![]() | "Promouvoir les échanges et l'entraide entre les peuples en apportant un soutien aux actions de développement dans le domaine de la poste et des télécoms" | | Rechercher sur le site |
| Actualités · Documents · Projets · La Lettre de CSDPTT · Forum · Nous écrire | |||
| |||||||||||||||||||||||||
| Installation de téléphones dans la région de Toma (Province de Nayala) BURKINA-FASO (1999)
Mission au Burkina-Faso Installation de téléphones dans 3 ou 4 villages de la région de
Toma (Province de Nayala). Etude de besoin, viabilité, formation au matériel, étude des
changements sociaux.
A l’heure des autoroutes de l’information, la quasi-totalité des villages africains est privée des moyens de communication les plus élémentaires. Nous considérons que l’objectif d’un poste public par village est un minimum qui devrait être atteint rapidement. Malheureusement les pays africains ne peuvent aujourd’hui prendre en charge seuls cet objectif. Au rythme où sont actuellement effectuées les installations, il est à craindre que cette situation perdure longtemps encore. Pourtant les nouvelles technologies permettraient d’entrevoir de nouvelles solutions techniques, la radio étant une des alternatives au réseau filaire trop coûteux. Les besoins existent : rapports familiaux, santé, état des routes, relations économiques et commerciales, communications des autorités administratives avec les préfectures et les villages. S’ils s’expriment peu c’est qu’ils ne disposent guère de relais. Pour notre part, nous sommes cependant fréquemment sollicités et ne pouvons répondre aux demandes. De plus disposer de moyens de communication à distance paraît aux yeux des populations une perspective trop éloignée voire inaccessible. Pourtant dès qu’une possibilité est entrevue apparaissent rapidement des énergies disponibles particulièrement motivées. L’installation de moyens de communication va permettre non seulement de répondre à des besoins essentiels, par exemple joindre un hôpital en cas d’urgence mais aussi contribuer à l’expansion économique. L’absence de moyen de communication constitue aujourd’hui un frein au développement de ces villages. Il convient aujourd’hui de mobiliser les énergies disponibles pour que le droit à la communication pour toutes les populations, y compris celles des zones rurales, soit effectivement pris en compte et que des moyens conséquents, financiers et humains, soient mis en oeuvre sans tarder. Si les plus gros opérateurs internationaux commencent à se presser pour prendre en charge les communications entre les capitales africaines, le raccordement des zones rurales ne constitue pas une priorité. En France l’opérateur s’étant désengagé de la coopération, il convient de montrer que d’autres acteurs peuvent prendre le relais comme par exemple des associations de techniciens en télécommunications. CSDPTT (Coopération Solidarité Développement aux PTT) est l’une d’entre elles, mais pas la seule. Mais les moyens dont ces associations disposent sont dérisoires par rapport à l’immensité des possibilités de ce qui pourrait être fait en matière de télécommunications. Un premier projet est envisage en collaboration avec des originaires de la région concernée. Il s’agit de moyens de communication qui vont permettre à certains villages enclavés d’être reliés au réseau téléphonique. Il s’agit d’installations répondant à des besoins de service public. Il nous a semblé nécessaire d’étudier l’expression des besoins. Depuis notre présence parmi les acteurs, nous nous sommes en effet rendus compte que peu de travaux existaient sur la question. En nous associant avec un professeur de sociologie de l’université de Ouagadougou et certains de ces étudiants qui participeront aux enquêtes, nous souhaitons y apporter toute la qualité nécessaire à ce genre d’étude. Mais nous souhaitons aussi innover en accompagnant ce projet d’étude des transformations dans les usages qu’engendre l’installation de moyens de communication à distance. Les universités africaines comptent en effet de nombreux étudiants en Sociologie. Il est donc naturel de leur confier cette étude encadrés par des professeurs expérimentés qui ont l’habitude de la réalisation d’étude pour les organismes internationaux. Les télécommunications sont amenées à un développement de grande ampleur : des solutions originales doivent être apportées pour promouvoir une solution globale et ainsi doter tous les villages. Ce projet est réalisé dans un esprit d’amitié, de solidarité et de développement de nouveaux rapports basés sur l’échange et l’entraide entre les villages burkinabé mais aussi des agents de l’ONATEL (Office National des Télécommunications) au Burkina d’une part et les agents de la Poste française et de France Télécom regroupés au sein de l’association. Sans précédent par son objet et les conditions de sa réalisation il sera popularisé par chacun des intervenants selon ses objectifs comme un exemple de solidarité concrète. Pour sa part, CSDPTT dispose d’une lettre mensuelle où elle rend compte de son activité et des évolutions du monde des télécommunications en Afrique. Elle est aussi présente sur Internet où plusieurs de ces adhérents s’investissent dans des groupes de discussion pour qu’y soit abordé les problèmes relatifs au développement des télécoms en Afrique. Elle est entrée dans une phase active de constitution de son propre site. CSDPTT commence à être connu par mi les acteurs de la coopération dans les télécommunications et compte bien profiter de tous ces moyens à sa disposition pour rendre largement compte de cette expérience. De plus CSDPTT a décidé de se rapprocher du groupe " Structuration du monde rural " du CCOBF (Comité de Concertation des OSI qui interviennent au Burkina Faso) et compte travailler en collaboration avec lui afin d’échanger des expériences et peut-être proposer un nouveau projet plus vaste au sein du CCOBF. Pour notre part s’il ne constitue par la solution aux problèmes du manque de moyens de télécommunications, en plus de répondre à un besoin immédiat des populations de quelques villages de la Province de Nayala, il doit permettre de constituer la preuve que l’on peut mobiliser des énergies jusqu’ici insoupçonnées. Nous espérons qu’il permettra d’enclencher de nouvelles dynamiques pour d’autres projets de même nature. Il doit, par le rayonnement et la publicité qui lui sera faite, contribuer à sensibiliser les différents acteurs de l’urgence qu’il y a à se pencher sur la recherche d’une solution permettant rapidement l’accès de chaque village à des moyens de communication.
L’association CSDPTT est née en 1988 au sein du personnel de la Poste et de France Télécom. Son objectif est de " promouvoir les échanges et l’entraide entre les peuples notamment en apportant un soutien aux actions de développement dans le domine de la Poste et des Télécommunications ". Assez rapidement l’installation de moyens de communication radio dans des villages enclavés apparut comme un des projets particulièrement utiles pour les populations, mais aussi réalisables. En effet très peu de temps après sa création CSDPTT fut saisie d’une demande de l’AOTRF (Association des originaires du Tringa résidant en France) qui regroupe des ressortissants maliens d’un groupe de villages du cercle de Yélémané. Des postes radio leur avait été donnés mais ils avaient besoin qu’on les installe. Ce à quoi s’attela CSDPTT durant l’année 1990.
CSDPTT a ensuite longtemps travaillé sur un projet d’installation de liaison radio entre le village de Sérékéni dans la Province d’Orodara. Le projet était bien avancé, une convention avait été signée par la plupart des partenaires, groupements villageois, Haut-Commissariat, université de sociologie de Ouagadougou. Finalement alors que nous demandions une fréquence, l’ONATEL nous informa de l’extension prochaine du réseau dans cette région. Nous décidâmes alors de surseoir à notre projet. Mais nous avions eu des contacts réguliers avec les villageois et nous étions de plus en plus convaincus que ce type de projet répondait à une grande nécessité.
Durant cette préparation, nos contacts s’étaient approfondis avec M. André Nyamba, professeur de sociologie à l’université de Ouagadougou qui devait assurer l’étude sociologique avec ses étudiants. Originaire de la province il nous confirma tout de suite le besoin de téléphone dans cette région, nombreux étant les villages privés de moyens de communication. Nos rapports avec l’ONATEL étant désormais soutenus nous apprîmes rapidement leur disponibilité d’autant plus que la région disposait d’un installation de type IRT à Toma d’une capacité installée de 86 et d’un capacité exploitée de 74.
La décision de se lancer de ce projet, et d’en étudier plus avant sa viabilité était prise.
Le projet consiste en l’étude des besoins en communication, l’étude de faisabilité sur le terrain en liaison avec le choix des villages, l’installation de 3 ou 4 installation de type TERA (téléphone sans fil), puis l’étude des changements sociaux induits par l’arrivée d’un nouvel outils de communication. Trois ou quatre appareils de type TERA (terminaux de type radioélectrique d’abonnés) doivent être installés. Plusieurs solutions sont envisagées et techniquement possible, qui concernent tout autant l’organisation à mettre en place autour des téléphones que des choix techniques. Faut-il crée un télécentre communautaire avec gestion complète du téléphone par le groupement villageois qui devra s’acquitter des abonnements et des communications ou bien préférer l’installation d’une cabine publique la gestion serait confiée à l’ONATEL ? Bien évidemment, les décisions seront prises en concertation avec les différents acteurs, les représentants des villageois, l’ONATEL et les autorités locales notamment les préfectures et le Haut-Commissariat qu’il conviendra d’associer à la mise en place du projet. L’étude des besoins, les possibilités financières ou non des villages de s’acquitter des abonnements et des communications, et les limites dues au matériel (physionomie du terrain et distance entre les villages concernés et l’IRT installé à Toma) présideront à l’arbitrage de la solution choisie (choix des villages et choix entre cabine publique ou gestion collective d’une ligne privée). La première mission d’étude a donc pour objectifs de préciser les choix relatifs à des questions d’organisation et des questions techniques, celles-ci étant évidemment liées.
Partie technique : L’ensemble des problèmes techniques seront traités en étroite collaboration avec les techniciens et ingénieurs de l’ONATEL qui nous ont assurés de leur disponibilité pour travailler sur un tel projet. Le matériel TERA est compatible avec l’IRT, il n’en reste pas moins une étude technique à faire dont les conclusions présideront en partie aux choix des villages. Une étude du terrain et de son relief, doit permettre de fixer la distance acceptable, en liaison avec la puissance des TERA. L’alimentation électrique sera assurée par des panneaux solaires. Le choix de l’équipement sera arrêté en concertation avec l’ONATEL et le fournisseur des panneaux solaires. Il en est de même des pylônes sur lesquels seront fixés les antennes Il convient en fin de se pencher sur le choix entre cabine publique et poste collectif privé. Dans le premier cas il convient de vérifier la possibilité de l’installation d’une cabine après l’installation d’arrivée, étant entendu que c’est théoriquement possible. Si le choix se porte sur une installation privée gérée collectivement par le village, il convient d’adapter un compteur de taxe afin d’éviter les problèmes pouvant survenir au moment de réception des factures téléphoniques. Les questions relatives au transfert des connaissances et à la maintenance seront longuement évoqué. Une partie de la mission consiste à forcer les techniciens de l’ONATEL à ce type de matériel, montage et fonctionnement des appareils. Différents schémas de procédure seront élaborés en cas de panne. Ceci permettra en particulier d’évaluer les capacités de réparation de l’ONATEL de cartes électroniques. En tout état de cause, Les différentes solutions seront évoquées y compris le remplacement du poste défectueux.
Problème d’organisation : Ce sont sans doute les problèmes les plus faciles à résoudre. Il est clair que l’installation d’une cabine publique en facilitera la résolution. Mais nous souhaitons cependant étudier l’autre solution, c’est-à-dire l’installation d’un téléphone communautaire privé, qui pour l’ONATEL sera vu comme n’importe quel autre abonné. Il existe encore de ce point de vue deux solutions.
Ce choix est entièrement à l’analyse des besoins et aux capacités de financement des villageois. L’inventaire des différents acteurs éventuels du projet sera mené y compris la possibilité par les originaires de cette région, habitant à Ouagadougou ou à l’étranger tout aussi intéressés au projet puisqu’il leur permettra de joindre leur famille. Des rencontres sont prévues avec les autorités administratives qui peuvent éventuellement devenir aussi des acteurs du projet dans la mesure où il pourrait aussi être intéressé par la possibilité de joindre rapidement les autorités du village. Outre de doter les villages de moyens de communication à distance, il s’agit de mettre en place des structures et de préparer le financement de postes de téléphones collectifs lorsque le développement du réseau national le permettra. Des fonds seront en effet générés par l’exploitation des postes et toute une organisation aura été mise en place. Des études menées par le Département de Sociologie de l’Université de Ouagadougou doivent permettre d’observer et de tirer un bilan de l’expérience, aussi bien du point de vue de l’évolution de la vie quotidienne, de l’usage qui en sera effectivement fait afin de mieux formaliser les besoins, que de l’évolution de l’économie villageoise.
L’étude sociologique est un volet à part entière du projet. Elle sera menée sous la direction du M. André Nyamba, professeur d’ethno-sociologie et spécialiste en sociologie de la communication, de l’université de Ouagadougou, avec une dizaine d’étudiants en maîtrise de sociologie qui ont déjà une expérience de travail de terrain. Elle se fera en deux phases. - La première porte sur l’évaluation et l’analyse des besoins et attentes et des disponibilités d’engagement des populations en matière de communication à distance, avant la réalisation du projet. Cette phase nécessite des enquêtes et des analyses sur plusieurs villages pour déterminer avec précision les besoins et la nature de l’accueil des populations rurales en matière de communication à distance. Il s’agira en fait d’une étude prospective qui apportera une meilleure connaissance de ces espaces sociaux. - La deuxième phase de l’étude sera une sorte d’analyse des changements sociaux induits par la communication à distance pendant et après la réalisation du projet ; il s’agira de voir en effet l’impact d’une nouvelle technologie de communication à distance sur le contexte social, les rapports sociaux, les modes de vie, les habitudes et les comportements socioculturels et socio-économiques des populations déjà engagées dans un processus de développement intégré des zones rurales et des mutations sociales globales. Cette étude d’impact devra faire connaître la mesure du changement social en général et le changement des mentalités en particulier, du fait d’un raccourcissement des distances spatiales. L’aspect économique de l’étude devra évaluer les dépenses moyennes des habitants en matière de communication entre les villages et avec le chef lieu de la Province (déplacements multiformes en mobylettes ou bicyclettes, voitures occasionnelles, etc...). Cette évaluation sera comparée avec la nouvelle situation de dépenses en matière de communication dans ces zones enclavées après la réalisation du projet. Ainsi, il sera possible de déterminer les dépenses globales en matière de communication, les capacités financières de prise en charge du projet mais aussi plus généralement les retombées économiques. Les coûts globaux annoncés à la fin du document comprennent les déplacements, les séjours de travail, d’enquêtes, de collectes de données auprès des populations concernées et l’analyse ultérieure des informations recueillies ( 2 déplacements d’une dizaine d’étudiants encadrés de leur professeur pendant une dizaine de jours pour effectuer les enquêtes, saisies des données, tirage des documents, etc.). | |||||||||||||||||||||||||
|
Réagir à l' article