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Reportage au Burkina : télécentre, téléphonie mobile, téléphonie rurale, projets de CSDPTT, développement rural

Reportage au Burkina : télécentre, téléphonie mobile, téléphonie rurale, projets de CSDPTT, rencontre des partenaires (décembre 2002)

Table des matières
Plus de problème de communication à Ouagadougou
En route pour Sérékéni
 A Sérékéni "on est éveillé"
 A la découverte des champs
 L’école l’infirmerie la maternité
Découverte de Yam Pukri
Séance de travail avec l’association SODEPOSTEL
Visite des sites où est intervenu CSDPTT pour l’installation de téléphones communautaires
 Koin.
 Toma
 Nimina
 Biba
 Yaba,
Un premier bilan
 

Plus de problème de communication à  Ouagadougou
Les télécentres ont envahi la capitale, il y en a partout, souvent munis de 2 téléphones... et je m’en rendrai compte aussi au cours de mon périple, les villes de province ne sont pas en reste. Une étude récente de Yam Pukri fait état de 2712 télécentres dont 318 cabines publiques (12%). J’ai eu à téléphoner de temps en temps et j’ai pu remarquer que les femmes ne sont pas les dernières à en assurer la gestion.
Pour nous consommateurs, c’est reposant. Les prix sont fixes et affichés d’ailleurs... L’ONATEL (Office National des Télécommunications) fournit un compteur qui calcule automatiquement le prix. Il en coûte tout de même quelques 250000 FCFA au gérant des télécentres. On téléphone et on règle le prix affiché, pas de discussion possible. La taxation est un peu plus élevée qu’à domicile. Les gérants conservent 30% du prix des communications. Ils doivent payer l’abonnement, l’électricité, les impôts et le reste est pour eux. Souvent deux ou trois personnes se relaient. Si l’on en juge par leur nombre l’affaire est rentable. Reste qu’il est toujours difficile d’obtenir une ligne...
Il me faut m’abonner à un réseau mobile. J’ai besoin en effet qu’on puisse m’appeler car je vais être très mobile... et mon hôte aussi charmant soit-il n’est pas chargé de faire mon secrétariat.
Je prends quelques conseils ici et là. TELMOB est le moins cher... mais il n’y a pas disponibilité...
On me conseille donc un de ses deux concurrents, l’un propose la puce à 15000FCFA. Ma décision est prise. L’agence est moderne climatisée, le personnel accueillant et bien habillé. On m’installe une puce instantanément contre la somme requise. Aie... Mon appareil est bloqué. Pas le code... Pas de problème ! On m’indique à quelques pas de là un endroit où je pourrai le faire débloquer. Avant de partir j’essaye de savoir combien de temps je pourrai téléphoner. La réponse est évasive.. Ca dépend de la façon dont je l’utilise. De toute façon je n’ai pas le choix, j’en ai besoin on verra bien.
L’endroit indiqué s’avère un petit kiosque de rue. Tout l’attirail du parfait utilisateur de mobiles est disponible. Moins de faste bien sur que dans une agence commerciale mais je trouve l’accueil tout aussi sympathique. Peut-être même moins artificiel... Comme si on était sur de son coup et qu’on avait pas besoin d’artifice. Le langage est moins policé. Le patron arrive tout jeune tout sourire aussi. Apparemment les affaires marchent bien. Et pour cause, 10000FCFA le déblocage ! On m’enlève mon mobile quelques 5 mn le temps pour mon ami d’échanger quelques plaisanteries typiques de relations entre Samos et Mossis deux ethnies liées par la « parenté à plaisanterie ».
Me voilà donc muni d’un téléphone portable, ce soit-disant appareil moderne indispensable. Je ne suis pas abonné en France, trouvant son utilisation trop onéreuse alors que j’en éprouve pas le besoin. Je tempête d’ailleurs à chaque réception des factures, en constatant les chertés des appels des fixes vers les mobiles. En tout cas, ici, tous mes amis possèdent un de ces petits appareils dont je découvre la fascination quasi magique. Et tous ces petits services accessibles grâce à l’écran lui conférant un attrait ludique, et parfois éminemment utile, comme celui qui permet de savoir à tout moment où on en est dans sa consommation, ou celui qui permet de se passer de l’antique carnet papier... mais que je n’utiliserai pas faute d’en apprendre la manipulation assez vite...Il me sera surtout très utile ici d’autant plus que j’ai pas mal de rendez-vous à prendre et j’ai besoin de pouvoir être joint.
Ici aussi j’enragerai contre la cherté du service, j’ai du faire en tout une quinzaine d’appels tous très courts, idem lorsque je reprendrai une carte de 5000FCFA. Certes, la carte prépayée a sans doute permis un formidable développement du service permettant le contrôle des dépenses mais qu’est ce que c’est cher ! Et sur quel budget les utilisateurs de mobile rognent-t-ils pour se financer ce que je n’ose plus tout à fait appeler un gadget tant il me paraît maintenant utile ! Bien sur les minutes commencées sont facturées  ! Une vraie arnaque ! En plus que de coupures, près d’un appel sur deux et en plus on entend souvent très mal ! Ce qui ne fait qu’en multiplier la cherté.

En route pour Sérékéni
J’ai prévenu depuis Paris que je souhaite me rendre à Sérékéni, un village où je me rends régulièrement 1984. Après de multiples péripéties, il est finalement prévu que CSDPTT y installe une liaison téléphonique.
Laurent Siré Kinta Baro, mon ami de Sérékéni, est arrivé à Ouagadougou 3 jours avant la date prévue de mon départ pour m’accompagner durant le voyage. Agriculteur, il est aussi coordinateur des alphabétiseurs et animateur du Comite de Gestion du Terroir Villageois. Une amitié s’est créé, basée sur notre curiosité mutuelle, nos différences, notre volonté de compréhension et un grand respect réciproque et déjà de nombreux souvenirs communs.
Nous décidons de voyager de nuit. Au moins 4 compagnies de bus se partagent le marché et chacun de mes amis à sa préférence. Cela fait 10 ans que je n’ai pas voyagé par les transports en commun et je découvre les progrès réalisés depuis. Chaque compagnie a maintenant son garage en ville Je n’ai rien à redire de la propreté des WC, un endroit que je redoutais auparavant. L’autocar est confortable. On nous dit que les places sont numérotées, mais les gens se placent n’importe où et un voyager fustigera les employés qui ne font pas leur boulot. Pourtant le car n’est pas plein.
Je découvre la verve des paroles des chansons ivoiriennes dont les burkinabés restent friands. Mon autre étonnement sera de constater l’absence de contrôle des voyageurs par la  police. Il est donc bien loin le temps des contrôles à chaque localité. Nous sommes tout de même en plein conflit dont les burkinabé font souvent les frais. Et nous ne serons retardés qu’une fois par un contrôle de douane mais tout rentrera rapidement dans l’ordre.
Nous passerons la nuit dans la gare routière de Bobo en attente de la première « occasion » pour Orodara. La nuit est bien calme. J’entreprends de questionner les petits vendeurs. Le contact est toujours aussi facile. Ils m’informent que des convois arrivent parfois de Côté d’Ivoire malgré la fermeture de la frontière. Il y a deux jours près de 7 véhicules sont arrivés. Ils sont passés par des « escaliers », des pistes secondaires dont la latérite au sol a fini par s’onduler.
Plusieurs transporteurs assurent la liaison Bobo Orodara. La route est bonne et nous arrivons sans difficulté. De nombreuse banderoles sont tendues rappelant la nécessité d’être vigilant et de se protéger contre le SIDA. On n’en parle pas très souvent mais cette maladie est là, bien là. On apprend des décès au détour de conversation, parfois de gens que j’ai connus. A Ouaga, lors de la visite d’un de mes amis, je fus confronté à un spectacle insoutenable venant me rappeler la férocité de cette maladie implacable. Une petite fille, presque immobile dans les bras de sa grand-mère, tremblante paraissait à bout de force. Le corps couvert de tâches sombres, était secoué de multiples petites tremblements. Sa grand-mère avait du soulever son petit bras amaigri pour nous saluer qui retomba aussitôt. Autour d’elle le contraste de ses 2 cousines pleine de vie, semblant ne pas comprendre, rendait la scène insoutenable.
A Orodara j’entreprends d’aller saluer les responsables de la SONAPOST et de l’ONATEL. Le premier paraît intéressé, ravi de l’existence d’associations telles que CSDPTT et la SODEPOSTEL (voir plus loin). Il cherche en effet à faire construite un mur d’enceinte pour que le bureau de poste soit protégé de la « divagation  » des animaux comme l’ONATEL voisine. Avec le second, je prends le temps d’expliquer l’état d’esprit dans lequel est réalisé le projet de raccordement de Sérékéni au réseau téléphonique, et les attentes que nous avons envers l’ONATEL en particulier pour assurer la maintenance.
Puis nous prenons la route pour Sérékéni. A 2 sur la moto de Laurent et mon gros sac en plus, le voyage est quelque peu épique car la est en mauvais état. Laurent prudent va doucement. Il s’en tire bien, tout juste s’il accepte que je mette pied à terre lorsqu’on traverse un petite portion ensablée.

A Sérékéni "on est éveillé"
On arrive vers midi, l’animation bat son plein. C’est jour de marché. Des camions sont venus apportant sont lot de commerçants. Je pose à peine mes bagages, mon temps est compté, je dois partir le surlendemain. La place du marché, sous un arbre monumentale, est trop petite. Il est bien difficile de marcher. Beaucoup de visages me sont familiers, il faut s’arrêter souvent pour des salutations, échanger des nouvelles. L’accueil est chaleureux.
Une grande mosquée a été construite en plein centre et Laurent n’est pas des moins assidus à la fréquenter. Un panneau dont une partie est en arabe précise qu’il s’agit d’une construction offerte par de l’Arabie Saoudite. Le village n’est pas très propre en cette saison sèche ou des détritus entourent les cases. Mieux vaut la saison des pluies où le mil au plus haut verdit le pourtour en cachant même les maisons rafraîchissant ainsi le paysage.
Laurent et le délégué du Comité de Gestion du Terroir villageois organisent rapidement une réunion pour l’après-midi. Environ 25 hommes m’entourent assis sur des bancs disposés en rectangle. Laurent donne les dernières nouvelles que je lui ai rapportées. Les essais de matériel qu’a effectués Jean Claude en montagne en France permettent ont été concluants. Nous recherchons actuellement une subvention... Mais CSDPTT devrait envoyer une mission d’ici février mars (celle-ci a encore due être retardée depuis). C’est la satisfaction générale, depuis près de 8 ans que nous en parlons, nous n’avons jamais été aussi proche de la réalisation. La réunion est courte. Le village est prêt. Je n’ai aucun doute sur sa capacité à s’organiser.
En poursuivant la visite, vers l’école, la maternité, l’infirmerie, et dans les champs je flotte dans l’afro-optimisme. Ce village ne bénéfice à ma connaissance d’aucune aide extérieure si ce n’est celle des ressortissants installés en ville. Le progrès est continu depuis mon premier séjour il y aura bientôt 20 ans. Les habitants ont tout pris en main jusqu’ici y compris même les 15 km de piste jusqu’à la piste principale qu’ils remettent en état après chaque saison des pluies. Si d’ailleurs il y a une chose qui dépasse leur capacité c’est bien ça.
Le niveau de vie progresse petit à petit. Les motos ne sont pas rares. Sur la place juste derrière la maison de Laurent, les habitants ont construit une toiture en métal pour s’abriter du soleil alors qu’autrefois elle était en bois. A mon retour je ne cesserai de suggérer à mes amis enseignants à l’université de faire une étude comparative entre ce village et un autre aux caractéristiques identiques qui lui aurait bénéficié d’aide extérieure d’ONGs européennes. Mes amis burkinabé ma paraissent d’ailleurs souvent bien plus radicaux que nous. Qui n’a pas accompagné un des ses amis au village ne l’a pas entendu râler contre le manque d’initiative, les demandes permanentes de toute sorte dont il est l’objet. Il m’en a fallu des séjours, des questions des observations, une pratique aussi au sein de CSDPTT pour en arriver à me poser la pertinence de l’aide des ONGs occidentales. Certes Sérékéni n’est pas un village pauvre. Il bénéfice d’une bonne pluviométrie qui lui évite la famine et des villages pauvres qui, quelque soit la travail effectué, doivent être aidés. Le tout c’est de savoir comment. Le défunt président Sankara n’avait de cesse d’appeler son peuple au travail et de rappeler sans cesse que l’aide ne devait servir qu’à supprimer l’aide.
L’homme est ainsi fait et ce quelque soit le continent, si dans la difficulté, quelqu’un vient vous proposer de l’aide, vous acceptez de bon cœur. Et si l’aide devient une habitude on finit par l’attendre plutôt que de prendre en charge. Mais amis burkinabé parlent de « fainéantise » et qui ne me semble pas adapter et je préférerais « mentalité d’assistance ». D’ailleurs qu’avons-nous à dire nous qui en occident n’avons pas ressenti, la faim, la maladie, le besoin... Mais mes amis sont effectivement des bosseurs et sont encore de la génération de ceux qui lors de leur congé allaient travailler dans leur villages, pendant les grandes vacances ce qui n’était pas de tout repos ni vraiment une partie de plaisir.
Réfléchissons bien à ce que nous faisons nous qui intervenons dans ce pays quelques soit les bonnes raisons que l’on met en avant.
« Attention, nous on est éveillé ici » me dira Laurent voulant dire par là que nous seulement ils ont pris leur affaire en main mais aussi que l’on ne peut plus leur raconter n’importe quoi ! Ici on est fier du développement du village et on le dit .. Justement parce qu’on se prend en charge et qu’on en a pris conscience. Messieurs les politiciens à Sérékéni plus personne n’est dupe.

A la découverte des champs
On me demande quel sont mes souhaits pour le programme du lendemain. J’opte pour une promenade en brousse à vélo et émet naïvement le souhait d’aller voir des singes. On ne me contredit pas par savoir vivre et on ira là où on est susceptible d’en voir mais on trouve l’idée saugrenue. Après tout les étrangers, sont bizarres d’autant plus s’ils sont blancs.
La promenade s’avère particulièrement plaisante. Les vélos qui paraissent lourds semblent adapter et l’effort reste raisonnable. La brousse est presque partout défrichée. On traverse même un champs de près de 8 hectares. Beaucoup de coton, c’est la récolte, de mil, et de « bissap » ce qui serait de l’oseille et dont les fleurs servent à faire de la boisson. Les champs sont défrichés à tour de rôle puis laissés au repos. on respecte certaine règle comme par exemple ne pas couper les arbres près du ruisseau. Je m’inquiète des signes évidents de feux de brousse que révèle le sol noirci. Laurent m’explique qu’ils sont autorisés et n’abîment pas trop la terre quand l’herbe n’est pas trop sèche.
De Sérékéni, certains sont venus en mobylette et en moto. Tout le monde se retrouve dans un champs où l’on vient de terminer la récolte. Ils vont rassembler le mil en petite bote. Ils se mettent en rond tout autour du mil entassé et progresse petit à petit assis. Pas de femme car cette tâche est réservée aux hommes. Du peu de ce que j’ai compris par la traduction de Laurent ce travail effectué en toute convivialité permet d’évoquer les problèmes du moment et d’échanger les différents potins du village.
On mangera sur place le fameux taux accompagné de sauce.
Ce travail fini nous continuons la promenade cette fois à pied vers de tout nouveaux forages. De l’autre côté du ruisseau je découvre une immense plaine défrichée, avec un forage flambant neuf au beau milieu. Je demande aussitôt qui a aidé à financer les 5 millions de FCFA nécessaires. Un peu interloqué, Laurent me répond fièrement que ce sont les villageois qui ont cotisé. En effet cette terre défrichée devra servir à rassembler les bœufs de plus en plus nombreux, utilisés de plus en plus pour le transport des récoltes. Ils obéissent ainsi aux directives gouvernementales selon lesquelles il faut organiser le terroir. Et s’ils y mettent tant d’argent c’est qu’ils en sont aussi convaincus. Cette phrase me revient : « Nous sommes éveillés, ici » . Il est temps que je fasse de même.

L’école l’infirmerie la maternité à Sérékéni
Au retour nous allons saluer les fonctionnaires affectés au village. L’école d’abord, un peu à l’écart du village, est composé de 2 bâtiments de 3 classes face à face. Deux instituteurs délaissent leur classe pour vernir nous saluer. Les habitations des instituteurs sont réparties un peu plus loin tout autour. Pas de clôture ici, il est vrai que l’on en craint pas vraiment les intrus. Je les informe de l’arrivée prochaine d’une ligne téléphonique ce qui provoque un certain étonnement mais aussi tout de suite un certain engouement, eux qui sont éloignés de leur famille tout au long de l’année. Inutile de leur vanter les mérites du téléphone... Ma venue suscite quelques remontrances des instituteurs auprès des amis qui m’accompagnent. Il y a encore à faire des travaux dans les maisons... Si les instituteurs sont payés par l’Etat, la construction des logements est laissée aux villageois ! Ce qui ne va pas sans quelques animosités.
Nous poursuivons à l’infirmerie. Elle compte 4 employés et parait bien équipée. L’infirmer nous reçoit ave gentillesse dans ses locaux, bien aménagés. Quelles sont les maladies ici ? Le paludisme les diarrhées essentiellement. Et le SIDA ? Peu encore, les gens ne voyagent pas tellement me dit-il. On a soupçonné un cas il y a peu de temps, une femme mais elle a quitté le village et depuis plus rien. Ouf ! Notre interlocuteur exprime aussi son impatience de disposer d’un moyen de communiquer avec les centres de santé mieux équipés. Et d’expliquer le temps perdu, en cas de problème grave, passé à envoyer quelqu’un pour aller cherche une ambulance. Un grand bâtiment est en construction un peu plus loin. Une grande maternité. Ce sera la troisième depuis ma première visite. Mais celle-là inaugure-t-elle une nouvelle période ? Elle est en effet financée par l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) pour laquelle le Burkina a été jugée exigible. Une nouveauté ici. Je m’en veux de ne pas avoir poussé plus avant mon questionnement. Les villageois ont-ils été consultés sur le choix de l’investissement ? Et la route ? Car de ce que j’entends depuis que je viens, la plus forte demande concerne la construction de la route jusqu’à la nationale à environ 17 km.
Comme à chaque fois ce séjour est trop court mais combien riche d’échanges, d’amitié, de découvertes. J’ai encore tant à demander à apprendre. Certes à CSDPTT nous ne faisons qu’installer des téléphones, dont l’utilité n’est plus à démontrer et à Sérékéni, nulle inquiétude sur la capacité de gestion d’une cabine communautaire. Mais doit-on pour autant se désintéresser des problèmes de développement à l’échelle d’un village. Au contraire, la connaissance du milieu dans le quel nous intervenons, en collaboration avec l’ONATEL, est précieuse.
Cettefoisenfinnouspouvonspresquegarantirquenous installeronsuneligne. Bien sur ce ne sera pas facile, et nous ne maîtrisons pas tous les problèmes, bien sur il reste quelques interrogations mais les techniciens de CSDPTT sont d’excellents professionnels, rigoureux et ils suivront ce projet comme ils le font dans la région de Toma et veilleront à ce que la maintenance soit bien faite. C’est la raison pour laquelle à chaque mission nous tentons de rencontrer la direction générale mais aussi les techniciens locaux qui doivent être responsabilisés et accueillons avec la plus grande attention la création d’une association locale pour assurer la pérennité de ce projet et des autres à venir.

Découverte de Yam Pukri
Retrouvaille avec Sylvestre Ouedraogo le Président de Yam Pukri. Nous avons d’abord sympathisé sur Internet puis entamé un échange fructueux dialoguer. Nous nous sommes depuis rencontrés 2 ou 3 fois, des rencontres riches intellectuellement découvrant une soif d’échange, des centres d’intérêts communs et un grand respect mutuel.
Nous avons rendez-vous au centre Yam Net, abrité dans une villa aux « 1200 logements ». dans le quartier de l’université. C’est pratique pour Sylvestre qui est enseignant en économie. Son temps est compté et la proximité de l’université est un gain de temps précieux. Nous nous rencontrerons souvent durant ce séjour, de quoi me rendre compte (à peine) de son activité débordante.
Yam Net est de siège de Yam Pukri. Ayant débuté ses activités en fin 1997, cette association dispose de six centres de formation en informatique et Internet, dont 2 en province, un à Banfora et un autre à Bobo, 2 cybercafés et un parc d’ordinateurs d’environ quatre vingt(80)micro-ordinateurs. Il arrive aussi que Yam Pukri propose des formations itinérantes en province comme tout dernièrement à Kongoussi au Nord du Burkina.
Entre 30 et 40 ordinateurs sont répartis entre 4 salles. La première la plus importante, semble-t-il consacrée à l’usage courant, est la plus fréquentée. A l’entrée un jeune surveille les entrées et sorties et encaisse les sommes dues par les utilisateurs. Dans la deuxième salle les gens sont plus concentrés, sans doute en train de se former. Sylvestre à sa théorie bien arrêtée sur le processus d’apprentissage comme sur beaucoup d’autre chose d’ailleurs. Un plan de formation progressif a été élaboré pour les logiciels les plus courants. Le formateur intervient un minimum et il faut laisser le stagiaire se débrouiller avec sa machine.
Vient ensuite, une autre salle un peu plus petite pour plus de tranquillité et tout au fond enfin une autre plus spacieuse visiblement construite après les autres pour agrandir le centre. Le matériel est y stocké avec quelques outils et Sylvestre me confie qu’on s’y est livré à quelques expériences originales comme habiller un ordinateur avec une calebasse. Aujourd’hui une demie douzaine d’enfants se sont appropriés le lieu les yeux rivés sur les ordinateurs. Un débat en ligne est organisé en partenariat avec l’association Terre des Hommes Suisse, la première ONG, suivie depuis par beaucoup d’autres, à avoir accordé sa confiance à Yam Pukri. Des enfants d’une dizaine de pays débattent via Internet sur un sujet choisi, aujourd’hui l’immigration si je me rappelle bien. Ce débat est encadré dans un espace protégé avec accès par mot de passe comme me l’explique Sylvestre pour prémunir les enfants contre les pédophiles.
La villa possède encore deux bureaux. Un est occupé par une femme qui fait la comptabilité du centre. L’autre est le refuge de Sylvestre. C’est donc de là qu’il inonde le monde de ses réflexions originales et le plus souvent pertinentes. Pourtant ce n’est pas facile de se connecter. Sylvestre a son bureau toujours ouvert dans lequel il est rarement seul. Parfois ce sont les enfants qui l’envahissent. On sent qu’il aime leur compagnie. Le plus souvent c’est Théo, un tout jeune homme de 22 ans, qui semble avoir plongé sans retenue dans les « NTICs ». C’est lui qui met à jour le site http://www.burkina-ntic.org et je suis admiratif devant la dextérité avec laquelle il manie les logiciels utilisés pour la fabrication de sites. Il a participé à la formation qu’a dispensée Alain Roblin Demont de CSDPTT en juin dernier qu’il a semble-t-il parfaitement assimilé. Il vole désormais de ses propres ailes. Nous imaginons même de lui confier la réfection du site de CSDPTT, un pied de nez à l’aide à sens unique. On va étudier ça... D’apparence discret, Théo a cependant de la répartie comme j’ai pu le remarquer en le taquinant un peu.
Il semble que le centre possède plusieurs formateurs que l’on ne distingue souvent pas des usagers. La fréquentation est variable selon les jours et les heures mais Sylvestre m’affirme que parfois le centre est plein. De ce que j’ai pu voir ici ou là, en passant de temps en temps, deux usages paraissent dominants : le courrier électronique et la formation à différents logiciels informatiques courant. On se partage ici une ligne téléphonique et les connexions sont particulièrement lentes en général. Mieux vaut attendre que le centre soit vide pour récupérer ses messages. Cela devient alors à peu près acceptable
Bravo à Sylvestre Ouedraogo et à son équipe. Je comprends mieux pourquoi Sylvestre se révolte souvent contre les afro-pessimistes. Il croit beaucoup à l’avenir de son pays et du continent pour peu que les gens acquièrent confiance en eux et se mettent au travail !.

Séance de travail avec l’association SODEPOSTEL
Dès mon arrivée El Hadj Mousbila Sankara le président de SODEPOSTEL (Solidarité développement dans les Postes et télécommunications). et Jean Tiendrebeogo, le vice Président auront vite fait de me retrouver. Ils m’accueillent chaleureusement et me font tout de suite part de leur forte motivation. Tous les deux sont retraités et disponibles. Ils tiennent à organiser très rapidement une réunion ce qui sera fait dès l’après-midi. Ils m’emmènent dans les locaux de l’association sportive de l’ONATEL dont El HadjMousbila Sankara est aussi le Président semble-t il.
Nous passons en revue les raisons qui ont présidé à la création de nos associations respectives. Le courant passe. Nous sommes heureux de nous comprendre de voir que nous sommes si vite d’accord. Nous avons besoin de la SODEPOSTEL comme partenaire privilégié pour rassembler les salariés les plus motivés par la mise en place de nouvelles formes de coopération afin de mieux satisfaire les besoins des populations mais aussi comme interlocuteur de l’ONATEL. Jean et Mousbila m’expliquent qu’ils se connaissent tous au sein de l’opérateur et que ceux qui dirigent ce sont leurs petits frères ! Et qu’ils les ont vus arriver ! Une dimension que je n’avais pas prise en compte. Décidément chaque voyage est un nouvel apprentissage.
Nous convenons que la privatisation n’est pas la bonne solution mais pour autant il faut se mobiliser, faire appel à la responsabilité du personnel à sa créativité à son engagement. Pour la direction de l’ONATEL, les projets de téléphonie rurale ne sont pas prioritaires, il est bon que des agents se mobilisent pour suivre les dossiers, susciter sa participation, négocier les moyens qu’elle met peut mettre à la disposition.
La réunion de l’après-midi rassemble les membres du bureau, Outre Jean Tiendrébéogo et El Hadj Mousbila Sankara, Bernard Ouedraogo cadre supérieur de la poste, Mme Elisabeth Kaboré, ancienne directrice de l’Ecole Nationale Supérieure de la Poste, M. Youssouf Sawadogo, technicien supérieur de transmission, Jean Marc Komba ancien chef de centre commutation du temps du Crossbar, Pentaconta, et Koussoube, ancien technicien reconverti au commercial sont là.
Nous échangeons aussi sur le Sommet Mondial de la Société de l’Information. Je leur fais part de la  campagne que nous y menons pour que ce sommet décide de la construction massive planifiée de lignes en zone rurale, des moyens de lever les financements et d’en assurer le contrôle. L’approbation est immédiate. Comme si cela faisait longtemps qu’ils avaient envie de s’exprimer et de se mobiliser là-dessus mais qu’il leur manquait le déclic ou qu’ils sentaient trop isolés pour le faire.
Je ne suis pas au bout de mes bonnes surprises. Ils me montrent un document sur lequel ils ont travaillé, encore provisoire. Ce document précise la façon dont pourrait être généralisée, l’installation des téléphones communautaires avec mise en place de comités de gestion villageois et gestion des demandes. Je suis assez impressionné par la qualité du travail. Après près de 2 heures de réunion nous nous quittons. El Hadj Mousbila Sankara et Jean Tiendrebeogo ont insisté pour venir faire la tournée des téléphones que nous avons installés dans la région de Toma en collaboration avec l’ONATEL. Ils tiennent absolument à voir le matériel mais aussi à se rendre compte par eux-mêmes des difficultés afin de s’organiser en conséquence. Ils tiennent aussi à assister à la rencontre avec la direction de l’ONATEL .

Visite des sites où est intervenu CSDPTT pour l’installation de téléphones communautaires
Nous partons à Toma dans la voiture de El Hadj Mousbila Sankara. Jean Tiendrebeogo, et André Nyamba, ethno-sociologue, professeur à l’université de Ouagadougou sont aussi du voyage. M. Nyamba a réalisé une étude de faisabilité de ce projet de téléphonie rurale (lire l’étude) . Sur la route tout en goûtant le paysage, je pose quelques questions lorsque je vois des poteaux transportant du câble téléphonique. Jean me confirme qu’il est possible d’utiliser un même poteau pour supporter un câble de téléphone et un câble électrique. Ce serait une application pratique de ce que notre ami Jean Louis de CSDPTT appelle la synergie des réseaux  ! J’apprends pas la même occasion par Jean qu’il existait autrefois des lignes communautaires rurales. D’ailleurs un des bourgs que nous traversons en possédait une mais disparue depuis. Décidément cette histoire des télécommunications en Afrique mériterait d’être écrite !
 

(JPEG)
Nous arrivons au premier site Koin. Je suis d’abord agréablement surpris du petit bâtiment qu’ont construit les villageois en brique rouge. Mais il va falloir vite déchanter. Il est fermé à clé et il n’y a personne. Assez rapidement des gens commencent à arriver. On nous ouvre. L’intérieur est impeccable. La conversation s’engage. Cela ne marche pas depuis 3 mois. Les villageois ne sont pas informés. On demande les carnets de comptes et les factures. Cela semble ne pas correspondre. El Hadj Sankara et Jean Tiendrebeogo multiplient les questions pour comprendre. Il était temps que nous passions et compte tenu de l’engagement que montrent les deux amis de la SODEPOSTEL, je me mets en retrait tout en essayant de comprendre. Je quitte Koin passablement inquiet. Si c’est comme ça dans les 3 autres sites, notre projet est un échec. Du moins pour l’instant car cela doit pouvoir s’arranger d’autant plus si la SODEPOSTEL prend les choses en main. (La panne sera finalement réparée par les techniciens de l’ONATEL, une dizaine de jours après notre passage)..

Arrivé à Toma le chef lieu de la Province, on ne peut pas rater l’ONATEL. Une antenne de plusieurs dizaine de mètres s’y élève au-dessus. M. Abou Dembele, le Chef de centre de transmission nous attend avec un chauffeur (JPEG)
qui conduira une magnifique 4x4 de l’ONATEL. La conversation s’engage un peu vivement compte tenu du mécontentement que nous avons rencontré à Koin. Abou Dembele nous explique qu’il a fait le nécessaire il pense qu’il faut réorienter les antennes et qu’il a fait appel à des équipes centrales à Ouaga de pylôniers mais qu’il ne sont pas encore intervenus. Je me rappelle qu’effectivement à Ouaga, Etienne Paré, un des cadres de l’ONATEL avec qui ce projet a été mis en place, m’avait fait part du fait présentent l’informent de l’existence de la SODEPOSTEL. Abou Dembele explique le fonctionnement de la facturation, je décroche un peu mais El Hadj et Jean continuent à poser de multiples questions.

Et puis l’ambiance se détend assez rapidement, on fait mieux connaissance, Abou Dembele me fait part du bon souvenir qu’il garde des séjours d’Emile Quesada et Claude Sicard (voir le reportage ) d’abord puis de Jean Claude Coste et Alain Farges (lire le reportage ) , tous de CSDPTT, qui m’ont précédé ici. L’ambiance continue à se détendre au « restaurant  » pas très loin où nous dégustons une soupe au lièvre et un « riz sauce » que j’apprécie particulièrement. Bien sur le tout accompagné des bières si chères à Emile. Nous voilà prêts pour affronter la suite. La présence d’Abou Dembele aurait été utile à Koin car il aurait pu répondre à certaines interrogations.

Nimina est le village d’André Nyamba. C’est d’ailleurs Gabriel Nyamba, son cousin, qui gère le télécentre, une petite maisonnette en dur pas très loin de l’école. Cette fois elle est ouverte et le gestionnaire est bien là. Jean et El Hadj inspectent les lieux. Abou Dembele effectue des mesures avec le chauffeur. Ouf, ici au moins ça marche. On s’installe à côté. Le gestionnaire se plaint de ne pas gagner beaucoup. Je laisse El Hadj et Jean multiplier des questions

(JPEG)
nimina

.Ils essayent de comprendre les problèmes qui se posent. Il y a un problème car les villageois payent après une convocation par téléphone (2 fois par mois) alors que les factures sont mensuelles.
On nous montre le cahier comme à Koin. Ici aussi seuls les appels sortants sont consignés. Gabriel s’en sort à peu près même s’il se plaint un peu. Il ne paye que 70% des recettes des communications à l’ONATEL et en, plus il fait payer 100FCFA lorsqu’il va chercher quelqu’un qui est appelé. Une petite réunion s’improvise à l’ombre à côté du télécentre. Abou Dembele, El Hadj Mousbila et Jean Tiendrebeogo se relaient pour expliquer la facturation. Les tarifs sont affichés mais il semble qu’ils ne soient pas très bien appliqués.
Les villageois se plaignent aussi d’avoir à payer chaque minute commencée. Ce n’est pas moi qui vais leur donner tort mais c’est malheureusement la pratique des opérateurs. Ceux qui m’accompagnent sont fermes là-dessus : chaque minute commencée est due. On se plaint aussi du système de chronométrage. Celui-ci se fait avec une montre... Le matériel installé ne permet pas en effet le renvoi de taxes à l’abonné ce qui empêche l’installation d’un compteur de taxe. Il faudrait trouver une solution à ce problème. Avec El Hadj on évoque l’idée de munir les cabines de montre ou de réveil à affichage électronique qui ne sont pas chers ici. Cela éliminerait pas mal de tension. N’est-il pas possible aussi de mettre au point un petit système électronique qui ferait office de compteur de taxe  ? N’y aurait-il pas ici, ou parmi les adhérents de CSDPTT des passionnés d’électronique qui pourraient fabriquer ce système ?
Il y a environ entre 7 et 10 appels sortants par jour. Ce sont donc des lignes qui trafiquent bien mais il serait intéressant aussi de savoir combien ces télécentres enregistrent d’appels entrant.(JPEG)
Un conflit éclate. On veut nous prendre à témoin. Le télécentre est installé à côté de l’école et derrière c’est la brousse. Gabriel avait semé autour alors que selon l’instituteur c’est là que les enfants font du sport. Gabriel explique qu’il a enlevé les cultures mais que dans ces conditions le maître veut récupérer son terrain et faire déménager le télécentre. L’ambiance est tendue et le ton monte. Suivant les conseils d’André nous nous mettons à l’écart. Selon lui cette animosité est ancienne et il soupçonne des histoires de femmes...

Nous reprenons la route vers le site suivant non sans s’être arrêtés pour saluer les « vieux «  d’André Nyamba. Nous repartons avec un passager supplémentaire, un poulet.
 

A Biba, nous restons moins longtemps. Abou Dembele nous avait dit que l’ONATEL avait du couper car les factures n’étaient pas payées.

(JPEG)
biba

En arrivant nous découvrons que le responsable de ces difficultés à été remercié par les habitants de Biba. La gestion est confiée depuis peu à une jeune femme. Celle-ci ne peut donc trop nous dire quels problèmes elle rencontre. Je suis de nouveau rassuré car ici ça a l’air de bien marcher comme elle nous le confirme. Je repars néanmoins avec une petite contrariété. Abou Dembele nous explique que les gens ici pensent que le téléphone est à mettre au compte du jumelage avec la ville d’Alès. J’entreprends de rétablir la vérité aux gens qui nous entourent mais ils paraissent sceptiques.
 
 
 

Dernier site Yaba, une préfecture et le télécentre est d’ailleurs installé à la préfecture. Un fonctionnaire en assure la gestion. C’est donc fermé le week-end. Je découvre là une véritable cabine téléphonique. Je constate grâce au cahier où sont consciencieusement notifiés tous les appels, que c’est ici que le trafic est le plus important. Près d’un appel par jour se fait en direction de la Côte d’Ivoire. Et encore me dit le gestionnaire le nombre était plus important juste après l’installation. Il se plaint de ne pas suffisamment gagner mais il touche déjà un autre salaire

(JPEG)
yaba

contrairement aux autres gestionnaires. Il dit faire un bénéfice entre 3000 et 7000FCFA mais ne comptabilise pas les sommes rassemblées avec les 100FCFA qu’il demande aux gens pour aller les chercher lorsqu’ils sont appelés. Il se plaint du manque de moyen de transport, car les distances sont relativement importantes pour aller chercher les gens du fait que la préfecture est un peu à l’écart du village. Autre problème, il semble que le régulateur, interface entre la batterie et les panneaux solaires, est en panne depuis plusieurs mois Le maître des lieux doit insister pour qu’Abou Dembele fasse plus de mesures et détecte effectivement la panne. Le gestionnaire nous explique qu’il est obligé d’aller recharger lui-même sa batterie chez lui, une batterie qu’il avait du acheter lui-même. Je commence à ressentir la fatigue et reste un peu à l’écart. Mais Jean Tiendrebeogo et El Hadj Mousbila Sankara continuent à s’intéresser, à conseiller, à poser des questions et à donner leur avis.

Un premier bilan
Les habitants sont bien sur satisfaits mais il reste de nombreux problèmes à résoudre aussi bien techniques qu’humains. Il faut parfaire la formation des gestionnaires. La communication entre les agents de l’ONATEL et les gestionnaires devrait pouvoir s’améliorer et prévenir d’autres problèmes.
Abou Dembele effectue deux tournées par mois. Cela représente un ratio de coût de maintenance gestion par ligne assez important. Mais l’avantage qu’en tire les villageois est important et ne se traduit pas en bénéfice financier. Nous voilà en pleine confrontation entre la rentabilité d’entreprise et rentabilité sociale. Pour autant les recettes de l’ONATEL ne sont pas négligeables En faisant un rapide calcul en prenant une moyenne de 8 appels par jour à raison de 120FCFA par appel (valeur approchée qui tient compte que l’ONATEL touche 70FCFA pour un appel local de 3 mn, mais aussi des appels plus chers vers le mobiles, des appels longues distances et même vers la l’international comme la Côte d’Ivoire). Si l’on tient compte des appels entrant, et donc des recettes que touche à l’autre bout l’ONATEL, on arrive à une chiffre d’affaire de l’ordre de 2 à 3 millions de FCFA par an pour ces 4 lignes. Ces chiffres méritent bien sur d’être précisés.
Après la première étude de faisabilité, nous sommes évidemment impatients de pouvoir disposer d’une nouvelle étude d’André Nyamba. Il est prévu qu’il retourne pour étudier les retombées économiques et sociales du projet et en particulier appréhender les changements sociaux que génère l’arrivée des téléphones. Malheureusement à la suite du refus de l’université de Ouagadougou d’intégrer cette étude dans les activités pédagogiques ordinaires, nous recherchons toujours les financements.
Ce qui semble prometteur c’est que les membres de la SODEPOSTEL ont vraiment montré leur volonté de s’investir. C’est de là que viendra sans doute la résolution des problèmes même si CSDPTT ne doit pas désengager pour autant. El Hadj Sankara Mousbila et Jean Tiendrebeogo ont affiché la volonté de revenir et passer plus de temps avec les habitants pour parfaire la formation des gestionnaires, développer l’aspect communautaire et utiliser pour les villages les bénéfices ainsi réalisés sur les recettes des cabines. Un bénéfice paraît en effet possible pour le village même en assurant un salaire au gestionnaire.

Bruno Jaffré
CSDPTT Ile de FRANCE
 
 
 


 

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moi je te done un consielle tu pren 2 fourchette et tu les mai en croi et tu a du reseau

15 janvier 2005, par steven

moi je vou donne un conselle pour cap ter vou maitai de fourchette les de coller et sa te fai duu r esau reponder moi

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