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| Reportage au Mali : A la découverte de la poste malienne
Découverte de la poste malienneC’est à Kayes qu’ont donc commencé les premiers contacts postaux avec le Mali. Là, nous serons reçus avec bienveillance par M. Moussa Camara, Directeur Régional et un de ses collaborateurs, employé dans le bureau de poste même, chargé du contrôle des mandats et de leur traitement. Celui-ci aura d’ailleurs le réflexe de m’en montrer quelques-uns, déjà en instance ou tout juste arrivés de France. Avec beaucoup d’intérêt, et forcément un peu d’émotion, j’aurai l’occasion de parcourir des yeux des adresses, à Paris ou dans la banlieue parisienne et d’imaginer, dans un raccourci extrême, le travail et les efforts, dans les difficultés que l’on n’oublie pas, de tous ces travailleurs maliens si souvent à la pointe de l’actualité ces temps-ci avec le problème des sans-papiers. Tous les deux auront la bienveillance de prendre sur leur temps pour nous présenter leur travail, leur zone de compétence et pour évoquer avec nous les réalités quotidiennes de leurs activités. Nous pourrons ainsi nous rappeler que Kayes est depuis très longtemps une terre d’émigration et mesurer d’autant plus l’importance de ces transferts de fonds effectués par ces travailleurs expatriés pour aider à la subsistance des familles restées sur place. C’est ce problème, celui du règlement des mandats qui constitue le problème majeur de la Poste au Mali. Ainsi, pendant l’hivernage, période par excellence des travaux agricoles, les bénéficiaires hésitent d’autant plus à quitter leurs occupations que les routes, du fait des pluies, sont impraticables ou presque, qu’il faut parfois plus d’une journée pour parvenir au bureau de Poste quand des villages entiers ne sont pas carrément coupés de tout pendant plusieurs semaines. Quand on sait que les mandats, par mesure de sécurité, sont payables seulement en mains propres, que leur montant maximum est de 2000 francs, que forcément leurs destinataires doivent être avisés, (qu’il faut d’abord parvenir à les joindre), on comprend alors que si pour une raison ou une autre ils restent trop longtemps en instance, ils dépassent d’autant leur durée de validité et deviennent périmés. On comprend ensuite que l’accumulation progressive de tout ces mandats non encore touchés mais exigibles tout à coup tous ensemble provoque la 2ème difficulté de la Poste malienne : la rupture de trésorerie. La Poste française acceptait jusqu’à présent d’effectuer des avances de trésorerie, mais récemment elle aurait décidé de ne pas prolonger plus avant ces facilités ,qui selon elle ne semblaient finalement jamais rien régler. Si cette décision a été rapportée, les difficultés avec d’autres postes africaines, apparaissent régulièrement : les sommes envoyées là aussi par les travailleurs maliens sont bien encaissées par ces différentes postes, mais celles-ci tardent souvent à en effectuer le transfert à la poste malienne, rendant ainsi aléatoire ou très difficile leur règlement auprès des destinataires. Quand on apprend dans le même temps que les recommandations de l’Union Postale Universelle en la matière n’ont aucune valeur contraignante..... Nous apprendrons aussi que là, comme souvent au Mali (et comme souvent en Afrique), il n’y a pas à proprement parler de distribution postale comme en France par exemple ; pour des raisons liées par exemple aux infrastructures routières, à la maîtrise, au développement et à la diffusion de l’écriture et de la lecture, et pour d’autres encore, le trafic postal (au moins les lettres) reste encore à l’état embryonnaire (nous n’avons pas pu recueillir des données quant au trafic postal au Mali). Seules existent des boites postales, installées dans un bâtiment attenant au bureau de poste. A Kayes, elles sont 400, d’ailleurs pas toutes régulièrement utilisées, où les destinataires viennent retirer leur courrier. Il existe enfin un service concernant la délivrance des colis postaux qui s’occupe également du traitement de la messagerie express (Chronopost et autres...) Après Kayes, nous irons comme prévu à Yélimané ou j’ai des contacts réguliers avec le receveur. Nous logerons chez lui pendant 2 jours ; une étape forcément trop courte qui nous permettra cependant de regarder le bureau dans son activité quotidienne. Pour toutes les difficultés évoquées plus haut, Tibou MAIGA, le Receveur, ne ferme jamais vraiment la porte de son établissement et accepte de recevoir presqu’à toute heure les clients/usagers qui se présentent. Il a aussi plein d’idées pour développer l’activité postale, des idées qui mériteraient d’être évaluées : par exemple transporter du fret pour rentabiliser la distribution postale dans tous les villages de sa zone(60 à 70 km), installer aussi des boites postales dans le bureau, ou encore électrifier, même ponctuellement, le bureau de poste, et proposer les services d’une photocopieuse, un service très recherché. Il conseille déjà l’utilisation des lettres recommandées avec A.R, particulièrement pour tous les envois concernant la liquidation des retraites des travailleurs maintenant revenus au pays. Nous aurons à réfléchir à tous ces projets ; plus rapidement, il nous faut maintenant nous positionner par rapport à la liste de petits matériels que Tibou nous a déjà envoyée. J’aurais aimé quant à moi pouvoir rester plus longtemps et l’accompagner dans une tournée de distribution postale ; c’est du moins ce que j’avais imaginé avant mon départ. Trois imprévus, plus ou moins liés tous ensemble, empêcheront la réalisation de ce souhait : les impératifs de notre emploi du temps et nos autres rendez-vous, l’absence de véhicule dans l’organisation actuelle de la distribution postale locale, la contrainte météo enfin. Il fait déjà très (trop !) chaud pour que je puisse, en ce qui me concerne tout du moins, envisager la moindre distribution, en voiture ou à pied, distribution par ailleurs suspendue du fait de l’absence (provisoire ?) de l’agent travaillant normalement avec Tibou à Yélimané. Cela reste cependant un projet que j’aurai à coeur de réaliser, dès que l’occasion pourra se présenter, et sous des conditions météo vivables pour moi, s’entend ! De retour à Bamako, je ferai une visite de courtoisie auprès de Mme KEITA MARIAM N’DIAYE, Directrice Générale Adjointe de l’Office National des Postes du Mali, informée de notre visite à Yélimané. J’aurai là l’opportunité de lui présenter notre association et ses activités, en précisant bien, une fois encore et comme partout nous avons du le faire, qu’il s’agit d’une association indépendante de l’administration ou Entreprise Publique, dont elle n’est en rien l’émanation et qui ne représente qu’elle même et personne d’autre. Force sera de constater que notre démarche et notre type d’ " organisation" et de fonctionnement suscitera là encore à la fois de l’étonnement, de l’incrédulité, peut-être un peu d’admiration, plus encore quand nos interlocuteurs apprennent que nous sommes entièrement bénévoles, et que nous prenons sur nos congés pour exercer nos activités dans l’association. Notre totale indépendance, fruit de notre volonté absolue, fait ici à la fois notre force et peut-être un peu notre faiblesse, dans la mesure où l’absence de tout lien institutionnel et/ou d’accréditation peut avoir tendance dans un premier temps à nous confiner dans le défaut majeur des activités associatives, celui des bonnes volontés, oblitérées alors par un handicap rédhibitoire : l’amateurisme. On retrouve là, dans le concret, ce qui a été à mon sens un des débats et une des nécessités de notre dernière assemblée générale : celui d’acquérir une efficacité, une rationalité, une crédibilité, sans lesquelles, certes, nous ne sommes rien ni ne pouvons rien, mais sans oublier pour autant qu’au delà du strict management entrepreneurial, la vie associative est aussi (d’abord ?) un lieu d’apprentissage permanent et de créations relationnelles différentes ( ?) d’une entreprise habituelle ( ?) Incontournable et permanent débat, qui ne doit pas nous faire oublier à son tour ni les objectifs déjà réalisés et les expériences acquises ni les projets à venir ! JoëL Perier CSDPTT Ile de France CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06 | |||||||||||||||||||||||||
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