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Cybercafés : plutôt mal que bien (Mali)

Cet article a été publié dans le journal malien l’Essor n°15588 du 28 novembre 2005 voir http://www.essor.gov.ml

Moins de clients, autant de factures, une guerre des prix, des connexions lentes, un manque d’imagination : les faillites se multiplient La morosité est l’ambiance la mieux partagée dans les cybercafés actuellement. Les clients ne se bousculent plus devant les ordinateurs et les gérants passent la journée à se tourner les

Les promoteurs expliquent leurs difficultés par la baisse constante de leurs recettes pouces. Les quelques internautes qui se connectent sont en général des touristes et la rareté de la clientèle a conduit nombre de promoteurs à mettre la clé sous le paillasson. C’est le cas de Agrobusiness center, l’un des plus grands établissements de la capitale qui a fermé boutique.

La plupart des promoteurs de cybercafés expliquent leurs difficultés par la baisse constante de leurs recettes. Conséquence : les rentrées d’argent se révèlent insuffisantes pour couvrir les dépenses de fonctionnement de l’établissement.

Sur une dizaine de cybercafés visités au cours de notre enquête la semaine dernière, seulement quatre étaient fonctionnels. Ces établissements qui résistent au vent mauvais qui souffle sur le secteur, vivent tant bien que mal.

Pourtant au début des années 2000, rien ne laissait présager de telles difficultés pour les promoteurs de cybercafés. Les établissements avaient poussé comme des champignons dans les rues de la capitale pour répondre à la demande forte d’une clientèle nombreuse qui se recrutait parmi les jeunes.

Qu’est devenu cet élan qui semblait irréversible ? Les promoteurs évoquent pêle-mêle le coût élevé des factures de téléphone, d’électricité et des fournisseurs d’accès à l’Internet, autrement appelés providers. Certains promoteurs pointent, sans beaucoup convaincre, le peu d’intérêt de nos compatriotes pour les nouvelles technologies de l’information.

Jupiter cybercafés est l’un des rares établissements qui marchent. Son propriétaire n’a pas été avare d’efforts et son établissement est ouvert 24 h sur 24. Aujourd’hui, le promoteur est nostalgique de ses débuts en 2001, lorsque les clients faisaient la queue pour accéder aux machines et que les rentrées d’argent étaient substantielles. C’était le bon "vieux" temps.

LE PROVIDER INDEXE

De nos jours, Jupiter cybercafés est à mille lieues de cette période de vaches grasses. Lors de notre passage la semaine dernière, seulement une dizaine d’internautes occupaient les postes. Le gérant Adama Ballo ne cessait de se lamenter : "Les cyber sont devenus très peu rentables. Les clients sont rares. Le coût de l’électricité et du téléphone est très élevé. Qu’il y ait client ou pas, la facture d’électricité et du téléphone tombe à la fin du mois. La maintenance des appareils est aussi chère. Mais c’est surtout les providers qui handicapent beaucoup de cybercafés", explique-t-il.

Les providers ? "La qualité du service qu’ils offrent, notamment la vitesse de la connexion, est si faible qu’à la longue, les clients abandonnent le cyber", déplore Adama Ballo en révélant qu’il avait dû changer une fois de provider pour ne pas voir le dernier carré de sa clientèle abandonner ses claviers. Aujourd’hui, c’est Ikanet son fournisseur d’accès à Internet. "Avant, explique-t-il, la vitesse de la connexion était trop lente. Très souvent, les clients étaient frustrés. Maintenant ça va", se félicite notre interlocuteur qui reconnaît que tous les promoteurs n’ont pas les moyens de changer de fournisseur d’accès. "L’opération coûte cher et c’est très complexe. Car le changement de provider exige le changement de tout le système du réseau", explique Adama Ballo pour qui cette difficulté a contraint nombre des promoteurs de cybercafés qui ne pouvaient la surmonter, à fermer boutique.

Patrick Dupont, le chef de division marché des entreprises de Ikatel-Ikanet, partage cette analyse. "Les cybercafés qui utilisent les services des "Internet service provider" (ISP), finissent par se rendre à l’évidence qu’ils ne donnent pas satisfaction. La vitesse de connexion dont le client a besoin n’est pas disponible. En cas de problème avec la connexion directe avec les providers, le promoteur n’a pas accès directement à un interlocuteur. Ce qui fait que les promoteurs de cyber de ce type sont très exposés aux pannes et donc très fragiles", constate Dupont.

Ce problème de fournisseur d’accès est sans doute à l’origine de la faillite de Datatech, un autre grand cybercafé bamakois. Il y a quelques mois, l’un de ses responsables nous avait révélé que le cyber était en instance de changer de provider. Mardi dernier, nous avons trouvé portes closes. Le cyber était fermé.

SURENCHERE DANS LES FORMULES ATTRACTIVES

Confrontés à une clientèle en net recul, des promoteurs ont cru trouver la parade en baissant les tarifs. Agrobusiness center fut l’un des premiers à se résoudre à appliquer cette manoeuvre commerciale. Son dumping a contraint ses concurrents les plus proches géographiquement à le suivre, au risque de creuser davantage leurs déficits. Ainsi de 1000 Fcfa, le prix de la connexion a chuté à 500 Fcfa l’heure. Des cybercafés sont allés jusqu’à créer des tranches d’une demi heure valant 250 Fcfa. D’autres proposent aux clients de payer 500 Fcfa sans limite de temps de navigation, avec un crédit courant même sur deux ou trois jours. La surenchère dans les formules attractives s’est emballée, devenant proprement suicidaire. Entraînés inexorablement dans la spirale de baisse de prix, nombre d’établissements ont crashé.

Dans leur malheur les cybercafés pointent les providers et citent assez peu la multiplication des salles informatiques dans les écoles. Pourtant ce facteur pèse dans leur situation actuelle puisqu’une bonne partie de leur clientèle se recrutait dans le monde scolaire. Élèves, étudiants et professeurs constituent le gros de la troupe des internautes réguliers. "Très peu d’étudiants et de professeurs fréquentent les cybercafés actuellement parce qu’ils ont la connexion dans leurs établissements", confirme un enseignant.

Patrick Dupont estime, pour sa part, que le manque d’imagination peut aussi être retenu comme l’une des causes des difficultés des cybercafés. "Beaucoup de promoteurs se contentent seulement d’offrir la connexion Internet. Alors qu’il faut développer plusieurs activités et de nombreux services dans un cyber. Ces services ont l’avantage de créer de la valeur ajoutée et de fidéliser les clients. Un cybercafé ne se résume pas uniquement à la connexion à Internet. C’est tout un service qui doit être initié tout autour pour en faire un véritable espace de loisirs", soutient-il.

Il suffit de visiter les cybercafés pour mesurer la pertinence de cette remarque. Très peu d’entre eux proposent des boissons en vente. L’investissement serait pourtant insignifiant.

Be COULIBALY


 

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Cybercafés : plutôt mal que bien (Mali)

21 novembre 2006

Merci pour cette analyse de marché mais dans une tentative d’explication de la baisse de la fréquentation des cybers sur le Mali, une interprétation de l’offre du service lui même (Internet) est, à mon sens, à prendre en considération. Les capacités de l’outil Internet sont inestimables et exploitables à partir du Mali même si les vitesses de connexion reste faibles (128kb pour 37000Fcfa, 56€)et chers.

Mais ici, il s’agit beaucoup plus de la connaissance de l’outil qui pause un problème.

Pour la population moyenne qui est normalement le coeur de cible des cybers, ils ont de faible notion d’informatique et n’arrive pas a exploiter les différentes fonctionnalités. Le taux d’analphabétisation reste l’un des plus élevé au monde et les communications sociales restent essentiellement vocales. Ainsi pour les rencontres _ un des principaux marché de la toile pour les cybers Magrehbens et Européens _ les africains de l’Ouest n’ont pas beaucoup besoin de cette technologie.

Pour les populations plus aisées et les étudiants, il est à constater que l’augmentation des points de connexions disponible : Ecole, Université, Bureau, Domicile, Reseau Wifi des Hotels sans clé d’accés (si, si ;) nouveau et beau cyber Ikanet (y a pas de petit profit) a provoquer une chute de fréquentation des cybers de carré (quartiers).

Encore merci pour votre article et pour le droit de réponse ;) Cordialement

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