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SMSI (Sommet Mondial de la Société de l’Information) : Compte rendu de PREPCOM3 (Phase 1)

Compte rendu de la PrepCom-3

Compte rendu de la prepcom3 de Jean Louis Fullsack
Déclaration du 18 Septembre 2003 en Plénière SC-2 au nom du Caucus Afrique et du Groupe de Travail Accès-Infrastructures-Financement de la Société Civile
SMSI PrepCom-3 - Groupe de Travail Contenu et Thèmes de la Société Civile (GTSC C&T) Présentation au nom du président du Groupe de Travail au Groupe de rédaction « Infrastructure » du SC-2
WSIS PrepCom-3 SC Working Group on Content and Themes (CSWG-C&T) Presentation on behalf of the Chair of CSWG-C&T to the Drafting Group on Infrastructures
September 24th , 2003
Proposition d’Amendement Projet de Plan d’Action Section D : Financement et Mise en Œuvre
Working group on « Financing » Civil Society contribution 22 September 2003 The Africa Caucus and the Working Group on Access - Infrastructure - Financing of the CS Content and Themes group, stress the urgent need of an African Infrastructure Crash Programme
 
 
 


Compte rendu de la PrepCom-3

par

Jean Louis Fullsack

Notes introductives
Le 3ème Comité préparatoire, PrepCom-3, a été convoqué par le Président Samassekou essentiellement pour élaborer la version finale des deux documents de base du Sommet mondial sur la Société de l’Information (SMSI) que sont « La Déclaration des Principes » et « Le Plan d’Action » -actuellement encore sous forme de projets (drafts)- afin de les présenter aux fins d’approbation et de signature au Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement qui se réunit à Genève en décembre prochain. Cette procédure devait ainsi parachever la 1ère phase du SMSI.
A ce PrepCom qui s’est déroulé du 15 au 26 septembre 2003 à Genève, la Société civile a été représentée par près de 500 organisations ou associations.
Les deux semaines allouées au PrepCom-3 n’ont non seulement failli à atteindre le résultat annoncé, mais ont marqué encore davantage les différences entre les représentants des gouvernements et la Société civile, voire à l’intérieur du camp intergouvernemental lui-même. Même la Société civile (SC) a connu quelques divergences. Il n’étonnera personne que le Secteur Privé n’a pas eu de problèmes majeurs tant il est apparu sobrement (une petite délégation de la Chambre de Commerce Internationale) mais fermement en affirmant et répétant ses propres vues de la « Société de l’Information » basée sur le modèle le plus néo-libéral.
Je dois aux lecteurs d’expliquer que pour ce PrepCom j’ai privilégié la participation aux réunions de la SC, à savoir les Plénières quotidiennes et les séances bi-quotidiennes du Groupe de travail «  Contenu et Thèmes » de la SC (CS C&T). Je n’ai assisté qu’à quatre Plénières intergouvernementales -dont deux où je suis intervenu ou « inspiré le texte » de l’intervenant-, et à deux Groupes de travail intergouvernementaux « Financement  » et « Infrastructures », où j’ai présenté des propositions. Toutes ces interventions ont été faites au nom du Groupe CS C&T. On en trouvera les textes en annexe de ce compte-rendu.

La première semaine
La première semaine était entièrement consacrée à la rédaction d’une version finale du Projet de Déclaration des Principes (Draft Declaration of Principles, DDP). A cette fin elle a été « saucissonnée » en 4 sections ou blocs regroupant plusieurs paragraphes. L’examen section par section était effectué en Plénière de la manière suivante : la société civile (SC) disposait -tout comme le Secteur privé et les Institutions internationales/régionales- de cinq minutes en début de séance pour exposer ses propositions de rédaction (modification, complément, ajouts éventuels). Compte tenu de la portée des sections, deux ou trois groupes de travail ou « Caucus » de la SC étaient concernés et rédigeaient leur proposition en conséquence, ce qui laissait deux minutes et demie ou une minute et demie selon le cas (soit entre deux cent et soixante mots) pour tenter de convaincre ... Une caricature très représentative du « partenariat  » tant vanté par les organisateurs du SMSI ! Surtout lorsque l’on ajoute que les contributions de la SC doivent être remises par écrit au Secrétariat du SMSI au moins une heure avant leur présentation, alors que les thèmes abordés sont définis unilatéralement par la Plénière intergouvernementale, souvent dans la hâte. La SC court donc systématiquement après l’événement et ses contributions sont souvent élaborées dans la précipitation. Il n’empêche, elles sont pertinentes et enrichissent les textes de l’avis de nombreux « observateurs » dont des représentants gouvernementaux sympathisants (mention spéciale au Canada et à la Suisse, et regrets pour la timidité française ...).
Au sein de la SC, la première semaine a aussi été marquée par une forte divergence de sa grande majorité par rapport au refus d’accréditer au PrepCom-3 l’association Reporters Sans Frontières (RSF). Cette décision prise par le Secrétariat du Sommet et plus particulièrement par son responsable Pierre Gagné, a vivement fait réagir diverses associations de la SC et exigé plus de clarté dans l’explication -contradictoire et peu convaincante- des responsables de l’organisation du SMSI. Il s’agissait là d’un premier accroc dans le déroulement du PrepCom-3, entre la grande majorité de la SC et les structures organisationnelles du SMSI.
A la fin de cette première semaine CSDPTT contribue à une intervention du Caucus « Afrique » en Plénière intergouvernementale du SC-2 sur les objectifs en termes d’accès, d’infrastructures et de financements qui reprend nos principales préoccupations et propositions. C’est Edgard Mandrault (SC Gabon) qui la présente jeudi avec toute sa conviction. J’interviens vendredi soir dans cette même Plénière sur le thème du « Financement des Infrastructures des TIC dans les Pays en Développement » dont on trouvera le texte en annexe.
Vendredi soir et au terme de l’examen des différentes sections comme évoqué plus haut, le projet de Déclaration élaboré par la Plénière intergouvernementale est mis dans nos casiers. La SC ne retrouve pratiquement aucune de ses contributions ! Pour tous c’est la consternation que le week-end va transformer en protestation. Certains envisagent l’organisation d’un « Sommet parallèle » en réaction à ce mépris de la SC par une majorité de délégations gouvernementales. Telle quelle la Déclaration des Principes est orientée par et vers le marché ce qui même pour les ONG si dociles jusqu’ici est choquant et inadmissible. En outre elle omet des thèmes défendus par la SC tels que le rôle des services publics, l’enseignement, les droits des travailleurs, la liberté des et des médias et de l’expression, la gouvernance d’Internet, les logiciels libres, la contestation de droits de propriété intellectuelle ainsi que les droits et libertés d’accès à l’information, sans même parler de citoyenneté  !
Cependant des thèmes, pourtant majeurs en termes d’importance et de portée et relevant de la Déclaration des Principes, continuent à être ignorés par la SC. Il en est ainsi de la déréglementation et ses conséquences sociales et économiques dans les PeD, et du nécessaire recentrage de l’UIT sur ses fonctions de base comme le développement des télécommunications dans ces pays et plus particulièrement en Afrique.
Dans un tout autre registre, le Sénégal présente en fin de cette 1ère semaine son « Fonds de Solidarité Numérique  » comme prémisse à la discussion sur le Plan d’Action. Il fera parler de lui et causera quelques « dégâts collatéraux  » comme on le verra plus loin.

La deuxième semaine
Le projet de Plan d’Action (plus de 300 contributions reçues) qui paraît lundi soir de la 2ème semaine enfonce encore le clou : comme la Déclaration, le Plan d’Action est un exercice de style néolibéral où le rôle des pouvoirs publics se réduit à « créer un environnement législatif et réglementaire favorisant les investissements étrangers » et assurant aux sociétés des conditions optimales de rentabilité. Les contributions faites notamment par la SC lors de la Réunion intersessionnelle de Paris -dont celles de CSDPTT pour un accès au réseau par village dans les PeD dès 2005- et qui ont été intégrées en partie dans la version du projet de PA publié à l’issue de celle-ci, ont pratiquement disparu dans la nouvelle version remise aux délégués à Genève.

Cette conjonction d’insatisfactions -limitation de l’expression de la SC dans les plénières et prise en compte très partielle de ses contributions 1- provoque le deuxième accroc sérieux dans le jusque là relativement paisible déroulement du processus préparatoire du SMSI. Constatant la montée de la colère de la SC et craignant une « Déclaration alternative  » de la SC, voire la menace d’une minorité de se mettre en marge du processus du SMSI 2, son Président Adama Samassékou intervient directement dans la Plénière de la SC mardi matin. Il vient de publier un document intitulé «  From Input to Impact » qui met notamment en lumière l’efficacité du partenariat entre la SC et la représentation intergouvernementale  ; à l’évidence cette assertion est battue en brèche.

Dans son intervention le Président Samassekou se dit conscient du mécontentement de la SC et la rassure : « Vous êtes de toutes façons entendus et compris ». Il partage sa frustration. « Il faut parler vrai et agir en vérité » ... « Le partenariat n’est pas un vain mot » ou une mode à laquelle il se sacrifierait. « Je me considère comme un vieux militant des valeurs et de la dignité humaines ». M. Samassekou poursuit : la réunion de Paris a montré qu’un partenariat est possible. La confiance en est le principal aspect et si elle est rompue le partenariat ne survit pas. Pour éviter cette issue il n’y a qu’une recette : maintenir le dialogue. « Maintenant que nous sommes arrivés à un moment crucial du processus du SMSI chaque partenaire est convaincu que les documents élaborés vont être soumis au Sommet. La capacité d’attention est ainsi sollicitée au maximum par chaque partenaire  ». La plénière de la SC écoute en silence ces propos qui se veulent rassurants. Le Président Samassekou lance alors son appel  : « Ne gâchez pas le bénéfice de votre propre combat  ; vous avez tenu jusqu’ici dans une approche extrêmement constructive  ; des partenaires ont compris votre utilité (sic) et veulent travailler avec vous ». Plutôt rassurant en effet .... Mais ces bonnes paroles sont immédiatement suivies par des propos douteux. « Il y a des gens dont la propension est de créer des drames ; c’est ce qui les fait mouvoir ! Soyons donc nombreux à continuer sans violence, sans méthodes de pression ni chantages (sic)  ». Pour une SC qui a montré une docilité sans faille et qui a toujours « lissé » toutes ses propositions, de tels propos sont déplacés.

Le président Samassekou termine en proposant à la SC une occasion de dialogue et, si elle est honnête et soucieuse d’adéquation, elle retrouvera (sic) les vrais lieux de concertation. Il faut établir une balance entre ce qui est essentiel pour la SC et ce qui l’est pour les autres partenaires, et veiller à ce que l’essentiel est pris en compte. Il est dommage de « répondre à la crise » ; la réunion du Bureau du SMSI fournira toute à l’heure les possibilités des terrains d’entente.
Des applaudissements sont polis comme il convient de dire en pareille circonstance. Visiblement le Président n’a pas convaincu la majorité de la SC. Ce discours -avec ses propos contrastés- marque un certain tournant dans les relations entre le Président Samassekou et la SC.

Le temps pour les questions étant limité d’autorité, trois questions sont répondues 3. Le Président Samassekou lit toutes les contributions, le dialogue entre Secteur privé et la SC existe et il y croit (« sinon je ne serais pas ici  ») et enfin il nous livre un messages : Si l’on rêve tout seul ce n’est qu’un rêve, mais rêver ensemble est le début de la réalité. Je ne sais si beaucoup d’ONG pourront continuer leur engagement sur de telles vues simplificatrices et bien éloignées des réalités.

Les négociations sur le projet de Plan d’Action sont dès le début de la 2ème semaine dans une impasse du fait d’antagonismes prononcés entre les délégations gouvernementales, sans compter ceux entre ces délégations et la SC. Le président du SC-2 propose alors la création de «  groupes de travail intergouvernementaux  » spécifique pour prendre en charge « les domaines présentant les points les plus litigieux ». Il était temps, car le PrepCom allait s’enliser sérieusement. Dommage que cette idée pourtant simple ne soit pas apparue la semaine passée : on aurait gagné un temps précieux pour rédiger une version « définitive » de la Déclaration ! Huit Groupes de travail sont ainsi créés dont Infrastructure, Financement, « Capacity building » (encore une terminologie creuse et difficilement traduisible pour désigner les besoins en enseignement et formation), Medias, etc... Le règlement intérieur de ces GT stipule que la SC pourra intervenir pendant 5 minutesà l’ouverture de la séance puis devra sortir pendant les débats  ; elle pourrait être rappelée à leur issue pour écouter les conclusions sans intervenir. Encore une belle démonstration du «  partenariat multiacteurs » dont continuent cependant à rêver quelques représentants très actifs de la SC ... J’ai eu le privilège (...) d’intervenir dans deux de ces GT, Financements et Infrastructures, au nom du Groupe CS C&T. Le texte de mes contributions figure en annexe au présent document.
Les conclusions des délibérations intergouvernementales ne reprennent pratiquement aucune de mes propositions majeures. Une fois de plus le travail intense -car rédigé et présenté en anglais, ces GT ne fonctionnant que dans cette langue- est envoyé dans l’espace intergouvernemental sans déboucher sur une solution concrète, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu débat autour de nos idées comme quelques participants gouvernementaux me l’ont assuré.

En ce début de la 2ème semaine, le Groupe C&T de la SC accepte -enfin et sur mon interpellation- de se pencher sur la terminologie récurrente du SMSI et en premier lieu sur la définition de «  La Société de l’Information », de « La Fracture Numérique  » et autres « gadgets numériques » qui sous prétexte qu’ils sont répétés dans tous les documents et discours sont acceptés par les "partenaires" comme des réalités. Je rappelle à cet égard la réflexion et le travail de Philippe Quéau sur ce sujet et informe par la même occasion la SC présente de la mise à l’écart (au frigo peut-on dire car il est nommé comme Représentant de l’UNESCO ... à Moscou) en contre partie du retour des USA dans cette organisation ! Si les présents ont estimé que ces (basses) manœuvres ne grandissent pas les Institutions internationales, personne n’a envisagé une protestation plus ferme de la SC ... On est bien sage dans ce SMSI, même les plus « progressistes ». Et on est toujours dans le flou pour ce qui concerne la SI sauf que le groupe a accepté de parler désormais des « Sociétés de l’Information  » les plus hardis ( !) précisent même « les sociétés de l’information et de la communication ». Philippe Quéau doit s’en réjouir dans son exil ...

L’indiscutable vedette de la semaine a été «  la déclaration alternative » de la SC et telle l’arlésienne a été dans toutes les réunions, alimenté un nombre impressionnant d’interventions, revêtu toutes les formes -des plus molles au plus dures, version longue ou version courte-, et essayé tous les titres, de déclaration à communiqué. Et telle que dans l’opéra de Bizet elle n’est jamais apparue sur scène, c’est-à-dire au public. Sans aucun doute pour ne pas heurter les âmes sensibles des protagonistes de SMSI. En fait on a commencé par élaborer une version « hard » en début de semaine qui est progressivement devenue « soft » au fil des jours et des ajouts pour devenir ce document invertébré présenté à la conférence de presse finale (voir plus loin).

En fait ce document pose plus de problèmes qu’il n’en résoud car la SC sera bien tiraillée lorsqu’il s’agira de définir une position claire « après PrepCom-3 ». Un groupe de suivi a été mis en place au niveau de CS C&T pour faire évoluer ce document en un « manifeste » de la SC lors du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de décembre. Je me suis inscrit dans ce groupe pour assurer une présence francophone et essayer de lui donner plus de « corps » et mettre en évidence les points clés sur lesquels la SC ne cédera pas aux sirènes du Consensus.

Une nouvelle mouture du projet de Plan d’Action est distribuée en début de semaine. Voici, à défaut du contenu, les grands chapitres :
A Introduction
B Objectifs et cibles
C Grandes orientations
C1 Le rôle de toutes les parties prenantes dans la promotion des TIC pour le développement
C2 Infrastructure de l’Information et de la Communication
C3 Accès aux informations et aux connaissances
C4 Renforcement des capacités
C5 Utilisation des TIC : renforcer la confiance et la sécurité
C6 Créer un environnement propice
C7 Applications TIC
C8 Identité culturelle, diversité linguistique et contenu local
C9 Media
C10 Dimension éthique de la SI
C11 Coopération internationale et régionale
D Financement
E Mise en œuvre
F Vers la phase 2 du SMSI

Un groupe de travail animé par W. Kleinwächter, assisté par une équipe d’étudiants volontaires, établit au fil de l’eau un bilan de l’inclusion des contributions de la SC dans le projet de Plan d’Action à l’instar de ce qu’ils ont réalisé pour le projet de Déclaration des Principes. Un travail excellent qui permet de rendre hommage à cet engagement bénévole et de haute compétence que les étudiants effectuent pour la SC ; à cet égard il faut aussi mentionner les tâches d’interprétariat bénévole, un travail particulièrement ardu, qui permettent à la SC de se comprendre dans les trois langues officielles du Sommet dans ses réunions plénières et dans une bonne partie des réunions de son groupe de travail C&T. C’est aussi cela le SMSI et cet engagement des « jeunes » donne un peu d’air et d’espoir pour la suite ... !

Pour répondre plus efficacement aux problématiques nombreuses et complexes du SMSI, et améliorer ses contributions à ses documents, la SC s’est doté de Groupes thématiques dont les responsables (« focal points » ont été nommément et consensuellement désignés. Pour faciliter le travail avec la Plénière intergouvernementale ils recopient les mêmes domaines à savoir :
- Financements
- Infrastructures (J.L. Fullsack)
- Presse
- Sécurité
- Renforcement des capacités
- Environnement
- Accès à l’information
- Applications TIC
- Diversités
- « Les amis du Président » : c’est l’ensemble du groupe de travail C&T de la SC qui correspond à ce domaine.

Pour ce qui concerne le « Programme de Solidarité Numérique » (PSN) présenté par le Sénégal j’insiste sur la « neutralité » que doit observer la SC car nous avons des propositions en la matière que nous avons déjà présentées et pour lesquelles la SC doit s’engager, en complémentarité du PSN. Notre solidarité doit s’exercer sur une dimension bien plus étendue que la seule « numérique » dont personne ne perçoit la réalité, surtout pas parmi les populations des PeD ! Cette opinion est partagée par le Caucus Europe et Amérique Latine-Caraïbes entre autres.

Notre solidarité devra aussi inclure davantage l’ensemble des travailleurs du secteur TIC et en particulier celui des opérateurs publics de télécommunications des PeD qui devront affronter les rigueurs des Programmes d’Ajustement Structurel et autres plans « sociaux  » mitonnés par les protagonistes de la pensée ultra-libérale qui -comme par hasard- se retrouvent en force dans les lobbies autour du SMSI, voire parmi les représentants gouvernementaux, y compris ceux de PeD voire de PMA. Nos contributions à la Déclaration et au Plan d’Action devront impérativement être articulées sous ces préoccupations sinon elles manqueront indiscutablement de légitimité. Appel donc aux syndicats pour une réflexion approfondie sur les grands thèmes et une participation plus active au processus du SMSI. A cet égard nous rendons hommage à notre collègue Gueye de Sonatel (Sénégal), le représentant des « télécommunicants du Sud » pour sa contribution positive aux réflexions de la SC.

Mercredi soir j’ai eu un entretien assez long avec un membre de la délégation officielle sénégalaise puis avec Amadou Top (OSIRIS) pour échanger nos points de vue sur le problème vaste du financement et tenter de les convaincre que d’autres solutions que le PSN existent et doivent être explorés et évalués. J’ai tenté en vain de les encourager à ne pas se polariser sur le seul PSN exclusif d’autres solutions. Et c’est Amadou Top qui me semblait le plus réticent à cette idée. « Toutes les méthodes classiques de financement ont été un échec » ; le PSN du Président Wade s’impose donc par nécessité. C’est donc un postulat plus qu’une démonstration ! Il ne reste plus à la SC que de l’entériner faute de quoi elle se déconsidérerait dans les PeD et en Afrique en particulier. Ce qui me choque le plus c’est

- que la SC africaine représentée au PrepCom-3 soutient dans sa majorité le PSN sans se poser des questions quant à sa transparence, à sa gestion ni à son affectation ;

- que la même SC confère au PSN les financements des écoles, hôpitaux et villages qui ne sont pas intéressants pour le secteur privé. Un fatalisme qui exclut désormais le rôle des pouvoirs publics dans ces domaines sociaux en particulier.

Je remarque simplement que ces nouvelles affectations sont aux antipodes des propositions pour un « Fonds de Solidarité Numérique  » que le Président Wade a présenté lors de PrepCom-2 puisque les fonds collectés devaient être affectés au financement des infrastructures de TIC.
Sur la demande de la délégation gouvernementale du Sénégal pour exposer devant la SC la proposition du Président Wade pour un Programme de Solidarité Numérique, Amadou Top intervient jeudi matin en réunion Plénière. Cette proposition est favorablement accueillie par les participants. Des réserves s’exprimeront lors de la réunion du groupe C&T de la SC qui suit la Plénière.

Les ONG africaines invitent la SC à participer à la « Réunion Sud-Sud » qu’elles organisent dans l’après-midi. Elle se déroule hélas dans des conditions incompatibles avec l’importance du thème majeur au programme : les besoins en financement et la solution du PSN. Là aussi, les positions sont acquises et la moindre suspicion ou réserve exprimée est mal reçue. Dommage car voilà un forum qui pourrait aiguillonner le SMSI s’il n’était trop focalisé sur les solutions « officielles ». Y aurait-il un lien entre les sources de financement des organisations participant au PrepCom et certains cercles gouvernementaux ? Ces positions risquent de constituer une difficulté supplémentaire pour la SC avec un potentiel de divergence important.

Lors de la Plénière intergouvernementale du SC-2 jeudi soir la SC a un « créneau de parole de 2 minutes 30 »  ; je contribue à la présentation (une des toutes dernières) faite au nom du groupe C&T en incluant les thèmes de la primauté de l’énergie (en Afrique la « fracture énergétique  » précède la « fracture numérique ») et le prérequis de réseaux de télécommunications pour disséminer les applications et contenus de la « Société de l’information ».

Cette fin de 2ème semaine est aussi marquée par le débat -à peine commencé à l’intérieur de la Société civile- sur « l’étape tunisienne » du processus du SMSI. Il faut dire que la nomination d’un Général (et ancien ministre de l’intérieur qui s’est fait épingler par Amnesty International) pour organiser cette étape peut surprendre voire choquer. Ce qui n’a pas manqué d’arriver à un grand nombre d’ONG, et en particulier aux Caucus « Media » et « Droits de l’homme  » de la SC qui ont sévèrement critiqué ce choix voire exigé que le gouvernement reconsidère cette nomination 5. Des membres d’ONG tunisiennes mais aussi africaines (« attaquer la Tunisie c’est attaquer l’Afrique » a déclaré Mustapha Masmoudi au Caucus Afrique) se sont élevés contre une telle orientation de la SC : celle-ci doit revenir à ses positions très conformistes qu’elle a observées jusque là. C’est assurément un accroc supplémentaire sérieux dans le PrepCom-3 et il touche au plus profond la Société civile. On verra qu’il s’est manifesté au « public » avec davantage de virulence encore, lors de la conférence de presse à la fin du PrepCom-3.

La dernière journée est consacrée aux préparatifs pour la Déclaration de la SC lors de la conférence de presse et au-delà à un texte plus complet pour le Sommet de décembre.
La conférence de presse qui a clôturé le PrepCom-3 a été un non-événement sur le fond, et un clash dans la forme (la Tunisie est au centre des divergences). Nous y consacrerons un article à part à ces chaudes heures dans la Salle 15...
Alors, rendez-vous au PrepCom-4 ? Réponse bientôt, après discussion notamment au Conseil d’Administration de CSDPTT.

Jean Louis Fullsack



1 Une analyse du Projet de Déclaration effectuée par la SC à l’occasion de cette Plénière a ainsi constaté que 49% des paragraphes ignorent carrément les contributions de la SC, 12% sont à peu près identiques à la version précédente et 39% prennent en compte -au moins partiellement- ces contributions
2 Karen Banks d’APC et membre du Bureau de la SC a déclaré à l’issue du PrepCom « il y a eu un moment au cours de la deuxième semaine où la SC était sur le point de se retirer de tout le processus du SMSI »
3 J’avais levé mon bras pour poser exprimer ma réaction choquée par les propos du Président adressés à la SC (en sa Plénière) qui mettaient implicitement en cause l’honnêteté et l’engagement des ONG dans leur participation au processus du SMSI, et pour lui demander qui sont ces fauteurs de troubles. Le responsable du Bureau international de la SC Alain Clerc est alors venu m’inciter à ne pas prolonger la séance en me disant que le Bureau reviendrait sur ces points dans sa réunion à l’issue de cette Plénière de la SC. Entre temps, le Président a quitté l’estrade ...
4 En fait les « observateurs » dont le Secteur privé, les organismes internationaux et la SC, disposent de cinq minutes chacun en tout début de séance et sont astreints à quitter la salle pendant les délibérations des délégations gouvernementales
5 Une pétition a été rédigée par le Caucus « Droits de l’homme » pour condamner cette nomination et exiger la nomination d’une personnalité plus conforme aux problèmes soulevés par le SMSI


Déclaration du 18 Septembre 2003 en Plénière SC-2
au nom du Caucus Afrique et du Groupe de Travail Accès-Infrastructures-Financement  de la Société Civile

Elle porte sur l section D), paragraphes 45 et 46, et souligne le

Financement des infrastructures des TIC dans les Pays en Développement

Dans ces pays les infrastructures concernées sont essentiellement les réseaux de télécommunications. Leur état actuel, limité et plus que critique, exigera des investissements lourds pour les rénover et développer.

Eu égard à son volume, le financement pose deux problèmes : son évaluation et sa mobilisation.
L’évaluation implique l’examen préalable et systématique de l’existant et des projets en cours, afin d’optimiser les coûts, donc le montant du financement, et éviter des doublons.
Quant à la mobilisation, elle requiert une analyse complette des²acteurs économiques et de leur offre.

Une proposition de modification et complément des paragraphes concernés a été transmise au SC-2 dont les deux plus importantes sont
- D’inverser les paragraphes 45 et 46
- De compléter l’alinéa f) du nouveau paragraphe 45 par :
Dans ce contexte on identifiera et évaluera la part du secteur des TIC dans la composition de la dette publique des PeD et PMA en vue de l’affecter en priorité au financement des infrastructures TIC dans le cadre de la conversion de cette dette.

Présentée par Jean-Louis Fullsack à 17h 30 en Plénière intergouvernementale de la SC-2


SMSI PrepCom-3 - Groupe de Travail Contenu et Thèmes de la Société Civile (GTSC C&T)

Présentation au nom du président du Groupe de Travail au Groupe de rédaction « Infrastructure » du SC-2
24 septembre 2003

Dans le cadre du Projet de Plan d’action1  soumis à notre examen, et en prenant en compte ses préoccupations sur le problème fondamental que constituent les infrastructures des TIC en particulier dans les PeD, le Groupe de travail Contenus et Thèmes de la Société civile vous soumet la contribution suivante.

Les infrastructures des TIC -les réseaux de télécommunications dans leur majeure partie- constituent un véritable prérequis à la fois pour le déploiement des services basés sur les TIC et pour leur accès et usage par les populations de ces Pays.
Sans réseau il n’y a tout simplement pas de services véhiculant l’information et la communication, et le « fossé numérique  » s’élargira encore davantage.
Cependant ces PeD doivent faire face d’abord à un autre fossé : le « fossé énergétique » ou électrique.
Sans énergie les infrastructures et leurs équipements d’accès ne peuvent tout simplement pas fonctionner.
Dès lors l’énergie est un autre prérequis auquel les infrastructures sont soumis. La forte synergie entre infrastructures TIC et énergie doit être recherchée et utilisée systématiquement et le plus largement possible.
Ces remarques fondamentales devraient donc être incluses en tout début du Projet de Plan d’Action (PPA).

S’agissant plus particulièrement des infrastructures TIC, le groupe de travail C&T recommande une rédaction et une place plus visibles dans le PPA, notamment par un re-ordonnancement et une re-écriture des § C1 et C2.
 

Changement de rédaction et compléments :

§ 15 : Nouvelle version proposée :
« L’infrastructure est un prérequis pour le déploiement des services TIC et essentielle dans la concrétisation de l’objectif d’accès pour tous, durable et financièrement abordable à ces technologies et leurs services. A cet égard il sera indispensable d’utiliser aussi bien les technologies existantes que les technologies nouvelles. »
Dans ce § , le 1er sous-paragraphe devrait mentionner :
« La recherche de synergie entre les différents secteurs (avec une attention particulière pour le secteur énergie) et les infrastructures TIC devrait être effectuée dans le cadre de la politique de développement national et (sub-)régional. »

§ 15, après le sous-paragraphe 15d ajouter :
« Les orbites satellitaires devraient être reconnues comme une ressource publique et devraient être allouées au bénéfice de l’intérêt public grâce à des cadres réglementaires transparents et responsable. »
A la fin du sous-paragraphe 15i ajouter
« et réserver un pourcentage fixe de la capacité satellitaire à des sages éducatifs, humanitaires, communautaires, et autre usage non commercial. ».
A la fin du § 15 jouter un nouveau sous-paragraphe :
« La planification du spectre et la réglementation devraient assurer un accès équitable au spectre parmi une pluralité de médias, y compris une capacité suffisante réservée aux médias communautaires dans un environnement à la fois analogique et numérique.

Par ailleurs le Caucus Media recommande l’ajout des deux points suivants dans le § 15 :
1- Le développement de l’infrastructure pour la couverture universelle de radio et télévision et le déploiement de plans pour la transition vers la télévision numérique.
2- On devrait promouvoir des normes ouvertes et interopérables.

Enfin, la forte synergie entre les infrastructures TIC et celles de transport et diffusion de radio et de télévision devrait conduire les gouvernements et les planificateurs à au déploiement et utilisation commune des infrastructures.

Compte-tenu de l’urgence que présente le problème des infrastructures des TIC dans les PeD, les gouvernements et/ou autorités régionales devront identifier clairement les priorités de leur déploiement et l’échéancier de leur mise en œuvre (programmation)

D’autres proposition de rédaction peuvent être soumises au Groupe de rédaction Infrastructures si demandé, de même que les questions soulevées par la présente contribution peuvent être répondues selon la convenance du Groupe.
 

Présenté par Jean-Louis FULLSACK
Personne focale pour l’Infrastructure, du Groupe de Travail «  Contenu et Thèmes » de la Société Civile
Site web : www.csdptt.org
courriel : jlfullsack@wanadoo.org
---------------
1 Document WSIS/PC-3/DT/2-F du 21 septembre


WSIS PrepCom-3 SC Working Group on Content and Themes (CSWG-C&T)

Presentation on behalf of the Chair of CSWG-C&T to the Drafting Group on Infrastructures
September 24th , 2003

In the framework of the Draft Plan2  of Action submitted for examination, and taking in account its concerns on the fundamental issue that ICT infrastructures represent particularly in developing Countries (DCs), Civil Society Content and Themes working group submits the following contribution to your attention.

ICT infrastructures - in their largest part telecommunications networks - constitute a real prerequisite for both devising ICT based services and allowing access to and usage of these services by populations concerned.

Without any network there is simply no transport of information and communication based services, and the "digital gap" still widens more and more.

However, these DCs first have to face another gap : the "energy gap" or electrical gap.

Without energy, ICT infrastructures and associated access equipment simply are idle (don’t work).

Hence energy is another prerequisite to which infrastructures are submitted. The strong synergy between ICT and energy infrastructures has therefore to be researched and used systematically at the broadest possible extent.

These fundamental remarks should be included in the Draft Plan of Action (DPA) at its very beginning.
 

As far as ICT infrastructure is concerned in particular, the C&T Working Group recommends a more visible language and place in the DPA, namely by re-ordinating and re-writing of sub-sections C1 and C2.
 

Language changes and completions :

§15 : new version proposed :
Infrastructure is a prequisite for devising ICT based services and is central in achieving the goal of universal, sustainable, ubiquitus and affordable access to these technologies and their services by all. This will require utilizing existing and new technologies.

In this §, the first sub-paragraph should mention
Systematic research of synergy between different sectors (with a particular attention to the energy sector) and the ICT infrastructure should be carried out in the framework of national and (sub)regional.

§ 15, after sub-paragraph 15d) add :
"Orbital paths should be recognised as a public resource and should be allocated to benefit the public interest through transparent and accountable regulatory frameworks."

At the end of sub-paragraph 15i) add :
"and reserve a fixed percentage of satellite capacity for educational, humanitarian, community and other non-commercial use."

§ 15, at the end add new sub-paragraph :
"Spectrum planning and regulation should ensure equitable access to spectrum among a plurality of media including sufficient capacity reserved for community media in both the analogue and the digital environment."

Further, the Media Caucus would like the inclusion of the following two points :
1 - The development of the infrastructure for universal television and radio coverage and to devise plans for the transition to digital television.
2 - There should be promotion of open and interoperable standards and platforms.

Other proposals and language could be submitted to the Drafting Group on Infrastructure if there is any demand as well as questions raised by this contribution could be answered at your kind request.

At last, the strong synergy between ICT and Radio-TV networks should lead gouvernments and planificators to deploy and use a common infrastructure for their services transport.

Due to the dramatic urgency that applies to infrastructure issues in DCs, gouvernements and/or regional authorities should clearly identify their roll-out priorities and the timetable for their commissioning.
 

Jean-Louis FULLSACK
Focal person on Infrastructure, CS C&T Working Group
website : www.csdptt.org (in french)
e-mail : jlfullsack@wanadoo.fr

-----------------------
2 Document WSIS/PC-3/DT/2


Proposition d’Amendement
Projet de Plan d’Action
Section D : Financement et Mise en Œuvre

1 - Inverser les § 45 et 46

2 - Amendement au texte du § 45 nouveau  :
Un engagement en vue du Financement des différentes initiatives proposées dans le présent Plan d’Action est un élément essentiel de la réussite de la mise en œuvre de ce Plan. A cette fin, il conviendra d’établir des partenariats efficaces entre secteur public et secteur privé et d’intégrer des sources, existantes et nouvelles, de financement et des mécanismes, existants et nouveaux de mise en œuvre.

Mesures à prendre :
a) nouveau :
Il est proposé d’organiser, au plus tard en 2005, une table ronde des bailleurs de fonds en vue de mobiliser les ressources financières nécessaires. Ses résultats devraient être présentés au Sommet de Tunis.

La communauté internationale est appelée à réagir de façon appropriée
b) nouveau
La communauté internationale est appelée à réagir de façon appropriée, dans le cadre de la coopération technique et financière, au niveau tant multilatéral que bilatéral, en fonction des priorités accordées par les PMA et PD au développement de leur infrastructure TIC.

c) Les secteur public et privé devraient être encouragés à fournir des biens...

f) nouveau :
Le fardeau insupportable de la dette devrait être réduit par le biais de mesures telles que l’allégement de la dette et, le cas échéant, son annulation.
Dans ce contexte, on identifiera et évaluera la part du secteur des TIC dans la composition de la dette publique des PED et PMA en vue de l’affecter en priorité au financement des infrastructures TIC dans le cadre du processus de la reconversion de cette dette.

h) nouveau
Dans les pays en développement, il conviendrait de mettre en place un mécanisme de financement de l’accès universel (par exemple un fonds d’accès universel) afin de répartir cet accès de manière plus équitable, en particulier dans les zones rurales et défavorisées.

46 nouveau

Mesures à prendre

g) nouveau
Les gouvernements devront s’engager clairement dans les recherches approfondies sur l’importance du secteur des TIC et sur leurs répercussions au niveau macro-économique, particulièrement en ce qui concerne le développement durable. Les résultats de ces recherches devraient être disponibles d’ici à 2005.


Working group on « Financing » Civil Society contribution 22 September 2003

The Africa Caucus and the Working Group on Access - Infrastructure - Financing of the CS Content and Themes group, stress the urgent need of an

African Infrastructure Crash Programme

In regard to the huge investments necessary for implementing such a Programme, financing is the most constraining issue.
Therefore we propose following measures to be considered in addition to the "Digital Solidarity Agenda".
 

The first was proposed as a complement to § 45/46, f) of the Draft Declaration of Principles. It stipulates that in the context of the "unbearable burden of the debt" mentioned in the §, "the part of ITC sector in the composition of the public debt in DCs and LDCs should be identified and valuated, in order to be transferred prioritarily to ICT infrastructure financing in the framework of the public debt remission process.

Further, existent mecanisms should be examined in terms of their financial potential, such as
- WorldTel, created by ITU for collecting finance for special DCs projects,
- the Special Africa Telecommunications Development Fund proposed by President Nelson Mandela at Africa TELECOM’98.

Also, in order to reinforce the self-financing potential of African Public Telecommunication Operators (PTOs), one should reconsider the settlements on tarrifs for international calls and examine the "repartition taxes" as a efficient means to alleviate financial resources of the PTOs. The shift from the former tariffing rules to the actual ones has led to an annual loss in African operators revenue by nearly 2 billion dollars per year.

Finally, reexamination and re-engineering of existing and foreseen telecommunications infrastructure projects in terms of costs optimization, and even as to eliminate duplication of infrastructures could leed to considerable gains in investment funding.
For illustrating the latter, let us take the Africa ONE project.
Africa ONE consists in building a 40 000 km submarine fiber optic ring around Africa, connecting about 30 coastal cities of the continent. These functions are at a large extent already working through other submarine cables meanwhile put in service. The withdrawal of Africa ONE project would lead to an economy of about 2 billion dollars.
 

Presented by Jean-Louis Fullsack
www.csdptt.org
e-mail : jlfullsack@wanadoo.fr
 


 

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