Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Reportage sur Madagascar (juillet 2001) - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Reportage sur Madagascar (juillet 2001)

juin 2001

reportage réalisé lors d’un récent séjour de Bruno Jaffré à Madagascar qui traite abondamment de l’évolution des télécommunications dans ce pays.

Vous trouverez ci-joint un reportage réalisé lors d’un récent séjour de Bruno Jaffré à Madagascar qui traite abondamment de l’évolution des télécommunications dans ce pays. Ce reportage ne saurait être une analyse rigoureuse ni un rapport mais plutôt une succession de petites touches ne permettant seulement que d’approcher une réalité complexe. La rédaction


Madagascar se relève petit à petit … à l’image des progrès réalisés dans les télécommunications

1. Trop courte introduction à Madagascar

Difficile de rendre compte de la richesse d’un séjour dans un pays comme Madagascar. Difficile d’en parler sans être obligé d’être réducteur, de sélectionner injustement quelques thèmes. Une chose est sure la pauvreté que vit actuellement le pays parait totalement injustifié en regard de sa richesse potentielle. Richesse du sous-sol qui renferme semble-t-il de nombreuses et diverses pierres précieuses et dont une bonne partie donne lieu à toute sorte de trafic passant au travers des circuits officiels. Climat favorable à l’agriculture dans une bonne partie du territoire de l’île, encore faut-il que le destruction de la forêt cesse rapidement faute de quoi la sécheresse pourrait faire son apparition. Ainsi les paysages ressemblent en de nombreux endroits à ceux d’Asie plus couramment diffusés à travers nos médias français. Chaque vallon a été travaillé à main d’homme. Partout on y pratique la culture en escalier en particulier pour le riz utilisant un savoir ancien de l’irrigation probablement importé des premiers habitants de l’île qui viennent d’Indonésie.
Mais les paysages malgaches laissent aussi souvent apercevoir des sols asséchés par l’érosion faute d’arbres, brûlés par les hommes, les fortes pluies entraînant tout sur leurs passages y compris la couche cultivable de la terre laissant apparaître ça et là de grosses tasses rouges couleur de latérite. Richesse culturelle centrée autour de la relation aux ancêtres, la musique est omniprésente, et l’artisanat de toute beauté, traditions métissées issues des différentes vagues de population ayant successivement peuplées l’île, indonésiennes, africaines, arabes, européennes, chinoises et tout récemment indo-pakistanaises . Richesse humaine enfin par la qualité de l’accueil, l’acceptation de l’autre s’il respecte les usages locaux mais aussi capacité de résistance à toute forme de domination extérieure comme le montre son histoire. Après l’unification de l’île parfois au prix de guerres fratricides, certains rois pratiquant à l’occasion le trafic d’esclaves, mais aussi d’alliances politiques, le royaume de Madagascar réussit à établir des relations égalitaires avec celui d’Angleterre. Le partage de l’Afrique par les puissances occidentales livra la Grande Ile à la France qui ne réussit à soumettre l’île qu’en y jetant toute sa puissance militaire et qui plus tard se rendit responsable de la mort d’environ 80000 malgaches en 1947 pour réprimer une insurrection. Sans doute que sans cette période noire ce pays aurait-il connu un autre développement mais les politiciens qui prirent en main les destinées du pays après l’indépendance ne contribuèrent guère à lui redonner toute la place qu’il mérite. Le pays se remet petit à petit et je perçois ici ou là des signes de progrès par rapport à mon dernier séjour il y a 5 ans, mais tout reste très fragile et la vie politique locale semble, elle aussi, bien mystérieuse et la quasi-totalité des gens que j’ai interrogés ont exprimé une grande défiance par rapport aux hommes politiques qu’ils accusent d’être bien plus intéressés par leurs fortunes personnelles que l’intérêt du pays. Ide toute façon, la survie quotidienne accapare souvent toute l’énergie de la majeure partie de la population qui n’a guère le temps de s’investir dans une vie politique paraissant le domaine réservé à une élite fortunée.

2. Tananarive

Après douze heures de vol, l’accueil a l’aéroport m’apparaît comme une heureuse surprise. Certes comme partout dans le monde la police ne se caractérise pas par une grande amabilité mais l’organisation est impeccable. Le visa peut être fait immédiatement et plusieurs personnes en uniforme veillent à une certaine discipline des nouveaux arrivants, ce qui ne constitue pas en général une des qualités les plus prisées des voyageurs après un long vol.
Tout se déroule donc pour le mieux repoussant ainsi à un passé désormais révolu ces arrivées mouvementées du passé, où au milieu d’un foule gesticulant et luttant pour pas perdre sa place l fallait en outre porter ses bagages à la main au milieu de porteurs dont les propositions réitérées finissaient par apparaître des agressions.
Cette organisation presque impeccable est le premier signe de la volonté des autorités d’augmenter considérablement les recettes touristiques. Mieux les consignes données semblent parfaitement appliquées. J’entendrais d’ailleurs quelques jours plus tard le Premier ministre déclaré que le nombre de touristes avaient doublé en quelques années et que l’objectif était qu’il double encore d’ici deux ans.
Dès la sortie cependant, des enfants dépenaillés, prêts à se battre entre eux pour quelques pièces de monnaie, viendront tout de suite nous rappeler que nous venons d’arriver dans un des pays les plus pauvres du monde.
Les quelques kilomètres à parcourir jusqu’à notre lieu de séjour sont l’occasion d’autres impressions furtives : les voitures bien qu’encore souvent très usagées semblent en meilleur état, les routes aussi. L’aspect extérieur de la ville n’a pas changé. Une multitude de collines peuplées de petites maisons étroitement serrées les uns contre les autres surgissent au milieu d’une vaste plaine de marais par endroit irriguée telle des rizières. Très peu de buildings semblent avoir poussé depuis mon dernier séjour il y a 5 ans et ceux-ci restent rares.
Les embouteillages bloquent la circulation presque de façon continue bien que les transports en commun constitués de nombreux petits minibus privés quadrillent la ville dans toutes les directions. Ma vision de la ville et de ses changements se préciseront tout au long de mon séjour. Les mendiants sont encore présents surtout dans les endroits de regroupement des vazahas dans les hauteurs d’Anakely ou avenue de l’Indépendance. Celle-ci n’est plus envahie par le fameux zoma, vendredi en malgache, car ce marché battait son plein les vendredis. L’endroit a gagné en propreté mais a sans doute rendu plus difficile la vie de ces milliers de vendeurs qui trouvaient dans ce petit commerce informel leur moyen de subsistance, même si d’autres endroits leur ont été réservés. Le commerce « sauvage » est désormais interdit mais demeure toujours présent tout autour de la place tant il est difficile de le supprimer quant il demeure le seul moyen de subsistance pour de nombreux 4 MI comme on appelle ici les SDF (Sans Domicile Fixe).
La propreté a gagné … mais principalement sur les hauteurs où il fait désormais bon se promener. Dans le bas de la ville demeurent de grandes étendues insalubres en particulier autour des canaux presque stagnants dégageant une odeur nauséabonde semblable à une décharge à ciel ouvert. Je remarquerais cependant, au cours d’une visite dans un de ces quartiers de solides latrines surélevées construites en brique. Une des retombées de la récente épidémie de choléra. Les autorités ont construit ici des latrines partout où elles manquaient. Un des chauffeurs de taxi, défiant envers les dirigeant du pays comme la plupart des personnes rencontrées, m’affirma cependant que l’épidémie avait été exagérée pour obtenir plus d’aide internationale.
Comment vivent les habitants de cette capitale, outre les fonctionnaires, et les 4 MI, beaucoup, surtout des femmes sont employées dans les "zones franches", créées pour attirer les investisseurs étrangers qui y sont dispensés d’impôt. Beaucoup d’entreprises textiles filiales d’entreprises mauriciennes se sont ainsi installées qui travaillent pour de nombreuses enseignes françaises de la grande distribution pas forcément les moins chères. Un exemple : Volola, mariée, 2 enfants est employée dans l’une d’entre elles a un salaire fixe à peine plus élevé que le SMIC. Effectuer des heures supplémentaires est impératif pour avoir un revenu acceptable. Ce qui lui paye à peine son loyer. Elle se lève à 4 heures du matin et rentre le plus souvent vers 19h. Lors de notre séjour elle se verra même refuser un congé maladie. Car outre de ne pas payer d’impôts ces sociétés ne respectent pas la législation du travail.

3. Les télécoms se développent enfin…

Les progrès de Telecom Malagasy
L’intrusion des télécommunications, en tout cas du téléphone, constitue un des changements majeurs perceptibles dans la capitale. Il y a 5 ans je ne me rappelle n’avoir vu que deux cabines téléphoniques dans le centre et il m’avait fallu parfois aller chez un commerçant chinois qui n’hésitait pas à me faire payer 5 fois le tarif facturé par l’opérateur.
Les cabines à carte sont maintenant assez bien réparties un peu partout et nulle part je n’ai vu comme au Bénin il y a deux ans, des gens postés autour des cabines dont le gagne pain consiste à vendre des minutes à l’unité à partir de cartes en leur possession. Les spécialistes attentifs reconnaîtront partout dans la ville les poteaux du téléphone en métal, les mêmes qu’en France, et leurs câbles décrivant de larges arcs de cercle, bien différentiables de ceux des poteaux électriques. Il n’est pas rare non plus de croiser les agents de TELMA (Telecom Malagasy), l’opérateur national dans de belles camionnettes s’affairant sur un poteau ou dans une armoire de sous-répartition.
Les télécommunications sont régulièrement évoquées dans la presse. Ainsi le ministre des télécommunications M. Andriamanjato fils pourtant d’un leader de l’opposition est sans doute le plus ancien dans sa charge. Il faisait en effet déjà partie du gouvernement de l’ancien président déchu. Il est l’un des seuls qui semblent recueillir un satisfecit lorsqu’il se présente devant l’assemblée nationale selon la presse qui relate l’événement durant mon séjour. Un des 3 quotidiens francophones titrera cependant qu’il était possible de faire mieux. Madagascar est un des tout premiers pays à avoir levé le monopole et des licences sont proposées à des opérateurs privés pour exploiter des VSAT et désenclaver une douzaine de villes secondaires de l’intérieur. Le dépouillement devait avoir lieu en août. L’OMERT (Office Malagasy d’Etudes et de Régulation des Télécommunications) prévoit d’octroyer au gagnant de l’appel d’offre une subvention par le biais du Fonds de développement des Télécommunications pour l’établissement de l’ensemble du réseau.
Mais elle prend aussi l’initiative d’installer des stations INMARSAT parmi d’autres régions enclavées comme Betroka, Ananalava ou Andapa présentant une forte demande Ces décisions ont été prises durant la période la plus noire de Madagascar où les dirigeants du pays étaient prêts à toutes les concessions pour obtenir l’aide internationale qui n’est délivrée de nos jours qu’avec l’aval du FMI et de la Banque mondiale.
Par ailleurs dans une édition du Journal officiel d’août 2001, un arrêté du ministère des Postes et Télécommunications stipule qu’à partir de 2002 jusqu’en 2004, 54 communes éparpillées sur tout le territoire malgache seront desservies en téléphonie fixe. Un progrès certain mais combien de localités resteront encore sans accès au réseau fixe ?
Je me rappelle aussi avoir rencontré, il y a 5 ans, de hauts responsables de l’opérateur qui ne voyaient pas ces décisions d’un bon œil mais ne voyaient pas non plus comment s’y opposer regrettant finalement de ne pas avoir le choix..
Les progrès sont réels… dans la capitale mais la plupart des localités de taille moyenne ou petites sont encore dépourvues de liaison téléphonique. Madagascar ne compte en fait que 55000 lignes fixes pour un population estimée entre 12 et 13 millions. Et compte tenue de la densité téléphonique de la capitale on ne peut s’empêcher de penser qu’il en reste peu pour la province. C’est dire le chemin qu’il reste à faire et qui nécessite de lourds investissements qu’un pays pauvre comme Madagascar ne peut réaliser sans aide extérieure.
Le FMI et la Banque Mondiale n’ont guère laissé le choix à Madagascar. Comme partout ailleurs en Afrique, l’injonction est la même : privatisez sinon pas d’accès au traditionnels bailleurs de fond. A Madagascar, l’Etat ne devra conserver que 30% du capital. Ce qui ne semble pas rencontrer l’aval des salariés qui ont déjà déclenché une grève fin juin. Pourtant TELMA est déjà partiellement privatisé puisque 34% du capital de la société appartient déjà à France Câble Radio. En effet selon un schéma datant de l’indépendance, comme pour une dizaine de pays africains anciennes colonies françaises, l’exploitation des télécommunications étaient déparées en deux entités, l’une contrôlée par France Câble et Radio qui exploitait les télécommunications internationales, le réseau national étant de la responsabilité de l’administration des PTT. Cette situation souvent conflictuelle se traduisit le plus souvent par une fusion des deux entités et le départ de FCR. Ce ne fut pas le cas à Madagascar où après la fusion des deux entités au sein de TELMA, FCR conserva 34% du capital. J’ai pu plusieurs fois constater en posant des questions autour de moi que la plupart des malgaches ne font pas le rapport entre France Télécom et FCR qui en est pourtant une filiale à 100%.
Durant mon séjour l’actualité des télécommunications ne se résume pas à la prestation du ministre devant l’assemblée nationale. Les journaux publient l’appel d’offre pour la privatisation de TELMA (voir quelques informations dans le numéro précédent, le 69, de la lettre de CSDPTT). On apprend aussi l’acquisition son entrée dans le capital d’INTELSAT, en passe aussi d’être privatisée, par un versement de 2 millions de dollars ce qui permet à l’opérateur malgache de détenir 0,1% du capital de cet opérateur international par satellites. Enfin une initiative originale est annoncée toujours par voie de presse, le lancement d’un nouveau produit pour mettre fin aux factures impayées des différentes administrations du pays, ce qui constitue ici comme dans de nombreux pays un des freins aux investissements, sous la forme d’une carte prépayée. Plus précisément il s’agit d’allouer à une ligne téléphonique déterminée de l’administration un crédit payé d’avance. Le prix varie entre 390000 FMG pour 500 unités à 1500000 pour 2000 unités. Chaque ligne est donc verrouillée mais en même temps ce système dispense d’un abonnement. Dommage qu’ici comme ailleurs il faille attendre le mise en vente de l’opérateur pour qu’on assiste à son assainissement !
Reste que le prix du téléphone fixe est sensiblement le même qu’en France alors que le salaire minimum y est ici entre 13 et 14 fois moins élevé. A un tel tarif combien de temps faudra-t-il pour qu’il pénètre vraiment toutes les couches de la société ?

Les mobiles pallient l’insuffisance du fixe … mais restent inabordables pour le plus grand nombre
La bataille fait rage pour « capter »les clients comme l’attestent les panneaux publicitaires omniprésents, aux slogans pour le moins assez classiques, vantant les mérites de l’un ou l’autre des opérateurs mobiles qui s’arrachent le marché de la capitale. J’ai pu apercevoir de magnifiques agences, rares cependant, qui n’ont rien à envier à celles de France. Mais surtout de nombreuses petites boutiques revendent les produits de l’un ou l’autre. Les produits proposés semblent assez variés afin de répondre à la segmentation élaborée sans doute dans des services de marketing formés au techniques occidentales. On peut par exemple assez facilement lorsqu’on est de passage avec son mobile obtenir un abonnement et une demi-heure de communication pour 160000 FGM (1FF 890 FMG)… ce qui correspond à peu près au salaire minimum mensuel. Les formules de pré paiement ont la faveur des clients et j’imagine des opérateurs. Les premiers peuvent contrôler leur consommation et peuvent être appelés pendant un certain temps sans acheter de nouvelles minutes tandis que les seconds économisent des frais de gestion et sont sûrs d’être payés.
Lorsqu’on est de passage et que l’on doit prendre des rendez-vous cela devient presque indispensable (si on en a les moyens). La plupart des gens que je devais rencontrer pour CSDPTT avaient tous des portables. De plus je ne pouvais être joint ce qui m’a probablement fait rater des rendez-vous. Mais de plus lorsqu’on appelle d’un fixe vers un mobile ce qui m’est assez souvent arrivé par obligation on paye 4 fois le prix d’une communication fixe vers fixe. Et l’on voit les taxes restantes diminuer à grande vitesse.
J’ai eu plusieurs entretiens avec le maire de Sabotsy Namahena, une commune d’environ 45000 habitants située à environ une dizaine de km de Tananarive. Compte tenu qu’il a un autre métier son temps consacré à la mairie lui est compté. D’autre part, la TELMA n’a pour l’instant pas pu honorer sa demande d’avoir au moins une autre ligne supplémentaire. Vous imaginez une mairie d’un commune de 45000 habitants avec 1 ligne de téléphone. On s’étonne que parfois les services publics soient défaillants… Aussi a-t-il décidé de munir une trentaines d’employés et d’élus de portable afin de pouvoir les joindre à tout moment. D’autre part la décision a été confortée par le fait qu’un appel d’un fixe vers un portable coûte deux fois un appel d’un fixe vers un fixe
Madagascar compte 4 opérateurs de mobile ce qui semble beaucoup pour un marché aussi étroit. Madacom, Antaris, filiale de France Télécom (ici on ne connaît pas Orange à laquelle Antaris est pourtant théoriquement rattaché ), Telecel présent dans de nombreux autres pays africains et SACEL filiale de TELMA. Ce qui veut dire que France Télécom est présent dans deux opérateurs concurrents puisque FT possède le tiers de TELMA. L’avenir de SACEL, visiblement beaucoup moins développé que les 3 autres paraît donc compromis. Les employés de TELMA s’en plaignent. L’un des motifs de la grève des salariés de TELMA fin juin (voir lettre de CSDPTT N°69) portait sur la licence de téléphonie mobile GSM 1800 Mhz. Les techniciens estiment, en effet, que cette bande est inexploitable ou alors elle trop chère pour être rentable. Les deux principaux opérateurs GSM du pays (Madacom et Antaris) utilisent la bande des 900 Mhz. Tandis que Madacom et Antaris semblent mettre l’essentiel de leurs moyens sur les marchés des grandes villes, Télécel semble avoir choisi de privilégier une couverture plus grande à l’intérieur du pays. Sur la route entre Tananarive et Tamatave par exemple on aperçoit régulièrement des bornes au bord de la route où il est écrit "point d’appel Telecel" ou quelque chose comme ça, et lors d’une de mes excursions à l’intérieur du pays dans une petite bourgade isolée (en bordure du chemin de fer, celui-ci étant interrompu depuis quelques mois) j’ai ou constaté que Télécel était accessible seul. Cet opérateur semble avoir développé un service vanté un peu partout, dénommé « talk and pay », des sortes de petites cabines téléphoniques. Il y en avait d’ailleurs dans les locaux de la mairie de Sabotsy.

Internet trop cher… réservé à l’élite … mais …
C’est avec le maire de Sabotsy Namahena, M. Dominique Ratzimbazafy que j’aborderai la première fois la question d’Internet. Nouvellement élu, plutôt autour de la cinquantaine il fait preuve d’un grand dynamisme. Il a déjà conçu un plan pour réorganiser le centre ville. Il m’en montre fièrement une maquette bien en évidence dans son bureau par ailleurs bien modeste. Il rentre d’un court séjour en France et attend beaucoup des contacts qu’il a établis avec plusieurs communes de France, Nozay dans le Val de Marne et plusieurs villes de l’Est dont Nancy, Metz et Vandoeuvre. Internet est présent et en particulier des liens entre écolse par l’intermédiaire d’Internet dont il est un partisan convaincu.
C’est d’ailleurs ce qui explique ma présence ici. Il a noué des contacts avec Patrick Faillon de CSDPTT Nancy qui a contribué à la mise en place d’une liaison image et son en direct via Internet (voir lettre de CSDPTT N°68). Je n’ai pas atterri dans son bureau par hasard. Il me parle longuement de ses ambitions, du budget qu’il a fait passer de de 222 millions de FMG (1FF = 900 FMG) à 1,3 milliards et il espère atteindre 2,7 milliards. Il est prévu 30 millions pour le téléphone, 26 millions pour Internet (nous en reparlerons plus loin) et 15 millions pour l’informatique.
Il m’explique aussi les dispositions prises pour faire rentrer les impôts et notamment un recensement communal, des entreprises sous zone franche sui ne rapportent rien à la commune, de ce qu’il a déjà réalisé notamment une dalle de sport avec une ONG française Sports sans frontière. Il souhaite créer un télécentre communal et nous discuterons longuement de ce projet dans lequel CSDPTT pourrait s’impliquer. La population scolaire de cette ville proche de la capitale est évaluée à plus de 8000 sans compter les élèves ou étudiants qui poursuivent leurs études dans la capitale. Je retiens surtout l’idée, qu’il a émise, de rendre public sur le site de la commune le budget pour plus de transparence afin de mettre fin à toutes les rumeurs souvent malveillantes. Il me parle aussi d’un artisan de la commune qui a déjà semble-t-il vendu certains produits par Internet, l’exportation vers les Etats-Unis étant facilitée par une initiative américaine Africa Bill qui dispense de taxes l’entrée les produits de certains pays africains
C’est de son bureau que je prendrai rendez-vous avec un de ses jeunes collaborateurs Jimmy Raikotoniaina. Il a suivi une formation de 4 ans, il lui reste une année je crois plutôt en gestion comptabilité (il voulait être expert comptable) mais a changé de voie en découvrant l’informatique. Il a appris tout seul, il a créé une petite société avec des jeunes de son école et ont eu quelques contrats. Il fait des programme de gestion de la mairie et travaille en visual basic.
Il n’a que 22 ans et malgré son air timide il m’a l’air tout à fait dynamique créatif et compétent. Il est de ces jeunes qui peuvent redonner espoir à ceux qui se désespèreraient de l’avenir de Madagascar. Il m’a expliqué cependant s’être présenté avec ses copains à un concours de créateur d’entreprises organisé par le fond d’aide au secteur privé, un organisme gouvernemental. Ils ont du payer leur inscription 1500FF alors qu’ils n’avaient jusqu’ici qu’un contrat de 7000FF, et se sont finalement retirés car il se sont rendus compte que le concours était truqué. On a beau à Madagascar se vouloir les champions du libéralisme, on n’en conserve pas moins les défauts d’autrefois qui ont justifié toutes les attaques contre le secteur public et les administrations.
Nous avons beaucoup circulé à pied pour visiter les cybercafés de Antananarivo. Je me suis inscris à celui de Synergic, le premier dans lequel je suis entré où j’avais rendez-vous avec Jimmy. Parmi les nombreuses formules proposées qui démontrent d’ailleurs un certain sens du marketing, j’ai choisi un forfait de 1H40 afin de pouvoir communiquer avec quelques membres de CSDPTT. J’en profite pour submerger de questions la jeune femme qui tient ce matin là la boutique. Son salaire se monte à 500000FMG. Elle ne connaît pas le prix de la LS de 56-Kbits qui alimente le cybercafé. Synergic est aussi fournisseur d’accès et compte une cinquantaine de clients en plus de ceux qui viennent au cybercafé. Ceux-ci peuvent choisir entre différentes formules d’abonnements selon la durée ( de 30000 FMG par mois jusqu’à 150000 FMG par an), disposent de 6 mels, d’une initiation et d’1 Mb pour héberger leur site. Ensuite le tarif des connexion varie de 34000 FMG/mois pour 3h à 660000 FMG/mois pour 60H. La minute supplémentaire est à 280F/mn, plus le prix de la communication téléphonique de 135FMG/mn, le tarif vient juste de baisser alors qu’il était jusqu’ici de 200FMG/mn.
Pour les clients du cybercafé, la minute est à 750FMG sans abonnement mais de nombreuses formules forfaitaires leur sont aussi proposées de 60000 FMG pour 100mn à 120000 FMG pour 250 mn et un tarif étudiant à 75000 FMG pour 220 mn. Il faut encore payer si nécessaire une domiciliation d’adresse à 25000 FMG par mois plus 20000 FMG d’ouverture de compte.
L’affaire est rentable me dit mon interlocutrice. Les client sont essentiellement des touristes, des professionnels et des étudiants aisés. Il existe des accès peu onéreux pour les étudiants par le SYFED, Jimmy en bénéficie à partir de chez lui puisqu’il poursuit ses études. Mais sans ordinateur, pour la très grosse majorité d’entre eux, les étudiants doivent se connecter à partir de l’université, les accès y sont moins rapides (selon mon interlocutrice), il faut souvent faire la queue et compte tenu de l’afflux ils ne peuvent rester longtemps. Pour le peu que j’ai vu à part les gens de mon âge les jeunes qui viennent semblent pratiquer assidûment la « tchatch » ou « chat » pour les initiés.
Je suis entré dans deux autres cybercafés, l’un situé en plein centre, appartenant semble-t-il à une importante société de la place, me renvoyait au siège pour les renseignements sur la rentabilité. Il s’agit de Simicro (voir dts.org, simicro.org ou simicro.com, blueline.com ou blueline.mg). Un abonné paye ici 200FMG/mn plus les 135FMG de téléphone. Pour les autres il n’y a pas de formule tarifaire, on paye simplement 15000FMG pour 15 mn.
J’entrerai encore dans un troisième Mad Concept. Là non plus on n’a pas le temps de répondre à mes questions mais j’ai pu photocopier une feuille affichée énumérant les différentes tarifications. C’est plus simple. Pour les membres du cybercafé qui y ont leurs boites aux lettres électroniques, la cotisation est de 25000 FMF/mois, la réception et l’envoie d’un message coûte respectivement 1000 et 2000 FMG (2500 et 3000 pour les non-membres). Pour tous la minute de connexion est à 1000 FMG. Pour les non-membres les prix sont respectivement de 2500 FMG et
Jimmy qui m’accompagne me parle d’un nouveau prestataire de connexion Internet par satellite, il s’agit d’IRIS voir iris.mg. L’installation coûte 2 millions de FMG (environ 20 fois le salaire minimum), il faut payer une caution de 1,2 million. L’abonnement mensuel coûte 1,2 millions de FMG tout compris puisqu’on s’affranchit ainsi des communications téléphoniques ! Il aurait à ce jour 50 clients.
Pour ma part j’ai utilisé le serveur de globenet où je me connectais pour récupérer les mels sur une adresse que j’avais fait créer pour ça. Cela fonctionnait assez bien et les connexions étaient assez rapides si je venais vers 10 heures du matin. J’ai eu la malencontreuse idée une fois de venir l’après-midi où il m’a fallu presque 40 mn pour récupérer et envoyer des mels. J’ai, il est vrai, fait quelques erreurs de manipulation mais la connexion tait vraiment longue à se mettre en place.
J’ai eu aussi quelques discussions avec des membres du réseau d’ONG DRV/F3CM au cours desquelles il a été question de soutenir la mise en place d’un télé centre destiné aux associations. L’idée paraît bonne et semble même rencontrer l’enthousiasme. Les deux responsables de ce réseau ont effectivement des adresses et en reconnaissent l’utilité. Mais ils sont aussi un peu débordés. Ce qui me frappe cependant c’est l’inexistence d’un débat public sur l’alternative que constituerait un Internet solidaire et non marchand. Internet n’est vu pour l’instant que comme un pôle de développement, un secteur prometteur pour faire des affaires mais pas encore une moyen de démocratiser les échanges et la vie de la cité. Il est temps que le débat s’ouvre. Il existe cependant une association pour le développement de Linux semble-t-il assez dynamique mais je ne peux vous en dire plus pour ne pas les avoir rencontrés..

4. Images de province

En route vers l’Est
En route pour la côte Est que je n’avais encore pas eu l’occasion de visiter, je suis accompagné de Jean et Dodo, mes beaux-frères et de mon fils Thierry. Leur présence va me permettre de mieux percevoir les réalités de ce pays si contrasté.
Au moment du départ, je suis étonné du remplissage tout à fait correct du taxi B (taxibrousse). Nous ne sommes que 4 par banquette. Je m’attendais à 5 comme cela aurait été le cas il y a peu pour un remplissage maximal compte tenu du peudecas qu’on faisait des voyageurs. Iln’est prévu qu’un passager à côté du chauffeur. Notre véhicule est un minibus renault. Il n’en reste plus beaucoup, ils ont presque tout été remplacés par des minibus japonais ou sud coréens plus récents et je suis surpris cette année du bon état général des taxis B. Le nôtre est donc de la race de ceux qui sont en voie de disparition. Il ne va vraiment pas vite. Heureusement que nous ne ferons pratiquement que de descendre. La moyenne n’atteint pourtant pas 50 km à l’heure ! Je n’ose imaginer le temps que doit mettre un tel véhicule dans le sens contraire.
J’ai donc tout le temps de regarder le paysage. C’est un trajet que je n’ai encore jamais fait et j’apprécie donc particulièrement les paysages. Je comprends à l’occasion ce que sont effectivement les hauts plateaux. En effet nous roulerons une petite heure dans une plaine vallonnée, à l’image de la région de Tana. Mais pour atteindre le niveau de la mer, nous traverserons pratiquement tout le long du trajet des paysages montagneux. D’ailleurs la route est particulièrement sinueuse. La destruction de la forêt est parfaitement perceptible. Les quelques kilomètres sur plus de 200 où nous traversons de la forêt primaire témoignent de ce que devait être ce paysage auparavant. Pourtant on traverse encore des parcelles exploitées, on coupe le bois pour fabriquer le plus souvent du charbon. Ailleurs avec un peu d’attention, on peut remarquer que les troncs des arbres souvent petits portent les stigmates d’incendies récents. Par endroit même la terre a complètement été emportée par l’érosion et la latérite rouge fait son apparition. Et lorsqu’on approche de la côte, une nouvelle forêt a remplacé l’ancienne, beaucoup moins dense. Les collines sont ici couvertes d’arbres du voyageur souvent assez espacés les uns des autres.
Nous nous arrêtons à Brickaville pour un nouveau périple de plus d’une heure en pirogue à moteur. Juste le temps de se charger d’images fortes d’un paysage somptueux alternants plages de rivières, champs de cannes à sucre et arbres centenaires (trop rares). On a d’abord l’impression d’être au bout du monde puis on s’aperçoit petit à petit que les rives cachent un peu plus loin presque partout des villages. Aux abords d’une usine de cannes à sucre, des files de petites embarcations attendent qu’on les décharge de leur canne, preuve d’une intense activité.

Anivorano
Nous arrivons enfin à destination. Pourtant je ne vois qu’une plage où attendent quelques personnes, rien qui permette de penser qu’après quelques pas on entre dans une petite ville, Anivorano, qui a poussé au milieu d’une végétation luxuriante encore partout présente. Il faut d’abord traverser la gare désaffectée. L’herbe reprend ses droits au milieu des rails surs lesquels quelques wagons rouillés semblent échoué probablement sans espoir de reprendre du service. Pourtant des horaires écrits à la craie témoignent sur un tableau que le train passait encore il y a peu.
Difficile d’ailleurs de se faire une idée précise de ce qui se passe précisément. Notre départ avait été retardé quelques jours car le bruit courrait qu’il allait repartir. Ici des habitants assurent qu’il circule de temps en temps. Sa gestion doit être privatisée. Seule une société sud-africaine était candidate puis se serait retirée. Une des personnalités de cette petite ville soupçonne le fils du président d’être à l’origine de cette désaffection qu’il aurait suscitée, étant lui-même à l’origine d’une compagnie aérienne de fret. Difficile bien sur de vérifier la réalité d’une telle affirmation mais cet exemple montre en tout cas la défiance qu’exprime une bonne partie de la population pour ses dirigeants politiques.
Passé les rails, marchant le long de rues de sable, souvent bordées d’arbres ou de buissons tropicaux, on arrive à une place centrale au milieu de laquelle trône une immense carte de Madagascar verticale en dur sur laquelle est gravée la devise du pays. Ici se trouvent les gros commerçants de la ville, le magasin en dessous et l’habitation au-dessus. On peut téléphoner chez l’un d’eux, un chinois me dit-on, qui est abonné à Télécel, le seul opérateur de portable accessible ici. Un autre commerçant, français, exploitant aussi la canne à sucre, mais n’étant jamais allé en France, m’a raconté s’être aussi abonné à Télécel au moment de l’"engouement" pour les portables mais a résilié vite son abonnement. Sa première facture avait atteint le million de FMG !
A l’un des coins de la place, une grande maison à moitié écroulée témoigne de l’intensité des cyclones. Jean qui habite ici doit refaire sa case tous les ans, une maison plus solide coûterait bien trop cher. La ville, me dit-on, ne se serait pas remis du cyclone Zéralda dans les années 80. Il y avait même auparavant une boite de nuit ici ce qui semble aujourd’hui une distraction appartenant à un autre monde. Par contre j’ai pu compter 4 salles de projection vidéo. Outre les films de karaté qui semblent composer exclusivement la programmation, les exploitants vont même jusqu’à faire payer pour voir à la télévision le feuilleton brésilien "Rosalinda" qui semble rencontrer ici un immense succès. Résultats, ces dernières années, il n’y avait plus un seul cinéma à Madagascar. Il existe aujourd’hui quelques timides tentatives de réouverture… pour y passer des films malgaches tournés en vidéo ! Avant l’arrivée des magnétoscopes, la tradition voulait que le soir, les enfants entourent leurs grands-pères qui leur racontaient des contes. Qu’en sera-t-il demain ?
Le touriste que je suis goûte avec grand plaisir les promenades dans une ville sans voiture. Au cours de ses promenades, j’aurai l’occasion d’admirer une magnifique église en pierre construite il y a presque un siècle par des italiens mais aussi ce sera l’occasion de quelques rencontres toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Je ne m’étendrai pas sur celle avec un jeune "karan" (indo pakistanais) haut en couleur, m’affirmant prêt à me vendre tout ce dont j’aurai besoin, développant une stratégie de vente digne des meilleurs étudiants en marketing, malheureusement pour lui que ce soit des pierres achetées une bouchée de riz aux paysans ou du bois dont la coupe est interdite, je déclinerai ses offres pour m’en tenir à l’achat d’une bonne poignée d’arachides. Plus intéressante fut celle avec le médecin privé qui double le médecin fonctionnaire. Bien sur qu’il fait aussi du trafic de pierre sinon il ne pourrait guère vivre correctement me dit-il. Une certaine résignation est perceptible lorsqu’il me décrit les différents problèmes de santé auxquels il doit faire face, paludisme, diarrhées, malnutrition, alors que les malades ne peuvent souvent pas se payer des médicaments. Sans parler des jeunes filles qui dès qu’elles doivent rejoindre Brickaville pour poursuivre les études reviennent souvent enceinte. J’apprendrai plus tard cependant qu’une femme est décédée après qu’il lui aura arraché 14 dents…
Je le questionne sur les besoins de téléphone. Il estime à une centaine le potentiel d’abonnements ici si le réseau fixe arrivait jusqu’ici. Outre les commerçants, les services administrations, les églises, il me parle surtout des éleveurs qui me dit-il sont riches ici et souvent les propriétaires des pirogues à moteur qui rapportent beaucoup. Un séjour bref mais particulièrement instructif loin des circuits touristiques.

Morondave
Cette fois, avec femme et enfant, nous prenons l’avions. Ce qui permet d’ailleurs de constater que dans cette région aussi, on détruit des parcelles de bois. Morondave sera notre destination "touristique". Une semaine de repos au bord de la mer nous paraît particulièrement bienvenu. Certainement pas la région la plus visitée en tout cas si l’on en juge la fréquentation des hôtels et restaurants de la zone touristique. Cette région est connue beaucoup pour ses baobabs mais c’est aussi le point de départ pour les fameux Tsingy popularisés par une des émissions de Nicolas Hulot. La plage est peu fréquentée, délivrant un spectacle majestueux d’autant plus qu’au loin naviguent de superbes goélettes dépourvues de moteur pour la plupart. Ici, les autochtones ont le droit de fréquenter la plage ( jusqu’à quand ?), ce qui n’est pas le cas de beaucoup de ces ghettos à touristes de plus en plus nombreux à travers le monde. La zone touristique en bordure de plage apparaît cependant comme un autre monde. Le pris d’un repas peut par exemple facilement approcher le salaire minimum local. Pour autant la ville est toute proche grouillante de vie pour celui un tant soit peu curieux. Le tourisme malgache est encore la plupart du temps un tourisme qui permet le contact avec la population pour peu qu’on en ait envie.
C’est un des derniers sites touristiques où le portable semble ne pas arriver, le goudron non plus d’ailleurs, du moins pas jusqu’à la capitale. Mais ça ne saurait tarder car au cours d’une promenade nous sommes tombés sur une offre d’emploi pour deux responsables marketing d’une des sociétés de téléphonie mobile qui recherchaient des bacs + 2 pour procéder à une étude du marché local.
Pas grand chose à ajouter sur ce séjour de repos, plage, baignade, promenade, repas souvent délicieux, et excursion jusqu’à la fameuse allée des baobabs comme il se doit.
Un des meilleurs souvenirs reste cependant, le concert destiné aux paysans, à une quinzaine de kilomètres de la ville que donnera durant notre séjour Dam du groupe Mahaleo. La complicité s’installe immédiatement entre ce public très divers et les musiciens. Les enfants sont très nombreux, dans les premiers rangs où une bâche en plastique est étendue spécialement pour eux, signe d’une attention particulière. Outre la population rurale, il semble y avoir aussi de nombreux élèves et étudiants. Bel exemple de ce qui peut redonner espoir et en tout cas réchauffe le cœur de cette population très sentimentale si l’on considère la place que tiennent l’amour, la famille et la patrie dans les paroles.
Le groupe Mahaleo exploite par ailleurs une ferme coopérative. Dam confirme sa volonté de ne pas se couper de monde rurale, source probable importante d’inspiration de nombreux musiciens de qualité. Il en faut du temps et de l’énergie pour organiser un tel concert qui nécessite un groupe électrogène et qui représente en plus probablement un coût financier. Dam est aussi député sans parti, représentant la société civile Et il a déjà été réélu.
Sans doute est-ce ainsi que se construit l’avenir prometteur de Madagascar après tant d’années de souffrance et de déception.

Bruno Jaffré
CSDPTT Ile de France

Messages

  • Merci pour votre article qui m’a fait revivre mon enfance et adolescence dans ce merveilleux village d’Anivorano Est. Nous habitions dans les années 50 juste derrière la gare. EN ce temps là il y avait beaucoup de trafic et le train circulait régulièrement entre Tana et Tamatave. En ce qui concerne l’église d’Anivorano elle a été construite dans les années 50 par les Frères dit "Léon et Henry" de la congrégation des Monfortains. Elle fut achevée vers 1958/59.

    Encore Merci pour cette Evasion dans ce village qui me manque.

    Jean Pierre

  • bonjour
    fort interessant ;mais je cherche une adresse e-mail.j’ai fait mes études d’armurier avec un français de madagascar à tananarive jerome NERON ;il tient un magasin de sport et de chasse.comment pourrais connaître son adresse e-mail ?
    ph laurent

  • MERCI POUR CE REPORTAGE, chaud, realiste,
    qui sort du tourisme beat.
    De bonnes pistes de reflexion pour le developpement, construction d’ordis basiques autour d’un modem, voire recup de materiel, le 56Ko a sans doute encore de l’avenir sur l’Ile.
    Un bon point pour les pistes, Iris semble etre interessant aussi...
    VRAIMENT BRAVO !!!

  • Au sujet de l’église d’Anivorano-est.
    La construction à débuté vers 1938/1939.Les travaux ont était interrompu pendant la guerre faute de matiére premiére( ciment,fer) Vers les années 1960 la reprise des travaux pour les 3/4 restant par le frére Léon pour la partie maçonnerie,charpente et le frére Henri qui avait un atelier de menuiserie la partie portes et fenêtres.
    La paroisse d’Anivorano-est était confié aux Monfortains de France.
    A partir de l’année 1977 aux Montfortains d’Italie.
    Le pére Marchesi fut la premier prêtre
    Italien d’Anivorano-est