Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 Lettre de Janvier 1996 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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Lettre de Janvier 1996

Janvier

lundi 1er janvier 1996


La Lettre de janvier 1996
No : 4

 
Sommaire :

Editorial
CSDPTT touché par la grève !

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Echos de la vie associative

Succès de RTSF au Mali
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Echos des postes et télécoms
dans le monde

France Télécom en Amérique
du Sud

Graves perturbations des communications téléphoniques
avec le Niger.

Privatisation partielle de Cap Vert Télécom.

Contrat ALCATEL au Mozambique.
Fibres optiques en Afrique

A lire
L’Afrique a Biarritz Mise en examen de la politique française
AGIR ICI et SURVIE Edition Khartala 01/95. 164P.



Editorial
CSDPTT touché par la grève !
L’importante grève qui vient de toucher la Poste et France Télécom a quelque peu affecté l’activité de notre association. Celle-ci s’est en effet retrouvée au sommeil pendant  le mois de décembre, nos adhérents souvent les plus dynamiques s’engageant activement dans ce mouvement.
Faut-il s’en étonner ? Deux aspects méritent en effet d’être soulignés qui rejoignent les préoccupations de CSDPTT.
Le “ S ” de CSDPTT signifie solidarité et en tant qu’association la notre se manifeste en direction des populations des pays pauvres. Mais ce sentiment peut-il ne s’exprimer que lorsque nous sortons des frontières de l’hexagone ou de l’Europe ? Plusieurs adhérents ne sont-ils pas aussi engagés dans des associations de solidarité envers les plus démunis en France ?
A travers la défense de la sécurité sociale et de différents acquis sociaux comme le refus d’allonger le nombre d’années pour le droit à la retraite n’est-ce pas la solidarité par rapport aux générations futures qui s’est exprimée ? A travers la défense du statut, et le refus des emplois précaires et des diminutions d’emplois n’est-ce pas la solidarité avec les chômeurs qui s’expriment ? Ce fut en tout cas des éléments importants de l’engagement de certains adhérents de CSDPTT dans la grève. La meilleure façon de lutter contre le chômage n’est-elle pas de créer des emplois durables ? Est-ce donc impossible à la Poste et surtout à France Télécom qui figurent parmi les entreprises les plus riches de France et qui gagnent beaucoup d’argent ?
L’autre revendication mise en avant à France Télécom par les grévistes concernait le refus de la privatisation même partielle. En refusant que soit cédée une partie du capital de France Télécom, les grévistes ne rejoignaient-ils pas les inquiétudes de leurs collègues du Tiers Monde qui se sont déjà mobilisés comme au Nicaragua ou au Sénégal contre des perspectives identiques.
On nous dit qu’il faut conquérir de nouvelles parts de marché à l’extérieur pour compenser celles que nous perdrons en France du fait de l’ouverture à la concurrence ? Qui se sent mobilisé par de telles perspectives ? L’achat d’une partie du capital d’opérateurs à l’étranger n’est-il pas presque immédiatement suivi de licenciements comme en Amérique Latine ? Sans doute cette prise de participation s’accompagne-t-elle aussi du développement des télécoms locales y compris dans les campagnes. Mais ne s’agit-il pas là des contraintes imposées par les Etats préalables à la cession d’une partie du capital de l’opérateur public ? Cela ne va-t-il pas de pair la quasi suppression d’une politique de coopération au profit d’une politique de recherche de profits rapides pour France Télécom ? Le développement de la téléphonie rurale ne peut-il donc se faire dans un contexte d’amitié et de coopération d’Etat à Etat ? Faut-il pour cela que les pays se dessaisissent d’une partie du capital de leurs opérateurs des télécoms qui se retrouvent comme des pions sur le plateau du vaste monopoly auquel se livre la dizaine de plus gros opérateurs internationaux ?  Bruno Jaffré
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Echos de la vie associative

Succès de RTSF au Mali

L’association RTSF (Réseau Télécoms Sans
Frontières) basée à Tours, vient de terminer avec succès
son projet de rétablir des liaisons téléphoniques
fiables entre la ville de Fana de 15000 habitants située à 120
km de Bamako. Plus de 50 installations d’abonnés ont été
mises en place permettant ainsi la réfection complète et l’automatisation
du réseau téléphonique de Fana.

Ce projet a été réalisé dans le cadre
du jumelage de la ville de Fana et d’Amboise, a reçu une subvention de
la coopération sous contrôle de la Direction Internationale de
France Télécom. Celle-ci a mis un expert à la disposition
du projet dans le cadre des missions SIR. Les autres participants au projet
l’ont fait à titre bénévole pendant leurs congés
au sein de l’association RTSF. Par ailleurs une douzaine d’employés de
la SOTELMA y ont travaillé.

Nous espérons bien sur que les responsables de RTSF s’exprimeront
ici sur leurs difficultés et les leçons à tirer de cette
expérience. Nous savons cependant que les rapports avec les constructeurs
ont du être plusieurs fois clarifiés, et que la recherche de subventions
aura presque duré 3 ans, et qu’il a été relativement difficile
et lourd pour RTSF d’être pilote et d’avoir à gérer l’ensemble
des rapports avec les partenaires. La réussite de ce projet pose 
de façon plus importante encore la question de l’aide à apporter
à ces associations de type nouveau à l’intérieur de France
Télécom et de la Poste. Cela fait déjà longtemps
qu’une entreprise comme l’EDF s’est décidée à leur accorder
une aide substantielle leur permettant d’effectuer un travail de qualité
dans leur domaine professionnel.

D’autre part et nous prendrons sans doute des initiatives dans
ce sens, ne faut-il pas sérieusement se mettre à étudier
un rapprochement entre CSDPTT et RTSF ? N’est-ce pas la seule voie à prendre
afin de résoudre définitivement la question de la fragilité
relative de nos deux associations ?

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

France Télécom en Amérique
du Sud

Les bénéfices de la compagnie franco-espagnole Telecom
Argentina en charge du réseau nord de l’Argentine sont en hausse
de 9% (sur 9 mois) par rapport à l’année précédente
alors que ceux de Telmex au Mexique ont baissé de 32,8% (sur le premier
semestre) France Télécom possède une partie du capital
de ces deux opérateurs depuis 1990.

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Graves perturbations des communications
téléphoniques avec le Niger.

La saturation du réseau téléphonique au Niger
perturbe fortement depuis plusieurs semaines les communications par fax et téléphone
du Niger avec le reste du monde. Le central téléphonique de la
STIN (société des télécommunications internationales
du Niger) n’a pas connu d’extension ou de réhabilitation depuis 1982.


L’extension et la modernisation du réseau prévue
depuis 1987 n’a, à ce jour, pas eu lieu faute de financements a déclaré
un responsable du ministère des Postes et Télécommunications.
(AFP 12/12/95).

Le Niger est l’un des rares pays ou subsiste une organisation
mise en place à la décolonisation, à savoir une société
nationale exploitant le réseau national manquant de moyen séparée
de la société mixte exploitant les communications internationales,
ici la STIN dont 12% du capital appartient à France Câbles et Radio,
filiale de France Télécom. ________________________________


Privatisation partielle de Cap Vert Télécom.

Portugal Télécom a acheté 40% des actions
de Cap-Vert Télécom pour un montant de 20 millions USD, 30% du
capital acheté s’intègre dans le giron des participations de Portugal
Télécom International (PTI) et 10% sont transférés
à l’actif d’Alianca Atlantica.

Cette société créée récemment
par le Brésil et le Portugal vise à établir une alliance
stratégique entre les 2 opérateurs nationaux par l’investissement
et l’achat de participations d’opérateurs africains et latino-américains.
Elle participe ainsi au concours pour l’acquisition de l’opérateur bolivien
et a l’intention avec l’opérateur sud-africain d’acheter des participations
de l’opérateur mozambicain. (Source AFP 12/12/95)

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Contrat ALCATEL au Mozambique.

ALCATEL a signé un contrat de 24,2 millions de francs,
financé par la France, pour la modernisation du réseau téléphonique
mozambicain. Le contrat porte sur la digitalisation des échanges téléphoniques
entre les 5 grandes villes du pays, Maputo, Beira, Nampula, Quelimane et Tete.
Des liaisons satellites directes entre ces 5 villes et la station terrestre
de Boane près de Maputo leur permettront pour la première de joindre
directement le reste du monde.

 Alcatel espère obtenir l’année prochaine un
autre contrat portant sur l’extension des services téléphoniques
à toutes les zones rurales du pays grâce au financement de l’Union
Européenne. (Source AFP 15/12/95).

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Fibres optiques en Afrique

Un accord de coopération a été signé
entre ATT et ALCATEL pour la pose d’un câble sous-marin de télécommunications
autour du continent africain dans le cadre du projet AFRICA ONE (voir LA LETTRE
N°1).

Ce projet se fera en accord avec l’Union Internationale des Télécommunications
(UIT), l’agence de l’ONU responsable des télécommunications
mondiales et mes agences africaines RASCOM et PATU.

RASCOM qui regroupe plus de 40 pays africains gère les
télécommunications pour le continent et s’efforce depuis de nombreuses
années de lancer un satellite qui prendrait en charge les communications
interafricaines encore nombreuses à transiter par l’Europe. Cet objectif
devrait bientôt être atteint. Un membre de CSDPTT de passage à
Abidjan en 95 avait été reçu par un responsable de RASCOM
et lui avait exposé les objectifs de notre association. Il lui avait
été réservé un accueil particulièrement favorable.
Quant à PATU, il s’agit de l’agence spécialisée de l’Organisation
de l’Unité Africaine, responsable de la coordination et du développement
des télécommunications.

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A lire
L’Afrique a Biarritz Mise en examen de la politique française
AGIR ICI et SURVIE Edition Khartala 01/95. 164P.

Ce petit livre rassemble les interventions d’une rencontre organisée
par les deux associations AGIR ICI et SURVIE pendant le sommet franco-africain
de Biarritz.

La première partie du livre est consacrée « 
au dévoiement de l’aide pulbique ». Les différents
intervenants, des professeurs d’université, des membres d’ONG ou des
anciens coopérants se livrent à une critique virulante de la politique
française en Afrique par les différents pouvoirs dont l’objectif
aurait été « de créer une clientèle d’Etats
africains qui augmenterait la surface internationale de la France ». Des
critiques qui méritent d’être connues d’autant plus qu’elle proviennent
de personnalités connaissant bien leur sujet.