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lettre de juillet 2002

Juillet

jeudi 5 septembre 2002, par Bruno JAFFRE


La Lettre de juillet 2002
No : 80

 
Sommaire :

Editorial
Arrêtons le massacre !
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref  : Un comité
CSDPTT Rhône Alpes créé, 
réunion
de concertation d’ONGs à Paris autour du Sommet Mondial de la Société
de l’Information, projet de téléphonie rurale dans la région
de Mopti, mission formation pour Yam Pukri au Burkina, Alain Roblin Demont
représentera CSDPTT au CA de globenet.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Un internaute tunisien en Prison

ECHOS DE BAMAKO 2002
Une vraie fête
Et la société civile ?
Du côté d’un organisateur

En Bref  : Gabon Telecom, 
liaison directe par faisceaux hertziens entre Kinshasa et Brazzaville

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Articles et documents
L’UIT la veille dame des télécommunications
dans la tourmente libérale (3)
 : Pour une réforme profonde
de Jean Louis Fullsack

Reportage : Mission CSDPTT "téléphonie
rurale" au Burkina du 16 au 30 mars 2002
de Alain Farge et
Jean Claude Coste
 (CSDPTT Rhône Alpes)


Editorial
Arrêtons le massacre !
Cette fois, le scandale atteint un des plus gros opérateurs
des télécommunications du monde, WorldCom. Les comptes étaient
truqués ! Conséquences, encore des milliers de gens qui ont
cru au bien fait du libéralisme et placé leurs économies
à la bourse et qui vont se retrouver sans rien.

En France, on n’a certes pas encore trouvé d’entreprises
de cette envergure ayant falsifié ses comptes… nous dit-on. Mais
le résultat est le même pour les petits actionnaires particulièrement
ceux de France Télécom ou d’Alcatel. Nombreux ont déjà
perdu une bonne partie de leurs économies. A cela encore faut-il
ajouter les milliers de suppressions d’emplois.

 Ce modèle est pourtant toujours celui vanté
par les officiels de l’UIT chargés de préparer le Sommet
Mondial de la Société de l’Information. L’Afrique est invitée
à s’en inspirer voire l’adopter sans quoi pas de salut.

Mais il ne suffit pas de se plaindre chacun dans son
coin. Il est urgent pour la société civile de se faire entendre,
de proposer d’autres pistes à l’image de ce magnifique texte du
Forum pour l’Autre Mali et de s’organiser pour les imposer. Pour notre
part, nous nous y employons sans pour autant laisser de côté
l’action concrète sur le terrain avec nos partenaires à l’image
du travail accompli en ce moment au Burkina.

Bruno Jaffré
______________________

Echos de CSDPTT et de ses
correspondants

En bref
Un comité CSDPTT Rhône Alpes a officiellement
été créé
et ses propres statuts déposés
à la préfecture. Il compte environ une douzaine d’adhérents.
Le président est Michel Bongiraud.

 Une première réunion de concertation
d’ONGs a été organisée à notre initiative autour
du Sommet Mondial de la Société de l’Information.
Entre
25 et 30 personnes y ont participé. Nous y avons défendu
l’idée de créer un collectif sans attendre pour se mettre
rapidement au travail. Certains ont combattu cette idée, la plupart
des présents étaient en position d’attente. CSDPTT sera représenté
à la PREPCOM1.

Un projet de téléphonie rurale dans
la région de Mopti est actuellement à l’étude
en
partenariat avec l’association Congés Solidaires.

Alain Roblin Demont (CSDPTT Paris) est actuellement
en mission au Burkina
. Il dispense une formation aux formateurs
de l’association Yam Pukri. Selon les nouvelles reçues, cette mission
se déroule dans d’excellentes conditions. Des infos plus précises
bientôt.

Alain Roblin Demont représentera CSDPTT
au CA de globenet.

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Echos des postes et télécoms
dans le monde

Un internaute tunisien en Prison
M. Zouhair Yahyaoui, fondateur du site d’informations
TUNeZINE.com, critique à l’égard du pouvoir, vient d’être
condamné en Tunisie à deux ans et quatre mois de prison,
un an de prison pour "propagation de fausses nouvelles" et un an et quatre
mois pour "usage non autorisé de connexion Internet" et "vol au
préjudice de l’employeur". Le fondateur de TUNeZINE.com avait décidé
de ne pas se présenter à l’audience parce qu’il ne fait "pas
confiance à une justice aux ordres".

 Selon l’avocat du cyber-dissident, qui lui a rendu
visite en prison, celui-ci a été, pendant la période
d’interrogatoire, giflé et frappé sur la tête. Il a
été déshabillé puis a subi trois séances
de "suspension", méthode de torture où la personne est suspendue
par les bras, avec les pieds touchant à peine le sol. C’est à
l’issue de la dernière séance que l’opposant a révélé
le mot de passe d’accès à son site qui a permis aux autorités
de le bloquer.

 Zouhair Yahyaoui avait fondé le site TUNeZINE.com
en juillet 2001, pour diffuser des informations sur la lutte en faveur
de la démocratie et des libertés en Tunisie et publiait en
ligne des documents de l’opposition.

Il écrivait de nombreuses chroniques et avait
été l’un des premiers à diffuser la lettre dénonçant
le système judiciaire du pays, adressée au président
de la République par le juge Mokhtar Yahyaoui, dont Zouhair est
le neveu. Du 26 au 28 mai, le journal avait organisé une conférence
sur le thème du référendum et de l’organisation de
l’opposition en Tunisie, qui avait connu une très forte participation.

 Le site avait été censuré
par les autorités dès sa création. Mais les Tunisiens
recevaient chaque semaine une liste de "proxy", ou chemins détournés,
pour accéder au journal en dépit du blocage.

 Quelques heures après l’arrestation de son
rédacteur, le site a totalement disparu du réseau Internet.
Depuis, il a été remis en ligne (voir le http://www.tunezine.com/))
mais il est impossible d’y avoir accès depuis la Tunisie sans des
"proxy" très puissants. Cette arrestation suscite déjà
bien des remous d’autant plus que la Tunisie doit accueillir le sommet
mondial de l’information en 2005 (Source reporters Sans Frontières).

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ECHOS DE BAMAKO 2002

Une vraie fête
Bamako 2002 au Palais de Congrès a été
une vraie fête de l’Internet il y avait des expositions des nouvelles
technologies c’est à dire les nouvelles inventions : telles que
la radio sur le net avec connexion rapide, se connecter à partir
de raque pour les coins les plus éloignés ou on n’a pas de
ligne téléphonique comme le cas de notre pays ; les
providers avec nouveaux matériaux de connexion pour les cybers,
soit les modems, soit à travers l’antenne pour les cybers qui ont
plusieurs ordinateurs, on avait aussi des connexions gratuites de la sotelma
et d’un cyber café MEDIATIS. Il y avait chaque jour des conférences
et des débats sur l’Internet et les nouvelles technologies, et comment
l’Afrique doit faire face à nouvelles avancées et on eu beaucoup
de documentations concernant tout ça ; et plusieurs pays du monde
entier étaient représentés.

Ibrahima Diakité

Et la société civile
 ?

Après avoir souligné que seule l’Afrique
a tenu une réunion préparatoire à la première
PREPCOM1 et salué les efforts du président Konaré
pour la tenue de cette réunion le président d’Osiris écrit
 : "Aucun signal n’est venu annoncer que la société civile
était la bienvenue à cette manifestation, bien au contraire.
Tout d’abord, faute d’avoir reçu les appuis nécessaires à
la préparation de cette conférence, notamment à
travers la mise en place d’un processus de discussion préliminaire,
la société civile africaine est venue à Bamako en
ordre dispersé. Une fois sur place, elle a été quelque
peu désorientée par la tournure prise par une rencontre ou
en lieu et place du dialogue et de la concertation annoncée entre
le secteur privé, les pouvoirs publics et de la société
civile, on a plutôt assisté à des monologues parallèles.
Enfin, il est symptomatique de constater que des figures emblématiques
de la société civile malienne aient été marginalisées
à Bamako même et aient été obligées de
se manifester par une déclaration publiée par le Forum pour
l’Autre Mali (voir à ce sujet http://www. www.autremali.org/). Ce
fait, la société civile africaine se pose des questions sur
les conditions de sa participation au SMSI. Est ce là le signe annonciateur
du rôle attendu de la société civile qui devrait servir
de faire valoir et surtout de caution à des orientations déjà
fixées par des lobbies masqués qui cherchent à 
manipuler tout le monde ? En tout cas, à quelques semaines de la
tenue de la première PrepCom qui doit se tenir du 1er au 5 juillet
2002 à Genève (Suisse), rien n’indique que les déclarations
d’intention sur l’organisation d’un sommet réunissant les trois 
composantes que sont la société civile, le secteur privé
et les pouvoirs publics soit encore à l’ordre du jour."

Amadou Top Président d’OSIRIS (Batik n°
34 http://www.osiris.sn/batik34.htm)

Du côté d’un organisateur
Bamako2002 n’a pas eut le même engouement comme
bamako2000 du point de vu du nombre de participants, les intervenants,
le nombre d’ateliers, mais par contre l’organisation générale
de la mission de l’informatique du Mali s’est beaucoup améliorée
( dans le cadre du djatiguiya malien : les pauses café gratuites
pour tous, les repas de midi gratuit pour les organisateurs et à
un prix abordable pour les participants ; des chemises cartonnées
portants le logo de bamako2002, mur traditionnel du Burkina Faso surmonté
sur une puce électronique, ce logo est identique à celui
de bamako2000) contenant les documents de travail en anglais ou en français
fournis à chaque participant ; la cérémonie d’ouverture
de la conférence présidée par son excellence Alfa
Oumar KONARE et le président Sénégalais Abdoulaye
WADE qui a d’ailleurs déclaré l’ouverture de la cérémonie
de bamako2002 ; un sac traditionnel en cuir cousu de bogolant et contenant
les documents de travail en anglais ou en français était
fourni uniquement à chaque VIP (Very Important Personnality) ; les
VIP ont pris leur repas de midi le jour de la cérémonie d’ouverture
à l’hôtel SALAM (actuellement le plus confortable de Bamako),
non loin du palais des congrès de Bamako lieu qui abritait la conférence
de bamako2002 ; un grand cocktail exceptionnel fut aussi organisé
le soir après la cérémonie de clôture (côtes
de moutons, bœufs grillés, couscous maison, des fruits, fromage
etc..).

Dans le but d’une participation active de la sotelma
et sous l’initiative de notre service NTIC, une commission d’organisation
de bamako2002 fut désignée et je faisais parti de cette commission.
Il y avait trois 3 groupes de commission d’organisation :

* Une commission technique pour l’installation et le
suivi des équipements ;

* une commission commerciale pour la vente des cartes
prépayées, la gestion des cabines publiques installées
par la commission technique à l’occasion de l’évènement
bamako2002, les messages fax et les lignes avec taxa plus en plus cette
commission devrait faire du marketing sur notre société (SOTELMA) ;

* Une commission d’organisation générale
à laquelle je faisais parti. Cette commission se chargeait de suivre
les différents ateliers, conférences et même les expositions
pour en faire ensuite une restitution de bamako2002.

Bamako2002 a commencé par une pré conférence
du vendredi 24 au lundi 27 mai 2002 et la conférence même
du mardi 28 au jeudi 30 mai 2002.

Les ONGs ont activement participé à la
pré conférence autours des thèmes et ateliers :

*Atelier national malien secteur privé (organisateurs
 : dncc, dni, dnd, cnpi) ;

*Stratégies nationales nici du mali ( organisateurs :
cea, union européenne, minti avec onu-desa, unict task force) ;

*Diversité culturelle et appropriation du savoir
(agence universitaire francophone) ;

*Langue africaine et Internet .. ;
*Société de l’information et pouvoirs locaux
(organisateurs : association des maires du mali avec minti et la cea) ;

*Le logiciels libres : enjeux pour l’Afrique( organisateurs
 : cea, AGF avec l’UNESCO) ;

*Droit et Toile : le cadre légal de la société
de l’information (organisateurs : unitar, osiris et intif) ; etc.....

La pré conférence sur le Droit et Toile
 : le cadre légal de la société de l’information, à
laquelle j’ai participé montre que le cadre légal de la société
de l’information reste à l’état embryonnaire dans tous les
pays du monde cette conférence nous a montré la contradiction
dans le droit sur la toile entre certains pays (france-usa par exemple).

A bamako2002 on pourra parler aussi des salons d’expositions.
Vous trouverez ci-joint la liste des exposants dans les stands (AfriNet
Ghana, CEA/ECA - Commission économique pour l’Afrique, 
CEFIB & CEFIB Internet Mali, Afripa Télécom, Datatech
Mali, Diawara Solar, Mali, France Télécom, ISTA- Technolab, 
M. Télécom Mali, MaliNet, MegaSat Mediatis, Mali, Samanet,
Mali, Télé Klédu Mali, UNESCO, World Space, 
Mediatis, Infocom.

Les jeunes qui visitaient ces stands étaient plutôt
intéressés par les messageries plutôt que par les 
expositions technologiques. Une dizaine de jeunes pouvaient consulter leurs
boites soit pour envoyer ou écrire un message et d’autres même
pour s’initier dans le stand de Mediatis. On aurait cru à première
vue que le stand de Mediatis était le seul digne d’intérêt
parmi la vingtaine d’autres qui occupaient la salle d’exposition des Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) du Palais des
Congrès de Bamako.

Dans le cadre de la réduction de la fracture numérique
 : Dans un des stands il y avait une exposition d’une lampe tempête
à pétrole traditionnelle avec un poste radio incorporé
alimenté par un système placé sur la partie supérieure
de la lampe, qui avec l’effet de la chaleur produite par la lampe tempête,
transforme cette chaleur en courant électrique pour alimenter le
poste radio incorporé à la lampe tempête, en plus ce
dispositif permet de chauffer un petit plat ou faire du thé dans
les coins reculés. De plus dans ce même stand, il y avait
aussi un poste radio alimenté soit par l’énergie solaire
soit par l’énergie mécanique en faisant tourner une manivelle.
Toutes ces choses sont très bien pour nos paysans dans le cadre
de la réduction de la fracture numérique…

Adama bagayoko (SOTELMA centre de formation professionnelle).
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En Bref
Gabon Telecom demeure l’unique fournisseur d’accès
à Internet dans le pays. La société facture 750.000
F CFA un mois d’exploitation d’une ligne spécialisée pour
Internet. La minute de connexion à partir d’une ligne de téléphone
normale est facturée à 45 F CFA hors taxe.

Une liaison directe par faisceaux hertziens entre
Kinshasa et Brazzaville
a été mise en place récemment
grâce un don de la société de téléphonie
mobile CELTEL qui exploite les deux branches, Celtel/RDC et Celtel/Congo.
Cette liaison directe met fin à plusieurs décennies de transit
par Paris des appels téléphoniques en provenance et à
destination des deux capitales les plus rapprochées du monde.

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Articles
et documents

Nous vous proposons le troisième et dernier volet
d’une série d’articles traitant de l’UIT, l’Union Internationale
des Télécommunications, écrit par Jean Louis Fullsack,
ancien expert de l’UIT et membre du CA de CSDPTT. 
La Rédaction

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L’UIT la veille dame des télécommunications
dans la tourmente libérale (3)

Pour une réforme profonde

Malgré les déclarations rassurantes et récurrentes
des responsables de l’UIT nous pensons que le chemin qu’elle a choisi jusqu’ici
n’est pas le bon, ce que prouvent les presque trois décennies écoulées
depuis le Rapport Maitland et le SMSI et la quasi identité entre
les objectifs visés par les signataires de ce Rapport et l’objectif
que nous proposons ici. Sans un véritable changement dans sa manière
de travailler, sans remise en cause de ses orientations actuelles et sans
définition de nouveaux axes politiques plus réalistes et,
enfin, sans réadaptation de son mode actuel de fonctionnement, il
est illusoire de penser que l’UIT est en mesure de répondre aux
besoins les plus urgents des populations des PVD.

Les lacunes et dérives de l’UIT
Nous nous contenterons de quelques exemples dans divers
domaines pour les illustrer.

Le réseau d’espionnage américain Echelon
viole les droits les plus élémentaires fixés notamment
par l’UIT sur la confidentialité des messages et conversations sur
les réseaux publics depuis des décennies. A aucun moment
le sujet -pourtant gravissime- n’a été évoqué
à une conférence ou réunion statutaires de l’UIT.
Silence assourdissant alors qu’en Europe mais aussi au Japon les enquêtes
montrent l’illégalité et la nocivité de ce réseau.

Le call-back, autre technique illicite voire illégale-
pratiquée par des sociétés américaines pour
court-circuiter les Opérateurs Publics de Télécommunications
des PeD dans l’établissement des communications internationales,
prive les opérateurs africains de 500 millions de dollars de revenus
par an (estimation faite par CommunicationsWeek International, une publication
du groupe du Financial Times …). Ce véritable pillage des ressources
n’a jamais été inscrit à un ordre du jour des organismes
directeurs ou administrateurs de l’UIT et encore moins aux « Symposiums
 » des Africa Telecom, malgré les plaintes de plusieurs Etats
africains.

Sous la pression des Sociétés et de la
Federal Communications Commission (FCC) nord-américaines, l’UIT
a accepté de remettre à plat les taxes de répartition
des communications internationales, en acceptant en outre le « modèle
des coûts » comme principe de base pour déterminer leur
mode de rétribution. Jusqu’ici les reversements des communications
internationales se faisaient au prorata des communications départ
ce qui était favorable aux PeD puisque le trafic entrant dans leur
pays -généré par la diaspora des immigrés-
était nettement supérieur au trafic sortant. Comme le dit
Annie Chéneau-Loquay (Le Monde Diplomatique, janvier 2002) « 
cette remise en cause occasionne une perte de ressources parfois considérable
pour les pays les plus pauvres » que James Deane évalue à
quelque 10 milliards en 1996. Elle montre à titre d’exemple que
« les Etats-Unis ne paieront plus au Sénégal que 23
cents pour une minute de trafic, au lieu de 1,8 dollars aujourd’hui ».
Ainsi l’UIT a non seulement cédé à la pression des
nord-américains, mais a aussi laissé filer une possibilité
de recouvrement de ressources qui auraient pu alimenter un fonds international
tel que celui proposé par diverses organisations participant à
la conférence préparatoire du SMSI les 22 et 23 avril dernier.

Dans le domaine de la réglementation des radiocommunications,
l’UIT s’est très vite rangé derrière les lobbies de
l’industrie spatiale notamment nord-américaine (Iridium, Odissey,
…) et leurs promesses fallacieuses de fournir l’accès aux réseaux
de télécommunications à n’importe quel point du monde,
et surtout dans les immenses espaces des PeD. Les bandes de fréquences
autour de 1,5 et 2 GHz ont donc été réservées
pour ces besoins largement surestimés, auxquels se sont ajoutés
les besoins de réseaux mobiles de nouvelle génération
(UMTS). Mais dans les PeD une partie significative des réseaux hertziens
nationaux et internationaux (exemple : Panaftel) - et notamment les liaisons
les plus sensibles-, de même que les dessertes radioélectriques
d’abonnés isolés, reposent sur ces plans de fréquence.
Cette modification de la réglementation des radiofréquences
a été décidée à l’UIT-R sans tenir compte
des conséquences qu’elles impliquaient pour les réseaux des
PeD qui ont consenti à des investissements très lourds pour
les réaliser. Il ne leur reste plus qu’à remplacer les liaisons
touchées par la nouvelle affectation des fréquences par de
nouvelles artères, hertziennes ou optiques. A leurs frais évidemment.
Faut-il préciser que les pays en question ne se pressent pas pour
s’exécuter. On peut mesurer combien le manque de réalisme
des décisions de l’UIT et le peu de poids réel du BDT (Bureau
de Développement des Télécommunications) malgré
les multiples déclarations de bonnes intentions.

Des actions contestables de l’UIT
L’UIT a non seulement adopté très rapidement
la pensée unique propagée par les représentants les
plus idéologiques de l’ultra-libéralisme mais a joué
un rôle moteur voire accélérateur dans la mise en œuvre
de ses recettes, la déréglementation et la privatisation,
dans le secteur des télécoms des PeD. Ce faisant elle a ignoré
- volontairement ou par incompétence- les conséquences de
ces recettes pour les opérateurs nationaux de ces pays alors que
son mandat essentiel consiste précisément à les représenter
et à en défendre les intérêts pour ce qui relève
de leur secteur télécoms. Au lieu de préparer ces
opérateurs à la nouvelle donne réglementaire mais
aussi technologique, notamment en les aidant à mettre à niveau
leur réseau et à revaloriser ainsi leur patrimoine, elle
les a précipités dans les bras de quelques opérateurs
étrangers qui ont profité de leur valorisation faible pour
engranger des bénéfices rapides.

Dans le domaine si critique et stratégique des
infrastructures on doit s’interroger sur l’engagement unilatéral
et sans étude préalable de l’UIT en faveur d’Africa ONE,
ce vaste câble sous-marin à fibres optiques qui doit ceinturer
tout le continent africain. Ignorant les projets existants ou en début
d’exécution de câbles de même nature pour la desserte
des pays africains côtiers les plus importants, le Directeur du BDT
a confié en 1995 à AT&T la conception et l’exécution
de ce projet de 2 milliards de dollars, sans aucun mandat préalable.
C’est a posteriori que l’UIT a fait signer un MOU à quelques uns
des pays concernés qui s’engageaient alors à verser des fonds
pour avoir droit à et un débit garanti et à un coût
dépassant largement ceux pratiqués sur les autres liaisons
similaires. Outre que ce projet dispendieux est en double emploi sur la
plus grande partie de son parcours, il ne résout pas le problème
des pays enclavés ; mieux, alors qu’il devait être opérationnel
depuis 1998, quatre ans après on ne voit toujours pas le moindre
bout de câble apparaître sur les cotes africaines. Il ne reste
plus qu’à espérer que ce nième éléphant
blanc soit mort-né, et que cet épisode qui n’honore pas l’UIT
soit vite mis à profit pour restaurer plus de transparence, de respect
des règles ( !) et de compétence dans cette (encore ?) vénérable
maison, en vue d’actions plus efficaces dans l’intérêt réel
des pays africains.

On ne manquera pas de souligner combien l’engagement
de l’UIT pour Africa ONE, contraste avec les lenteurs et blocages que rencontre
son projet RASCOM. Ce projet consiste en un satellite couvrant l’ensemble
du continent africain et permettant d’assurer les liaisons internationales
intra- et extra-africaines, ainsi que des dessertes régionales et
locales, notamment dans les régions éloignées et rurales.
Ce projet est vieux de vingt ans et n’a toujours pas été
réalisé alors qu’il présente un intérêt
évident voire fondamental pour la grande majorité des pays
africains.

Plus que jamais la question essentielle que se pose
tout organisme ou association soucieuse du développement durable
des pays par l’intermédiaire de leur secteur des télécommunications
est adressée à l’UIT :

Cette agence des Nations-Unies et son BDT ont-ils
réellement la volonté pour développer le service public
des télécommunications dans les PeD ? Si oui, en ont-ils
la compétence et les moyens pour imposer l’intérêt
général des opérateurs de ces pays face à des
sociétés étrangères -opérateurs et industriels-
dont l’objectif principal est de s’assurer un marché et de dégager
une rentabilité élevée pour rétribuer leurs
actionnaires, la plupart hors du continent ?

En tout état de cause, l’engagement plus
ferme et plus efficace de l’UIT dans ce processus de développement
nécessite une réforme profonde tant dans l’organisation et
les méthodes que dans la motivation de son personnel.

Nous ferons des propositions dans ce sens dans
le cadre de la préparation du Sommet Mondial de la Société
de l’Information.

Jean Louis Fullsack

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Reportage : Mission CSDPTT "téléphonie rurale" au Burkina du 16 au 30 mars 2002

Samedi 16
Nous voilà arrivés à l’aéroport
de OUAGA vers 8h00, 3h00 de retard du à un détour par NIAMEY.
Le chauffeur de l’ONATEL nous attend, il est là depuis 3h00 du matin !!!

Les douanes saisissent notre caisse de matériel,
il faudra payer des droits de douane…malgré nos explications sur
notre mission.

Nous partons pour le DILA, où nous serons logés ;
2 chambres simples avec ventilateur plutôt bruyant mais utile, il
fait 40° a l’ombre !!

Présentation de Jean Paul le responsable du foyer,
c’est à lui que nous aurons à faire pour notre logement sur
OUAGA. Vers 20h00 Xavier nous fait visiter OUAGA by night, mélange
d’architectures très diverses, alignement de petites échoppes
sur les trottoirs, circulation de mobylettes vélos taxis en tous
genres dans une cohue indescriptible et tout cela dans un nuage de pollution….

Dimanche 17
 Journée plutôt calme, nous faisons
la connaissance d’ABOUDOU qui tient absolument à être photographié
avec nous. Il fait venir exprès un photographe pour cela !
Après discussion nous sentons bien qu’il a beaucoup de problèmes,
il n’a pas vu sa famille depuis longtemps, il se fait aussi une fausse
idée de la vie en Europe comme beaucoup de personnes que nous rencontrerons
par la suite.

Le soir arrive vite, nous discutons avec les gardiens
du DILA qui sont comme tous ceux que nous rencontrons très sympa.
Eux aussi ont une fausse idée de la réalité en France.
Tous voudraient partir, et nous essayons de leur donner une image plus
réelle de la vie chez nous.

Lundi 18
Levés de bonne heure. Nous devons rencontrer Etienne
PARE (notre correspondant local qui essaie de mettre en place une association
du type CSDPTT) pour débloquer notre problème avec la douane.
Il nous explique qu’il faut un document portant une valeur même fictive
de notre matériel. Nous traitons la question par fax avec Guy BLANC
en FRANCE, pas simple !

Etienne à prévu de nous faire rencontrer
les autorités de l’ONATEL dans l’après midi, nous le retrouverons
à la Direction vers 15h00.

Nous sommes reçus par 2 Directeurs à qui
nous expliquons notre mission, entre temps Etienne à reçu
le fax de Guy ; notre matériel va pouvoir être récupéré.

Mardi 19
Levé un peu plus tard…nous commençons à
prendre le rythme africain. Par téléphone Etienne nous dit
qu’il n’a pas de nouvelles du matériel et nous invite à rencontrer
les responsables du dédouanement au DILA. Ils ont bien notre dossier
mais n’ont toujours rien fait….nous devons les revoir vers 15h00 pour "une
visite de courtoisie"…

A 15h30 toujours pas de caisse, ce n ’est que vers 18h00
que notre matériel arrive, nous sommes soulagés sans matériel
pas de mission….

Mercredi 20
Je n’ose pas écrire ce que nous ce que nous avons
fait de la journée…..Attendre un hypothétique chauffeur.
Aux dernières nouvelles nous serons sur le terrain demain.

Jeudi 21
Levé comme dab, nous rencontrons Jean Paul qui
prépare sont tiercé. Il est persuadé que nous avons
des infos qu’il n’a pas sur les chevaux et vient nous rejoindre dans notre
chambre pour en parler….C’ est plus discret. Nous décidons de faire
un quarté avec 5 chevaux choisis au hasard …mais nous seuls le savons.
(Le lendemain nous n’étions toujours pas millionnaires, même
en francs CFA !!!)

Vers 10h00 notre chauffeur arrive au volant d’ une super
LAND CRUISER. Nous voilà enfin parti pour TOMA. La route unique
est payante en fonction de la distance parcourue, un peu comme les autoroutes
chez nous. Nous nous arrêtons en chemin à KOUDOUGOU saluer
le Directeur local, le soir nous dormirons dans ces locaux. La route se
transforme en piste et tout le long nous traversons de nombreux villages
avec leurs typiques greniers à mil. La végétation
est assez fournie, des manguiers chargés de leurs fruits des baobabs
majestueux et une savane plutôt aride en cette saison. Nous arrivons
à KOIN le bureau qui nous à été signalé
en panne. Nous changeons les cartes et partons pour TOMA. Il est déjà
13h00 et décidons de manger : lièvre sauvage, riz, bière.
Nous rencontrons l’ancien instit d’Etienne qui tient absolument à
nous présenter sa sœur…Vers 14h00 nous retrouvons ABOU DEMBELE le
technicien de l’ONATEL chargé de l’entretien des TERA. Nous réparons
la liaison avec KOIN et donnons quelques explications sur la réparation.
Vers 17h00 les gens de KOIN nous appellent pour nous prévenir de
problème de fonctionnement. Nous décidons d’y retourner le
lendemain car il commence à être tard, il faut une heure de
piste pour revenir à KOUDOUGOU…Journée bien remplie, c’est
ce que nous souhaitions.

Vendredi 22 et Samedi 23
Levés de bonne heure pour être le plus tôt
possible à KOIN, et puis la température est plus agréable
le matin…

Je reste à KOIN et Jean Claude part à TOMA
ou il retrouve ABOU. Nous faisons des essais toute la matinée sans
trouver la solution au problème décrit par les habitants ;
de temps en temps ils recoivent une sonnerie et rien quand ils decrochent !!!!
Je rejoins TOMA et faisons d’autres essais sur la liaison avec BIBA qui
a beaucoup de souffle malgré les 20db de marge. Nous repartons dans
la soirée…il y a toujours du souffle et des sonneries sans personne
à l’autre bout…c’est cela l’Afrique !

Le lendemain retour sur TOMA. Il faudra bien trouver
la solution. L’explication nous est donnée par hasard en faisant
une écoute discrète de la ligne de KOIN.

Les habitants numérotaient quand la ligne avait
la sonnerie d’occupation, et le système IRT 2000 auquel est raccordé
le TERA est équipé d’un rappel automatique de l’abonné
quand sa ligne est occupée. L’IRT envoie une sonnerie pour le prévenir
que la ligne est libre, cette sonnerie étant différente de
celle de quelqu’un qui téléphone.

Une fois trouvée l’explication ( que je me demande
si vous avez compris ce que j’ai raconté….), il nous fallait l’expliquer
aux habitants de KOIN !!!!!!

J’oubliais de préciser que ABOU, malgré
que nous sommes samedi est avec nous et qu’il s’intéresse
beaucoup à notre travail.

Je me rends avec lui à YABA ou il y a un problème
de prise de ligne. Sur place après discutions avec les gens du pays
nous nous rendons compte qu’ils hésitent à venir téléphoner.
Le poste est situé dans les locaux de la Préfecture au contraire
des autres villages qui eux sont indépendants de toute autorité
locale. De plus ces bureaux sont fermés le week-end et il faut déplacer
un gardien pour téléphoner. Nous changeons le signaleur,
la ligne est réparée.

L’après midi nous retournons à BIBA, nous
devons changer le régulateur de batterie en panne. Les habitants
ont bricolé un système pour charger des batteries à
partir du solaire pour le téléphone…l’ONATEL n’a pas l’air
d’apprécier cette ingéniosité et tout est démonté.
Sur place nous nous rendons compte que l’antenne est dépointée,
elle est dirigée vers le sol…pas idéal pour la réception.
Les villageois me fournisse une échelle plutôt rustique et
me voilà perché sur le toit contre le mât à
5 ou 6m de hauteur. Le support d’antenne était monté à
l’envers d’où l’impossibilité de la relever. J’inverse le
support, il y à des coups de fusils dans tous les coins… Je ne suis
pas très rassuré pourtant je ne ressemble pas a du gibier !!!
J’apprendrai par la suite que c’était l’enterrement d’un ancien
chasseur !!! L antenne repointée le souffle a un peu diminué
mais ce n’est toujours pas l’idéal. Comme partout les villageois
sont très accueillants, nous repartons avec un poulet ( vivant)
…pour TOMA. C’est la fin de l’après midi, nous rentrons à
KOUDOUGOU, les liaisons de TOMA fonctionnent.

BILAN TOMA :
-Il nous semble nécessaire d’uniformiser le matériel
TERA (que du 160Mhz) pour diminuer les risques d’erreurs de synthétisation
et ainsi faciliter le travail de maintenance.

- L’installation de BIBA devra doit être passée
en 160Mhz ou dans l’immédiat en 2G pour supprimer le souffle.

- Lors de l’installation de nouveaux postes les explications
sur le fonctionnement devront être plus poussées et la formation
des techniciens simplifiée.

- Raccordement de tous les panneaux solaires (2 raccordés
sur 4 à BIBA) car faible rendement du aux poussières dans
l’atmosphère.

- Manque d’informations sur ce que nous allions rencontrer
comme infrastructure sur place (pylônes de 50 à 80m), les
antennes de TOMA n’avaient pas été pointées, nous
ne l’avons appris qu’a notre retour en France !

- Un suivi important des liaisons réalisées
nous semble indispensable même si nous savons très bien que
la convention passée avec l’ONATEL nous décharge du dépannage,
il nous a semblé à tous les deux qu’il était de notre
responsabilité de vérifier régulièrement si
tout fonctionnait normalement. Je préfère ne pas m’imaginer
le sociologue arrivant dans les villages pour faire le bilan de l’utilisation
du téléphone…qui ne marche pas !

- La question de la pérennité du matériel
TERA doit aussi se poser. Il n’est plus fabriqué et les cartes disponibles
le sont en quantité limitée ; que vont devenir les liaisons
réalisées en cas de rupture de cet approvisionnement ? Faut
- il proposer l’installation du nouveau DRS numérique ?

- Tout ceci devra bien sur être débattu,
ce n’est que notre point de vue.

Dimanche 24
Levé 8h30, notre chauffeur ANDRE va à la
messe ( il est protestant) et nous laisse dans un bar déjeuner.
Nous le retrouverons 2h30 plus tard…et oui les messes sont longues en Afrique !!!

Nous faisons nos bagages car nous devons partir
pour BOBO-DIOULASSO. En faisant du rangement dans la caisse du lot de maintenance
que nous devons laisser à ABOU nous découvrons que les cartes
supposées HS ont presque toutes les connecteurs en façade
abîmés !! Peut être est ce l’explication du non-dépannage
de la liaison de KOIN. Il nous faudra impérativement en parler avec
ABOU pour qu’il fasse très attention a ces connecteurs lors des
futurs dépannages.

Nous prenons une piste puis la route pour BOBO, en chemin
ANDRE téléphone au responsable pour qu’il lui trouve un logement,
nous sommes dimanche ! Nous décidons de ne pas déranger les
responsables de l’ONATEL et nous dormirons à l’hôtel.

Arrivé à BOBO en fin d’après midi,
les techniciens du centre hertzien local nous indique un hôtel en
ville, ANDRE nous y laisse. Il viendra nous chercher le lendemain.

Lundi 25
Levés de bonne heure…si c’est possible, nous n’avons
pas dormi de la nuit…chambre surchauffée la température n’
a pas baissé d’un degré durant la nuit et nous avons eu droit
a de la musique sous notre fenêtre à fond toute la soirée !!!Mais
nous avons bien rigolé quand à 3h00 du matin on s’ est demandé
mutuellement si l’on dormait !!!

Visite habituelle au responsable local qui nous indique
notre logement le temps de notre passage à BOBO. Nous partons avec
un technicien pour ORODARA, chef lieu de la province de SEREKENI. Nous
rencontrons le responsable du centre qui nous explique les problèmes
de saturation du réseau IRT, mais il nous trouve quand même
une ligne sur le site de MAHON ou nous devons faire nos mesures. C est
un pylône de 80m qui nous attend…Jean Claude fait son installation
dans le local et moi je monte dans le pylône aidé d’ANDRE
installer l’antenne ( à 8m environ). Nous partons pour SEREKENI
par une piste très difficile et nous arrêtons à mi
- chemin faire une mesure : pas grand chose de reçu…..

Accueil très chaleureux des villageois, photo
avec les responsables, coca chaud et cadeau de bienvenu (des petits sachets
de cacahuètes et un plein sac le graines dont je ne me souviens
plus le nom mais qui paraît-il sont magiques….)Nous apprendrons plus
tard que c est leur viagra local !! Nous leur expliquons la difficulté
de la liaison et que nous reviendrons le lendemain. Il est déjà
tard et nous devons repasser à MAHON couper la liaison, 1h30 de
piste et de route plus 1h00 pour rentrer à BOBO, dure et intéressante
journée.

Mardi 26
Nous partons de bonne heure avec le technicien 
récupérer le matériel laissédans le local
etsur le pylône de MAHON. En route nous achetons un peu de bangui
(alcool de palme) qui en principe doit être bu frais avant fermentation…ce
qui est le cas. Je dois dire que c ’est très bon et j’ en bois pas
mal…ce qui me sera fatal dans l’après midi !!!!

En route pour SEREKENI nous passons à ORODARA
voir le responsable du centre, il nous apprend l’arrivée des panneaux
solaires pour DIGUERA : l’un des sites de raccordement au réseau
possible. Il y a des problèmes de vol répétitif des
installations solaires dans la région et l’ONATEL ne remplace plus
le matériel depuis un an…mais les élections étant
proches, un politique local a trouvé les fonds pour refaire cette
installation !! Le technicien essaie de nous dissuader d’aller sur ce site
du fait du vol répétitif des installations solaires, mais
nous y allons quand même, le mieux étant de nous rendre compte
par nous même de la situation la distance avec SEREKENI n ’étant
que de 10kms. Sur place, nous trouvons un pylône de 50m et le Préfet.
Il nous apporte tout son appui pour l’installation du téléphone
sur SEREKENI ( village dont il est originaire…) c’est un personnage atypique
qui nous assure être monté en haut du pylône et voir
le village en nous assurant qu’il y avait visibilité…un préfet
technicien en quelque sorte !

Nous partons par la piste, secoués dans tous les
sens, je commence à être malade, suées etc.…(le bangui
vous vous souvenez ? Et bien mon estomac aussi….).A notre arrivée
même accueil chaleureux, cette fois nous sommes avec quelques cadeaux :
des pains, rares à la campagne, des bonbons pour les enfants et
quelques revues en couleur. Nous nous retrouvons tous réunis sous
une espèce de halle au milieu du village avec toutes les autorités :
le superviseur, le chef du village, le chef des terres ( personnage très
important pour le choix de l’emplacement éventuel de nos installations)
Laurent que nous connaissons pour lui avoir écrit et beaucoup d’enfants
et d’habitants sont là. Le coca chaud nous est offert, cette fois
je suis bien malade pour de bon, j’ai gardé mes lunettes de soleil
pour cacher mon regard qui doit être plus que bizarre, j’ai des renvois
d’estomac je crains le pire au milieu de tout le monde…Nous nous levons
pour aller voir le local prévu pour le téléphone et
en chemin au milieu du village ce qui devait arriver…arriva ou plutôt
fusa !!!!!Je ne vous fais pas un dessin, je ne me sentais pas très
à l’aise, mais cela n’a pas perturbé les habitants…je ne
devais pas être le premier !!! Quant à Jean Claude : rien, mais
je l’ai bien fait rire. Il m’avouera un peu plus tard que lui avait la
diarrhée la veille au moment de la photo et quand on s ’est tous
levés pour la faire il avait serré les fesses très
fort. ….Il me tarde de voir sa tête sur la photo !!!C’est aussi cela
l’afrique.

Après visite de plusieurs points dans le village
nous retournons sous la halle discuter des problèmes que nous rencontrons
pour réaliser notre étude. Nous prenons toutes les précautions
possibles pour ne pas entretenir de faux espoirs en faisant des promesses
inconsidérées.

Nous rentrons assez tard sur BOBO, je vais me coucher
tôt…devinez pourquoi !!!

BILAN SEREKENI :
- Le TERA est en limite de portée sur une distance
de 25kms, le site de DIGUERA n’étant pas en visibilité (
malgré les dires du Préfet….) la liaison ne peut être
réaliser qu’à partir de MAHON. Nous envisageons la simulation
de cette liaison dans la région de CHAMBERY, des résultats
dépendront la réalisation du téléphone de SEREKENI.

- Pylône de 80m, là aussi le manque d’information
ne nous a pas permis de réaliser les mesures. Nous ne pouvions pas
installer notre antenne a cette hauteur, et vu la végétation,
celle ci devra être installée en haut.

- Il faudra prévoir pour le futur qu’une équipe
installe l’antenne avant notre arrivée ainsi que le coaxial pour
raccorder notre coffret ( vu la hauteur du pylône le coax de type
FLD 2,50 nous semble plus approprié que le KX4 )

- La notion de relais est à exclure totalement,
l’ accès en serait impossible en période humide. Les installations
solaires seraient volées très rapidement. Le dépannage
en plus d’être d’une grande difficulté technique en serait
d ’une difficulté exceptionnelle.

- Le village de SEREKENI étant très isolé
voire impossible d’accés en période humide, le dépannage
devra être envisagé d’une autre manière que prévue
avec l’ONATEL. Nous avons pensé qu’il serait possible de former
un habitant du village ( pourquoi pas Laurent) de lui laisser un lot de
maintenance, charge à lui de dépanner le coté village,
l’ONATEL s’occupant de la partie réseau.

- Un mât de 12m environ existe au milieu du village,
l’endroit nous semble le meilleur pour la réception, mais la végétation
abondante avec des arbres très hauts ne nous permet pas d’être
sur a cent pour cent du résultat final. ( Faut-il demander la construction
d’un mât plus important ?) Faire quand même la liaison sur le
mât existant ? Nous ne pouvons pas répondre à cette
question.

Mercredi 27
C’est le retour pour OUAGA, mais avant nous devons saluer
les divers Directeurs locaux, nous leur faisons un compte rendu de notre
mission et les remercions pour leur accueil.

En route nous rencontrons au restaurant la femme du Ministre
des télécoms, il ne nous reste plus que le Président
de la République à voir comme autorité !!!!!

Arrivés en fin d’après midi au DILA nous
laissons notre chauffeur rentrer chez lui…nous aurons fait plus de 2500kms
avec lui sans aucun problème et nous le remercions.

Jeudi 28
Nous passons la matinée à préparer
une caisse de matériel de maintenance TERA pour ABOU. Etiquetage
de toutes les cartes, inventaire complet. Nous préparons un petit
résumé de notre mission car nous avons rendez-vous avec Etienne
vers 15h00. Repas à notre resto habituel sur OUAGA : le TAM TAM (les
habitués connaissent….) Puis nous faisons notre compte rendu de
mission à Etienne. Nous lui exposons les difficultés rencontrées
et notre vision du suivi des liaisons déjà en service. Nous
prenons un verre ensemble et nous donnons rendez-vous au lendemain à
la Direction de l’ ONATEL ou nous rendrons compte de notre mission. Petit
détour par l’aéroport pour voir les horaires de notre vol
et les modalités de confirmation du billet. Rentré au DILA
ou Jean Paul nous attend, il nous propose une visite " sous les amandiers",
nous prenons un verre ensemble à sa sympathique petite buvette.

Vendredi 29
Nous retrouvons Etienne à la Direction de l’ONATEL
ou nous devons rendre compte de notre mission. Nous sommes reçus
par le Directeur de la Production que nous remercions pour l’efficacité
de l’organisation dont nous avons bénéficié. Nous
lui exposons les difficultés rencontrées ainsi que le dépannage
des liaisons de TOMA.

Retour au DILA, préparation des bagages, vers
17h00 nous devons rencontrer l’ ambassadeur de France.

Nous lui exposons le but de notre visite, il semble très
intéressé et tient à être tenu informé
de la suite de notre mission ( faisabilité de la liaison de SEREKENI,
financement éventuel).

Achats de souvenirs au marché artisanal de OUAGA
ou sont rassemblés plusieurs artisans puis retour au DILA pour notre
dernière soirée.

Samedi 30
Debout à 3h30 !! Notre avion est prévu pour
6h00, mais nous ne partirons qu’à 7h00. André nous conduit
à l’embarquement, nous lui laissons nos médicaments et quelques
habits pour le remercier de sa disponibilité et de sa gentillesse.
Durant le vol nous survolerons de superbes paysages de déserts et
de dunes. Arrivé vers 13h00 à MARSEILLE.

Nous rentrons avec des souvenirs pleins la tête
et surtout avec l’idée d’avoir vécu une expérience
exceptionnelle à tout point de vue. Nous garderons longtemps le
souvenir des personnes rencontrées, leur philosophie de la vie,
leur gentillesse, leur simplicité et leur tolérance, choses
si précieuses de nos jours et un peu oubliées chez nous.

J’écris ces quelques mots entre les deux tours
des élections présidentielles et de penser à ce séjour
au BURKINA me réchauffe le cœur.

Je conseillerais pour conclure à tous les adhérents
de faire cette expérience si enrichissante…même en francs
CFA !!! Ils en reviendront transformé et avec le sentiment d’avoir
été réellement utile.

Alain FARGES, Jean Claude COSTE (CSDPTT Rhône
Alpes)