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Compte-rendu de la Conférence « Télécoms et solidarité internationale » du 31 mars 2005

Compte rendu réalisé par

Jérémie Viel, pour E’Change Ton Monde

Cette conférence a été organisé par l’association E’Change Ton Monde association solidaire d’étudiants de Télécom Paris (Ecole nationale supérieure des télécommunications de Paris) dans les locaux de l’école au 46 rue Barrault 75013

Intervenants :
-  Jacques Cossart, Economiste, Secrétaire Général, Conseil Scientifique ATTAC, animateur du débat
-  Bruno Lanvin conseiller en e-strategy de la Banque mondiale
-  Bruno Jaffré Président de CSDPTT (Coopération Solidarité Développement au PTT)
-  Rémy Fekete (Avocat Associé Cabinet Gide Loyrette Nouel)
-  Djédjé Soumaré Président de l’ADER (Association pour le développement Economique Régionale), et Président du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur en France, s’est excusé et n’a malheureusement pas pu être présent. [ajout de CSDPTT]

La conférence a réuni des intervenants de tous bords, ce qui a permis un échange riche où tous les points de vue étaient représentés. Jacques Cossart a dirigé le débat en apportant un regard critique sur chaque intervention, permettant de bien cerner les limites de chaque opinion et de souligner les questions essentielles.

Déroulement de la conférence :

Devant une cinquantaine de personnes, Jacques Cossart a introduit le débat, puis donné la parole à Bruno Lanvin, de la Banque mondiale. Monsieur Lanvin a tout d’abord décrit la place de l’évolution des flux d’information dans la mondialisation. Le flux d’information présente aujourd’hui une croissance plus forte que la croissance des capitaux et des flux commerciaux réunis : la globalisation est donc un phénomène lié principalement à l’augmentation du flux d’information.

La « Foreign Policy », qui permet de donner un état de la mondialisation, mesure ces trois flux (information, commerciaux, capitaux) ainsi que les flux de touristes et d’étudiants. Il en ressort que si l’on ne considère que les facteurs non technologiques, la mondialisation ralentit, alors que si l’on ne considère que les facteurs technologiques, la mondialisation accélère. Il apparaît également une forte inégalité, qui plus est croissante, au niveau des bandes passantes disponibles entres les différents continents : c’est la « faille numérique ». Bruno Lanvin a mis en garde contre la tendance actuelle de dire que « les TICs sont la solution ». La grande difficulté de l’aide au développement des télécoms vient du fait que le budget débloqué à cet effet implique forcément la réduction d’un autre budget. Dans des pays comme ceux de l’Afrique Sub-Saharienne, les problèmes de nourriture sont pires qu’il y a dix ans. Comment investir là-bas dans les télécoms ? En conclusion de son intervention, Monsieur Lanvin a exprimé l’idée qu’il faut montrer l’existence d’un effet multiplicateur (retombées suffisantes dans d’autres secteurs) pour justifier cet investissement.

La parole a en suite été donnée à Rémy Fekete, qui a présenté son cabinet, spécialisé dans la régulation des télécoms et dans le conseil aux gouvernements. Pour lui, le bilan est simple : dans les pays en développement, où il y a encore 10 ans le téléphone mobile était inexistant et le téléphone fixe rare, le but est de désacraliser les secteurs technologiques et de libéraliser les services. Le problème est que les gouvernements de ces pays ne disposent d’aucun budget à cet effet. Il faut donc attirer des investisseurs privés, tout en mettant en place un arbitre, une autorité de régulation. On observe alors une explosion des services GSM dans tous ces pays.

Il faudrait toutefois aller beaucoup plus loin :
-  en assurant les services minimums dans les régions « non rentables »,
-  en faisant des télécoms un outil de transmission de l’information, et non une fin en soi,
-  en réfléchissant à développer les services (eau, électricité, télécoms) en même temps, dans une seule et même démarche.

Se pose alors la question de savoir que faire dans les pays qui n’ont même pas accès aux besoins universels. Pour Rémy Fekete, les TICs sont donc un moyen d’accéder à l’information et, par conséquent, de lutter contre la pauvreté. Si les institutions ne développent pas le contenu, des investisseurs privés le feront inévitablement dans un avenir proche. Il est toutefois primordial que tout cela se fasse sans bouleverser les coutumes locales, les religions et la sécurité des pays concernés.

Bruno Jaffré, enthousiaste à l’idée de répondre aux précédents intervenants a alors pris la parole en présentant les actions de son association CSDPTT, qui regroupe des bénévoles aidant à l’installation de systèmes de télécommunication dans les pays en développement.

Il a exprimé l’idée que le libéralisme étant la cause d’un accroissement des inégalités, la question de la solidarité prend de plus en plus d’importance. Aujourd’hui, les ONG de télécommunications sont principalement des associations d’étudiants, et de professionnels.

Le principal problème, lorsqu’on apporte de l’aide, est qu’il faut connaître la population à qui elle s’adresse. C’est ainsi que beaucoup de projets sont voués à l’échec, car même si le projet d’aide est théoriquement parfait, les problèmes de compréhension peuvent avoir de lourdes conséquences sur sa pérennité. Il faut que les bénéficiaires de l’aide se prennent en charge eux-mêmes. Il faut donner confiance aux personnes qui travaillent sur place dans des conditions « exécrables », par le simple fait de les encadrer. Pour Bruno Jaffré, l’Afrique a besoin de solidarité, mais elle ne s’en sortira que par elle-même.

Pris par le temps Bruno Jaffré a regretté ne pas pouvoir poursuivre son exposé sur les conséquences de la libéralisation des télécommunications et souhaité que d’autres débats soient organisés sur ce sujet.[ajout de CSDPTT]

Jacques Cossart reprenant la parole, a invité le public à poser ses questions, qui ont tourné autour de la question principale de la définition des besoins en télécommunications.

Rémy Fekete a insisté sur le fait que le plus important est d’optimiser les efforts pour amener en même temps l’eau, l’électricité et les télécoms, sachant que le besoin de télécoms existe clairement : les africains affluent dans les cybercafés. Il a aussi mis en évidence le besoin primordial de formation sur place.

Bruno Lanvin, quant à lui, explique au contraire que le besoin en télécommunications dans les pays en développement est nul. La Banque mondiale, qui n’apporte son aide que sur sollicitation, gère extrêmement peu de demandes de télécoms, mais l’aide à l’usage des télécoms se révèle très efficace dans des projets multisectoriels, notamment dans les projets agricoles.

Un ancien directeur d’opérateur de télécoms au Bénin est intervenu pour préciser le fait que les deux principales préoccupations des pays comme le sien sont d’une part l’énergie, car sans énergie, pas de télécoms, et d’autre part la formation : un pays ne disposant pas de formation en télécoms est largement ralentit dans le développement de ce secteur.

Jacques Cossart a clos le débat sur cette idée commune de besoin primordial de formation.

Le débat s’est poursuivi individuellement autour d’un cocktail de jus de fruits et de chocolat équitables.

Ressortent avant tout de cette conférence les grandes différences de points de vue entre intervenants sur le terrain et conseillers financiers ou juridiques des gouvernements. L’impossibilité de fixer clairement les besoins en télécoms et le grand débat sur la nécessité (ou non) et les effets de la libéralisation des télécoms ne permettent pas de trouver un terrain d’entente. Certains avis sont cependant unanimement partagés, notamment l’efficacité de la formation sur place, et le développement simultané des différents services. De quoi donner un aperçu des divergences qui animeront le prochain Sommet Mondial de l’Information, qui se tiendra à Tunis en novembre 2005.

Jérémie Viel, pour E’Change Ton Monde


 

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> Compte-rendu de la Conférence « Télécoms et solidarité internationale » du 31 mars 2005

27 décembre 2005

BARA ZAMAR

> Compte-rendu de la Conférence « Télécoms et solidarité internationale » du 31 mars 2005

15 avril 2005, par Philippe Rigaud

Il manque la moitié du débat, je suis arrivé peu avant l’intervention de l’ancien directeur d’un opérateur béninois, sur laquelle il conclut, alors que ça a bien continué 1h.

Ce compte rendu relate des positions, sans les arguments et exemples qui les accompagnent , c’est dommage, ça rend le débat trop abstrait.

Ce qui m’a paru intéressant et ne figure pas ici :
-  la position de CSDPTT avec l’argument évident que la libéralisation conduit à une concurence effrénée sur le marché du mobile en ville sans développer la couverture réseau, et à des tarifs qui restent élevés (à opposer à la notion de service public).

-  pourquoi l’objectif de développement du réseau ("un téléphone dans chaque village") a-t-il du mal a se faire une place ? (ne pas laisser une occasion de rappeler notre slogan !)

-  la notion de service universel pronée par M. FEKETE, dont la justification , ou l’applicabilité, fait aussi débat, opposé à la gestion des priorités (l’eau par exemple, besoin prioritaire).

-  l’aspect culturel, un étudiant a posé clairement la question (que les cultures de l’oralité, adapté au tél. mais pas forcément à internet) sans avoir de réponse, sinon indirectement par toi (c’est dans le CR) et par Fekete de manière opposée, car pour lui, n’importe quelle petite action "goutte d’eau" est intéressante (position sympa mais présomptueuse et dangereuse risquant de conduire à la dissolution des cultures ancestrales dans le marketing high tech. Aucun rapport avec le CR, remarque perso que j’ai pas faite car l’heure était trop avancée).

-  A contrario, l’exemple décrit par B.Lanvin de l’appropriation rapide et qui dépasse l’objectif d’un outil adapté (cas du Service SMS au Sénégal utilisé par les maraîchers puis les pêcheurs pour cibler leur production et/ou leur points de vente). Intéressant, même si ça vient de la BM, tout n’est pas noir en Afrique !

-  l’opportunité du SMSI et le peu d’espoir qu’il suscite, avec qd-même le mérite d’exister, qui a semblé être la conclusion consensuelle sur ce point.

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