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NEPAD/NOPADA : Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique : nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir l’Afrique ?


 

Djilali Benamrane, économiste1

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NEPAD/NOPADA : LE NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE
texte en PDF

Sommaire :
Le contexte historique
L’état des lieux
Les apports et les limites du NEPAD
 i) au plan de la démarche, des institutions et du fonctionnement
 ii) au plan des impératifs d’intégration sous régionale et continentale :
 • Au regard de la composante sous régionale :
 • Au regard du concept de pays frontière :
 • Au regard des programmes et projets a vocation sous régionale ou continentale :
Un manque de vision et une ambition minimale pour l’Afrique
Quelques conclusions et recommandations
Annexes :
 - Annexe I : portant extraits du texte instituant le NEPAD dans le domaines des infrastructures et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)
 - Annexe II : portant analyse comparative des objectifs du PAL et du NEPAD
 - Annexe III : portant résumé des priorités du NEPAD en réponse aux impératifs de comblement du fossé numérique et liste des projets prioritaires.
 

B. PRIORITES SECTORIELLES
  B1. Combler l’écart dans le domaine des infrastructures, Tous les secteurs des infrastructures
  Objectifs
  Actions
  B2. Combler l’écart numérique : investir dans les technologies de l’information et de la communication
  Objectifs :
  Actions :
 - Annexe IV  : portant indications de l’étude prospective préliminaire de la CEA sur le développement de l’Afrique 1983 - 2008, étude réalisée dans la mouvance du PAL (Addis Abeba, avril 1983)
 - Annexe V : portant éléments bibliographiques

Le contexte historique :
1. En ce tout début du 21ème siècle, il est facile de relever un foisonnement pour ne pas dire une diarrhée d’initiatives d’envergure visant à promouvoir des propositions sensées entrouvrir de nouvelles voies d’espérance pour le continent africain en déperdition. Les illustres auteurs de ces initiatives, vaillants chefs d’Etat et de Gouvernement, s’inscrivent d’emblée dans une démarche plaidant pour un afro optimiste se voulant actif et constructif, persuadés qu’ils sont de faire acte d’innovation responsable et porteuse d’avenir radieux pour leurs populations éprouvées dans leur grande majorité par la pauvreté et par la misère. Consciemment ou non, ils s’affichent comme politiquement corrects en situant leurs diagnostics, analyses et recommandations en conformité avec les impératifs de la pensée unique portée par les tenants de l’ultra libéralisme triomphant et du processus irréversible d’une la globalisation imposée comme inéluctable et universelle alors que pilotée par et pour des intérêts égoïstes, conquérants et déterminés.

2. Cette accélération soudaine des évènements semble découler d’une dynamique instaurée par la Déclaration du Millénaire, adoptée avec faste en septembre 2000 par l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, rencontre historique, considérée comme le plus grand show jamais organisé, en présence des représentants de 191 pays dont 147 chefs d’Etat et de Gouvernement. Les recommandations pour une réponse spécifique aux besoins spéciaux de l’Afrique y sont développées au même titre que les nécessités de renforcer l’ONU, de répondre aux impératifs de la paix, de la sécurité, du désarmement, des droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance ou de prendre en considération les exigences du développement et de l’élimination de la pauvreté ou celles de la protection de la paix, de l’environnement et des groupes vulnérables.

3. Très rapidement, l’Afrique va réagir à ces recommandations onusiennes, se payant le luxe de présenter officiellement une multitude d’initiatives alternatives et/ou intégratives. En février 2001, à Davos en Suisse où se tient en général et annuellement la conférence mondiale informelle des grands décideurs de ce monde, puis à Gênes en Italie en juillet 2001, où eut lieu la rencontre périodique des dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8), puis à New York aux Etats Unis d’Amériques en septembre 2001, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, réunie en session extraordinaire sur l’Afrique, et enfin plus récemment en mars 2002, à Monterrey au Mexique lors de la Conférence mondiale sur le financement du développement.

4. La première de ces initiatives, dite ’’Plan OMEGA’’ fut inspirée par le Président Wade du Sénégal. La seconde dite ’’Plan Africain pour le Millénaire’’ ou ’’Programme de Redressement Africain - PRA -’’ ou ’’Millenium African Plan - MAP -’’, fut inspirée par les Présidents Bouteflika d’Algérie, Mbeki d’Afrique du Sud et Obasanjo du Nigeria. Une troisième initiative a été l’œuvre de la Communauté Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et a circulé discrètement en juillet 2001, sous l’intitulé ’’Compact pour l’Afrique’’. Il est vrai que le camouflet reçu par la CEA, à la fin des années 1980, pour son document ’’Cadre Africain de référence pour les Programmes d’ajustement structurels en vue du redressement et de la transformation socioéconomiques ’’, amendé en ’’Solution alternative de réponse aux Programmes d’Ajustement Structurel ’’ (CARPAS/SARPAS), incite les rares détenteurs d’idées et de courage à la plus grande prudence. Pourtant, la CEA ne faisait que proposer une autre vision pour l’Afrique que celle imposée par les Institutions de Bretton Woods, à l’exemple de la réflexion et des propositions développées au même moment par l’UNICEF dans son document plaidant pour des programmes d’ajustement structurels à visage humain. Encore qu’à la décharge des initiatives sans lendemain de la CEA, qui aujourd’hui se souvient du Programme Prioritaire de Redressement Economique de l’Afrique 1986-1990 (PPREA), adopté par l’OUA en 1985 ou de son frère jumeau le Programme d’Action des Nations Unies pour le Redressement Economique et le Développement de l’Afrique 1986-1990 (PANUREDA), adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies.

5. Une quatrième initiative a été sponsorisée par cinq chefs d’Etat : Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigeria et Sénégal et adoptée par le Sommet de l’OUA en juillet 2001, sous l’appellation ’’Nouvelle Initiative Africaine
-  NIA -’’ - Fusion de l’Association du Millénaire pour le Programme de Redressement Africain (PRA) et du Plan OMEGA. Enfin, le ’’Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique - NEPAD - ’’, adopté par le Sommet d’Abuja en octobre 2001, est venu couronner, momentanément,  le processus déjà en cours de récupération par les Institutions de Bretton Wood et l’Organisation Mondiale du Commerce, les fondements d’un tel processus peuvent être vérifier dans le document de la Banque Mondiale « l’Afrique peut-elle revendiquer le 21ème siècle ».

6. Pour la mise en œuvre et le suivi du NEPAD, il a été décidé de renforcer l’équipe des cinq chefs d’état initiateurs, promus comme coordonnateurs de programmes thématiques (Afrique du Sud : gouvernance politique, paix, sécurité et démocratie, Algérie : développement humain, Egypte  : accès aux marchés et diversification de la production, Nigeria : gouvernance économique et flux de capitaux et Sénégal  : infrastructures, environnement, NTICs et énergie), par deux chefs d’état représentant chacune des cinq sous régions du continent. Ainsi, le Comité de mise en œuvre se compose-t-il désormais de quinze chefs d’état. Ce Comité est appuyé par un Comité de pilotage (Steering Committee), composé à l’exemple des sherpas du G8, des représentants personnels des chefs d’Etat et de gouvernement, membres du Comité de mise en œuvre et des représentants des institutions économiques et financières africaines. Le Comité de pilotage est en charge d’appuyer les programmes pour la formulation de projets, à vocation sous régionale ou continentale, éligibles au financement par l’intermédiaire du dispositif du NEPAD. En plus du Comité de pilotage, un secrétariat permanent est mis en place à Pretoria en Afrique du Sud (cf. site Web : http://www.nepad.org ).

7. La Conférence du secteur privé africain de même que celle sur le financement du NEPAD, toutes deux organisées à Dakar, respectivement en janvier et avril 2002, témoignent de l’intérêt porté par le secteur privé et par le Sénégal, les dirigeants de ce pays s’investissant tant et plus pour s’impliquer et se mettre en position de jouer un rôle de leader dans le processus, toutes initiatives et tous secteurs d’activités confondus. En effet, vraisemblablement par carence des autres, le Sénégal se distingue par une boulimie d’initiatives avec une attente fondée de recueillir des dividendes conséquents, notamment en se situant en des secteurs stratégiques comme ceux de la mobilisation et de l’allocation des ressources mobilisables dans le sillage de la mise en œuvre du NEPAD. A cet effet, lors des rencontres et débats dakarois, il a été proposé la création d’un Fonds Continental du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (FCN)2 . Comme toute institution intergouvernementale qui se respecte, le dit fonds serait doté de la pleine personnalité juridique internationale et des garanties y relatives. Il serait doté de capacités requises pour recruter les ressources humaines, acquérir des biens meubles et immeubles nécessaires à son fonctionnement, ester en justice, intervenir sur les marchés financiers pour mobiliser des fonds ou placer des ressources, d’emprunter, recueillir des fonds, de tirer des revenus de ses ressources disponibles, ou réaliser des dons ou des prêts et accorder des subventions. Pourvu de prérogatives des plus larges, il a compétence pour participer ou pour assurer le financement des projets continentaux ou trans-régionaux correspondant aux objectifs fixés par le NEPAD et à cette fin, il est apte à lever les fonds lui permettant d’assurer le financement de ces différents projets. Il détermine les conditions dans lesquelles des projets sont éligibles aux crédits dont il dispose. Il coordonne les activités de fonds sous-régionaux à mettre en place avec la même structure et les mêmes compétences au niveau des espaces sous-régionaux africains. Nulle part il n’est question du double emploi que peuvent constituer de telles institutions « népadiennes » au regard d’institutions similaires en fonctionnement (BAD et banques de développement sous-régionales type BOAD) ou à créer dans le cadre des institutions de la toute récente Union Africaine.

8. Se retrouvera qui pourra dans cette jungle d’appellations, d’acronymes, de surenchères de propositions de structures, d’institutions, d’acronymes et d’équipes sponsors ! Combien d’intellectuels, de décideurs, de parlementaires, de leaders de la société civile, de femmes et d’hommes de l’information et de la communication, de responsables africains, peuvent de vanter d’avoir eu connaissance et/ou de disposer de la maîtrise de cette demi douzaine de documents d’importance, publiés en l’espace de quelques mois à peine !

9. Comprendra qui voudra cette pratique consistant à réunir en Afrique, mais souvent aussi en dehors, les conférences mondiales sensées s’apitoyer sur la souffrance de ce continent et en proposer des solutions. Les rencontres préparatoires et/ou de validation sous-régionales et régionales, tant qu’elles restent ciblées principalement sur les experts et techniciens ne suffisent pas pour justifier une supposée préoccupation de donner au processus un vernis de participation et encore moins d’implication populaire réelle ! Ne reste plus qu’à s’interroger sur la finalité réelle du NEPAD et se demander s’il ne s’agirait pas d’une supercherie monumentale, conçue hors d’Afrique et destinée à saborder le processus en cours de mise en place des institutions de l’Union Africaine (UA) appelée à remplacer celles de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) ?

L’état des lieux :
10. Des siècles durant, le continent africain aura fait l’objet d’agressions extérieures continues, cumulatives, mutilantes et annihilantes. Cela a commencé par la traite et ses effets inhumains, racistes et dégradants, qui du temps de l’esclavagisme l’a vidé de sa force de travail utile. Puis, s’en sont suivies les formes de colonisation et d’impérialisme, expressions suprêmes de la domination et de l’exploitation de l’homme par l’homme et leurs effets aussi inhumains, dévalorisants et méprisables, avec des transferts massifs de ressources et de main d’œuvre, y compris dans les formes exécrables de chair à canons durant les deux guerres mondiales. Puis, est survenue au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la guerre froide qui a artificiellement divisé le Continent en clans alignés sur le Nord Ouest  ou sur le Nord Est pour continuer à être mieux pillé dans les deux cas par le Nord. Enfin, beaucoup plus récemment sont apparus de nouvelles modalités d’abomination et de division parmi les pays pauvres africains entre ceux dits pays pauvres très endettés pouvant bénéficier d’une aumône dont les autres ne peuvent prétendre3. Les évènements condamnables du 11 septembre 2001 et l’invasion puis l’occupation de l’Irak par les troupes alliées anglo-américaine, laisse présager un nouveau critère de différenciation et de séparation des pays africains selon leur situation dans le clan du bien ou celui du mal, selon la terminologie « Buschienne ».

11. Le continent africain, malgré le pillage dont il continue à faire l’objet sans discontinuité depuis des siècles, constitue encore, pour son malheur, une source significative de matières premières et de main d’œuvre à bon marché dont l’exploitation incontrôlée et abusive contribue à la formation de la richesse et des profits drainés et accaparés par le Nord. Le potentiel de ses ressources environnementales et écologiques en fait un patrimoine public mondial, de même que ses sites paléontologiques et archéologiques et la diversité des pratiques sociales en font un patrimoine culturel universel.

12. A relever que si le NEPAD a innové en rappelant à juste titre les potentiels de ressources environnementales, écologiques, paléontologiques, archéologiques et culturelles du continent, potentiels dignes de figurer comme composantes du patrimoine mondial, il est beaucoup moins explicites que les documents qui l’ont précédé et qui décrivent mieux le potentiel des ressources naturelles et minérales, appelées, il est vrai à être exploitées pour l’exportation, par des compagnies transnationales (cf. en annexe l’analyse comparative PAL/NEPAD).

13. Des décades après sa décolonisation, loin de combler le fossé qui le sépare de l’opulente et grandissante prospérité du monde nanti du Nord, le continent africain continue de sombrer dans les profondeurs de la pauvreté, de la misère et de la désespérance. Au fil des années, les perspectives de rattrapage entre le Nord et le Sud s’éloignent. Les engagements souscrits et périodiquement réitérés devant la communauté internationale, lors des nombreux et coûteux sommets mondiaux, visant l’octroi de 0.7% du PIB des pays riches, sous forme d’aide au pays en développement, n’ont jamais été honorés par l’écrasante majorité des pays concernés puisque aucun mécanisme d’évaluation, de suivi et de sanction n’a été et ne sera convenu pour sanctionner les manquements aux engagements souscrits. De même aussi, les engagements particuliers miroités tous les dix ans aux yeux des responsables crédules des pays les moins avancés (PMA) et qui n’ont jamais été tenus, sans donner lieu à la moindre explication sur l’irrespect des engagements et le mépris à l’égard des populations en danger de port pour malnutrition, misère et maladies5. De même encore, les engagements souscrits pour soulager le poids de la dette, unanimement considérée comme insupportable et injuste, surtout dans les pays les plus pauvres et appliquée au compte gouttes et sur la base de conditionnalités révoltantes.  D’ailleurs, pour les bien pensants, aujourd’hui le concept d’aide est jugé inadéquat, rétrograde et inopérant. Le slogan  ’’Trade and not aid’’ fait du commerce, du business et des affaires, le seul instrument efficace de la coopération internationale pour le progrès et le développement du monde.

14. Tous les objectifs de croissance économique, de développement social et de protection des populations pauvres vivant des situations intolérables de vulnérabilité et de précarité, convenus après d’âpres débats en conférences internationales, restent des vieux pieux, des références vite effacées de la mémoire et honte à ceux qui oseraient en faire état. Au demeurant, pour mettre fin aux lamentations de l’insignifiante intelligentsia du Sud, excédée par des promesses illusoires, le dernier Sommet mondial de Monterrey au Mexique sur le financement du développement a innové en gommant purement et simplement toutes références à des indicateurs quantifiés  ; les engagements moraux et qualitatifs devraient suffire, nul besoin de chicaner sur des objectifs, sur des délais, sur des chiffres et sur des pourcentages, alors que les choses changent si souvent et si vite  !

15. Les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont représenté en juin 2002, le Continent au Sommet des G8 de Kananaskis au Canada auraient décidé d’y aller sans requête d’aide particulière. A croire que le NEPAD s’inscrirait désormais dans une logique de dialogue philosophique ou poétique entre partenaires recherchant confort et convivialité et non dans un esprit de négociation serrée pour relever des défis, stopper l’approfondissement du fossé qui continue à se creuser entre le Nord riche et le Sud pauvre et corriger des situations d’injustice flagrante qui risque d’entraver le processus d’une globalisation plus équitable et la  construction du village planétaire où il ferait bon vivre pour l’ensemble des êtres humains.
16. La morale, Ah la morale ! Que c’est pratique de se donner bonne conscience et de se convaincre que ces vilains africains sont bénis des dieux et des causes justes ! Ils sont tellement heureux dans leur pauvreté et dans leur misère alors qu’au Nord il y a tant de milliardaires malheureux qui souffrent des névroses des riches, de l’obésité pour cause d’excès de calories et de déficit d’activités physiques ou de stress liés aux fluctuations intempestives de la bourse ! Il n’est pas de rencontres de par le monde où l’absurdité de la situation de l’Afrique ne vienne perturber les débats tant les déséquilibres dont souffre le continent sont injustes, criards, révoltants, insupportables. Tous les indicateurs dans tous les secteurs font état d’un écart de l’ordre de un à cent sinon davantage entre le quidam moyen du Nord et le moyen quidam du Sud. Ce rapport effrayant de un à cent est devenu, en ce vingt et unième siècle, la norme banale caractéristique du fossé Nord Sud. Aucune réaction pertinente ne semble s’imposer alors qu’au vingtième siècle la simple rapport de un à vingt dérangeait bien davantage des esprits et provoquait des réactions d’indignation et de colère contre une telle inégalité, une telle injustice.

17. A titre d’exemple, la fracture numérique, pour puiser une illustration récente dans la nouvelle économie et dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication, ne déroge pas à ce un pour cent puisqu’un récent rapport du PNUD fait état d’une population de l’ordre de 0.1 % d’internautes se trouveraient en Afrique subsaharienne où vivent pourtant quelques 10 % de la population mondiale ! le seuil de 1/20 de mesure du fossé durant les années 60 dépasse dans beaucoup de domaines celui des 1/100 comme l’atteste la situation du fossé numérique6. Il est vrai que dans le secteur d’activités des NTICs, comme dans les autres, la situation est loin d’être homogène entre les différents pays africains pour prendre l’exemple d’un des pays les plus performants en la matière, l’Ile Maurice7 est l’un de pays africains le mieux doté en infrastructures téléphoniques,19 lignes téléphoniques pour 100 habitants, déjà en fin 2000 il ambitionnait un taux de taux de connexion de 25% et un délai de réponse à une demande d’installation de lignes à moins d’une semaine. La téléphonie cellulaire est en pleine croissance et vise les niveaux prévalant en Europe. Ce pays est membre du projet SAFE (South Africa Far East cable Network) qui gère un câble de fibre optique entre la Malaisie et l’Afrique du Sud via l’Ile Maurice et la Réunion avec une bande passante qui permet l’accès au réseau mondial à très haut débit, 10 gigabits par seconde. Ce pays est aussi partie prenante à un autre projet de pause d’un réseau câblé sous-marin de haute capacité reliant le Pacifique, l’Asie du Sud Est, le Moyen Orient et l’Europe, un réseau de 38.000 Km permettant l’interconnexion dans une zone de plus de 3 milliards d’habitants pour un investissement estimé à 1,5 milliards de dollars. La situation de l’île Maurice n’a rien à voir avec celle d’un pays comme le Niger qui vit encore une situation de début du 20ème siècle avec, en ce début du 21ème siècle une connexion téléphonique pour 500 habitants, disponibles dans les seuls grands centres urbains, avec sa vingtaine de milliers de lignes téléphoniques pour un pays de dix millions d’habitants il est normal qu’il ne soit pas attractif pour des opérateurs de réseaux à très haut débit.

18. Faut-il rappeler qu’indépendamment de la situation d’hétérogénéité qui prévaut, la communauté internationale y va de ses engagements répétés de ne ménager aucun effort pour combler le fossé numérique qui prend la dynamique d’une faille géologique.

19. Pour être politiquement correct , du côté de l’axe du bien, dans la mouvance de la pensée unique et de la globalisation, il est de bon ton de situer la culpabilité des responsables d’une telle situation au niveau de la mauvaise gouvernance des gouvernements africains qui se sont succédés depuis les indépendances et rejeter toutes références à l’histoire de la traite, à celle de l’impérialisme, du colonialisme ou de la guerre froide, comme facteurs historiques explicatifs du retard accusé par le continent.

20. Aujourd’hui, l’Afrique fait pitié. Elle accuse dans la presque totalité des domaines, plus de retard et de recul que jamais et la situation ne cesse d’empirer quelques soient les transformations et réformes répétitives. Elle constitue un terrain d’expérimentation et d’amusement où se défoulent des stratèges diaboliques, des experts forts du pouvoir de leurs mandants mais sans responsabilité, ni idées ni vision. Les programmes d’ajustement des années 80 et 90, imposés à l’Afrique par la toute puissance des Institutions de Bretton Woods, ont efficacement effacé les progrès accumulés difficilement durant les années 60 et 70, années de balbutiement de l’exercice de la souveraineté et de l’expérimentation de pratiques de la planification. Pour des raisons exclusivement idéologiques, au nom de l’ultra libéralisme et des impératifs de soumission suicidaire aux lois du marché, de productivisme, de rentabilité financière et autres raisons biaisées d’équilibres macroéconomiques, l’économie publique a été sa tannisée et anéantie dans la précipitation, sans que les initiatives privées n’aient été préalablement préparées pour prendre la relève dans des conditions minimales de sauvegarde et de protection d’une base économique et sociale des plus fragiles. Le résultat aura été la destruction systématique du peu d’expérience de production et de gestion, accumulée dans l’économie publique mise en place avec peine et à des coûts conséquents. Cela a eu le mérite, sans doute recherché, de liquider pour longtemps le peu d’expérience de socialisation par le travail de populations exclues durant la période de colonisation, de l’administration, des services publics et de la discipline du travail dans le secteur moderne.

21. Les compétences construites lentement et avec difficulté après les indépendances au prix fort, à coup de projets et de programmes de renforcement des capacités et compétences, ont été sacrifiées sous l’autel du sacro-saint concept de la privatisation des entreprises publiques, déficitaires ou non et du dégraissage de la fonction publique et du déguerpissement des meilleurs commis et autres agents de l’Etat et de l’économie publique. L’exclusion a concerné spécialement ceux venus à maturité, témoins et victimes des réformes répétitives et inefficaces, mais capables d’interrogations fondées sur la faillite des dites réformes imposées. Ces cadres jugés incompétents, budgétivores, inutiles ont pourtant bien été recyclés à la barbe des Etats liquidateurs de leurs intelligentsias et de leurs ressources humaines. Nombreux d’entre eux ont été incités à alimenter la fuite des cerveaux, à animer les activités d’un secteur privé naissant domestiqué et au service des intérêts des multinationales. Beaucoup d’entre eux aussi décriés paraissaient-ils se sont recasés dans les représentations des institutions internationales, des ONG et autres structures prolifiques d’encadrement de la société civile.

Les apports et les limites du NEPAD :
22. La pertinence comme l’inconsistance de la vision du NEPAD peuvent être saisies à plusieurs niveaux :
i) au plan de la démarche, des institutions et du fonctionnement
23. La démarche volontariste du NEPAD pour intégrer une multitude d’initiatives antérieures qui s’inhibaient mutuellement et inutilement, est à saluer, encore faudrait-il que des ténors africains ne viennent créer la confusion et obscurcir l’horizon avec d’autres nouvelles initiatives avec une approche différente, des stratégies et objectifs nouveaux. Cela sera fatalement le cas lors de la mise en place des institutions continentales et sous régionales de l’Union Africaine.

24. La forme d’élaboration et d’adoption du document par ou sous la responsabilité des seuls chefs d’Etat et de gouvernement, sans implication et participation préalables des populations ni des parlements ni même des cadres nationaux rappelle les problèmes récurrents du statut des Etats-Nations en formation, avec les transformations sociopolitiques et économiques en cours, situation qui peut générer des tensions face au processus de construction des espaces sous régionaux et régional.

25. Le cadre temporel du NEPAD, 2000-20158, pour autant qu’on se réfère à certaines projections explicites, présente certes l’avantage d’exister comme repère et de coller à la Déclaration des Nations Unies sur le Millénaire en lui empruntant pour l’essentiel les grands objectifs de développement et d’élimination partielle de la pauvreté en 2015 ; il ne recèle pas moins l’inconvénient d’un horizon trop court pour un travail approfondi de prospective qui tienne compte du poids des variables lourdes sur le développement économique et social d’un Continent en déperdition et aux défis monstrueux.

26. Des mécanismes appropriés de direction et d’animation : Comité de mise en œuvre composé de quinze chefs d’Etat et de gouvernement, présidé au départ par le Président du Nigeria, appuyé par deux vice-présidents, celui d’Algérie et celui du Sénégal et dont les cinq membres fondateurs sont responsables de programmes thématiques identifiés, le Comité de pilotage composé de représentants personnels de haut niveau des membres du Comité de mise en œuvre et renforcé par des représentants des institutions africaines de financement et de développement et le secrétariat permanent situé en Afrique du Sud. Ces mécanismes constituent un appareil efficient pour autant que les Etats et les ensembles sous régionaux puissent y retrouver leurs intérêts respectifs. Il est normal que certains chefs d’état ou que certains programmes du NEPAD soient appelés à montrer plus de dynamisme et de performance que d’autres, cependant, la relative visibilité voire la trop grande concentration des pouvoirs au niveau de certains chefs d’Etat zélés, désireux d’entraîner plus loin et plus vite leur pays, leur sous région et parfois le continent entier, comporte le risque de démobiliser des pays et des ensembles sous régionaux qui peuvent se sentir moins concernés ou pire encore marginalisés et lésés par le processus global. Le NEPAD a-t-il accordé suffisamment l’attention au rôle et au devenir des sous régions dans la construction de l’ensemble africain et son insertion dans l’économie mondiale  ?

27. Le mécanisme de direction et d’animation du NEPAD est lui-même complété par un dispositif inédit de suivi et d’autoévaluation, confié à un groupe de membres de Chefs d’Etat et de Gouvernement, volontaires (African Peer Review Mechanism APRM), appuyé par un Panel de personnalités éminentes (Panel of Eminent Persons - PEP) et par un secrétariat. Le mandat du APRM est de s’assurer sur la base d’exercices périodiques que les politiques et pratiques appliquées par les gouvernements sont conformes aux valeurs convenues en matière d’étique, de politique, d’économie et de gouvernance. Le PEP, quant à lui composé de cinq à sept personnalités de très haut niveau professionnel, d’une moralité irréprochable et mus par des idéaux panafricains devrait constituer un atout majeur de reconstruction de la crédibilité dans les capacités africaines à évaluer et à corriger les manquements à la transparence et à la gouvernance des gouvernants soumis à l’examen. Restent des interrogations d’envergure dont l’engagement effectif des Etats africains à se soumettre à cette instance et à prendre en considération ses recommandations, les conflits potentiels dans la division du travail entre cette institution et d’autres mécanismes d’arbitrage mandatés ou à mandater au sein de l’Unité Africaine, et enfin, les rapports de force oh combien déséquilibrés entre ce mécanisme népadien, les instances onusiennes de même mandat ou simplement les agences de notation du risque pays fonctionnant dans les pays développés9.

28. Afin de maintenir une certaine cohérence dans le fonctionnement des institutions en charge du Contient, il a été retenu le principe que le Président en exercice et le Secrétaire général de l’Union Africaine (ex Organisation de l’Unité Africaine) puissent participer de plein droit aux travaux du Comité de mise en œuvre du NEPAD et qu’au niveau du Comité de pilotage, l’Union Africaine y soit également représentée. Cette disposition rend incertain le statut du Président du NEPAD, on aurait pu comprendre que le Président du Nigeria présidait le NEPAD en sa qualité de président en exercice de l’Union Africaine, mais cela semble être démenti par le principe de l’implication du Président de la dite l’Union au Comité de mise en œuvre.

29. En outre, l’expertise des organisations intergouvernementales africaines est requise grâce à leur association aux travaux du NEPAD au sein de groupes de travail qu’elles coordonnent dans les domaines suivants :

a) Renforcement des capacités dans les domaines de la paix et de la sécurité : comme chef de file l’Union Africaine
b) Economie et Gouvernance : comme chef de file la CEA
c) Infrastructure : comme chef de file la BAD
d) Banques centrales et normes financières : comme chef de file la BAD
e) Agriculture et accès aux marchés : comme chef de file Union Africaine

ii) au plan des impératifs d’intégration sous régionale et continentale :

30. Le NEPAD constitue une rupture nette avec les initiatives qui l’ont précédées. Cela est d’ailleurs revendiqué avec force par les Chefs d’Etat promoteurs qui oeuvrent avec zèle pour sa mise en œuvre. Ils s’inscrivent avec fierté dans une vision militante d’un alignement sans discernement sur le libéralisme porté par les Institutions de Bretton Woods et par l’OMC ne laisse guère de place aux idéaux du Plan d’Action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique qui quelques années au paravent avait plaidé délibérément ’’pour une intégration des économies africaines en vue d’accroître l’interdépendance et favoriser un développement autosuffisant, endogène et autoentretenu’’. Le NEPAD qui, à en croire ses partisans, n’entend pas constituer une organisation africaine de plus qui viendrait compléter, alourdir ou se substituer à celles déjà existantes, s’inscrit dans une complète soumission à une option délibérée en faveur des priorités d’un développement intégré au niveau du continent au travers de ses cinq sous régions (Afrique du Nord, de l’Ouest, du Centre, Australe et enfin, de l’Est et de l’Océan Indien)10. Il s’inscrit dans une dynamique d’insertion aux processus de mondialisation et de globalisation. A cet égard, le passage obligé par les composantes sous régionales d’où sont pilotés les programmes du NEPAD soulève des interrogations légitimes :

• Au regard de la composante sous régionale  :
31. Le modèle d’intégration suivi par l’Union Européenne qui sert, consciemment ou non, de référence à l’Afrique, ne comporte pas de tels paliers sous régionaux, du genre de ceux établis par l’Organisation de l’Unité Africaine et apparemment copiés par l’architecture institutionnelle du NEPAD. Aussi gigantesque soit-il, le potentiel du grand ensemble européen est géré globalement sans spécialisation ni division du travail sur une base de regroupement territorial et accessoirement sectoriel ou thématique des pays membres et ou des activités concernées. Les risques de dérapage et d’incohérence sont flagrants comme en témoignent les conclusions et recommandations de la Conférence sur le financement du NEPAD, tenue à Dakar au Sénégal en avril 2002 et la sélections des projets prioritaires11 situés dans un espace sous régional dans l’ignorance des phénomènes de concentration et de monopolisation des multinationales qui produisent équipements, fournitures matériels et services pour des besoins dépassant largement la taille du marché africain dans sa totalité et non d’une de ses sous régions.

32. Outre la prise en compte dans le futur de l’éventuel dépérissement des paliers sous régionaux au profit du seul niveau continental, il se développe d’autres idées de regroupements spatial à la mode et qui répondent aux besoins impératifs de trouver des solutions adaptées aux multiples contraintes d’ordre transfrontalier auxquelles se heurtent les pays africains.

• Au regard du concept de pays frontière :
33. En effet, récemment, les exigences de résoudre les problèmes de multiplication des conflits, de paix, de sécurité et de gouvernance dont souffrent certaines zones, le Mali a lancé le concept de ’’pays frontière’’, comme ensemble territorial capable d’accélérer le processus d’intégration régionale, de renforcer la décentralisation et de prévenir les conflits frontaliers. L’espace géographique en question, commun à  deux ou plusieurs pays limitrophes, dans lequel vivent des populations frontalières liées par des rapports historiques, politiques, socio-économiques et culturels constituerait un facteur opérationnel de gestion commune des zones frontalières qui devraient devenir les zones d’intégration de proximité, utiles à l’intégration sous régionale et continentale. Lors de la Réunion Spéciale du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest : ’’Pour une meilleure approche régionale du développement en Afrique de l’Ouest’’, tenue à Accra au Ghana, 20-21 mai 2002, les cas concrets de la «  National Boundary Commission » du Nigeria et celui de l’espace transfrontalier Sikasso/Korhogo/Bobo Dioulasso entre le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont servi d’exemple pour montrer la pertinence du concept, notamment au regard d’une plus grande implication des collectivités locales et de la société civile dans la définition et la mise en œuvre des projets d’intégration régionale.

• Au regard des programmes et projets a vocation sous régionale ou continentale :
34. Par ailleurs, les risques potentiels ne sont pas seulement au niveau de la place adéquate dévolue aux Etats-Nations, aux espaces ’’pays frontière’’ et aux sous régions dont la mise en place laborieuse est loin de répondre aux attentes qu’elles ont suscitées dans le processus d’intégration solidaire en Afrique et dans celui de la mise en œuvre équilibrée du NEPAD. Ils le sont aussi au niveau de la conception des programmes et projets qui peuvent s’introduire dans le continent sous le pseudo label ’’conforme aux objectifs du NEPAD’’ et en réalité ne contribuent en rien ni aux impératifs de transfert de technologies, ni au renforcement des capacités productives de l’économie, ni à la réduction de la pauvreté de la société africaine.

Un manque de vision et une ambition minimale pour l’Afrique
35. Depuis le début de la période post coloniale et les pratiques et discours mobilisateurs des pères fondateurs des Etats africains souverains, l’enthousiasme et les messages des leaders qui se sont succédés ne cessent de manquer de souffle et de crédibilité, face aux enjeux de l’unité et de la solidarité au sein du Continent africain. Les définitions des horizons, objectifs et stratégies de référence ne cessent de s’obscurcir, se modifiant au gré des injonctions des partenaires bilatéraux, multilatéraux, voire des ONG internationales. Les repères changent au fil des projets de réformes toujours inspirées de l’extérieur, toujours inachevées, jamais évaluées et encore moins sanctionnées.

36. Les populations prises en otage, ignorées voire méprisées, sont déboussolées et ne savent qui croire, qui suivre, pour quelle vision du devenir de l’Afrique. Elles vivent le cauchemar, englouties dans un engrenage sans fin menant à la faillite générale, à la désespérance, à l’anéantissement. Malgré de soi-disant progrès notés en matière de percées démocratiques, de règne du multipartisme, d’avancées dans le respect des libertés et de droits de l’homme, la réalité est qu’on ne relève aucun progrès significatif et durable, aucune prise de conscience ni de position des populations sur des motifs et encore moins sur les relations entre les causes et les effets des tragédies qu’elles vivent. Ces effets sont toujours changeants, toujours plus flous, qu’il s’agisse des abus des partis uniques, de la planification impérative et centralisée, du libéralisme destructeur ou du peu d’équité prévalant. Les remèdes préconisés changent, les réformes imposées déstructurent mais s’avèrent le plus souvent inopérantes, les constats de mauvaise gouvernance se succèdent avec toujours un seul fautif : la gouvernance politique africaine et une seule aberration : une démarche auto culpabilisante et suicidaire de cette même direction politique africaine.

37. Si ce n’est pas la malédiction cela lui ressemble  ! Les afro optimistes peuvent toujours estimer que l’appréciation est outrancière et qu’il y a du mieux depuis le règne des programmes d’ajustement structurel et des programmes et stratégie de réduction de la pauvreté, on aimerait bien les croire mais le niveau de pauvreté et de misère ne cesse d’augmenter 12 et les indicateurs d’une éventuelle amélioration des conditions de vie et de travail ne cessent de démentir pareille assertion. Pire encore, le projet africain assez cohérent et certainement plus mobilisateur de l’ère de la construction socialiste, du règne des partis uniques, de la domination de l’économie publique, de l’éducation pour tous et de la santé gratuite, ce projet s’est disloqué et a été remplacé par une nébuleuse ou le multipartisme politique exacerbé sert une déstructuration et une informalisation de l’économie et de la société régentées par les marchés dominés de l’extérieur.

38. Des exemples sont nombreux qui illustrent l’absence de vision et les carences des dirigeants africains. Ils concernent l’ensemble des secteurs d’activités et se sont traduits par des phénomènes de désindustrialisation structurelle, de choix infructueux de spéculations agricoles tel le coton, d’échec lamentable de maîtrise en commun de moyens de transport aérien (Air Afrique) ou de transport ferroviaire (RAN), de difficulté de montage concerté d’institutions sous régionales ou continentales spécialisées de recherche, de formation supérieure ou de centres hospitaliers de référence. L’essentiel des activités de transport international, de banque et d’assurance reste confié à des opérateurs multinationaux qui drainent vers leurs capitales respectives l’essentiel des surplus dégagés à grande peine. Les exemples qui suivent donnent d’autres éclairages sur les lacunes et occasions ratées fautes d’une volonté claire d’opter pour des politiques de construire ensemble les fondations d’un développement solidaire, hors des choix offerts par l’ultralibéralisme et les militants de la pensée unique.

i) incapacité de gérer ensemble et efficacement les enjeux du fossé numérique :
39. Premier exemple pouvant être cité est celui du déficit dans la maîtrise et le traitement du défi du fossé numérique, celui des nouvelles technologies de l’information et de la communication13. Ce dossier illustre les contradictions flagrantes et grandissantes dans les politiques nationales, sous régionales et continentale en la matière. Pourtant, il s’agit là d’un domaine nouveau pour lequel la communauté internationale semblait prête à faire un effort particulier pour entreprendre une coopération un peu moins inéquitable que celle prévalant dans les autres secteurs d’activité14  pourris par des pratiques néocoloniales héritées et par un alignement suicidaire sur les injonctions de la pensée unique. Là, autant sinon plus qu’ailleurs, s’affiche le peu d’ambition du NEPAD fondé sur un ultralibéralisme peu opérationnel sinon ravageur dans le contexte africain. En ce domaine, la régression est manifeste, ne serait-ce que par rapport aux actes posés par l’Afrique quelques années auparavant, telle l’Initiative pour une Société de l’Information (AISI) et son cadre d’action pour l’édification d’une infrastructure africaine de l’information et de la communication. Cette initiative découle des conclusions et recommandations d’un processus démarré en 1995 à la requête des Ministres africains membres de la CEA et avalisée et référée dans les travaux relatifs aux statuts particuliers devant être consentis au Continent dans les conclusions et recommandations de l’Initiative Spéciale des Nations Unies pour l’Afrique15.

ii) l’enlisement du projet africain « RASCOM »
40. Autre initiative prouvant que les ambitions affichées par l’Afrique avant l’avènement du NEPAD étaient autrement plus audacieuses et plus pertinentes, c’est la création en 1992, après dix années d’appui de l’Union Internationale des Télécoms (UIT) d’une organisation intergouvernementale africaine de communication appelée RASCOM. Cette organisation a été crée avec mandat de lancer un satellite pour relier l’ensemble de la communauté africaine pour s’approprier de la maîtrise du secteur des télécommunications et uniformiser et réduire les coûts des transmissions sonores, d’images et de données, y compris l’Internet et la vidéo. Vingt années après l’idée et dix années après la création de la structure, l’Afrique attend toujours ce réseau de d’inter connectivité moderne et fiable mis en place, géré et maîtrisé par l’Afrique pour permettre aux différents pays de communiquer sans avoir à passer par et aux conditions des majors des multinationales maîtresses du marché mondial et inspirées par les dirigeants des ex-métropoles.

41. Ce projet qui semble être toujours d’actualité puisqu’il nourrit ses gestionnaires et constitue encore un marché juteux pour les fournisseurs d’équipements et de services dont le constructeur Alcatel Space, pourrait connaître un début d’exploitation en 2006. Pour un coût de cent cinquante millions de dollars, avec une économie espérée de cinq cents millions que débourse annuellement le Continent pour des opérations de transit à des opérateurs multinationaux, ce projet semble être rentable encore faudrait-il le resituer en tenant compte de la privatisations des opérateurs nationaux des télécoms, la multiplicité des offres d’accès aux satellites et la concurrence des autres moyens de télécommunications. Est-ce un hasard si les câbles péricontinentaux et transcontinentaux se multiplient et connaîtront l’exploitation avant le démarrage des services de RASCOM ? Qu’est ce qui explique que l’Afrique dans sa grandeur n’a pas pu mobiliser cent cinquante millions de dollars pour réaliser en temps opportun un tel projet ? Qui a bloqué l’opération ? Sur quel conseil  ? Et pourquoi ? A qui profite le crime du pourrissement de la situation sinon aux promoteurs de la privatisation du secteur et à la volonté manifeste des pays du Nord et des multinationales sous leurs ordres pour priver le plus longtemps possible l’Afrique de moyens stratégiques de peser sur les relations internationales dans les domaines névralgiques de l’information et de la communication.

42. Il est triste de reconnaître que le NEPAD n’apporte pas de solution probante pour une meilleure gestion de ce secteur et cela n’est pas étonnant tant le militantisme au service de l’ultralibéralisme de ses promoteurs est flagrant. Les quelques idées retenues par l’initiative sont décevantes, quelconques, inconsistantes. Avoir l’ambition pour l’Afrique de doubler la densité des réseaux pour pouvoir disposer de 2 lignes téléphoniques pour cent habitants à l’horizon 2005, diminuer le coût et améliorer la fiabilité des services ce sont là des objectifs parmi d’autres creux16, sans ambitions au regard des besoins du continent et du développement spectaculaire du cellulaire dont se dotent aujourd’hui les familles dans les zones urbaines à la cadence d’une unité par personne. Plaider pour un accès de meilleure qualité et aux moindres coûts, ce sont là des arguments qui font pleurer de honte ! Appeler à des politiques de promotion et de formation des opérateurs et de collaboration avec les institutions régionales et internationales compétentes, merci le NEPAD ! Veuillez à s’assurer que le développement des télécoms serve l’économie et la culture africaine, bravo le NEPAD. Ces idées généreuses et ridicules ont été confirmées lors de la rencontre sur le financement du NEPAD qui eut lieu en avril 2002 avec quelques pistes d’opérationnalisation telles le renforcement des capacités sous régionales d’harmonisation des législations et réglementations, de mise en place d’infrastructures, d’industries de montage, des services d’entretien et de maintenance, de politiques de formation professionnelle, de production de contenus et de propositions d’expérimentation en gestion de moyens et de service électroniques d’affaires, d’éducation, de santé, de paiement, d’information et de communications.

iii) l’occasion ratée du projet Ouest et Sud africain SAT-3/WASC
43. Deuxième exemple d’illustration du déficit de cohérence de la démarche népadiennes : Qui prône une démarche collective et solidaire du continent africain devrait s’assurer que les initiatives, actions, programmes et projets développés soient à tout le moins équilibrés au regard du partage équitable des retombées entre les différents pays et sous régions concernés ! Tel est-il le cas de cette récente, prometteuse et audacieuse initiative reprise à grand renfort publicitaire à Dakar par le chef de l’Etat, en charge du secteur des télécommunications pour le NEPAD et consistant en l’ouverture du réseau sous-marin à fibre optique SAT-3/WASC17 reliant l’Europe, l’Afrique et l’Asie ? Certes, plusieurs pays africains y sont concernés : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon, l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice, dans une première étape.

44. Les pays de cet ensemble peuvent désormais bénéficier du haut débit ainsi que d’une interconnexion commune et avec le reste du monde. Mais, quel transfert de technologie effectif conditionnera l’intervention du maître d’œuvre des travaux, la société Alcatel Submarine Networks, responsable de l’installation des quelques 28 000 Km de câble, le long de la côte atlantique et de l’Océan Indien ? Ce système de télécommunication d’une capacité de l’ordre de 120 gigabits par seconde et d’un coût approximatif de 650 millions de US $, ouvrira sans doute d’immenses bandes passantes aux pays africains bénéficiaires et de nouvelles perspectives en potentialités d’accès aux NTICs. Mais quelle occasion perdue pour mieux négocier le transfert de technologie ou l’implication de davantage de pays riverains ou une stratégie concomitante d’interconnexion avec d’autres systèmes en négociation, tel le système transsaharien devant relier le Nigeria à la Méditerranée via les pays sahéliens !

45. Se prévaloir d’avoir eu l’intelligence et le courage politique de passer un marché, produit en main, avec une multinationale extra africaine, comme elles le sont toutes et qui engrangera des profits de conception, de réalisation, de gestion et de maintenance du projet durant des décades c’est admettre que les conditions prévalant lors du colonialisme ont changé en pire puisque maintenant nul n’est besoin d’une armée coloniale pour imposer et renforcer la dépendance de l’économie africaine à l’égard des ex-métropoles. Arrivera-ton un jour à une vigilance suffisante pour que lors de la conception, de la mise en œuvre, de l’exploitation de projets de telle envergure puisse s’inscrire au départ dans une démarche africaine solidaire, avec un impératif de faire participer équitablement tous les pays et populations concernés, sans tenir compte de la richesse, de la solvabilité ou du dynamisme des dirigeants de tel ou tel Etat membre.

iv) et du projet Est et Sud africain SAFE
46. A croire que l’Afrique constitue un domaine de prédilection pour la démultiplication des mauvaises pratiques, une démarche similaire à celle décrite précédemment pour le projet SAT-3 a prévalu au niveau de l’Afrique de l’Est et du Sud consistant en une interconnexion par câble de fibre optique entre la Malaisie, l’Afrique du Sud, l’Iles Maurice et la Réunion, projet dénommé SAFE18 et dont les protagonistes sont des opérateurs implantés dans ces pays : Cable and Wireless, Mauritius Telecom, Telecom Malaysia, Telecom South Arica et France Telecom. On peut s’interroger sur la pertinence d’une telle initiative à l’honneur de l’Afrique du Sud et de l’Ile Maurice qui entendent jouer un certain leadership dans l’Est africain qui rappelle l’activisme sénégalais dans l’Ouest africain mais susceptible de miner à terme la solidarité sous régionale et continentale. Il est vrai que nous sommes ici en présence d’une logique non des Etats qui se sont allègrement débarrassés de leurs opérateurs publics au profit de multinationales souveraines, mais d’entreprenariat privé, dynamique à la recherche de performances et de profits et non de développement intégré et solidaire.

47. Pire encore est cette absence remarquable de l’Afrique et de son NEPAD à une initiative mondiale pour un réseau câblé sous-marin à très haute capacité, appelé à relier l’Europe, le Moyen Orient, l’Asie du Sud-Est et les pays du Pacifique. Il s’agit d’un projet d’une longueur de 38.000 Km, devant desservir une population estimée à plus de 3 milliards d’individus pour un coût de 1,3 milliards de dollars. Une centaine d’opérateurs sont impliqués dans cette gigantesque opération, pas un seul n’est africain. L’Afrique a bradé ses opérateurs publics et ses opérateurs privés sont des marionnettes manipulées par les multinationales qui n’ont aucun intérêt à dévoiler leur mainmise sur l’Afrique dans des initiatives d’envergure mondiale, quant aux Etats, quant au NEPAD, quant aux institutions sous régionales et continentales, ils sont disqualifiés du fait des lois du marché et des conséquences des privatisations bâclées dont ils sont les premiers responsables.

v) des lenteurs dans l’exécution de projets d’infrastructures
48. Autres exemples puisés dans des secteurs d’activité qui viennent conforter la démission des Etats africains : sans sous-estimer le moindre du monde l’importance des initiatives visant le rattrapage du fossé numérique et autres initiatives du genre de celles décrites précédemment, il y a des secteurs qui jouent un rôle déterminant dans la création des conditions indispensables au développement des échanges entre pays voisins. Sacrifiant à l’ultralibéralisme et aux privatisations sauvages, les dirigeants africains ont accepté la faillite de l’opérateur du transporteur aérien Air Afrique. Ils ont accepté l’ordre des Institutions de Bretton Woods d’abandonner tous projets d’extension ou de réhabilitation de leurs réseaux ferroviaires. Ils se sont débarrassés de tous leurs moyens d’administration, de gestion, de maintenance et de développement de leurs infrastructures routières. Pourtant, nombreux sont les projets qui n’attendent qu’une volonté souveraine et des décisions courageuses et concertées pour leur réalisation.

49. Une illustration en Afrique de l’Ouest que ce projet tourné davantage vers une stratégie plus structurante et plus intégratrice des efforts de désenclavement et de lutte contre la pauvreté dans les zones de pauvreté. Il s’agit d’un projet de modernisation et d’extension des infrastructures ferroviaires  : 2 000 kilomètres de voies ferrées nouvelles pour relier le Burkina, le Sénégal, le Niger, le Bénin et le Togo en attendant d’autre liaisons possibles avec les pays d’Afrique Centrale à l’Est et les pays du Maghreb au Nord dans une perspective de création d’un réseau dense intégré de transport ferroviaire. Un projet ambitieux, dont le coût total devrait s’élever à 2 milliards de dollars dans un environnement idéologique dominant, plus favorable aux transports routiers que ferroviaires, position fondée sur la vétusté et la mauvaise gestion des 4,000 km de chemin de fer existant dans l’ensemble géographique concerné !  Des opérateurs privés nationaux et internationaux de même que des sources de financement semblent s’intéresser à la réalisation de ce projet qui risque, s’il venait à être réalisé, de changer fondamentalement et durablement les données socioéconomiques et le niveau d’intégration de la sous-région. Les nouvelles lignes devraient d’abord relier Ouagadougou à Cotonou, via Niamey, puis Lomé et Ouagadougou, avec des retombées heureuses sur les coûts des programmes d’entretien routier et sur la dynamisation des ports du Togo et du Bénin.

50. Dans le même ordre d’idée, un autre exemple qui recèle des potentialités évidentes d’instauration d’une dynamique structurante d’intégration des économies africaines d’une part et de promotion possible d’opérateurs économiques nationaux et sous régionaux, en de multiples filières de travaux publics, mais également de matériaux de construction, de transports et de services : celui du développement des infrastructures et réseaux routiers. Déjà dans les années 80, l’OUA et la CEA proposaient la réalisation ou le parachèvement de cinq projets de routes transafricaines : la transsaharienne, la transafricaine  : Mombasa Lagos, la transsahélienne : Dakar N’Djamena, la côtière  : Nouakchott Lagos et la transafrique de l’Est : Le Caire Gaborone. L’étude prospective préliminaire 1983-2008 de la CEA proposait dès 1983 quatre projets additionnels : Tripoli Luanda Windhoek, Nouakchott Le Caire, Dakar N’Djamena Massawa et Beira Lobito.

vi) pourtant que de potentialités, y compris dans les secteurs technologiques complexes
51. Dernier exemple parmi bien d’autres se situant à mi chemin entre le premier profitant principalement à l’opérateur multinational pour sa conception, sa réalisation et son exploitation, avec des risques d’accroître la dépendance de l’Afrique et le dernier qui recèle des potentialités d’implication d’opérateurs de la sous région. Il s’agit du projet de gazoduc susceptible de relier le Nigeria et autres pays côtiers producteurs de gaz naturel dans le Golf de Guinée, avec le Maghreb, pour faciliter l’exportation gazière vers l’Europe. Ce projet ne pourrait avoir d’intérêt et de capacité d’intégration structurelle sous régionale que s’il intègre une dimension de mise en place d’une industrie de développement des filières gazières, implantée de préférence au Niger, de part sa position centrale, et bénéficiant aux pays voisins enclavés comme lui (Burkina Faso, Mali, Tchad) voire aux régions limitrophes des autres pays de la sous région.

52. Les responsables africains se considèrent comme des concepteurs responsables, avisés, sérieux, soucieux de poser des actes pour transformer la situation peu enviable de leur continent et pour le sortir de sa malédiction. Pour ce faire, ils revendiquent l’instauration d’un rapport nouveau entre partenaires ! Ils revendiquent le droit et le devoir de rompre avec la pratique traditionnelle et la logique implacable de l’aide, humiliante puisque le donateur impose ses conditionnalités et se trouve en position de force par rapport au bénéficiaire, le récipiendaire de l’aumône et prônent pour une plus grande implication du capital financier international dans les programmes et projets de développement. Mais là aussi la vigilance devrait être de rigueur pour qu’une telle implication ne se traduisent pas par soit par des opportunités perdues pour la promotion d’entreprises africaines à vocation nationale, sous régionale ou régionale, soit pire encore par la poursuite du pillage du continent par les multinationales et le transfert du peu de ressources vers les pays riches.

53. De plus, qui prône un rapport de partenariat équilibré devrait pouvoir s’inscrire dans une logique de réponse à la satisfaction d’intérêts réciproques qui se compensent. Or, on se demande bien qu’ont les responsables africains à offrir que leurs ’’partenaires’’ n’ont déjà coutume de prendre unilatéralement et sans condition, du seul fait de la rente de situation et des rapports de force dont ils disposent ?

54. S’aligner sous les lasers américains qui délimitent l’axe du bien contre le mal, qui tracent les voies du paradis et de l’enfer sur terre et se faire les chantres symboliques de la lutte sans merci contre le terrorisme et pour la sécurité internationale pour que règnent la paix et la concorde dans le village planétaire projeté par la globalisation ? Ils l’ont déjà fait promptement, dans leur écrasante majorité, sans condition, le lendemain du 11 septembre 2001, avant même qu’on ne le leur demande  ! S’engagent-ils solennellement à se contraindre à pratiquer une meilleure gouvernance et à lutter plus activement contre la pauvreté ? Les Institutions de Bretton Woods ont déjà verrouillé d’aide publique au développement déclinante, dans des costumes taillés sur mesure, des plans d’alignement, d’encadrement et de surveillance rapprochée, une nouvelle génération de programmes ingénieux de stabilisation et d’ajustement, rebaptisés ’’Stratégies de Réduction de la Pauvreté’’ ! Plaident-ils pour le renforcement ses économies nationales, sous régionales et régionales en privilégiant l’apport en investissements privés internationaux en lieux et places de l’aide publique au développement, ils courbent encore plus l’échine devant dieu le maître qui a décidé ’’Trade and not Aid’’, dans l’intérêt prioritaire de ses opérateurs transnationaux et de ses préférences technologiques, pour le moins hasardeuses !

55. La démarche consistant à légitimer à posteriori la tendance à la réduction de l’aide publique au développement en la compensant par les investissements privés internationaux d’abord, ensuite nationaux de façon accessoire, est plus suicidaire que jamais. Malgré les apparences des résultats prometteurs des rencontres de Dakar de janvier et d’avril 2002 visant la mobilisation des opérateurs privés africains et internationaux pour la réalisation des objectifs du NEPAD le pari semble être des plus incertain. En effet, à l’échelon national comme aux échelons sous régionaux et continentaux, les meilleures opportunités d’investissements ont été déjà pour beaucoup brader pour débarrasser les Etats des activités de production et de service dont ils ont été définitivement exclus par les programmes d’ajustement structurel.

56. Faut-il être de mauvaise foie pour ne pas admettre que les interventions nouvelles significatives des opérateurs privés internationaux ne peuvent se concevoir que pour des opérations juteuses, productrices de profits conséquents, le plus souvent sur financement de bailleurs de fonds. Il en va ainsi des grands chantiers à vocation nationale ou sous régionale de constructions urbanistiques, d’infrastructures de communication, hydraulique, énergétique, de télécommunication, de transport ou socio-éducatives. Le plus souvent, ces opérateurs qui s’installent plus ou moins durablement de fait de leur poids économique, de leurs capacités de lobbying et d’intervention et des préférences des bailleurs de fonds en leur faveur, éliminent et pour longtemps toute possibilité pour les entreprises nationales à gagner des marchés et à acquérir une dimension nationale ou internationale.

57. Jusqu’à preuve du contraire, les multinationales qui investissent en Afrique, soit dans la reprise des entreprises publiques à privatiser soit dans le cadre de zones franches où elles trouvent des conditions toujours plus attractives, interviennent avec l’objectif affiché de faire dans les meilleurs délais, les plus grands profits possibles et de les exporter vers leurs sièges respectifs. A leur décharge, elles n’ont jamais revendiqué de faire de l’humanitaire ou du bénévolat, à peine peut-on relever que certaines d’entre elles ont créé des fondations qui au demeurant tirent dans certains cas, des avantages substantiels en publicité et en marketing au profit de leurs sociétés commerciales respectives.

58. Le NEPAD ne serait-il en définitive que la simple apparence d’une initiative inspirée de l’extérieur et « réappropriée » par les dirigeants africains, lesquels, bien que synthétisant des documents fortement influencés par la pensée unique et l’ultra libéralisme, ne servent que d’alibi pour que les choses cheminent aux conditions et aux rythmes décidés unilatéralement, souverainement par le G8 et les institutions internationales aux ordres ? Pourquoi le NEPAD connaîtrait-il des lendemains différents de ceux réservés au Plan d’Action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique (PAL), au Programme prioritaire de redressement économique de l’Afrique 1986-1990 (PPREA) ou au Programme des Nations Unies pour le redressement économique et le développement de l’Afrique 1986-1990 (PANUREDA), plan et programmes adoptés respectivement par les plus hautes instances de l’OUA durant la Décennie des années 80, selon les mêmes formes, le même cérémonial et le même tapage médiatique que ceux qui ont présidés à l’adoption du NEPAD ?

Quelques conclusions et recommandations
59. L’Afrique a souffert et continue à souffrir des injustices flagrantes des relations internationales inéquitables dans le passé, dans le présent et vraisemblablement dans le futur. Vidé de ses ressources humaines par la pratique de la traite durant la période de l’esclavagisme, pillé dans ses ressources humaines et matérielles et humilié dans sa dignité durant la période coloniale, manipulé à outrance durant la guerre froide, période difficile post coloniale de construction des bases économiques et sociales des Etats-Nations naissants, enfin, affecté par la fuite des cerveaux, le continent a été absent des négociations portant sur les défis mondiaux. Comme tel, il a été lourdement handicapé et pénalisé lors des débats fondateurs du système économique mondial prévalant. Sauf instauration utopique d’un nouvel ordre international plus équitable, il est condamné à subir le diktat des institutions internationales au sein desquelles sa représentation relève de l’alibi tant les rapports de forces qui s’y expriment lui sont défavorables.

60. La quasi-totalité des propositions et contributions initiée par ou avec l’appui du Continent, telles les initiatives du dialogue Nord Sud et du Nouvel Ordre Economique International, proposées au milieu des années 70 sont restées sans lendemain. Le Plan d’Action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique adopté en avril 1980 par une Conférence souveraine des chefs d’état et de gouvernement de l’organisation de l’Unité Africaine, le CARPAS et autre SARPAS de la fin des années 1980, lorsque l’Afrique a voulu dénoncer les aberrations inacceptables des programmes d’ajustement structurels imposés par les Institutions de Bretton Woods n’ont pas eu plus de succès. Aujourd’hui, le NEPAD n’échappera pas au même destin que celui réservé aux précédentes initiatives qui ont été systématiquement réinterprétées, réalignées, dénaturées, voire bloquées et ignorées, dès lors qu’elles sont jugées non conformes à la pensée unique édictée par le G8, les Etats riches industrialisés et les multinationales dont elle défend les intérêts.

61. Au niveau méthodologique, il importe de compléter les travaux de programmation et de quantification des coûts des activités sectorielles et thématiques, travaux qui seront menés sur une base triennale pour plaire aux méthodes des institutions de Bretton Woods, par un exercice de prospectif à l’horizon 2025, voire 2030 et ce afin de donner une minimum de crédibilité aux objectifs de renversement des tendances d’appauvrissement du Continent, de stabilisation et de réduction de la pauvreté et de décollage de l’économie africaine. Au niveau de l’architecture des institutions, la clarification des rôles dévolus aux Etats-nations, aux ’’Pays frontières’’, aux ensembles sous régionaux et aux institutions continentales pour une intégration cohérente de la société et de l’économie africaines et leur insertion concertée dans les processus de mondialisation et de globalisation constitue un défi majeur qui conditionne dans une large mesure la réussite du NEPAD.

62. Au niveau de l’organisation du fonctionnement et des mécanismes d’opérationnalisation, bien que les concepteurs se défendent de vouloir créer de nouvelles structures susceptibles de constituer des duplications avec celles en fonctionnement, le croisement des cinq niveaux sous régionaux, des cinq programmes coordonnés, des cinq domaines de compétence des organisations intergouvernementales africaines, d’un mécanisme ad hoc de suivi évaluation assumé par des pairs, assisté d’un panel de personnalités éminentes, d’une présidence au Nigeria, d’un Secrétariat en Afrique du Sud, voilà qui commence à devenir complexe sans sous-estimer la capacité des leaders africains à s’arroger les domaines non encore investis. Sous réserve de déficit d’information, le cas du Sénégal est des plus probants, ce pays assumant la vice présidence du NEPAD, responsable de secteurs importants des infrastructures, environnement, NTICs et énergie, aura pris ces derniers mois des initiatives de mobilisation des ressources de financement du NEPAD et d’intéressement des secteurs privés africain et international pouvant couvrir l’ensemble des secteurs d’activité du NEPAD et au delà.

63. Au niveau des opérateurs, à de très rares exceptions, les multinationales appelées à investir en Afrique et qui semblent susciter dans le NEPAD de grands espoirs en tant que sources alternatives à l’aide pour le financement du développement et pour aider au décollage économique et à l’amélioration de la situation sociale dans le continent, réaliseront en priorité leurs objectifs de rentabilité maximale de leurs investissement avant toutes autres considérations de renforcement des capacités productives des pays et de réduction de la pauvreté.

64. Au niveau des institutions internationales qui sont sensées réguler les dispositifs mondiaux de prévention et de maintien de la paix, de relations économiques, financières, sociales et culturelles et qui restent sous contrôle effectif des pays riches industrialisés, elles ne prendront aucune disposition en faveur de l’Afrique qui comporterait des effets indésirables pour les économies et les sociétés développées.

65. L’ultra libéralisme qui fonde la pensée unique triomphante et exclusive, favorise les riches et les nantis et pénalise les pauvres et les miséreux. Libre concurrence oblige, c’est un véritable hymne aux vainqueurs, aux dominateurs, aux exploiteurs, aux gagnants, aux meilleurs. Aucune pitié, aucune solidarité humaine pour les vaincus, les dominés, les exploités, les perdants, les moins bons ! Et, il en est ainsi des personnes comme des communautés et Etats ou des ensembles multinationaux. L’Afrique et les africains ne peuvent se retrouver dans cette compétition biaisée dès le départ. Le choix est à la fois simple et douloureux : Accepter et rationaliser, pour les opinions publiques africaines endormies, les impératifs de l’insertion de l’économie et de la société africaine dans la division internationale du travail telle que configurée par les tenants de la pensée unique et de l’ultra libéralisme et accepter la relégation de l’Afrique comme quartier des pouilleux, des misérables et des exclus dans le paradisiaque village planétaire en construction ? Ou s’enfermer sur soi-même, dans la dignité et la solidarité et s’investir avec abnégation dans la recherche de voies nouvelles alternatives pour imposer à l’humanité le droit au respect et à la compensation pour dommages subis tout au long de l’Histoire et jusqu’aux effets des choix inopportuns et contre productifs des programmes d’ajustement structurels imposés par les Institutions de Bretton Woods ?

66. L’Afrique est en position d’exiger de bénéficier du droit à l’exception pour être dispenser de l’application des lois de l’ultra libéralisme, tout au moins durant le temps nécessaire à son rattrapage des niveaux atteints par les économies et les sociétés avancées. La communauté internationale semble disposer à lui accorder ce droit à assistance à continent en péril ! Seuls les gouvernants africains semblent s’entêter à considérer que c’est porter atteinte à leur intelligence et à leur dignité que de laisser croire que l’Afrique n’est pas en mesure de compétire et de sortir indemne et gagnante dans le combat que se livrent les ensembles américain, européen et asiatique, malgré les millénaires d’avance qu’ils ont accumulés sur le Continent.

67. La grande majorité des dirigeants africains sont davantage préoccupés par la problématique de comment s’assurer de la pérennité de leur pouvoir et de leur impunité jusqu’à leur mort et au-delà, tout en donnant l’image d’animer une démocratie participative et consentante, portée par une bonne gouvernance convenue. S’agirait-il là d’une exception démocratique qui s’imposerait en ce domaine, c’est tellement plus important que le reste. Renvoyer ces dirigeants indignes et incapables au regard des grands défis auxquels ils ont à faire face et les remplacer ? comment et par qui, maintenant que le recours aux coups d’Etat semblent proscrits et leurs auteurs mis d’office aux bancs de la société mondiale ! Peut-être innover en proposant une nouvelle colonisation mais sous condition : qu’elle s’opère sous la responsabilité exclusive de l’ONU et pour un temps limité, celui nécessaire à la phase de rattrapage, encore faudrait-il au préalable réformer et relégitimer l’ONU pour l’habiliter à entreprendre une telle mission et à rendre compte des conditions de réalisation des objectifs à elle assignés ! Ce n’est là qu’une suggestion, libérons les énergies créatrices du peuple africain affranchi de ses dinosaures d’un temps révolu et gageons qu’il y aura d’autres propositions plus pertinentes.
 

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Notes
1 Contribution de Djilali Benamrane, économiste, intervenant en qualité de personne ressource invitée aux débats de la Cinquième Réunion du Comité intergouvernemental d’experts du Centre de Développement sous régional de l’Afrique de l’Ouest (CDSR-AO/UN-CEA) de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).  Niamey (Niger) 20 - 22 juin 2002. Présentation actualisée depuis.
2. cf. les projets de convention de mise en place de Fonds continental et de Fonds sous-régionaux de financement du NEPAD
3. Ces Pays sont classés comme Pays Pauvres Très Endettés PPTE et bénéficier de modalités longues, harassantes, humiliantes, conditionnelles et sous haute surveillance pour satisfaire les conditions d’éligibilité vérifiées étape par étape.
4. Cf dans l’annexe I portant analyse comparative des objectifs du PAL et du NEPAD dans le paragraphe relatif aux atouts du Continent et les estimations des réserves de matières premières dont il est crédité.
5. Le cas des ravages provoqués par le SIDA en Afrique et de la désinvolture des pays riches promettant des aides qui ne viennent pas ou qui serviront en priorité à payer l’expertise, les consultations, les publicités et les intérêts des groupes pharmaceutiques relève du crime de non assistance à personne en danger et devrait faire l’objet de poursuite en conséquence si on avait eu l’intelligence de mettre en place un Tribunal International pour traiter les crimes économiques avant celui aussi nécessaire soit-il qu’est le Tribunal Pénal International, apparemment davantage orienté pour sévir contre les populations des pays pauvres puisque certains Etats riches s’opposent par tous les moyens à son fonctionnement et lui dénient toutes compétences vis-à-vis de leurs citoyens et de leurs entreprises !
6. Cf. « Mettre les nouvelles technologies au service du développement humain » - Rapport mondial du PNUD sur le développement humain - publication De Boeck et Larcier - s.a. Paris Bruxelles 2001. Le tableau A2.4 page 63 portant sur la situation de diffusion de la technologie de l’information et de la communication donne 0.6 pour mille habitant disposant d’ordinateurs reliés à Internet en Afrique subsaharienne avec beaucoup de pays n’atteignant pas 1.0 pour mille, contre 96.9 pour mille dans les pays de l’OCDE avec certains pays comme la Finlande et l’Islande dépassent le seuil de 200 pour mille.
7.Cf. lettres N° 19 01/97,  24 10/97 et 78 de mai 2002 de l’Association Coopération, Solidarité et Développement des PTT France (CSDPTT) http://www.csdptt.org/archives_lettres.php
8. A cet égard, il faut relever que les officiels du NEPAD commencent déjà à contester la référence à l’horizon temporel du NEPAD, sans doute préfèrent-ils l’occulter se ménageant le moment venu la possibilité d’indiquer que les objectifs du NEPAD étaient à réaliser dans une perspective bien plus longue, celle de 2050 ou 2100 ! Qu’est-ce qu’un siècle ou deux de retard pour le rattrapage de l’Afrique ?
9. Les Etats-Unis d’Amérique confient systématiquement à leurs institutions d’évaluation des risques l’examen de l’éligibilité des pays africains à l’aide américaine quelle qu’en soit la nature des activités financées. Une agence est à pied d’œuvre pour procéder à la sélection des pays africains susceptibles de bénéficier de l’enveloppe d’aide supplémentaire de 5 milliards de dollars que les USA ont promis d’accorder d’ici 2007 aux pays pauvres.
10. Le NEPAD n’évoque pas le statut réservé aux autres regroupements d’Etats africains pour la défense d’intérêts particuliers communs, militaires (Conseil de l’Entente), linguistiques (francophonie, pays africains d’expression portugaise - PALOP-, Commonwealth - Organisation des pays arabes), géographique (Organisation des Etats Sahélo Sahariens), voire religieux.
11. Cf en annexe n° II la liste plus exhaustive sur les priorités et projets prioritaires du NEPAD, en réponse aux impératifs de comblement du fossé numérique.
12. Une étude récente de l’OCDE sur les perspectives économique en Afrique confirme, elle aussi ce qui est unanimement reconnu en matière de régression durable de ce Continent. Il y est mentionné notamment que sur la seule période 1995-2000, le poids de l’Afrique dans la formation du Produit intérieur brut (PIB) mondial a diminué d’un tiers, ses exportations ont été divisées par trois et que les investissements internationaux ont continué à marquer leurs désintérêt tendanciel pour le Continent.
13. Cf. annexe n°III ; portant extraits du texte instituant le NEPAD dans les domaines des infrastructures et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Ce secteur est succinctement évoqué dans les textes fondateurs du NEPAD comme un domaine prioritaire comme les infrastructures ou l’énergie et les impératifs de comblement du fossé numérique sont évoqués en relation avec une liste d’une dizaine d’objectifs manquant à la fois de vision, d’ambitions et d’opérationnalité.
14. La plupart des partenaires au développement se sont engagés à s’investir dans la lutte contre l’émergence et ou l’aggravation du fossé numérique, qu’il s’agisse de la Banque Mondiale, du PNUD, de l’UNESCO, de la Francophonie ou de plusieurs gouvernements et institutions de développement.
15. Cf les actes de la vingt deuxièmes réunion de la Conférence des ministres de la CEA et la Résolution 812 (XXXI) dite « Mise en œuvre de l’Initiative Société Africaine à l’Ere de l’Information  (AISI) » et l’annexe IV portant indications de l’étude prospective préliminaire de la CEA sur le développement de l’Afrique 1983 - 2008, étude réalisée dans la mouvance du PAL (Addis Abeba, avril 1983).
16. Cf en annexe n° II la liste plus exhaustive sur les priorités et projets prioritaires du NEPAD, en réponse aux impératifs de comblement du fossé numérique.
17. En réalité cette initiative est bien antérieure au NEPAD qui s’en est approprié pour en faire un exemple de performance et de capacité de conception et de réalisation de grands projets à rayonnement continental voire international.
18. SAFE : South Africa Far East Cable Network
 
 
 

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ANNEXES

Annexe I : portant analyse comparative des objectifs du PAL et du NEPAD
 

Plan d’action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique
(PAL : 1980 - 2000) 
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
(NOPADA : 2001 - 2015)
Formes d’adoption du document :
Adopté par les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OUA, réunis en Sommet à Lagos au Nigeria, en octobre 1980
Formes d’adoption du document
Adopté par les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OUA, réunis en Sommet en Abuja au Nigeria, en octobre 2001
Horizon prospectif :
- 20 années suffisant pour préparer les conditions d’entrer de l’Afrique dans le nouveau millénaire
- immédiatement complété et précisé par une étude prospective préliminaire couvrant la période 1983 - 2008 (25 ans horizon classique d’exercice prospectif) 
Horizon prospectif :
- horizon 15 ans insuffisant pour proposer des réformes de structures et pour estimer les effets des actions sur des variables lourdes
- avantage de coller aux recommandations des objectifs globaux du Sommet du Millénaire - Nations Unies, New York, septembre 2000 
Constat :
- stagnation et plus grande vulnérabilité du continent africain 
- insuffisance de la croissance et du bien être durant les 20 dernières années, malgré un taux moyen de croissance de 4,8% , avec des disparités : 7% pour les pays exportateurs de pétrole et 2,9 pour les pays les moins développés 
- 20 des 31 pays les moins avancés se trouvent en Afrique (64%) en 1981
Atouts du continent relevés :
- réservoir de ressources humaines
- 97% des réserves mondiales de chrome
- 85% de platine
- 64% de manganèse
- 25% d’uranium
- 13% de cuivre plus bauxite, nickel, plomb
- 20% du potentiel hydroélectrique
- 20% du pétrole commercialisé
- 70% de cacao
- 33% de café
- 50% de l’huile de palme 
Constat :
- pauvreté grandissante et préoccupante, la moitié de la population vit avec moins de 1 dollar par jour
- mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 140 pour mille
- espérance de vie inférieure à 54 ans
- 34 des 48 pays les moins avancés se trouve en Afrique (71%) en 2001, augmentation en valeur absolue et relative du nombre de PMA en Afrique 
Atouts du continent relevés :
- richesse de la faune et de la flore et ressources minérales, pétrole et gaz utiles à l’exploitation minière, à l’agriculture et au tourisme
- richesse des forêts tropicales utiles pour l’écologie et l’environnement pour le bénéfice de l’humanité
- richesse des sites paléontologiques et archéologiques 
- richesses de la culture africaine
- processus démocratique en progrès
- émergence de la société civile et des associations féminines 
Objectifs du PAL :
- réaliser l’autosuffisance nationale et collective par les propres moyens du continent, l’aide ne devant servir que d’appoint
- réduire la dépendance de l’Afrique et changer son statut d’exportateur de matières premières 
- partager équitablement les fruits de la croissance
- promouvoir des opérateurs publics et privés à compétence nationales, sous régionale et continentale
Objectifs du NEPAD :
- à long terme éradiquer la pauvreté, 
- inscrire le continent sur le chemin de la croissance et du développement humain
- promouvoir le rôle des femmes
- 7% de croissance du PIB/an d’ici 2015
- réduire de moitié en 2015 la pauvreté prévalant en 1990
- scolarisation de toutes et de tous dans l’enseignement primaire avec éradication des disparité filles garçon dès 2005
- réduire des 2/3 le taux de mortalité infantile et post infantile 1990 2015
- réduire des ¾ le taux de mortalité lié à la maternité
- accès à la santé génésique en 2015
- récupération des pertes ressources écologiques 
Stratégies :
- approche régionale autocentrée 
- croissance économique rapide
- exploiter les ressources africaines vers la satisfaction prioritaire des besoins des populations
- réduire la dépendance de l’Afrique et changer son statut d’exportateur de matières premières
- rechercher les voies et moyens de l’autosuffisance collective du continent, l’aide devant soutenir les propres efforts du continent 
- partager équitablement les fruits de la croissance
 
Stratégies :
- développer des approches nationale, régionale et mondiale de croissance et de développement durable avec réduction de la pauvreté et des inégalités
- participer à la mondialisation et à la globalisation avec diversification des activités, amélioration de la compétitivité et meilleure intégration 
- sortir du binôme crédit/aide le crédit a conduit à l’endettement et l’aide à son tarissement
- restaurer et maintenir la paix
- promouvoir et protéger la démocratie
- restaurer et maintenir la stabilité macroéconomique et créer des emplois
- promouvoir un meilleur cadre juridique et réglementaire 
- développer la formation professionnelle, la santé (VIH/SIDA) 
- promouvoir le rôle des femmes
- développer les secteurs d’activité 
Priorités sectorielles :
 - alimentation et agriculture 
- ressources naturelles
- transports et communications
- environnement
- énergie

Priorités sectorielles :
- infrastructures et transports
- sciences et technologies nouvelles technologies informations et communications
- énergie
- eau et assainissements
- santé
- agriculture
- environnement
- culture
- tourisme
Priorités thématiques transversales  :
- valorisation des ressources humaines
- questions commerciales et financières
- sciences et technologies
- coopération économique et technique
- femmes et développement
- planification, statistiques et population
- renforcement institutionnel
- pays africains les moins avancés
Priorités thématiques transversales  :
- valorisation des ressources humaines 
- promotion du secteur privé
- développement d’un partenariat mondial
Conditions requises :
- mobilisation des efforts individuels et collectifs pour atteindre les objectifs ambitieux du PAL
- mobilisation de l’appui de l’OUA et de son secrétariat général
- mobilisation du soutien de la communauté internationale et des organisations internationales Formes d’adoption du document  :
 
Conditions requises :
- paix, sécurité, démocratie et bonne gouvernance en générale, gouvernance économique et des entreprises en particulier
- approches sous régionale et régionale du développement
- plus grande mobilisation des ressources internes et externes (initiatives relatives à l’allègement de la dette, à transformation de l’APD et à la mobilisation de capitaux privés
- initiatives pour l’accès aux marchés (diversification de la production, agriculture, industries extractives et manufacturières, tourisme, élimination de barrières tarifaires) 

Annexe II : portant résumé des objectifs du NEPAD en réponse aux impératifs de comblement du fossé numérique et liste des projets prioritaires.

• Des objectifs
1. Doubler la densité des lignes téléphoniques pour parvenir à 2 lignes pour 100 personnes d’ici l’An 2005, avec un niveau adéquat pour l’accès des ménages ;
2. Diminuer les coûts et améliorer la fiabilité des services ;
3. Préparer les conditions pour l’utilisation des communications électroniques sur l’ensemble du territoire africain  ;
4. Former une pépinière de jeunes et d’étudiants pour construire de l’expertise en informatique, en télématique, en programmation et en création et développement de logiciels  ;
5. Créer des logiciels à contenu local, fondés sur sur l’héritage culturel africain ;
6. Collaborer avec les institutions régionales comme l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) et Africa Connexion pour concevoir une politique et une législation modèle pour la réforme des télécommunications ;
7. Collaborer avec les institutions régionales pour consolider les capacités de réglementation ;
8. Mettre en place un réseau d’institutions de formation et de recherche pour consolider la base de compétence de haut niveau ;
9. Promouvoir et accélérer les projets existants visant à connecter les écoles et clubs de jeunes  ;
10. Collaborer avec les institutions de développement en Afrique, les initiatives multilatérales (Dot Force du G8, Equipe spéciale des Nations Unies) et les bailleurs de fonds bilatéraux, pour mettre sur pied des mécanismes financiers visant à atténuer et à réduire les risques dans ce secteur.

• Des projets retenus lors de la Conférence sur le Financement du NEPAD (Dakar, Sénégal 15-17 avril 2002)
1. Mise en place d’une infrastructure sous régionale d’information et de communication en Afrique de l’Ouest ;
2. Création d’une industrie de montage d’ordinateurs  ;
3. Harmonisation des cadres réglementaires des télécommunications en Afrique de l’Ouest ;
4. Création d’une industrie des télécommunications en Afrique de l’Ouest ;
5. Renforcement du centre sous régional de maintenance des télécommunications de Lomé (Togo) ;
6. Renforcement des capacités de l’Ecole Supérieure de Maintenance en Télécommunication (ESMT) de Dakar (Sénégal)  ;
7. Harmonisation et mise en place d’un cadre réglementaire et législatif dans l’espace communautaire de l’Afrique de l’Ouest  ;
8. Création d’un Intranet administratif pour le pays de la CEDEAO ;
9. Montage d’un projet régional de télé-santé  ;
10. Création d’un centre communautaire de technologies pour l’information en Afrique de l’Ouest dans le cadre d’un réseau de télé-éducation ;
11. Création d’une unité industrielle régionale d’informatique en Afrique de l’Ouest ;
12. Production de contenu ;
13. Création d’un centre d’affaires électroniques  ;
14. Etudes d’un centre de paiement électronique.
 

Annexe n° III : portant extraits du texte instituant le NEPAD dans le domaines des infrastructures et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)

B. PRIORITES SECTORIELLES
B1. Combler l’écart dans le domaine des infrastructures, Tous les secteurs des infrastructures
Les infrastructures concernées sont les routes, les autoroutes, les aéroports, les ports maritimes, les chemins de fers, les voies Navigables et les installations de télécommunications. Toutefois, L’accent sera mis uniquement sur les infrastructures à caractère Régional ou continental.
Les infrastructures sont des paramètres essentiels de la croissance économique, ce pourquoi il faut trouver des moyens de placer l’Afrique au même niveau que les pays développés en termes d’accumulation de capital, matériel et humain.
Si l’Afrique était dotée des mêmes infrastructures de base que les pays développés, elle serait mieux en mesure de se consacrer à la production et à l’amélioration de la productivité pour faire face à la concurrence internationale. Les insuffisances structurelles des infrastructures handicapent sérieusement la croissance économique
et la réduction de la pauvreté. Améliorer les infrastructures, y compris le coût et la fiabilité des services, serait dans l’intérêt de l’Afrique comme de la communauté internationale, qui pourrait obtenir des biens et services africains à meilleur marché.
Dans de nombreux pays d’Afrique, les colonisateurs n’ont construit d’infrastructures que pour pouvoir exporter les matières premières africaines et importer en Afrique les produits de leurs industries.
Il convient cependant de reconnaître que pour améliorer les infrastructures africaines, il faudra absolument des financements privés étrangers pour compléter les deux principales méthodes de financement que sont le crédit et l’aide.
L’initiative dans le domaine des infrastructures comprend des éléments communs à tous les secteurs ainsi que des éléments spécifiques à chacun d’entre eux.

Objectifs
Améliorer l’accès aux infrastructures et les rendre plus abordables et fiables à la fois pour les entreprises et pour les ménages ; Améliorer la coopération et le commerce au niveau régional grâce à de meilleures connexions transfrontalières des infrastructures ; Accroître les investissements consacrés aux infrastructures en réduisant les risques auxquels les investissements privés doivent faire face, en particulier en matière de politiques et de réglementations  ; Edifier des bases de compétences adéquates en technologie et en ingénierie pour installer, exploiter et entretenir en Afrique des réseaux d’infrastructures « en dur ».

Actions
• Avec l’assistance des institutions spécialisées dans chaque secteur, mettre en place des cadres politiques et législatifs pour encourager la concurrence. Dans le même temps, créer de nouveaux cadres de réglementation et consolider la capacité de formation de personnes responsables de la réglementation afin de promouvoir l’harmonisation des politiques et des réglementations pour faciliter les connexions transfrontalières et l’élargissement du marché ;
• Accroître les investissements consacrés aux infrastructures, en particulier pour leur rénovation, et améliorer les pratiques d’entretien qui assureront la viabilité des réseaux d’infrastructures ;
• Commencer à développer des institutions de formation et des réseaux pour encourager la formation de techniciens et d’ingénieurs de haut niveau dans les secteurs des infrastructures  ;
• Promouvoir la participation des communautés et des utilisateurs à la construction, l’entretien et la gestion des infrastructures, en particulier dans les régions urbaines et  rurales pauvres, en collaboration avec les Initiatives de gouvernance du NEPAD ;
• Collaborer avec la Banque africaine de développement et d’autres institutions africaines de financement du développement pour mobiliser un financement durable, en particulier au moyen de processus multilatéraux et des institutions et gouvernements donateurs, afin d’obtenir des dons et des fonds consentis à des conditions de faveur, pour atténuer les risques à moyen terme ;
• Promouvoir des partenariats entre les secteurs public et privé qui serviront de véhicule pour attirer les investisseurs privés et concentrer le financement public sur les besoins urgents des pauvres, en consolidant les capacités de mise en œuvre et de contrôle des accords de ce type.
• Outre ces aspects communs, les stratégies suivantes sont spécifiques à chaque secteur pour les différents types d’infrastructures :

B2. Combler l’écart numérique : investir dans les technologies de l’information et de la communication
• Les technologies de l’information et de la communication (TIC), fondées sur l’interaction entre les ordinateurs, les télécommunications et les médias classiques, revêtent une importance cruciale pour l’économie de demain, fondée sur les connaissances. Les progrès rapides réalisés dans le domaine technologique et la baisse du coût du matériel TIC offrent de nouvelles perspectives aux pays africains pour ce qui est de l’accélération de leur croissance et de leur développement économiques. La mise en place d’un Marché commun et d’un Union africaine peut être facilitée, dans une très grande mesure, par la révolution des technologies de l’information. En plus de promouvoir le commerce intra-régional, l’utilisation des TIC peut accélérer l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale.
• L’utilisation généralisée des TIC sur le continent peut présenter des avantages comparatifs sans précédent, comme suit :
• Elle peut imprimer un nouvel élan au processus de démocratisation et à la bonne gouvernance ;
• Elle peut faciliter l’intégration de l’Afrique dans la nouvelle société de l’information, sur la base de sa diversité culturelle ;
• Elle peut donner lieu à diverses applications dans des domaines tels que la télédétection, la planification de l’agriculture et des infrastructures ;
• Elle facilite la complémentarité entre les outils existants de promotion de la formation d’une masse critique de professionnels à l’utilisation des TIC ; Page 23
• Elle facilite, dans le domaine de la recherche, la mise en place de programmes africains et de programmes d’échange dans le domaine technologique, avec un accent particulier sur la lutte contre l’analphabétisme ;
• Elle permet d’identifier et d’exploiter les opportunités en matière de commerce, d’investissement et de finance ;
• Elle permet de mettre en place des programmes régionaux d’apprentissage à distance et d’éducation à la santé pour améliorer la situation dans les secteurs de la santé et de l’éducation ;
• Dans la gestion des conflits et la lutte contre les pandémies, elle facilite la mise en place d’un système efficace d’alerte précoce en fournissant les outils nécessaires à la surveillance constante des foyers de tension ou d’épidémie.
• Les infrastructures des technologies de l’information et de la communication en Afrique sont insuffisantes, de même que les cadres politiques et réglementaires et les ressourceshumaines requises dans ce domaine. De ce fait, l’accès à des services abordables en fait de téléphone, de radio-télédiffusion, d’ordinateurs etdel’Internetest inadéquat. La densité de lignes téléphoniques y reste inférieure à une ligne pour 100 personnes. Les coûts des services sont élevés puisqu’une connexion coûte en moyenne en Afrique 20 pour cent du PIB par habitant par rapport à une moyenne mondiale de 9 pour cent et à 1 pour cent dans les pays à revenus élevés. L’Afrique n’a pas encore pu tirer parti de l’outil que constitue informatique et télématique pour améliorer les conditions de vie des populations et créer de nouvelles possibilités d’affaires. Les liaisons entre les pays du continent et avec les marchés mondiaux en souffrent. Quoique de nombreux pays d’Afrique aient engagé des réformes politiques dans ce domaine, ni la pénétration des services, ni leur qualité, ni leurs tarifs ne se sont encore améliorés.

Objectifs :
• Doubler la densité des lignes téléphoniques pour parvenir à deux lignes pour 100 personnes d’ici l’an 2005, avec un niveau d’accès adéquat pour les ménages ;
• Diminuer le coût et améliorer la fiabilité des services ;
• Préparer tous les pays d’Afrique à utiliser les communications électroniques ;
• Constituer une pépinière de jeunes et d’étudiants compétents dans le domaine de l’informatique et de la télématique pour en tirer des ingénieurs stagiaires en 108.

Actions :
• Collaborer avec les institutions régionales comme l’Union panafricaine des télécommunications (UPAT) et Africa Connection pour concevoir une politique et une législation modèle pour la réforme des télécommunications, ainsi que
des protocoles et des références permettant d’évaluer la préparation à l’utilisation des communications électroniques ;
• Collaborer avec les institutions régionales pour consolider les capacités de réglementation ;
• Mettre sur pied un réseau d’institutions de formation et de recherche pour consolider la base de compétences de haut niveau ;
• Promouvoir et accélérer les projets existants visant à connecter les écoles et les clubs de jeunes ;
• Collaborer avec les institutions de financement du développement en Afrique, les initiatives multilatérales (G8 DotForce, Equipe spéciale des Nations unies) et les bailleurs de fonds bilatéraux pour mettre sur pied des mécanismes financiers visant à atténuer et à réduire les risques dans ce secteur.
 

Annexe IV : portant indications de l’étude prospective préliminaire de la CEA sur le développement de l’Afrique 1983 - 2008, étude réalisée dans la mouvance du PAL (Addis Abeba, avril 1983)
 

Situation en début des années 80 
Perspective en l’An 2008 - scénario normatif
Situation démographique :
- forte croissance démographique : 2,9% à cause de la hausse du taux de fécondité et de la baisse du taux de mortalité infantile
- jeunesse de la population : 44% moins de 15 ans
- faiblesse du taux d’activité : 92 personnes à charge pour 100 actifs
- espérance de vie à la naissance : 49 ans (47 ans pour les hommes, 50 pour les femmes) contre 78 ans dans les pays développés
- nombre de personnes par famille : 6 à 7
- densité de la population 16 hab/km carré
- 72% vivent dans les zones rurales
- taux annuel d’accroissement en zones urbaines : 5%
- principaux problèmes : croissance urbaine, absence infrastructures de développement, migrations, logement, éducation, emploi, réfugiés fuite des cerveaux.
Situation démographique :
- réunir les conditions pour maintenir le taux de croissance à 2,9% au lieu des 3,2 tendance observable, pour que la population soit de prés du milliard en 2008
- les enfants de moins de 15 ans : 41,6%
- 80 personnes à charge pour 100 actifs
- chute tendancielle et progressive du taux de fécondité lié à un développement rapide
- mesure pour freiner l’exode rural
- amélioration des prestations éducatives et sociales (IEC)
- espérance de vie à la naissance : 58,2 ans pour les hommes, 61,7 pour les femmes
- nombre de personnes par famille : 4,6
Conditions sociales :
- revenu moyen / hab. 741 US $ en Afrique (239 dans les pays du Sud du Sahara), contre 10.320 dans les pays développés
- chômage, sous emploi et misère se généralisent  : 70% de la population indigente ou en deçà du seuil de pauvreté
- taux d’analphabétisme supérieur à 60% contre 1% dans les pays développés
- taux de scolarisation : 70% dans le primaire, 14% dans le secondaire et 1,8% dans le supérieur
- importation d’experts et de consultants coûteux  et fuite de cerveaux et augmentation du nombre de chômeurs instruits, diplômés
- 1 médecin pour 6,500 habitants contre 1 pour 620 dans les pays développés
- médecine curative plutôt que préventive
- accès d’1 personne sur 4 à l’eau potable
Ressources humaines, éducation et emploi
- en matière d’emploi, le secteur agricole demeurera l’employeur principal
- le secteur public ne peut absorber davantage, faut miser sur l’industrie privée, l’agriculture à grande échelle et l’industrie extractive
- grâce à une politique de population volontariste et à une plus grande scolarisation des jeunes gens, la taille de la part de la population active va diminuer de 43,4% en 1985 à 39,9 en 2008
- le taux de sous emploi chutera de 70,8 en 1985 à 49,7% en 2008
- taux de scolarisation : 83% dans le primaire, 55% dans le secondaire et 16% dans le supérieur
- un système éducatif visant davantage la production de travailleurs qualifiés que d’instruits formant une élite éduquée
 
 
Crise alimentaire :
- les contraintes exogènes à la production sont : la sécheresse, la désertification
- les contraintes endogènes sont : le faible rendement dû à l’insuffisance des investissements, les régimes fonciers inadéquats, la limite de la recherche agronomique et les obstacles d’ordre institutionnel
- les terres arables estimées à 1,7 ha/hab ne sont exploitées qu’à 0,55 ha/hab
- la dépendance croissante vis a vis de l’aide et de l’importation alimentaire (augmentation annuelle de 8,4%) accentue la dépendance structurelle
- la croissance production alimentaire totale a stagné 1,2%/an au regard de la croissance démographie 2,9%
- l’autosuffisance alimentaire a chuté de 98% dans les années 60 à 86% en début des années 80
- plus de 20% de la population ont une ration calorifique inférieure au seuil critique
Perspectives alimentaires :
- l’objectif de réalisation de l’autosuffisance collective alimentaire en l’an 2008 du PAL tient compte en plus des aspects quantitatifs découlant de la croissance démographique des aspects de changement de régimes alimentaires lié à l’exode rural, à la recherche de produits à valeur nutritive maximale, les demandes fourragères, industrielles et d’exportation
- prendre en compte les aspects de maximisation des avantages comparatifs pour la complémentarité et la spécialisation des pays
- le taux de croissance annuel de consommation de céréales devrait être de 3,8% pour s’assurer d’un coefficient d’autosuffisance de 85% en 2008 au lieu des 75% en 1980
- pour atteindre un objectif de coefficient d’autosuffisance  de 100% en 2008 au lieu de 93% en 1980il faut : une modification de la composition du cheptel, une plus grande intégration production animale /production végétale, le remplacement progressif de la viande blanche par la viande rouge , des réformes technologiques de production
Problèmes énergétiques :
- le continent recèle des réserves en ressources énergétiques classiques et non classiques :
- 55 milliards de barils de pétrole (8,5% des réserves mondiales
- 5.900 milliards de mètres cubes de gaz naturel (7,9% des réserves mondiales
- 88,5 milliards de tonnes de charbon (3,05% des réserves)
- 1,7 millions de tonnes d’uranium (25%)
- 200.000 MW de puissance potentielles hydraulique (35,4%)
- potentiels en énergies nouvelles et renouvelables important mais insuffisamment exploité (solaire, éolienne, biomasse, géothermique, marine),
- la production en énergie primaire a augmenté de 12,3% l’An dans les années 60 et 70
- la production et la consommation du bois de chauffe augmente dans les zones rurales avec des conséquences sur les réserves forestières
- la consommation énergétique s’est accrue de 6,4 par an
- la production pétrolière et gazière est destinée pour l’essentiel à l’exportation (85% du pétrole)
- l’équivalent de 8,1% des exportations pétrolières ont été importés par les pays africains non producteurs
Equilibre énergétique :
- pour assurer l’autosuffisance énergétique du continent améliorer le niveau d’exploitation de toutes les sources d’énergie pour répondre aux besoins prioritaires des populations et des industries africaines et rompre avec les pratiques d’exportation vers les pays industrialisés et d’importation à des coûts d’opportunité élevés
- pétrole brut : croissance annuelle production 3,3% et consommation 7,6%
- électricité : croissance annuelle production 9,3% et consommation 9,3%
- charbon : croissance annuelle production 6% et consommation 4,3%
- gaz naturel : croissance annuelle production 7% et consommation 8%
- croissance annuelle de la demande par habitant :  4,7 en pétrole brut et 6,4% en électricité
Problèmes de l’industrialisation :
- les politiques d’industrialisation sur le continent africain ont été des échecs et n’ont pas permis les transformations structurelles pour un développement autonome, au contraire, il y a une tendance à la désindustrialisation
- Les expériences d’industries de substitution ont montré des limites avec des coûts en devises d’importation nécessaires à la production dépassent les coûts d’importation des produits
- le continent est le moins industrialisé du monde de reste dépendant pour les biens d’équipements, les biens intermédiaires et les biens industriels à grande valeur ajoutée
- secteur modeste et isolé l’industrie ne contribue que pour 9,8% dans la formation du PIB
- les branches concernées sont celles des industries légères, petites unités produisant des biens de consommation (produits alimentaires, boissons tabac), transformant des minéraux, des produits agricoles et des matières premières pour l’exportation.
- même l’industrie légère ne répond pas aux besoins et l’Afrique importe vêtements, produits pharmaceutiques, papiers, etc.
- malgré des disponibilité en minerais de phosphate, de calcaire, de fer, de bauxite, etc. l’Afrique importe l’essentiel des engrais, de l’acier, de l’aluminium, du ciment
Décollage industriel :
- sur la base du PAL et de la Décennie du développement industriel en Afrique, il est possible d’avoir une stratégie de réduction de la dépendance du continent en matière de biens d’équipement, de facteurs de production intermédiaires et de biens de consommation de base
- création d’un secteur de fabrication de biens d’équipement, avec priorité aux machines et matériels agricoles et aux industries mécaniques (tracteurs, véhicules utilitaires et voitures de tourisme
- viser l’autosuffisance pour certains produits industriels intermédiaires (engrais, ciment, acier)
- réaliser l’autosuffisance pour certaines filières de consommation de masse (industries agroalimentaire, textiles, pharmaceutiques,
Transports et communications :
- les infrastructures restent médiocres et pénalisent les efforts de développement en Afrique
- le transport routier est insuffisant, lent et coûteux  ; les routes principales et secondaires représentent moins de 50% du réseau routier, le reste des voies sans revêtement, impraticables en saison de pluie ; la densité routière est de 0,05 km au km² ; en début 80 l’Afrique comptait 9 véhicules pour 1000 habitants ; le parc est vieux et souvent immobilisé
- le transport ferroviaire est limité : 80706 km soit une densité de 2,78 km pour 1.000 km² ; composé de réseaux nationaux vétustes, de différents écartements , non reliés entre eux ; la vitesse est lente : 40 km heure en moyenne  ; la charge à l’essieu et faible
- le transport aérien est assuré en 1980 par 40 compagnies étrangères et 51 nationales ; moins de 20% des vols relient directement les pays africains
- le transport maritime concernait en 1980 560 millions de tonnes la flotte africaine a une capacité de 7,2 millions de tonnes dont 3,4 en pétroliers ; l’essentiel du fret maritime est assuré par des navires étrangers.
- Le réseau des télécommunications bien que connaissant des progrès entre 1977 et 1981 du fait de la Décennie des Nations Unies pour les transports et les communication (1978-88) et du réseau panafricain (PANATEL) reste insuffisant 76 téléphone pour 10.000 habitants, avec des grandes différences selon les pays ; les pays se sont dotés de moyens de communication par satellite, mais les communications entre eux passent le plus souvent par des pays développés
Transports et communications :
- la dynamique de croissance des infrastructures et des transports devrait être à la mesure des ambitions de croissance économique pour ne pas en compromettre les objectifs
- le commerce maritime tiendra compte des objectifs de renforcer les échanges intra-africains ; la part du transport de pétrole brut devrait chuter à 48% au lieu des 70% en 1981  ; l’application du Code de conduite des conférences maritimes de la CNUCEDla flotte maritime africaine devrait être capable de transporter le tiers du fret mais pour cela il faut qu’elle se dote de 5.000 navires sur la période
- le commerce par voies aériennes devrait connaître une progression annuelle de 3,5% ; la capacité de la flotte africaine devrait connaître un taux de croissance annuel de 10,8%, celui du fret aérien 8,3% et celui du trafic passager 8,7%
- le commerce par voies terrestres, routières et maritime devrait répondre aux objectifs de croissance des activités dans tous les secteurs et toutes les zones, faciliter l’ouverture de nouveaux marchés intra-africains, répondre à l’expansion des activités agricoles, industrielles et d’exploitation des ressources naturelles ; les 5 projets de routes transafricaines seront réalisés en 1990 ; s’ajouteront 4 nouveaux projets ; les 9 projets permettront de porter la longueur des routes transafricaines à 101.922 km
- le réseau des chemins de fer devrait être mieux intégré, plus efficace, plus moderne ; la vitesse devrait être portée à 100 km heure avec des efforts d’électrification  ; les 26.000 km projetées dans le plan directeur de l’Union africaine des chemins de fer devraient être réalisés.

Annexe V : portant éléments bibliographiques
’’Documents divers disponibles sur les page Web du NEAP  : http://www.www.nepad.org et http://www.uneca.org
’’Initiative Société de l’Information en Afrique’’ - Cadre d’Action pour l’édification d’une infrastructure africaine de l’information et de la communication - publications de la CEA Addis-Abeba Ethiopie.
’’Plan d’Action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique’’, publication de l’Organisation de l’Unité Africaine 1980 - 2000’’, Institut International d’Etudes Sociales, Genève, Suisse 1981.
’’La Commission Economique pour l’Afrique et le Développement de l’Afrique - Etude prospective préliminaire 1983 - 2008’’, publication de la CEA, Addis Abeba, avril 1983
’’Déclaration du Millénaire - Sommet Mondial du Millénaire’’, Nations Unies, New York, septembre 2000’’, publication du Département de l’Information des Nations Unies, octobre 2000
’’Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD)’’ publication du Centre de Développement sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest pour la Cinquième Réunion du Comité Intergouvernemental d’Expert du CDSR-AO, Niamey, Niger 20 - 22 juin 2002
’’Réunion Spéciale du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest - Pour une meilleure approche régionale du développement en Afrique de l’Ouest -’’ Accra (Ghana), 20 et 21 mai 2002
’’Le NEPAD : la réponse africaine à la mondialisation de l’économie ’’ Communication du Ministre Cherif Salif Sy à la Cinquième Réunion du Comité Intergouvernemental d’experts du CDSR-AO à Niamey, Niger, 21 juin 2002
’’ Public Service Applications of the Internet in Developing Countries’’ - Document CI-2001/WS/04, UNESCO, novembre 2001
’’Lettres périodiques de l’Association Coopération, Solidarité et Développement (CSD-PTT) http://www.csdptt.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=1
 
 


 

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> NEPAD/NOPADA : Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique : nouvelle politique ou nouvelle plaisanterie pour divertir l’Afrique ?

18 août 2005, par zan camara

je voudrai savoir si la structure et le contenu permetront ils un partenariat concret avec les pays industrialisés ?

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