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| PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant
Yves BONAAfin de la remettre à niveau dans la perspective du processus de privatisation interrompu, le gouvernement camerounais et la Cameroon Telecommunications (Camtel) ont signé, il y un an, une convention qui autorise cette dernière à procéder à un investissement minimum de 26 milliards de francs Cfa. Après plusieurs tentatives infructueuses, le gouvernement camerounais et la Camtel ont signé, il y a un an environ, une convention de concession dite « convention de concession provisoire de réseaux et services téléphoniques fixes » et d’un cahier de charges destinés à mieux préparer que par le passé les opérations devant mener jusqu’à la privatisation de cette entreprise. Au cours de cette période de concession, la Camtel est autorisée à réaliser un programme d’investissement Minimum (PIM) d’un montant de 26 milliards de francs Cfa, de procéder à un encadrement / rééquilibrage de ses tarifs et de mettre en place un plan d’entreprise. Le PIM devra permettre à la Camtel, entre autres,
A ce jour, en dehors de la modernisation de la téléphonie rurale, l’extension du réseau Internet et celui d’entreprise par VSAT, et la mise en place de la plate-forme Réseau Intelligent, presque tous les autres projets ont connu des avancées remarquables. Le 10 septembre 2004, Emmanuel Nguiamba Nloutsiri, Dg de la Camtel, a visité, à Kribi, le point de sortie de la fibre optique le long du pipeline Tchad-Cameroun. Partie de Doba au Tchad à Kribi au Cameroun, avec 14 sorties à l’intérieur du pays et une liaison avec la station terrienne de Zamengoué, la liaison par fibre optique est programmée entre Douala et Yaoundé via Bafoussam et une autre liaison entre les deux villes via Edéa. S’agissant de la numérisation des centraux téléphoniques, celui de Kribi va permettre à cette ville touristique de passer de 1200 à plus de 5000 abonnés. Déjà, en août dernier, tout le Nord du Cameroun a basculé dans le numérique avec la mise au point du central qui s’est même offert le « luxe » d’un centre d’énergie pouvant alimenter les installations en cas de coupure de courant. Avec une capacité de plus de 10 000 lignes, le central numérique de Garoua est extensible à 15 000 lignes. Pour sa part, Douala a bénéficié de 3400 nouvelles lignes. Une opération qui entre dans le cadre de la grande campagne visant à inciter les usagers à s’abonner au téléphone fixe. Les prix ont d’ailleurs été revus à la baisse à cet effet. Ainsi, les ménages payent désormais 40 000 francs Cfa pour s’abonner, au lieu de 100 000 francs Cfa, tandis que les téléboutiques et les entreprises déboursent 100 000 FCFA au lieu de 250 000 et 500 000 FCFA respectivement. Dans la foulée, les tarifs de communication ont également connu une baisse sensible pour les appels vers l’extérieur. En revanche, les prix des communications nationales ont plutôt été revus à la hausse et passe de 13 à 20 francs pour les appels locaux et de 80 à 160 francs Cfa pour les communications interurbaines. L’entreprise est-elle alors prête pour une nouvelle privatisation ? Si en près d’un an, le PIM a permis à la Camtel de moderniser plus de moitié de ses équipements techniquement obsolètes, tout porte à croire qu’en deux ans, durée de la concession, cette entreprise sera remise à niveau. Or, l’un des objectifs de la concession étant également de mettre en place un plan d’entreprise qui respecte les exigences en la matière, c’est à ce niveau que beaucoup d’observateurs pensent que la Camtel devrait souffrir. Il s’agit de normaliser ses relations avec l’Etat, son plus gros client, et d’amener ses employés à s’inscrire totalement dans le processus en cours. Comme plusieurs autres entreprises, la Camtel est également victime de l’insolvabilité de l’Etat. Des informations concordantes évaluent la dette de l’Etat auprès de la Camtel à 70 milliards de francs Cfa. A observer le comportement de plusieurs fonctionnaires, tout porte à croire que cette dette ira crescendo. Car les quelques mesures sporadiques prises pour dissuader les récalcitrants se heurtent à un incivisme criard de ces derniers qui continuent à utiliser le téléphone de service aux fins privées. Parallèlement à la colossale dette de l’Etat, la Camtel subit également une forte pression de l’administration fiscale. Au début du mois d’avril dernier, sans moratoire aucun, les impôts ont contrait cette entreprise en voie de privatisation à payer 3 milliards de francs Cfa au titre de diverses taxes. N’eût été l’intervention personnelle du Chef de l’Etat, Paul Biya, la Camtel se retrouverait dans une situation de tension sérieuse de trésorerie. Dans un autre registre, par leur goût poussé à la corruption et au détournement des deniers publics, certains employés n’aident pas la Camtel à se faire une bonne image et à se positionner comme une entreprise compétitive. A travers une campagne médiatique, la direction a annoncé la possibilité des connexions au réseau quatre jours seulement après le paiement des frais d’abonnement. Or, selon des informations crédibles, certains employés exigeraient préalablement aux usagers des « bakchich ». Détournements et pots-de-vin, sans être l’apanage de la seule Camtel, ont sérieusement gangrené l’entreprise au point où, certains observateurs avertis se demandent comment le nouveau repreneur s’en prendra pour assainir les mentalités. Yves BONA Journaliste-informaticien Président de l’Association ADEVTIC CAMEROUN yvesbona @ yahoo.fr | |||||||||||||||||||||||||
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