Lettres de CSDPTT

La Lettre de septembre 2003
No : 94

Philippe Rigaud et Bruno jaffré ont participé à la rédaction de ce numéro.
 

 Sommaire  :

Editorial
Une rentrée mouvementée  !
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Echos des postes et télécoms dans le monde
SOTEL Tchad au bord de la faillite
Congo : réseau par satellite
Guinée Bissau : rupture avec Portugal Telecom
En Bref : Congo, Madagascar, Burundi, France, Sénégal, RDC.
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Nets actus
Internet au Congo : quelques chiffres
Internet au Cameroun : quelques chiffres
Somalie : quelques chiffres
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Articles et documents
NEPAD/NOPADA :
Le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique :
nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir l’Afrique ?

Par Djilali Benamrane Economiste


Editorial
Une rentrée mouvementée !
Finies les vacances ! Les nouvelles de la rentrée ne sont guère réjouissantes pour des salariés de France Télécom et de La Poste : une réforme en préparation pour la première et l’ouverture à la concurrence pour la seconde. Plusieurs adhérents de CSDPTT vont sans doute se mobiliser…
 Le Sommet Mondial de la Société de l’Information approche. Lors de la PREPCOM3 nous tenterons encore de faire entendre les exigences du droit à la communication et notamment le droit pour chaque village du monde de bénéficier d’un accès au réseau. Conscients de la nécessité de nous unir à d’autres ONG, nous avons contribué à créer un collectif français qui commence à prendre vie. Sa première initiative va être de proposer de tenir un séminaire lors du Forum Social Européen de Saint-Denis pour tenter de sensibiliser le mouvement social sur les enjeux du Sommet.
Mais nous n’oublions pas notre vocation première. Plusieurs missions de téléphonie rurale et une de formation dans le domaine des TIC sont prévues ce dernier trimestre. Nous rencontrons certes des obstacles de tous ordres principalement des difficultés à trouver des financements, mais notre moral et notre motivation restent intacts.
Bruno Jaffré

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Echos des postes et télécoms dans le monde
SOTEL Tchad au bord de la faillite
La Société de Télécommunications du Tchad (SOTEL-Tchad) traverse une période très difficile  : en cause, une utilisation sans limite des appareils fixes par des membres de l’administration et le non paiement de factures téléphoniques des institutions étatiques et de certains particuliers qui utilisent  les téléphones des administrations pour joindre des téléphones cellulaires ou passer des communications internationales. Et lorsque les techniciens viennent pour couper les lignes on invoque la raison d’état.
On titre d’exemple, un particulier qui ne travaille pas dans les bureaux du Premier ministre, mais dont les factures sont prises en charge sur le budget de la primature a consommé à lui seul 11,5 millions FCA de frais d’appels ce semestre alors que le crédit total de la primature est 11,4 millions FCFA. Un autre fonctionnaire, admis sur le budget du ministère de l’Economie et des Finances, a dépassé de 28.400.000 FCFA, le crédit de téléphone ouvert pour ce département. Les ministères de la Défense nationale, des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, seraient aussi largement responsables de telles dérives.
D’autre part, ce qui ne fait qu’alourdir la dette, SOTEL-Tchad doit aussi payer des taxes de transit ou de quote-part pour les appels (surtout internationaux et vers les téléphones mobiles) partant de ses appareils
Enfin SOTEL Tchad subventionnent aussi la Société tchadienne des Postes et de l’Epargne (STPE) depuis deux ans.
On apprend par ailleurs que la société MSI, société opératrice de téléphonie mobile à travers la marque Celtel, veut renforcer ses activités dans les télécommunications. (Source Panapress http://www.panapres.com).
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Congo : réseau par satellite
Trois stations terriennes, reliées au satellite Intelsat "602" viennent d’être inaugurées au Congo, une à Brazzaville, une autre à Pointe Noire et la troisième à Oyo au Nord du pays. L’investissement de 53 milliards a pu être réalisé grâce à un prêt de 2 banques sud-africaines, les équipements ont été fournis par des sociétés américaines. Le projet prévoit l’implantation d’infrastructures de communication dans les onze départements du Congo, qui ne sont plus reliés par téléphone fixe depuis plusieurs années faute d’une maintenance du système de communication par faisceaux hertziens.
Des stations terriennes départementales doivent ensuite être installées puis de petites stations locales pour distribuer trafic à l’intérieur de chaque département. Chaque station terrienne départementale comprendra un central téléphonique numérique dédié aux abonnés fixes, un central téléphonique numérique pour les abonnés mobiles GSM, un central numérique en boucle locale radio et une plate-forme de pré-paiement.
Ainsi tous les chef lieux de départements sont concernés ainsi que 35 localités d’ici 2005. Le nombre d’abonnés au téléphone fixe doit passer de 15.000 à 165.000.
Actuellement seuls Brazzaville et de Pointe-Noire disposent de téléphone fixe. (Source AFP et Panapress)
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Guinée Bissau : rupture avec Portugal Telecom
Le gouvernement de ce pays vient récemment de décider le remplacement du groupe Guinée-Telecom, détenu jusqu’ici à 51% par PortugalTI et à 49% par l’Etat bissau-guinéen, par la société Guinétel. Le capital de Guinétel appartient à 90% à l’Etat. Les autres 10% du capital ont été attribués aux fonctionnaires de l’entreprise.
Certains souhaitent présenter la rupture comme étant d’ordre politique. Les relations avec le Portugal se sont tendues après la diffusion l’an dernier par la chaîne publique portugaise RTP Africa d’un documentaire sur la mort du général Ansumana Mané, le leader du putsch ayant renversé le président Vieira le 7 mai 1999. Mais les dirigeants de Portugal Telecom International ont quitté le pays durant la guerre civile en 1998 et n’ont plus réapparu. Le paiement de la dette sur les communications internationales serait aussi une des sources de la rupture ainsi que le refus de négocier des dirigeants de la société portugaise. Le gouvernement souhaitait en effet remettre en cause ce monopole d’autant plus qu’aucun réseau mobile n’a pour l’instant été mis en place.
Le groupe Portugal Telecom a annoncé cependant qu’il allait porter en justice la décision de l’Etat bissau-guinéen de résilier le contrat, signé en 1989 et qui devait expirer en 2009 qui attribuait l’exploitation exclusive du secteur des télécommunications à l’opérateur portugais. Le groupe portugais veut aussi attaquer le protocole d’accord avec l’opérateur sénégalais Sonatel sur l’attribution d’une licence dans la téléphonie mobile qui a été signé, avant la rupture du contrat d’exclusivité avec Portugal Telecom, (Source AFP et Institut des Communications de Guinée Bissau (ICGB)).
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En Bref
Au Congo, un foyer sur cinq dispose d’un téléphone portable à Brazzaville où l’on compte 150000 abonnés. Deux compagnies, Celtel Congo et Libertis Télécom se partagent le marché. Le coût de l’abonnement au mobile est de 5000 FCFA, contre 200.000 pour le fixe. Les coûts des mobiles ont beaucoup baissé ces trois dernières années, les cartes prépayées passant de 15.000 à 5000 FCFA en 2 ans.
A Madagascar, le gouvernement a décidé la détaxation de plus de 300 produits parmi lesquels les appareils électroniques et les ordinateurs. Cette décision a entraîné une baisse effective de 20 à 50% des prix des produits concernés.
Au Burundi, le gouvernement a décidé de s’engager afin que l’Office Nationale des Télécommunications, l’ONATEL, créée son propre réseau GSM. Cette décision fait suite çà un grave conflit fin 2002 avec Telecel dont l’ONATEL était actionnaire.
En France, selon un sondage de médiamétrie, près de 5,1 millions d’abonnés au téléphone mobile auraient renoncé au téléphone fixe contre 4,3 millions en juin 2002 et 3,5 un an plus tôt.
Au Sénégal, Sonatel multimédia vient de lancer le Ticket Surf, une carte prépayée permettant d’accéder à des services en ligne. Le crédit initial est de 2500 FCFA. Services pressentis : envoi de messages SMS, pronostics hippiques du PMU, l’achat de logos et de sonneries de portable, ainsi que de tests de QI (Quotient intellectuel)… Rappelons que ce pays compte près de 600000 abonnés à la téléphonie mobile.
En RDC, République Démocratique du Congo, la ministre des PTT, Mme Gertrude Kitembo, s’est déclarée déterminée à réhabiliter le téléphone fixe à travers le territoire national, en mettant un accent particulier sur les zones rurales et que cet engagement est une priorité que le gouvernement a assignée à son ministère. Actuellement, une dizaine de compagnies de téléphonie cellulaire, implantées seulement dans les agglomérations, se partagent le marché à des prix bien trop élevés pour la population.
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Net
-  actus

Internet au Congo : quelques chiffres
La connexion du Congo date de 1999 mais elle ne concerne toujours que Brazzaville et de Pointe Noire, le reste du pays n’etant pas connecté à part quelques sociétés travaillant notamment dans la production et la transformation du bois, deuxième ressource économique du pays après le pétrole.
L’abonnement coûte 50.000 FCFA, il faut au préalable débourser 100.000F CFA et disposer d’une ligne téléphonique fixe à l’Office national des postes et télécommunication (ONPT), aujourd’hui privatisé, pour un montant de 200.000 FCFA.
Les prix ont baissé du fait d’une forte concurrence et les cybercafés, une trentaine surtout dans le centre ville  pour 1 million d’habitants, qui fixaient l’heure à 2.000 FCFA l’ont ramenée à 1500 FCFA et même à 1000 FCFA pour certains.
Brazzaville compte quatre grands fournisseurs d’Internet  : Afripa Télécom, Celtel Congo, Cyrus et Congo net. Les connexions sont souvent perturbées par la lenteur de connexion et les coupures intempestives d’électricité, l’ONPT ne disposant que d’une connexion de 56K. Mais le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se propose d’installer un nœud pour le Congo afin d’élever le débit ce qui devrait diminuer les coûts de connexion. (Source Panapress).
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Internet au Cameroun : quelques chiffres
Connecté il y a 5 ans, Le Cameroun compte aujourd’hui environ 20 fournisseurs d’accès contre 3 au début. La densité des cybercafés est plus importante à Yaoundé , 60 pour un million d’habitants, qu’à Douala, 50 pour 2 millions d’habitants. Le développement des connexions par onde radio qui semblent avoir la faveur des cybercafés a entraîné des baisses de prix régulières pour atteindre aujourd’hui  500 FCFA l’heure contre 2.500 FCFA en 1999.
Une connexion de ce type coûte pourtant 2 millions de FCFA à l’installation auxquels il faut rajouter des traites mensuelles qui s’élèvent à environ 250.000 FCFA mais qui peuvent atteindre 1 million de FCFA pour des débits de 256 Kbits
Selon des observateurs, le manque de formation du personnel des grandes entreprises entraîne une sous - utilisation des connexions hauts débits.
Par contre dans les cybercafés, l’afflux de clients, jusqu’à 20 pour des connexions de 64 kbits rend les connexions particulièrement lentes, expliquent des fournisseurs d’accès.
Le coût de la connexion à domicile,  téléphone, modem et ordinateur, étant passé de 72.000 FCFA à 30.000 FCFA actuellement, ce qui fait du Cameroun un des pays les moins chers en la matière, détourne les professionnels des cybercafés pour des connexions individuelles. Le courrier électronique supplante petit à petit le courrier postal bien que pourtant le réseau téléphonique défectueux rend les connexions lentes et aléatoires. (Source Panapress).
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Somalie : quelques chiffres
L’introduction d’Internet dans ce pays date de 1999 ce qui coïncide avec la fin de la guerre civile. La baisse des prix a été spectaculaire, le prix de la connexion passant de 45 dollars de l’heure dans certaine région, 30 à Mogadiscio, à 1 dollar.
Actuellement les frais d’abonnement pour une connexion à Mogadiscio et dans les autres régions du pays sont de d’environ 10 dollars
Quatre fournisseurs d’accès se partagent le marché dont trois se trouvent à Mogadiscio. Mogadiscio compte 45 cybercafés mais ces derniers semblent insuffisants pour les nombreux utilisateurs, y compris certains illettrés aidés par un personnel qualifié à l’usage d’internet.
Les coupures restent cependant nombreuses et parfois longues. Le réseau de télécommunications entièrement détruit pendant la guerre est petit à petit rétabli. (Source Panapress).

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Articles et documents

Nous publions ci-dessous une importante analyse du NEPAD de M. Djilali Benamrane, ancien économiste principal du PNUD. Il aborde en particulier les volets du projet concernant les télécommunications. Nous ne pouvons ici en publier que des extraits mais l’intégral sera mis en ligne sur notre site. Il manque ici en effet un passionnant historique des différents projets de développement concernant l’Afrique qui ont émergé lors des dernières décennies. La fin de l’article se termine par un très riche tableau comparatif du NEPAD et PAL (Plan d’action de Lagos pour le développement  économique de l’Afrique 1980 - 2000) 

La rédaction


NEPAD/NOPADA :
Le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique :
nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir l’Afrique ?

Par Djilali Benamrane, économiste

(Contribution de Djilali Benamrane, économiste, intervenant en qualité de personne ressource, invitée aux débats de la Cinquième Réunion du Comité intergouvernemental d’experts du Centre de Développement sous régional de l’Afrique de l’Ouest (CDSR-AO/UN-CEA) de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Niamey (Niger) 20 - 22 juin 2002)

(extraits)

Sommaire complet de l’article :
le contexte historique
l’état des lieux
les apports et les limites du NEPAD
un manque de vision et une ambition minimale pour l’Afrique
quelques conclusions et recommandations
annexes :
- annexe I : portant analyse comparative des objectifs du PAL et du NEPAD
- Annexe II : portant indications de l’étude prospective préliminaire de la CEA sur le développement de l’Afrique 1983 - 2008, étude réalisée dans la mouvance du PAL (Addis Abeba, avril 1983)
- annexe III : portant éléments bibliographiques
 

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