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PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant

Yves BONA

Afin de la remettre à niveau dans la perspective du processus de privatisation interrompu, le gouvernement camerounais et la Cameroon Telecommunications (Camtel) ont signé, il y un an, une convention qui autorise cette dernière à procéder à un investissement minimum de 26 milliards de francs Cfa.

Après plusieurs tentatives infructueuses, le gouvernement camerounais et la Camtel ont signé, il y a un an environ, une convention de concession dite « convention de concession provisoire de réseaux et services téléphoniques fixes » et d’un cahier de charges destinés à mieux préparer que par le passé les opérations devant mener jusqu’à la privatisation de cette entreprise. Au cours de cette période de concession, la Camtel est autorisée à réaliser un programme d’investissement Minimum (PIM) d’un montant de 26 milliards de francs Cfa, de procéder à un encadrement / rééquilibrage de ses tarifs et de mettre en place un plan d’entreprise.

Le PIM devra permettre à la Camtel, entre autres,
-  d’effectuer l’extension des centraux téléphoniques numériques de Douala et de Yaoundé et des réseaux d’accès associés ;
-  d’établir la liaison de transmission Douala - Edéa - Yaoundé - Kribi
-  de numériser les centraux téléphoniques de Garoua et Guider au Nord du pays, ainsi que l’extension des réseaux d’accès associés
-  de passer à 7 chiffres
-  de numériser les centraux téléphoniques d’Ebolowa, de Sangmelima, de Kribi (au sud du pays), de Bafoussam (à l’ouest du pays), de Nkongsamba (au Littoral), de Bamenda (Nord-Ouest) et de leurs réseaux d’accès associés
-  de transporter la fibre optique de Touboro à Kribi
-  de lancer une campagne de raccordement de 40 000 nouvelles lignes ; de moderniser la téléphonie
-  d’effectuer l’extension du réseau Internet et du réseau d’entreprise par VSAT
-  de revoir la politique de prix, en accord avec l’Agence de régulation des Télécommunications et les autres opérateurs du secteur
-  enfin de mettre en place une plate-forme Réseau intelligent limitée à une fonction pré-paid qui vise surtout l’amélioration du recouvrement.

A ce jour, en dehors de la modernisation de la téléphonie rurale, l’extension du réseau Internet et celui d’entreprise par VSAT, et la mise en place de la plate-forme Réseau Intelligent, presque tous les autres projets ont connu des avancées remarquables.

Le 10 septembre 2004, Emmanuel Nguiamba Nloutsiri, Dg de la Camtel, a visité, à Kribi, le point de sortie de la fibre optique le long du pipeline Tchad-Cameroun. Partie de Doba au Tchad à Kribi au Cameroun, avec 14 sorties à l’intérieur du pays et une liaison avec la station terrienne de Zamengoué, la liaison par fibre optique est programmée entre Douala et Yaoundé via Bafoussam et une autre liaison entre les deux villes via Edéa. S’agissant de la numérisation des centraux téléphoniques, celui de Kribi va permettre à cette ville touristique de passer de 1200 à plus de 5000 abonnés.

Déjà, en août dernier, tout le Nord du Cameroun a basculé dans le numérique avec la mise au point du central qui s’est même offert le « luxe » d’un centre d’énergie pouvant alimenter les installations en cas de coupure de courant. Avec une capacité de plus de 10 000 lignes, le central numérique de Garoua est extensible à 15 000 lignes. Pour sa part, Douala a bénéficié de 3400 nouvelles lignes. Une opération qui entre dans le cadre de la grande campagne visant à inciter les usagers à s’abonner au téléphone fixe.

Les prix ont d’ailleurs été revus à la baisse à cet effet. Ainsi, les ménages payent désormais 40 000 francs Cfa pour s’abonner, au lieu de 100 000 francs Cfa, tandis que les téléboutiques et les entreprises déboursent 100 000 FCFA au lieu de 250 000 et 500 000 FCFA respectivement. Dans la foulée, les tarifs de communication ont également connu une baisse sensible pour les appels vers l’extérieur. En revanche, les prix des communications nationales ont plutôt été revus à la hausse et passe de 13 à 20 francs pour les appels locaux et de 80 à 160 francs Cfa pour les communications interurbaines.

L’entreprise est-elle alors prête pour une nouvelle privatisation ?

Si en près d’un an, le PIM a permis à la Camtel de moderniser plus de moitié de ses équipements techniquement obsolètes, tout porte à croire qu’en deux ans, durée de la concession, cette entreprise sera remise à niveau. Or, l’un des objectifs de la concession étant également de mettre en place un plan d’entreprise qui respecte les exigences en la matière, c’est à ce niveau que beaucoup d’observateurs pensent que la Camtel devrait souffrir. Il s’agit de normaliser ses relations avec l’Etat, son plus gros client, et d’amener ses employés à s’inscrire totalement dans le processus en cours.

Comme plusieurs autres entreprises, la Camtel est également victime de l’insolvabilité de l’Etat. Des informations concordantes évaluent la dette de l’Etat auprès de la Camtel à 70 milliards de francs Cfa. A observer le comportement de plusieurs fonctionnaires, tout porte à croire que cette dette ira crescendo. Car les quelques mesures sporadiques prises pour dissuader les récalcitrants se heurtent à un incivisme criard de ces derniers qui continuent à utiliser le téléphone de service aux fins privées.

Parallèlement à la colossale dette de l’Etat, la Camtel subit également une forte pression de l’administration fiscale. Au début du mois d’avril dernier, sans moratoire aucun, les impôts ont contrait cette entreprise en voie de privatisation à payer 3 milliards de francs Cfa au titre de diverses taxes. N’eût été l’intervention personnelle du Chef de l’Etat, Paul Biya, la Camtel se retrouverait dans une situation de tension sérieuse de trésorerie.

Dans un autre registre, par leur goût poussé à la corruption et au détournement des deniers publics, certains employés n’aident pas la Camtel à se faire une bonne image et à se positionner comme une entreprise compétitive. A travers une campagne médiatique, la direction a annoncé la possibilité des connexions au réseau quatre jours seulement après le paiement des frais d’abonnement. Or, selon des informations crédibles, certains employés exigeraient préalablement aux usagers des « bakchich ».

Détournements et pots-de-vin, sans être l’apanage de la seule Camtel, ont sérieusement gangrené l’entreprise au point où, certains observateurs avertis se demandent comment le nouveau repreneur s’en prendra pour assainir les mentalités.

Yves BONA

Journaliste-informaticien

Président de l’Association ADEVTIC CAMEROUN

yvesbona @ yahoo.fr


 

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PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant

18 mai 2008, par herve

salut yves il est beau ton texte mais quels sont les differents services de camtel,,,

> PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant

12 octobre 2005, par pierre EYOCK

Cher yves Bona je viens de lire votre article sur la privatisation de Camtel et je marque ma surprise et mon desaccord sur l’introduction de ligne de fibre optique Kribi touboro comme element du programme d’investissement minimum de Camtel. En effet, tous les observateurs avertis savent bien que ce cable FO a été financé et réalisé par le consortium qui a construit le pipeline et, qui a alloué les capacités non utilisées au Cameroun. Camtel n’a pas dépensé un seul franc pour cela.

Integrer ce cable dans le PIM peut donc etre considereé comme une manoeuvre de détournement de fonds publics en meme temps qu’une strategie de detournement par une entreprise d’une ressource qui ne lui appartient pas

cordialement

> PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant

5 octobre 2005, par Yves

Bonjour cher Monsieur, J’ai bel et bien reçu votre réaction à mon article et vous en remercie. Je partage entière votre point de vue sur la nécessité de privatiser la Camtel, tout comme de nombreuses autres sociétés appartenant encore au portefeuille de l’Etat. En fait, quand je parle du repreneur, je ne fais pas allusion au nouveau DG dont la mission est d’assainir l’entreprise en vue de sa privatisation, comme c’est le cas avec la Camair avec l’administrateur provisoire, mais je voudrais parler des nouveaux actionnaires majoritaires, un peu comme c’est le cas avec l’Aes Sonel. Pour parler présicément de cette société, il a fallu beaucoup de temps pour que les employés qui n’ont pas été licenciés s’adaptent au nouveau management imposé par les Américains. Si vous connaissez bien le Cameroun, il y a quelques années, il n’était pas du tout facile de se faire connecter à domicile, même si on avait effectivement payer les frais d’abonnement à la Sonel. il fallait franchir le "gombo" exigé par les techniciens, les lenteurs administratives, et autres. Non sans dire que tout cela n’existe plus aujourd’hui, mais j’avoue que la situation s’est favorablement améliorée. Des sondages sont même effectués pour connaître le niveau de la satisfaction de la clientèle. Par ailleurs, il faut également reconnaître que l’assainissement des finances de la Camtel, tout comme celles de la Camair et de plusieurs autres entreprises en voie de privatisation ne se fera pas efficacement si l’Etat ne paye pas ses dettes et en plus continue à l’alourdir plutôt. Maintenant, pour les actions effectuées par le nouveau DG, non par pour les minimiser, je dirais qu’il n’y a encore véritablement rien de nouveau sous les tropiques. C’est un scénario récurrent : réorganisation des directions, audit, etc. Tant que les clients de la Camtel continueront à se connecter sur Internet en RTC alors que la fibre optique est une réalité à Douala par exemple, je pense qu’il y a encore des efforts à faire pour se démarquer de l’ancien management ; Il est également su de tous les observateurs avertis de l’économie camerounaise que diriger une entreprise comme la Camtel nécessite la maîtrise de plusieurs enjeux qui ne sont malheureusement pas d’ordre managerial (politique, corruption, luttes d’influence etc.). Ce qui ne donne pas toujours les mains libres au DG qui est souvent (malgré lui ?) obligé d’entrée dans certaines magouilles qui peuvent s’expliquer par exemple, et comme vous le dites vous-mêmes, le décaissement de 54 millions pour une action aussi banale que la victoire de notre équipe de football. Personnellement, je pense que la Camtel ne pourra espérer tourner la page qu’après sa privatisation. Yves BONA

> PRIVATISATION DE LA CAMTEL : Le Programme d’Investissement Minimum en bonne voie mais probablement insuffisant

29 septembre 2005, par En tennis, chasseur de prime/Commando/Ninja

Salut Yves. Je pense que la privatisation est en soi est la bienvenue parce qu’avec elle arrive un certain nombre de choses parmi lesquelles l’audit interne qui permettra entre autre de mettre chacun à sa place au sein de Camtel. Et puis de toute façon c’était prévisible. Il n y a qu’à voir le cas de France Télécom. Donc à la question de savoir comment le nouveau repreneur (je pense qu’il s’agit du nouveau DG, NKOTO EMANE David), compte s’y prendre pour sortir la Camtel de l’obscurité, je dirai même mieux, de l’obscurantisme dans lequel elle (la société) est plongée depuis longtemps, je crois qu’il a déjà commencé. En effet, "La Nouvelle Page" veut en elle même tout dire. Il s’agit non seulement du changement à la tête, mais également à tous les niveaux. Ainsi, on voit naître, au sein de la Camtel, de nouvelle directions. C’est dire que le souci actuellement est tourné vers une bonne et saine gestion. Cependant, le style de management reste à critiquer car malgré une définition claire des tâches, il se produit encore fréquemment des désordres de tous genres. Cependant, on peut féliciter l’arrivée prochaine de changements (en terme de lancement de nouveaux produits tels que l’ADSL, le SAT3 ou encore le CDMA), sensés rapprocher l’entreprise de ses publics cibles et concurrencer quelque peu les deux opérateurs de téléphonie mobile que sont MTN et ORANGE (avec notamment le produit CDMA ou encore le terminal à mobilité totale). Cependant, la question à se poser est de savoir si la Camtel s’y prend convenablement car lorsqu’on prend pour exemple le jeu concours récemment initiée par le cabinet CISI ’le onze de la victoire’ et dont le coût global s’élevait à environ 54 000 000 Fcfa, on peut seposer des questions.

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