Formation « Initiation au développement d’applications PHP-MySQL »
Formation
« Initiation au développement d’applications PHP-MySQL »
Reportage
Ouagadougou du 26 janvier au 7 février 2004.
Dans le cadre de la convention signée entre l’association
Yam Pukri (Burkina Faso) et Coopération Solidarité Développement aux PTT (France),
une session de formation au développement d’applications web dynamiques, basées
sur Php et MySQL, a été organisée du 26 Janvier au 7 février 2004 à Ouagadougou.Ce
séjour a aussi été l’occasion d’effectuer des tests de connexion à Internet
depuis les téléphones ruraux installés dans la région de TOMA, de rencontrer
Mousbila SANKARA, le président de la SODEPTEL, et Siaka COULIBALY le secrétaire
général du RESOCIDE un regroupement d’associations du Burkina.
Retour à OUAGADOUGOU
Dès la descente d’avion l’aventure commence.
Je suis le premier à descendre de l’avion et à passer les premières formalités
de police. L’attente de mes bagages est plus longue, mais je récupère enfin ma
valise et mes cartons qui contiennent un ordinateur récupéré, un routeur et un
minitel.
Le douanier veut ouvrir et appelle son chef. Je ne veux pas coopérer facilement,
et je demande avec quoi je peux ouvrir mes cartons bien scotchés de partout.
Le chef me prête ses clefs et j’ouvre mes cartons qui seront à dédouaner le lendemain.
Tant pis !!!
C’est avec surprise que le lendemain je retrouverai un trousseau de clefs inconnu
dans ma poche.
J’ai détroussé mon chef douanier. Bigre !!!
Cette erreur s’avère providentielle quand je lui ramène ses clefs, et qu’il nous
dédouane tous les cartons sans que nous ayons à débourser un franc CFA. Même Sylvestre
est étonné !!!
Je profite des premiers jours pour reparcourir la ville en mobylette que me prête
Sylvestre.
J’ai les yeux grands ouverts sur ce qui défile, tellement ouverts que je ne vois
pas le feu rouge.
« - garez vous ! vous avez brûlé un feu rouge, me dit un policier, nous
allons prendre la mobylette.
euh... désolé, je cherchais la poste. Je suis un peu perdu. Je peux payer tout
de suite ?
non, nous n’avons pas de carnet de récépissé, il faudra venir à la direction
pour payer et reprendre le véhicule.
Ah... Bon... »
J’attends un peu, je regarde, je discute de tout de rien, espérant secrètement
qu’un « arrangement » me soit proposé, mais non, je dois aller à la
Police Municipale, payer mes 4800FCFA d’amende. Après tout tant mieux.
Chance à la douane, pas de chance au feu rouge, ça fait un équilibre.
Plus de 18 mois après mon premier séjour à Ouaga, la ville a à la fois peu
et beaucoup changé. Je retrouve les mêmes sensations, les mêmes pléthores de
vendeurs de tout, la même armada de deux roues à la montée et à la descente.
La poussière et les gaz d’échappement sont au rendez-vous. 
Mais la ville change. Tout un quartier du centre à été rasé pour un projet immobilier
de grande envergure, le grand marché est fermé depuis l’incendie, faisant disparaître
l’animation parfois encombrante du coeur de la capitale, un peu partout on voit
des maisons à étages en cours de construction.
Un des changements est l’émergence d’un grand nombre de cybercentres, en tous
endroits de la ville. Sur les quelques centaines de mètres entre le centre YamNet
et le domicile de Sylvestre, pas moins de 4 cyber, là où il n’y en avait, je
crois, aucun en juin 2002. Les prix varient entre 500 et 1000CFA de l’heure,
suivant la connexion (LS ou RTC) et la politique commerciale du propriétaire.
Je vais profiter de la présence d’Annie Chéneau Loquay (CNRS-Africanti) qui
effectue une évaluation de la situation des cyber privés avec Beddy une étudiante
Congolaise, pour l’accompagner dans deux ou trois de ses visites.
Dans le premier cyber, la gérante n’est pas encore là, et nous en profitons
pour aller voir un télécentre proche qui affiche "Internet" sur
sa devanture. Dans le local, 2 ordinateurs sont là, mais plus de connexion
Internet. De la discussion qu’ont Annie et Beddy avec le gérant, il ressort
que cette activité n’était pas rentable depuis l’installation du Cyber d’à côté
qui pratique des prix bas. A 500 FCFA de l’heure, la marge est quasi nulle.
Il est vrai qu’à 75 CFA la taxe de base pour un télécentre en RTC, plus l’abonnement,
il faut un minimum de 4 ou 5 ordinateurs pour équilibrer les comptes, et plus
pour commencer à gagner de l’argent. Et contrairement à la publicité du
site Internet de l’opérateur, il n’y a pas d’abonnement à forfait illimité.
Si l’on passe à une Liaison Spécialisée, la rentabilité est encore plus difficile
avec le niveau de prix pratiqué par l’ONATEL (en février 2004) :
350 000FCFA par mois pour une liaison à 64kb/s
650 000 pour une 128kb/s
1,5 million pour une 256kb/s
On remarquera l’étrange dégressivité des prix, due, d’après un gérant de cyber,
à une erreur de l’ONATEL !!! Dans les deux cyber que j’aurai fréquentés
durant mes 3 semaines de séjour, les prix sont de 500 et 800 FCFA de l’heure.
A chaque fois, la gestion de la durée s’effectue avec un logiciel spécialisé
CYBERCAFE PRO, géré par un serveur.
La Formation
La première semaine est l’occasion de boucler la préparation de la formation
qui durera 2 semaines, à raison de 3 heures par jour. Nous organisons le jeudi
soir avec Amélie, la coordonnatrice de YamNet, une réunion des personnes intéressées,
pour présenter la formation, et les conditions dans lesquelles elle se déroulera.
D’un commun accord avec Sylvestre OUEDRAOGO, le président de Yam Pukri, nous
avons fixé une participation des stagiaires. Celle-ci est assez modique, et
du niveau des prix pratiqués par YamNet pour ses formations d’initiation à la
bureautique. 20 000 FCFA (30 euros) pour un étudiant et demandeur d’emploi,
35 000 pour un salarié. Cette participation ne couvrira pas les frais de la
formation, mais permet de responsabiliser les stagiaires, et de les motiver
quant à leur assiduité.
Deux sessions sont prévues :
De 15h à 18h pour les étudiants et les animateurs de YamNet
De 18h à 21h pour les salariés
L’objet de la formation est une initiation au développement d’application de
gestion de base de données, avec PHP et MySQL.
J’ai réalisé un support de cours papier qui sera reproduit par YamNet pour chaque
stagiaire, et un CDROM.
L’ensemble des logiciels utilisés sont des logiciels libres.
Sur le CDROM il y a le support de cours, EasyPhp le programme d’installation
du pack contenant Apache le serveur web, MySQL le serveur de base de données,
PHP l’interpréteur du code Php, et PhpMyAdmin l’interface conviviale
de gestion des bases de données.
Les stagiaires y trouverons aussi de la documentation sur ces logiciels et sur
HTML, et quelques autres outils.
Les participants doivent avoir une bonne maîtrise du langage HTML et des formulaires,
pour accélérer l’intégration des nouvelles connaissances. Ce pré-requis sera
moyennement rempli par la plupart des stagiaires, voire pas du tout, ce qui
va largement ralentir le déroulement de la formation.
Plan du cours
Introduction
Initiation aux bases de données. Analyse d’un projet de gestion basique de bibliothèque.
Présentation et utilisation de PhpMyAdmin
Rappels HTML et formulaires
Le langage PHP
PHP et les formulaires
MySQL et langage SQL
PHP, MySQL et les formulaires
Réalisation d’une application simple de gestion d’une base de données. Chaque
stagiaire devait prévoir un petit projet personnel.
La formation se déroule dans une des salles de Yam Pukri, avec 6 micros
pour les stagiaires et un tableau avec des feuilles de paper-board.
La première semaine doit être consacrée à l’apprentissage, et la deuxième au
projet.
Le niveau global ne permettra pas de tenir le programme, et j’abandonne le projet
personnel pour m’assurer que les connaissances soient bien acquises. Les travaux
pratiques de conception d’une interface de gestion des stagiaires de la formation
feront office de projet. Il y a donc deux groupes, de niveaux très différents.
Le premier est plus faible, et j’aurai systématiquement une journée de retard
sur la progression du deuxième. Il me faudra même demander à un des stagiaires
d’arrêter la formation, vu son niveau.
Les participants viennent d’horizons assez différents. Certains sont des animateurs
de YamNet, d’autres des professionnels de l’informatique, des journalistes,
des fonctionnaires. Il y a aussi Mohamed, un médecin-informaticien Malien, dont
le voyage a été financé par IICD, l’ONG hollandaise partenaire de Yam Pukri.
J’ai préparé les micro avec Easyphp, et tous les exercices se font avec l’éditeur
de texte de Windows, Notepad. C’est plus difficile pour les débutants, mais
permet de se concentrer sur le code, et sur les interactions entre HTML et PHP.
Oubliées les couleurs, mises en forme et autres fantaisies.
Bilan :
L’ensemble des participants est satisfait de la formation, et la liste de discussion
mise en place va permettre de prolonger la formation et les conseils, tout en
suscitant une dynamique au sein des stagiaires. Les premiers messages s’échangeront
dès le lundi suivant la fin de la formation.
Evolution de YamNet
Une association comme Yam Pukri doit nécessairement évoluer dans
un contexte de généralisation des cycercafés.
L’évolution est sensible avec une baisse conséquente (du moins
pendant mon séjour et pendant la semaine) de la fréquentation
de l’accès Internet.
Une innovation intéressante pour la démystification de l’informatique
auprès des très jeunes, est la création d’une salle de
jeux informatiques.
Cette pièce de 4 micros est rarement vide, assaillie les après
midi par de nombreux enfants, qui s’acquittent d’une somme de 25 FCFA pour une
durée que je n’ai pas déterminée, mais qui me semble proche
de l’heure. Les jeux sont d’anciens jeux monopostes, rien à voir avec
les salles de jeux en réseau d’Europe, mais c’est un début, et surtout c’est adapté.
Il est toujours fascinant de regarder la maitrise de l’outil par des enfants.
Les doigts virevoltent sur le clavier, avec précision.
Yam Net propose bien des logiciels éducatifs, mais ceux ci ne sont pas
les plus demandés m’a dit Sylvestre.
Cette approche par le jeu, si elle est peu orthodoxe, est très efficace,
et surement pleine d’avenir.
L’essai Internet sur les téléphones ruraux
Nous n’avions jamais testé un accès internet sur les téléphones
ruraux que CSDPTT a installé, et la formation à Yam Pukri me donne
l’occasion de faire des essais. Les informations de nos experts sur la bande passante des faisceaux
hertziens utilisés ne laisse pas entrevoir des débits faramineux.
Le déplacement sur les sites de la région de TOMA est entièrement financé par
Yam Pukri, qui va réaliser un reportage filmé sur les téléphone installés par
CSDPTT à Koin, Biba, Nimina et Yaba, et sur les tests de connexion à
Internet que je vais effectuer.
Théodore SOMDA et Inna GUENDA , des collaborateurs de BURKINA-NTIC.ORG
feront les prises de vue et les interviews, avec beaucoup de talent et d’efficacité.
Le départ est prévu le dimanche à 6h30 du domicile de Sylvestre et Patricia.
La route est longue jusqu’à Toma, avec d’abord 100km de goudron jusqu’à
Koudougou, puis 100km de piste que le 4X4 avalera sans difficultés, et avec
beaucoup de confort, par rapport au Renault Express (voir plus bas).
J’ai le nez collé à la vitre, RFI nous accompagne...
KOIN 6km au sud-est de Toma
Nous arrivons à Koin vers 10h.
Le
télécentre est proche du bord de la piste, quelques personnes discutent, et
un client finit son appel, qu’Inna interviewera. Théo explique au gestionnaire
la nature de notre présence, et décrit le test que je vais faire. Démarrage
du portable, j’utilise les paramètres de connexion de Yam Pukri pour me connecter
à FASONET, la composition du numéro est en impulsions. Première tentative, ça
décroche, les modem « discutent » un bon moment pour trouver la bonne
vitesse d’échange, ok. La phase d’envoi du nom d’utilisateur commence, puis
échoue. Plusieurs autres tentatives échouerons. Ca n’est pas très encourageant.
Et cela coûte un peu plus de 5000 FCFA, que Yam Pukri prend encore en charge
malgré mon insistance.
Nous regardons quelques pages du cahier sur lequel le gestionnaire tient le
compte et la nature des appels. Nous évaluons rapidement entre 4000 et
7000 FCFA par jour en moyenne les recettes. Rapporté à l’année,
7j/7, les recettes de l’Onatel (environ 70% de cette somme) sont déjà conséquentes,
et doivent permettre d’assurer la pérénité de ce type d’installation.
La demande d’un compteur de taxes revient comme un leitmotiv dans chacun des
villages, et même à Toma, dans la bouche d’un propriétaire
de Télécentre privé. Le système de décompte du temps à
la trotteuse d’une montre est vraiment trop imprécis, et laisse la porte
ouverte aux contestations, voire plus si la situation se dégrade. Comment
justifier une différence de prix entre 59 secondes et 1mn 1sec, quand
le chronométrage n’est pas fiable, surtout quand l’écart de prix
va du simple au double, toute minute entamée étant facturée
au télécentre.
Sylvie, ma femme, m’a offert un polaroid, qui me permet de laisser au gestionnaire
un souvenir de notre passage, en plus du Tee-Shirt CSDPTT. Je vais enfin pouvoir
donner des photos, et non plus seulement les prendre sans rien en échange.
Nous nous dirigeons vers Nimina, à 12 km à l’ouest de Toma.
NIMINA
Ce village est en pleine brousse, et nous nous faufilons sur un chemin où le
véhicule passe quelquefois tout juste. Le télécentre est sur une hauteur, un
peu à l’extérieur du village.
A
côté, une case qu’habite Gabriel NYAMBA, le gestionnaire, pour assurer la sécurité
du matériel, quelques personnes sont là et discutent, un âne divague. Des 3
télécentres visités, Nimina est le seul où l’on trouve une touche de décoration
personnelle, une appropriation par le gestionnaire. Après les présentations
et les explications, je fais mon test, pendant qu’Inna interviewe Gabriel.
Après des tests à vitesse normale, je modifie cette fois les paramètres
du modem pour commencer à un débit très bas, 1200b/s.
La connexion est immédiate !!! 
Je teste l’affichage d’une page web, celle de CSDPTT. C’est évidemment très
lent, mais ça marche.
Je refais une tentative à 2400b/s, de nouveau c’est bon. Je tente d’afficher
la page de Burkina-Ntic, mais les animations Flash sont trop grosses pour le
débit, empêchant l’affichage du reste. Je ne fais pas de test au delà de 2400,
mais je pense que nous pourrons aller jusqu’à 9600b/s, ce qui est suffisant
pour recevoir des mails en POP3 (c’est à dire avec un logiciel de mail
comme outlook, foxmail ou eudora). Les webmails du type Yahoo, Hotmail ou Caramail
sont à exclure, avec leurs publicités inutiles et dévoreuses de temps.
BIBA
Nous partons de Nimina pour Biba, à 10 KM au nord de Toma sur l’axe principal.
Le télécentre est en plein centre du village. Juste à côté, une grande case
temporaire est installée pour suivre les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations.
Le son qui sort de grosses enceintes est au maximum. Difficile de s’entendre
et d’enregistrer les interviews. Quand arrive une troupe d’élèves jouant du
djembé et autres percussions, la cacophonie est à son comble.
Le gérant n’est pas là, mais son frère tient le télécentre.
Le téléphone sonne, on appelle quelqu’un. Le gestionnaire envoie
une jeune fille chercher la personne dans la case-télé. La conversation
sera brève, et ce type de service coûte 100CFA.
Je m’installe pour les tests, mais je n’ai pas de doute après Nimina. Tient ?
la numérotation est à fréquence vocale !!! Il faudra que je demande aux
spécialistes de CSDPTT. Là encore les tests sont concluants. L’échec de Koin
est bien dû à la vitesse de transmission. Si nous avons le temps, je referai
des tests sur le trajet du retour.
Théo nous emmène saluer un vieux du village, un notable. Nous arrivons devant
de magnifiques greniers en banco de 4 ou 5 m de haut. 7 sont alignés. A côté,
7 ou 8 vaches et quelques moutons se reposent. Le personnage est riche, très
riche, malgré l’apparente pauvreté du lieu pour mes yeux d’européen.
Théo l’interroge sur le télécentre et nous traduit de temps
en temps. Il y a eu des problèmes de gestion avec l’ancien gestionnaire.
Les appels à crédit, les erreurs de gestion ont laissé
un trou de 250 000 FCFA (près de 380 euros), et a obligé à
fermer le télécentre pendant un temps. Le nouveau gestionnaire
est désormais responsable sur ses deniers du paiement des factures.
Voyant que je photographie ses vaches, l’ancien nous dit qu’il en a de plus
belles, de plus grosses. Il nous fait visiter le reste de la propriété, et nous traversons
des petits potagers, pour arriver dans un grand champ, où une vingtaine de
bestiaux vaquent à leurs bovines occupations. Effectivement, c’est du costaud !!!
J’admire les bêtes et je prends des photos d’une des femmes du patriarche,
qui prend naturellement la pose avec un arrosoir dans chaque main..
Inna me demande une photo polaroid. Ok, mais tu montes sur un taureau. Malgré
deux assistants qui maintiennent la bête, rien à faire, ç’est trop pour
Inna. Tant pis, pas de « photo minute ».
Je grille mes dernières photos N&B, et nous repartons vers Toma avec un
nouveau compagnon, un poulet pour Sylvestre.
TOMA
Pas de téléphone rural installé par CSDPTT à Toma qui abrite le central, point
de jonction des 4 installations. Théo
et Inna veulent interroger les gestionnaires des deux télécentres. Cette « ville »
de 9000 habitants n’est pas encore électrifiée, et le central téléphonique de
l’Onatel fonctionne au solaire, avec les limites de cette technologie en cas
de pluie ou de nuage de poussière important.
Dans le premier télécentre, quelques ordinateurs poussiéreux
et vieillots attendent la réparation du groupe électrogène.
Comme nous le dira le gestionnaire, l’accès internet n’est pas rentable
pour lui, entre le prix du carburants et de la taxe téléphonique.
Le deuxième est rattaché à l’hotel Nayala. La gestionnaire
est assise à sa petite table et discute en attendant le client.
Les funérailles
Le premier week-end Sylvestre et Patricia ont des cérémonies de funérailles,
chacun dans leur famille.
Patricia part le vendredi très tôt à Tib In, près de Yako, et nous partons le
samedi matin avec Sylvestre pour la retrouver, puis continuer vers Kongoussi,
le village des parents de Sylvestre.
Nous embarquons dans la Renault Express, à 5. Sylvestre, Michel, Pierre et Paul,
ses oncles, et moi. Je vais suivre la famille dans ses visites aux anciens des
villages alentours. Sous des auvents en paille, les vieux reçoivent les paroles
et l’argent de la famille.
Je n’entend rien des échanges en Mooré. Je
me sens assez à l’aise, moi l’étranger au milieu de ces rencontres familiales.
Du Dolo à profusion, rien de tel pour une intégration en douceur.
Sylvestre m’emmène visiter le lac de Kongoussi, terrain de jeu de son enfance,
où une famille de pécheurs écaille sa récolte du matin.
Qui n’a pas fait les pistes africaines en véhicule classique ne connaît pas
les limites de resistance d’une voiture. Comme le dit Sylvestre, les blancs
ont bien travaillé. Ont-ils pensé ces blancs aux contraintes de la tôle ondulée
et des escaliers en concevant leur véhicule ? Je n’avait jamais entendu
une voiture gémir et se plaindre à ce point. Les roue cognent dans la carrosserie,
au-delà des limites de capacité des amortisseurs et de tenue de route. Nous
échaperons à l’accident de justesse. Escaliers à 80km/h, la voiture glisse,
s’échappe sur le côté droit, descend sur le bas côté, rebondit sur la route,
part sur le côté gauche en un tête à queue, pour s’arréter sur le bas côté.
Tout s’est passé en moins de 10 secondes. Sylvestre a été brillant et plein
de sang-froid, ou bien a-t’il fermé les yeux ?
Peut importe, il faut repartir, le soir va tomber et il est toujours dangereux
de conduire de nuit sur ces routes cahotantes, quand des charettes à bras ou
tractées par des ânes sont des pièges permanents.
Nous croisons sur la route deux femmes Peulh, magnifiques dans la lumière du
soleil couchant.
Les NTIC et les marionnettes.
A l’occasion d’une table ronde sur la promotion des filières agricoles avec
les NTIC à SEGOU (Mali), une initiative a été proposé par Burkina-NTIC (voir
l’article ).
« Une innovation originale à cette table ronde a été le jeu des artistes
marionnettistes venus du Burkina sur l’initiative de Burkina-ntic. Les marionnettes
ont pu faire des animations sur l’objet de la rencontre. Les représentations
ont aidé les paysans à appréhender la réalité et à rechercher de meilleures
solutions pour leurs filières. »
J’ai eu la chance d’assister au tournage du film de ces marionnettes qui s’est
déroulé tard le soir à YamNet. Cette scéance très intéressante a été passionnante.
Les sculptures de Loango
Lundi, lendemain de la Tabaski est un jour férié, et Sylvestre
nous emmène, Mohamed et moi, voir les sculptures de Loango.
A cet endroit, à une dizaine de kilomètre de Ouaga, de nombreux
affleurements de granit parsèment le paysage, et ont donné l’idée
à un sculpteur de venir exercer son art ici, entrainant à sa suite
des artistes de tous pays, et donnant naissance à un festival.
Il y a des sculptures éparpillées dans la nature, produisant un
effet étrange et beau.
Merci à Sylvestre, Patricia, Harold, Sharon et Aude pour l’accueil qui me fait
me sentir en famille.
Merci aussi à Mohamed, Théo, Inna, à tous les participants de la formation et
à tous ceux qui m’ont accordé un sourire, une parole ou un regard.
Grâce à tous j’ai passé un merveilleux séjour au Burkina.
Une pensée particulière pour Beddy à qui je souhaite d’oublier
un passé difficile en RDC, et la réussite de ses projets.
Alain ROBLIN DEMONT
Coopération Solidarité Développement aux PTT (www.csdptt.org)