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| Compte rendu du SOMMET MONDIAL DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION (SMSI). 1ère Phase GENEVE 10 - 12 décembre 2003
Nous vous proposons là un document de toute première importance. Il s’agit en effet du compte rendu du Sommet Mondial de la Société de l’Information vue de l’intérieur puisqu’il émane du délégué de notre association CSDPTT à ce Sommet, Jean Louis Fullsack. Cet important travail qui devrait attirer l’attention de tous les acteurs du Sommet mais aussi des observateurs, chercheurs et journalistes est tout autant un témoignage d’un délégué particulièrement actif, qu’un compte rendu de ses activités, la synthèse de certains nombre de séminaires auxquels il a participé et la relation de certains faits marquants. Il ne prétend pas à l’objectivité mais se veut au contraire engagé à l’image de l’engagement de notre association, pour qui se sommet ne saurait être une occasion der remplir son carnet d’adresses ou une opportunité commerciale. Il n’en est pas moins truffé d’anecdotes et de remarques personnelles qui le rendent de lecture agréable malgré sa longueur. De tels comptes rendus sont rares allant bien au-delà des quelques textes officiels issus du Sommet ce qui en fait un texte précieux tout en dénotant de notre volonté de transparence. Notre liberté de ton c’est notre liberté tout court. Merci à Jean Louis Fullsack pour cet important travail, et permettez-nous d’exprimer notre fierté de le compter parmi les membres les plus actifs de l’association. Ajoutons qu’il ne manque jamais de souligner l’importance de nos projets concrets et de louer l’action sur le terrain des techniciens de l’association sans qui reconnaît-il volontiers sa parole auprès d’un tel Sommet aurait une portée bien moindre L’équipe du site Compte rendu duSOMMET MONDIAL DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION (SMSI)1ère Phase GENEVE 10 - 12 décembre 2003deJean-Louis FULLSACKPour télécharger l’article en entier Ci-dessous la table des matières, l’avant propos et la conclusion Table des matières Avant-propos - 1 La Société Civile au Sommet
- 2 Evénements et activités dans le cadre du Sommet Mercredi 10 décembre
Jeudi 11 décembre
Vendredi 12 décembre
- 3 Sommet Mondial sur la SI - Phase de Genève
4 - Conclusion Avant-propos Le Sommet de cette 1ère phase du SMSI suit le PrepCom3b, c’est-à-dire la deuxième prolongation du PrepCom3 de septembre qui n’avait pu aboutir à un accord sur les deux textes fondamentaux que les chefs d’Etat et de gouvernement devaient signer lors de ce Sommet : la Déclaration des principes et le Plan d’action. Le PrepCom-3b a failli échouer à son tour dans cette tâche (voir le compte-rendu dans la lettre de CSDPTT n°2) et il a fallu deux jours et deux nuits d’âpres négociation menées par Marc Furrer le Directeur du Bakom (l’organisme de réglementation des télécommunications suisse) et chef de la délégation suisse. Ouf, on revenait de loin ... Un thème sur lequel aucun accord n’a pu se faire : le financement des projets TIC dans les PeD afin de leur permettre de prendre part dans « la société de l’information », c’est-à-dire de combler le « fossé numérique » entre le Nord et le Sud. N’oublions pas que c’est l’un des deux ou trois objectifs principaux assigné au SMSI par l’Assemblée générale des Nations Unies. Un autre thème a été « mis en délibération » : la gouvernance d’Internet, pour laquelle aucun consensus n’a pu être trouvé. Le Sommet de Genève est couplé à une autre grande manifestation : ICT4D (Information and Communication Technologies for Development) . Comme lui elle se déroule à Palexpo où elle occupe le Hall 4, alors que le Hall 1 abrite les sites officiels comme le Secrétariat du Sommet, le Salon officiel, la salle des tables rondes et la grande salle de la Plénière. Quant à la Société civile elle s’est vu attribuer des espaces -plus ou moins fermés- dans le Hall 2, à côté du Centre de presse, du cyber-café et de l’Agora. Celle-ci est en fait un lieu ouvert, non délimité et pourvu de quelques sièges et d’une table, et a été prévue par les organisateurs pour être le lieu de réunion de la Société civile. Un choix catastrophique car cet espace est impropre à une telle fonction vu le bruit ambiant et les allées-venues incessantes. Il n’a pas été le seul, hélas ! Le compte rendu qui suit relatera davantage d’événements organisés par la SC soit en son sein soit dans le cadre de ICT4D, et d’autres événements relevant d’ICT4D, que du Sommet lui-même car je n’ai participé effectivement ... qu’à sa Séance officielle finale. Cela tient à deux raisons : d’une part le peu d’intérêt d’un rite qui devait faire adopter les deux documents officiels du Sommet par l’ensemble des Etats représentés « au plus haut niveau » , d’autre part les Séances ont été pour une partie fermées aux autres « partenaires » du Sommet dont la SC ... Décidément le multi-partenariat si cher aux organisateurs -du moins dans leur « communication »- n’a pas résisté aux susceptibilités des certains Etats. Ainsi en était-il aussi des Groupes de travail mis en place pour les questions en débat comme le financement des infrastructures et où j’aurais pu intervenir au nom de la SC en tant que « focal person » de son Groupe de travail Contenus & Thèmes. Inversement, la SC n’a pas été en mesure d’exiger que tous les débats soient ouverts. De ce fait sa participation s’est soldée par une demie douzaine d’interventions en dehors des « incontournables » à l’ouverture et à la clôture du Sommet. Un bilan navrant pour justifier un « Sommet des partenaires » toujours mis en avant par les organisateurs. ... 4 Conclusion Quelles conclusions tirer de ce Sommet de Genève : succès ou échec ? Indiscutablement il a échoué dans ses principaux objectifs :
Pour CSDPTT, c’est ce dernier objectif qui est le plus révélateur de l’échec de ce Sommet, dont les protagonistes continuent de promettre des solutions-miracles à tous les maux de la terre. Réussites et avancées Le SMSI a indiscutablement permis des avancées voire quelques réussites ponctuelles. Ainsi le processus tripartite qu’il a mis en route a eu des retombées, certes limitées, sur les contenus des documents officiels du Sommet, cela surtout par les contributions de la SC lors des PrepCom-1 à 3. De même a-t-il rapproché les représentants des Etats et ceux de la SC lors des groupes de travail « informels » mis en place et pilotés par la Plénière intergouvernementale. Dans ces groupes de travail et en fonction de la sympathie de leur président, la SC pouvait s’exprimer et montrer le sérieux de ses contributions. Pour ne prendre qu’un seul exemple, les modalités de financement des propositions du Plan d’Action reprennent en bonne partie les contributions que j’avais présentées au Groupe de travail informel sur le financement des infrastructures au nom du Groupe Contenus & Thèmes de la SC. Y compris les réserves sur le Fonds de Solidarité Numérique. Une retombée indirecte mais positive du SMSI a été que la SC se soit ... rencontrée ! Sa participation en forte croissance depuis le début du processus en est la parfaite illustration. Certes, cela ne lui confère aucune légitimation car sa représentativité soulève toujours de sérieuses réserves. Cela est particulièrement le cas de la SC des Pays en Développement et plus particulièrement de l’Afrique. En effet, une analyse des accréditations de ses associations auprès du SMSI montre que la grande majorité est soit active dans le domaine Internet, soit utilisatrice et promotrice de ses applications. Au détriment des associations représentant la véritable SC africaine, telle qu’on l’avait vue à Bamako avec Aminata Traoré. Cependant la SC a appris à se reconnaître mutuellement et surtout à travailler ensemble. La constitution de son groupe de travail « Contenus & Thèmes » en est la parfaite illustration, y compris dans ses limites et imperfections. Il est devenu le véritable cerveau et acteur de la SC et a fourni la quasi totalité des contributions, d’abord aux documents officiels puis à sa Déclaration alternative, lorsque la SC a vu ses contributions censurées voire ignorées et a décidé de ne plus y collaborer. Enfin, la SC a pu approcher les délégations gouvernementales et établir avec certaines -la Canada, la Suède, le Brésil, mais aussi la Suisse et l’Union Européenne- quelques relations intéressantes. Le « lobbying » a ainsi été une pratique à laquelle les représentants de la SC se sont rapidement habitués et qu’ils ont su utiliser pour présenter les points de vue de la SC sur les problèmes concrets ... et pour avoir des informations sur l’évolution des débats « derrière le portes closes », c’est-à-dire les réunions où la SC était exclue. Echecs et impasses Hélas, cette « chronique » est beaucoup plus fournie, à tel point que je me bornerai à l’essentiel. Le multipartenariat entre représentants des Etats, organisations internationales, le Secteur privé et la SC s’est avéré un véritable bide qui s’est manifestée sous plusieurs formes :
La « réduction de la fracture numérique », un des objectifs principaux du SMSI invoqué par tous les chantres et de façon récurrente tout au long de son processus, est un autre échec marquant. Les victimes en seront -une fois de plus- les populations des PeD, en premier lieu desquelles on trouvera les peuples africains. Cet échec a plusieurs raisons, au-delà des égoïsmes des pays industrialisés et nantis :
Non seulement l’Afrique, mais aussi l’Union Européenne a échoué dans cette enceinte du SMSI où elle avait pourtant de solides arguments, nourris par son action et son expérience en termes de Développement par le jeu des mécanismes combinés des Accords ACP-UE et du Fonds Européen de Développement (FED). En fait elle s’est plus échinée à combattre le FSN en tant que tel que de proposer une véritable alternative de financement des infrastructures notamment (c’est le domaine le plus urgent et le plus stratégique) par le biais de son FED, comme je l’avais proposé lors de PrepCom-3 au Groupe de travail informel intergouvernemental sur le financement des infrastructures. On a vu ainsi l’UE, le plus grand bailleur de fonds pour l’aide publique au développement, condamnée par l’ensemble des pays africains (et au-delà par une grande partie des PeD) au même titre et pour les mêmes motifs que les USA dont elle a trop facilement emboîté le pas. Un comble et une aberration ! Pour l’européen convaincu que je suis, une telle situation est inacceptable, et imputable en grande partie aux positions incohérentes des Commissaires européens concernés, MM. Nielson et Likkanen. Au lieu d’une telle incohérence, on aurait aimé voir l’UE organiser un grand Forum et/ou une Table ronde pour présenter sa vision d’une Société de l’information et de la communication en y associant ses partenaires des ACP, et évoquer le rôle d’une telle Société et des TIC pour répondre de manière concrète à la problématique du développement. S’agissant du processus du SMSI, les deux documents qu’il a produits sont le fruit d’un consensus laborieux qui ont vidé de leur substance la plupart des idées et propositions. En outre, le Plan d’Action ne mentionne ni les objectifs prioritaires, ni calendrier d’exécution et encore moins les moyens financiers pour les réaliser. C’est un document creux qui sera une base médiocre pour un travail programmatique pour la deuxième phase du SMSI. Mais la Déclaration de la SC manque aussi de souffle et accuse de graves lacunes dans son analyse ; ainsi ni l’impact néfaste de la déréglementation ni l’indispensable réforme des institutions internationales n’y sont évoqués. C’est à peine si elle mentionne les services publics comme indispensables (mais non comme une priorité). Perspectives et propositions La deuxième phase du SMSI entamée au soir du 12 décembre a deux problèmes majeurs à régler sinon résoudre :
Deux « groupes de travail » ont été créés pour donner leur point de vue et leurs propositions d’ici au Sommet de Tunis. La SC devra particulièrement veiller à son implication dans les deux groupes de travail. A cette fin elle engagera ses participants à y présenter des propositions conformes aux idées exprimées dans la Déclaration alternative et adoptées par la plénière de la SC selon un mandat clair. De même ses participants rendront systématiquement compte des activité des deux groupes de travail à la Plénière de la SC. Comme on le voit, ces questions requièrent des connaissances particulières voire une expertise avérée. Cela implique que la SC ses représentants les plus qualifiés, mais aussi les plus « solides » pour ne pas céder aux chants des sirènes ... Pour ce qui concerne les problèmes liés au financement, les infrastructures et l’accès en seront les domaines essentiels. On s’étonnera qu’aucun document ni aucune réflexion n’aient proposé un montant chiffré -ou au moins un ordre de grandeur- des besoins ! On s’étripe lors de discussions nocturnes mais on ignore tout de la hauteur de l’enjeu ! Cette remarque vaut en particulier pour le(s) protagoniste(s) du FSN qui à raison d’un dollar (tiens, pourquoi pas un euro ?) par PC acheté « au Nord » rêve(nt) de rassembler une cagnotte de quelques milliards de dollars. Irréaliste ! Un simple raisonnement partant des besoins qui pourraient être compris entre 10 et 20 milliards de dollars pour les infrastructures africaines, déduit qu’il faudrait que « le Nord » achète autant de PC. On délire ! Même à 10 dollars « versés volontairement » on est dans l’irrationnel. Nous demandons donc que le financement soit remis à plat et attendons que l’UE reconsidère sa position quant au FED comme un des mécanismes envisageables pour financer ces infrastructures sans lesquelles l’Afrique ne pourra se développer réellement. Pour la SC et son organisation cette deuxième phase demande une structure plus adaptée pour répondre à des problèmes concrets notamment en termes de mise en œuvre du Plan d’Action et de suivi des deux problèmes majeurs en instance de la 1ère phase. Sa crédibilité en dépend. La nébuleuse des caucus et autres familles ne répond plus aux exigences d’actions et d’engagements plus concrets. De même la SC devra s’ouvrir davantage aux organisations et associations qui ne l’ont pas (encore) rejointe soit du fait de leurs ressources limitées pour participer aux réunions lointaines, soit par engagement plus social auprès de leurs concitoyens. C’est le cas notamment des associations regroupées dans le collectif « WSIS we seize » ou celles militant au Forum Social Européen : ils doivent trouver une porte largement ouverte car visiblement la SC « installée » dans le SMSI a besoin de leur impulsion. Cela nous changera des débats concentrés sur l’Internet et ses problèmes ... Et nous aidera à nous focaliser sur notre priorité des priorités : le développement des pays du Sud et en premier lieu de l’Afrique. Jean Louis Fullsack Délégué de CSDPTT au SMSI | |||||||||||||||||||||||||
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