefois étant à ce jour confrontés à des difficultés pour obtenir le téléphone dans leur commune respective, il semble peu probable à nos interlocuteurs, de pouvoir accéder à Internet. La quasi-totalité (682 sur 701) de ces communes est aujourd’hui privée de l’énergie nécessaire au fonctionnement du matériel. Les efforts déployés à la réalisation de centres communautaires de santé et d’éducation seraient couronnés par la possibilité de relier ceux-ci entre eux. Le grand nombre d’associations (officialisées ou non) créées ces dernières années expriment le besoin d’échanger des informations dans le but d’accentuer leurs actions.
Dans cette région, les tarifs des transports majorés du fait d’un niveau de vie supérieur à celui de l’ensemble du pays, et le mauvais état des voies de circulation imposent aux populations des frais de plus en plus importants pour accéder aux lieux raccordés au réseau téléphonique classique.

V.2.2.) De la hiérarchisation des besoins
Les priorités se classent comme telles à ce jour, au regard des intervenants de cette partie du pays en estimant le coût de leur mise en œuvre. En premier lieu, le téléphone en milieu rural, considérant qu’une grande partie de la population migrante a besoin de garder contact avec les membres de leur famille vivant au village. La décentralisation engagée cette année engendre un besoin urgent de moyens de télécommunication pour sa réussite. L’expression a été faite d’une demande du respect d’une certaine égalité. Les interlocuteurs ont connaissance de programmes d’installation de téléphonie commencés dans différentes parties de la région. Ils savent, aussi, que ces projets ne concernent pas la totalité du territoire. Et ils s’interrogent sur le réel souci d’une répartition équitable et étendue du réseau de Kayes vers Yelimané.
Le besoin en énergie (électrique ) se pose avec acuité. Toutefois nous avons connaissance de programmes d’électrification en cours (ligne à haute tension reliant le Barrage de Manantali à Dakar en passant par Kayes). Cependant, la desserte des villages reste une difficulté réelle. Elle représente un programme de grande envergure qui demandera du temps. Pour pallier une attente sans fin, de plus petits programmes solaires sont expérimentés dans certains villages avec des résultats partiellement satisfaisants et ne concernant qu’une partie de la population. Les infrastructures autoroutières qui nécessitent des lourds investissements en temps et en financement s’avèrent être des programmes de longue haleine. Une importante partie du problème d’eau est prise en charge par les organisations (associations de migrants, organisations locales de villageois, ONG et autres structures), mais nous sommes encore loin de la satisfaction de l’ensemble des besoins. Certains participants se sont plaint de certaines installations de puits à grand diamètre qui parfois étaient implantés trop loin de leurs utilisateurs.
V.2.3.) De la participation des communes rurales en termes de coûts financiers et humains
Ne connaissant pas précisément le coût d’une installation de connexion à l’Internet en milieu rural, il est apparu difficile aux participants de se prononcer précisément sur la participation des communes. Pourtant compte tenu du très faible niveau des budgets communaux, les représentants des localités se demandent comment il leur serait possible de financer dans l’immédiat, sans apport nouveau du gouvernement, le projet de raccordement. Toutefois, les personnes rencontrées ont adhéré globalement à l’idée d’investissement en moyens humains et à la nécessité de mettre à disposition un local.
Nous avons pu constater l’installation des cabines téléphoniques du type INMARSAT sur le financement personnel de migrants plus ou moins organisés en France et à l’étranger. Ce qui laisse présager la possibilité d’une participation financière importante de la part des populations rurales ou du moins de migrants originaires de la région. Les explications données sur l’installation et la gestion de centres de santé et écoles communautaires, prouvent l’investissement, l’engouement et l’organisation des populations. Il est à noter aussi que lesgrandes dépenses engendrées par le déplacement des populations pour accéder aux moyens de télécommunication pourraient être réorientées vers l’Internet. La région de Kayes par sa singularité (pourcentage important de migrants) est habituée à autofinancer une partie de son développement. Les ressortissants ne doutent pas de l’augmentation du niveau de développement que l’accès au réseau des réseaux occasionnera et donc de la nécessité d’investir dans l’outil.
Le potentiel intellectuel local permet d’envisager la formation rapide d’animateurs et de gestionnaires. L’ ouverture prochaine d’un centre francophone de documentation pourrait être une vitrine de l’usage de l’Internet, un réservoir d’informations, un pôle de diffusion de la connaissance et un centre éducatif sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour la population.

V.3.) Quelques impressions à l’issue d’un court séjour dans la région de Sévaré Mopti
Notre réaction[4] devant l’absence de tout ce que l’on croyait normal fut de ne pas poser la question d’Internet. Notre voyage fut si court que nousne l’avonspas fait. Mais nous avons toujours gardé à l’espritles possibilités qu’auraient ces gens si le numérique venait jusqu’à eux.
Nous avons rencontré à Soufoulei, près de Sévaré le président international de l’Ong « Atlas logistique » qui a pour but d’apporter un soutien logistique aux autres. Il a exprimé un besoin urgent communication. Pour cette ONG, l’Internet n’a pas de prix. Nous avons aussi rencontré dans les locaux de Radio Kayra, une autre association qui travaille dans le cercle de Yelimané et qui communique déjà par Internet mais avec Bamako uniquement.
Nous nous sommes rendu compte par ailleurs que dans chaque village, il existe souvent plusieurs ONG soit issues du village, soit intervenant de l’extérieur pour son développement. Comme pour les deux exemples cités ci-dessus, leur travail serait grandement facilité par un accès au réseau. Nous avons constaté de nombreux exemples de regroupements de villageois qui gèrent des maisons communes. Les villageois eux-mêmes nous parlaient d’Internet et du téléphone et d’Internet, comprenant surtout la possibilité de communiquer à distance et en exprimant des forts besoins. En effet, tous ont des enfants partis à la capitale pour étudier ou travailler. Ceux-ci sont souvent démunies devant les moyens de communication et ne peuvent apporter la contribution au développement de leur village natal faute de lien aisé.

Pour notre part, même si les liaisons n’ont pas toujours été faciles,l’accès a permis de garder le contact et les adhérents de CSDPTT ont pu suivre presque au jour le jour l’avancement de la mission et nous poser les questions qui leur paraissaient importantes. Ils ont même durant notre séjour rédiger un projet de convention en collaboration avec nous et nos partenaires présents au Mali. On a peut être ainsi pu éviter d’être obligé de refaire uneautre mission..

Toutes les associations que nous avons rencontrées n’osent pas imaginer l’accès en campagne d’une telle structure. On imagine pourtant aisément les nombreuses utilisations qui pourraient en être faites pour la santé ou la sécurité. Les coûts paraissent exorbitants, mais l’eau, la nourriture, les soins sont-ils dissociables de l’éducation ?

On peut imaginer des bases de données basées sur du texte, des fichiers sons, des e-mails et à côté de cela des structures plus lourdes dans les villes plus développées et déjà raccordées àl’énergie. On pourrait avoir en campagne des ordinateurs adaptés, qui auraient une alimentation solaire ou des batteries, qui ne seraient raccordés dans un premier temps que très peu de temps pour récupérer des mails et maintenir des contacts avec le reste du pays. On pourrait alors monter des projets, les suivre et les réajuster sans avoir à faire des milliers de km et des centaines d’heures de transport pour avoir seulement des nouvelles. De plus ce réseau jumelé avec des cdroms éducatifs pourraient servir d’animation dans le village. L’investissement serait rentabilisé en très peu de temps. Encore faudrait-il que les maliens connaissent les possibilités d’un tel instrument et nous ne doutons pas alors que les demandes se feraient précises. Un travail de fond est sûrement indispensable afin de former les gestionnaires et les concepteurs, mais quand on voit l’évolution d’uncentre commecelui de Tombouctou, on ne peut qu’être convaincu de l’importance de tels accès à l’information.

VI. Quelques réflexions à propos des expérimentations
Notre mission nous a permis de rassembler un certain nombre d’informations et de réflexions que nous souhaitons faire partager. Et bien que n’étant pas véritablement le sujet de cette présente étude, nous avons cru bon de livrer ici quelques réflexions sur les propositions actuelles d’expérimentation faites par les opérateurs. Le souci justifié de trouver l’arbitrage optimal entre les besoins et les ressources disponibles (en particulier financières) pour réaliser la connexion des 701 communes nous a amenés au cours de ce travail à nous intéresser aussi aux solutions proposées.
Il nous paraît important de soulever deux points, car ils peuvent avoir d’importantes incidences sur les coûts.
Le premier concerne le réseau téléphonique. Celui-ci semble en plein développement avec l’installation de matériel permettant une bonne transmission y compris d’Internet en tout cas pour les usages pressentis pour le projet. Ainsi pour éviter les gâchis, il nous semble particulièrement pertinent de commencer à recenser les communes amenées à être rapidement reliées au réseau terrestre ou celles pouvant l’être avec des investissements peu onéreux (à l’aide de prolongement des faisceaux déjà existant par exemple). Car il faudrait éviter le surdimensionnement du nombre d’accès directs aux satellites qui comportent des coûts élevés. De ce point de vue, c’est avec un certain étonnement que nous constatons que les sites pilotes pressentis par les sociétés se mobilisant pour emporter le marché se situent la plupart du temps dans des villes reliées au réseau.

Deuxièmement, nous avons longuement évoqué l’expérience du télécentre de Tombouctou car nous pensons que cette expérience n’est pas utilisée autant qu’elle le mériterait. Plutôt que de multiplier les expériences pilotes, ayant elles-mêmes un coût et commander de nouvelles études nous avons là à notre disposition une expérience déjà particulièrement riche. D’abord pour les dysfonctionnements mis à jour et les retards pris qui trouvent leur source dans les problèmes relevant de la gestion de projets pris en charge par les grosses organisations. Ensuite pour l’observation de la mise en place d’un télécentre, son appropriation par la population, les formations à mettre en place, les usages observés et l’organisation interne àmettre en place, les rapports du télécentre avec la SOTELMA d’une part et les collectivités locales d’autre part, et enfin des questions relevant de la rentabilité, des services à proposer, des tarifs à pratiquer. Nous avons par ailleurs pu constater l’engagement et la compétence des responsables du télécentre qui ne demandent qu’à être utilisés

VII. Conclusion
Les besoins pressants des populations du Mali sont connus dans les domaines de la santé et de l’éducation et Internet permet de multiples possibilités dans ces domaines ce que nous n’allons pas ici développer. Les besoins de communications s’expriment de plus en plus en bonne place au fur et à mesure que les possibilités d’être relié au réseau téléphonique se précisent. Pour autant attendre une expression précise des besoins, à propos d’Internet, de la part des populations qui n’en connaissent guère les possibilités paraît un exercice quelque peu aléatoire. Ajoutons encore comme dernière remarque générale que le moteur de l’économie de marché n’est pas tirée par les besoins des populations dans le domaine des télécommunications particulièrement où les besoins sont souvent créés dans des laboratoires puis les bureaux de marketing par l’accélération des progrès techniques et pour les profits que les sociétés imaginent pouvoir tirer des nouveaux services. L’offre est dans ce domaine souvent prépondérante par rapport à le demande. Le résultat en tout cas c’est la part croissante de la contribution des télécommunications dans le PIB et la croissance.
Pour en revenir aux zones rurales, ajoutons cependant que selon M. André Nyamba[5], le téléphone (et nous rajoutons Internet) est aussi « un instrumenttransporteurdes préoccupations économiques et sanitaires mais aussi un outil qui les exprimerait » mais surtout « les populations rurales ont un impératif d’adaptation parce qu’elles sont engagées, bon grè mal gré dans la violence du changement social et de la mondialisation ! L’impératif d’adaptation des populations rurales au sud du Sahara s’exprime en termes d’ouverture sur l’extérieur ; c’est une nécessité absolue, si elles ne veulent pas accélérer leur propre décomposition identitaire, structurelle et organisationnelle ».
Le projet de raccordement des 701 communes apparaît aussi porteur d’autres formidables possibilités.

Les communes viennent à peine d’être mises en place et il permettrait en premier lieu de se passer de toute une série d’adaptation que nos vieilles sociétés occidentales ont mis du temps à intégrer, le passage du papier à l’informatique pour résumer. On pense de prime abord aux multiples progrès quantitatifs et qualitatifs apportés au travail administratif. Le pays a besoin de progresser dans la construction d’une nation et le traitement de toutes les communes à égalité ainsi que leur rapprochement par rapport au pouvoir central s’en trouveraient facilités. Des retombées qui n’ont pas de prix si l’on observe les difficultés politiques que rencontrent nombre de pays voisins.

En second lieu, le pays a aussi et surtout besoin d’une dynamique de développement ce qui constitue en réalité la véritable solution à la résolution des problèmes sociaux y compris la santé. Ce projet a déjà prouvé son caractère mobilisateur. La plupart de nos interlocuteurs, amenés à être parmi les premiers acteurs de la réalisation du projet, montrent une forte disponibilité et un certain engouement, doublé d’une forte volonté d’apprendre. Comme le montre l’expérience de Tombouctou, le projet porte en lui potentiellement la création d’activités multiples avec à la clé, la création d’emplois, des débouchés pour les jeunes diplômés c’est-à-dire la naissance d’un dynamisme local aux effets multiplicateurs. On pense par exemple à la maintenance de divers matériels techniques dont nous ont parlé les salariés du TCP. Mais il faut encore ajouter, qu’il porte potentiellement d’importants programmes de formation, le développement d’infrastructures en particulier la nécessite d’un programme d’accès à des ressources d’énergie dont les retombées dépasseraient largement le seul domaine de la communication.

Enfin, les différents entretiens montrent la disponibilité d’une part des collectivités locales dont le scepticisme concerne surtout la capacité à rassembler les fonds nécessaires alors qu’elles se disent par ailleurs disponibles pour contribuer au projet en moyens humains et en locaux. Quant à la population en général, compte tenu de la forte implication de la société malienne dans une multitude d’associations de développement de toute sorte, on ne peut qu’être optimiste sur la possibilité que le projet trouve de nombreux relais dans le pays pour peu que la société civile y soit impliquée à sa juste place.

Pour conclure s’il nous apparaît nécessaire d’être particulièrement vigilant par rapport à tous les acteurs qui pourraient être intéressés par un dérapage des dépenses, et au fait que la mobilisation de la société civile est une des clés de la réussite du projet, il reste que entre la réussite complète de ce projet ou son échec avec le gâchis qui en résulterait, nous trouvons là tous les aléas d’une entreprise humaine. Pour notre part ce projet mérite néanmoins d’être soutenu sans hésitation et nous restons disponibles pour en assurer sa réussite sous réserve de nos moyens disponibles.


[1] La mission est chargée notamment de :
- élaborer et mettre en œuvre un schéma directeur nationalinformatique et des nouvelles technologies de l’information
- concevoir et développer les infrastructures nationalesnécessaires à la diffusion des nouvelles technologies del’information et notamment le réseau intégré intranet del’administration

- assurer l’informatisation et l’accès aux nouvellestechnologies de l’information des 701 communes

- assister et accompagner les départements ministériels, institutions de l’Etat et autres structures publiques pour l’élaboration et la mise en œuvre des programmes d’action informatique et nouvelles technologies del’information

- harmoniser les standards technologiques, matériels etlogiciels

- proposer des référentiels techniques communs pourl’Administration et identifier les besoins communs desservices publics en matière d’équipements et de logiciels

- élaborer un plan d’action national pour la formation et la promotion de l’informatique et des nouvelles technologiesde l’information.

[2] Le comité de jumelage projette la mise en place d’un télécentre à Niafunké. Ce projet semble promis à une forte retombée médiatique. En effet d’une part il s’agit de la ville du célèbre musicien Ali Farka Touré qui désire s’y retirer pour sa retraite, mais aussi parce qu’il donnera lieu au tournage d’un documentaire pour la télévision. CSDPTT, identifié comme partenaire éventuel, sollicité pour participer à ce projet, étudie actuellement quelle pourrait être sa contribution.
[3] Etaient présents :
- M. Amara CamaraMaire dela communeKARAKOROcomposée de 7 gros Villages + 2 petits Villages soit 11117 habitants.
- M. Boubacar Bagayogo Maire de Kemenetambo-Ambidedi composé de 15 gros villages + des hameaux de cultures soit 11086 habitants.

- M. Mamadou Namoko, Délégué du gouvernement de la commune de d’Aourou

- M. Demba Thiam, Coordinateur de l’Association JIKKE (Développement en milieu rural)

- M.Zakaria Bathily, Président de AMRK (association des migrants de retour à Kayes), conseiller municipal

- Moussa Cissé,Maire de la commune de Marena-Dioumbougou ? président du GIE

- M. Bakari Djombera , Maire de la commune de Kolombine

- M. Mamoudou Coulibaly, Chargé de programme de l’ADER (association pour le développement économique régional)

- M. Moisse Soumare, Ressortissant du village de SOUENA gestionnaire du GIE solaire-maison des associations

- M. Hervé Massy représentant de l’association CSDPTT

[4] Ces réflexions sont celles d’un des deuxmembres de la mission qui se rendait pour la première fois au Mali
[5] André Nyamba est ethno-sociologue, spécialiste en communication et changement social, professeur à l’université de Ouagadougou. Il s’agit d’un extrait de sa contribution au forum de la téléphone rurale de Cotonou décembre 1999. André Nyamba a par ailleurs collaboré avec CSDPTT dans le cadre d’un projet de raccordements de 4 villages de la province du Nayala au Burkina Faso. On peut lire sa contribution à ce projet à l’adresse du site de csdptt http://www.globenet.org/csdptt rubrique projets

Messages

  • Ayant travaillé depuis plus de 30 ans en afrique dans des programmes villageois de développement (eau potable, santé, hygiène, assainissement) , et d’assistance aux réfugiés (libériens, sierra léonais, rwandais, kosovars), étant témoin de la progression de l’Internet en Afrique, ayant été chargé entre autre d’actions de communication avec les "bénéficiaires" j’essaye moi aussi de comprendre quel sera le rôle de l’Internet dans le développement des pays en voie de développement.
    Votre rapport, très interessant (et encore plus pour qui connaît bien le Mali et a travaillé à Tombouctou) a ouvert le débat puisque vous écrivez au § VII conclusions :

    "les besoins pressants des populations du Mali (on peut ajouter :et de l’Afrique) sont connus dans les domaines de la santé et de l’éducation et l’Internet permet de multiples possibilités dans ces domaines, ce que nous n’allons pas développer ici".

    Je voudrais pour ma part donner dans un premier temps quelques éléments sur la communication de proximité, tirés d’un manuel de la FAO consultable à l’URL :
    http://www.fao.org/docrep/v9974f/v9974f03.htm

    "La communication de proximité répond bien aux besoins des diverses phases et étapes du cycle de l’approche participative en ce sens qu’elle est utilisée à l’échelle des villages ou au niveau du terroir.

    Elle a pour objet d’accompagner et de renforcer chacune des étapes et des phases de la démarche, à travers un certain nombre d’outils d’information, d’analyse, de dialogue, de formation, de gestion ou de suivi.

    Ces outils et méthodes sont généralement utilisés par les agents ayant une fonction d’appui, d’animation ou d’encadrement des communautés villageoises : agents forestiers, vulgarisateurs, enseignants, animateurs d’ONG ou de projets, responsables de groupements ou d’associations. Il s’agit essentiellement de supports audio-scripto-visuels : flanellographe et figurines de la méthode GRAAP, diapo-langage, boîtes à images, diaporamas ou films fixes, cassettes audio, album de photo villageois, vidéo, carte du village, dossiers techniques multimédia de vulgarisation.

    Chacun de ces outils a une fonction précise dans la mise en œuvre des différentes étapes de l’approche participative, selon qu’il s’agit de promouvoir un dialogue, de faciliter une analyse, de permettre l’acquisition d’un savoir ou d’une technique, d’évaluer les actions entreprises. Ces outils sont plus ou moins sophistiqués et plus ou moins coûteux. Leur choix et leur efficacité dépendent de l’environnement économique, technique et socioculturel dans lequel ils sont employés, ainsi que des aptitudes et des qualités d’animation des encadreurs et animateurs qui les utilisent.

    L’exploitation de ces supports sera d’autant plus efficace qu’ils auront été produits localement, en interaction avec les communautés villageoises, les associations et ONG et que les techniciens, vulgarisateurs et animateurs auront été formés à leur utilisation sur le terrain."

    Puis je voudrais à présent faire état de deux années de communication participatives pratiquées récement dans 200 villages du
    Maroc sur les thèmes de l’eau, potable et de la santé, avec un nouvel outil : l’image numérique.

    Dans le site :

    www.iecntic.com

    j’explique comment nous avons utilisé l’image numérique pour renforcer la communication (nécessairement transculturelle) entre les animateurs d’un projet de développement pour l’eau potable et le monde rural marocain.

    Des NTIC sans l’Internet , en prévision de l’arrivée prochaine de l’Internet :
    Utilisée pour sensibiliser les villageois à l’eau potable, la santé, l’hygiène, la méthode IEC NTIC (information, éducation, communication utilisant les NTIC), qui peut s’appliquer à bien d’autres actions de développement, n’a certes pas permis de connecter des villages à l’Internet, mais elle a permis à nos animateurs de se connecter (au sens cognitif du terme) avec des milliers de villageois au cours de campagnes d’animation intensives.
    Ce faisant, nos animateurs ont aussi progressé dans la maîtrise de l’informatique multimedia, et dans la création avec les villageois de contenu local de proximité.

    La photo numérique vue comme un nouvel outil de communication participative de proximité constitue cependant un bel exemple de convergence vers l’Internet et souligne donc l’utilité future de l’Internet dans les actions d’IEC (information, éducation, communication) en direction du monde rural des PEVD.

    Merci donc, de bien vouloir parcourir notre site :

    www.iecntic.org et de nous faire part de vos réactions.

    Cordialement.

    Xavier Meyer

    Ingénieur hydraulicien ENSHG 68

    Ex expert conseiller technique principal
    du programme MEDA d’alimentation en eau
    de 450 villages au Maroc.

    Actuellement au Sénégal, à Dakar, chargé de l’assistance technique au programme d’AEP de 11 villes régionales, auprès de la SONES.
    Tel personnel : 00 221842 51 31

    Voir en ligne : IEC monde rural

  • Bonjour Messieurs,

    Ayant construit 3.000 km de réseau de fibre optique sur la moitié sud de la france.
    Je me propose d’ apporter ma connaissance à votre service.

    Français de 56 ans, connaissant l’afrique de l’ouest, ingénieur Diplômé.

    Si je vous interresse, merci de me contacter

    sullyprovence@aol.com
    le 14 janvier 2005.

    Recevez mes salutations les plus distinguées

    Sully

  • bonjour monsieur ;
    d’abord toutes mes felicitations et encouragement pour ce travail merveilleux que vous avez fait au mali.
    je suis nigerien et je souhaite que vous multipliez ces genres d’action notamment dans dans pays qui est le niger.
    je suis pret à vous aider dans ces sens.

  • Bonjour,
    Je ne connais pas la suite donnée à ce projet, mais je vous en encourage.
    Nortis est le 1er opérateur satellite au Maroc est à votre disposition pour toute assistance ou aide nécessaire dans le cadre de tous les projets en Afrique.

    Voir en ligne : http://www.nortis.ma