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A la découverte des télécommunications maliennes

A la découverte des télécommunications maliennes

BAMAKO, premiers contacts Principale ville du Mali, Bamako est également le point d’entrée international et dessert tout le pays au moyen de liaisons hertziennes. Il existe, dans la ville seulement, un réseau cellulaire analogique qui sera remplacé prochainement par un GSM. Notre premier contact a été grandement facilité par Bassirou DIARRA, chez lequel nous étions logés. Il nous a permis de ne pas perdre de temps tout en nous faisant découvrir les endroits intéressants de la ville avant notre départ pour Kayes. Nous avons de nouveau séjourné à Bamako une grande partie de la seconde semaine. Malheureusement, nous n’avons pas pu avoir de rendez-vous avec la direction de la SOTELMA (société des Télécommunications du Mali), toute occupée semble-t-il à préparer la privatisation. Avant notre départ, nous avons reçu un fax de Monsieur Samba SOW, PDG de la SOTELMA, par l’intermédiaire du secrétaire général Monsieur Diadié TOURE qui confirmait l’intérêt porté à notre action et le souhait de nous rencontrer. Notre temps étant compté nous avons tout de même pu saluer Mr  Diade TOURE entre deux réunions. Dommage, nous aurions aimé l’interviewer sur l’avenir de la SOTELMA, des télécommunications au Mali et sur nos relations. Lors de mon dernier passage à Bamako, j’ai pu rencontrer plus longuement Django DIAKITE qui nous avait précédemment reçus dans les locaux de la SITA qu’il dirige. Il a été formé en France à l’INT (Institut des Télécommunications), du temps où cette école servait à la formation interne des cadres de France Télécom, puis a quitté la SOTELMA au sein de laquelle il a gardé de nombreux contacts. Ce qui n’empêche pas les retards de livraison, plusieurs mois pour une liaison 64 Kbits/s avec la France, qu’il attend encore. Lors de notre passage une première liaison à 2Mbits/s était en test de mise en service. Bref, les mêmes problèmes qu’en France mais pas à la même échelle. Sa grande connaissance des télécommunications et ses contacts à l’ONP, l’Office National des Postes, et à la SOTELMA nous seront très utiles. Il nous a confirmé par ailleurs la grande ouverture d’esprit et l’intérêt porté à notre association par les dirigeants principaux des deux établissements, confirmant ainsi nos impressions. KAYES, un air de Far West Dernière ville avant la frontière Sénégalaise, au bord du fleuve Sénégal, au bout d’une piste éprouvante, accessible après 12 heures de train quand tout va bien, Kayes offre un visage déstructuré où l’anarchie semble régner, image renforcée par les détritus plastiques omniprésents qui trahissent le manque d’organisation. En ce qui concerne les télécommunications l’isolement est également de mise avec seulement 49 circuits disponibles pour " sortir "vers Bamako sur une liaison hertzienne analogique vieillissante à la qualité incertaine. L’autocommutateur, saturé actuellement avec 1000 abonnés, va bénéficier prochainement d’une extension de 1000 abonnés supplémentaires mais le lien avec Bamako représentera toujours un goulot d’étranglement. Le nombre important d’organismes et d’associations résidents, ajoutés à la population dont beaucoup d’émigrés sont issus et aux professionnels, créent une forte demande de téléphone et de fax mais également en technologies nouvelles comme Internet. De plus Kayes dessert toute sa région au moyen de boucles radios pour les villes les moins éloignées et de faisceaux hertziens pour les autres, ce qui ajoute à l’encombrement. Notons que le matériel est essentiellement canadien dans cette région. L’état des pistes, seules voies routières possibles, a un impact très important sur l’économie locale freinant le développement par une augmentation des coûts de production liée aux transports et par un coût de la vie plus élevé. La SOTELMA n’y échappe pas, les déplacements des équipes techniques demandant plus de temps, rallongeant ainsi les délais d’interventions. La discussion avec les agents a vite tourné au débat autour du rôle de notre association, son positionnement par rapport à l’opérateur Malien, ses domaines d’intervention et les moyens mis en uvre. Nous avons reçu d’emblée un écho très favorable pour la suite de notre voyage, notant tout de même que le message de la direction nous apportait une crédibilité certaine. Au contact d’expatriés de différentes associations nous avons pu mieux nous rendre compte des difficultés locales liées à la téléphonie. Liaisons difficiles et de mauvaise qualité quand on a la chance d’avoir le téléphone, obtenu parfois prioritairement moyennant finances.

YELIMANE, aux portes du désert Initialement, nous nous rendions à Yélimané pour rencontrer le receveur Tibou MAIGA et également répondre à une demande de radiotéléphone pour un véhicule de l’hôpital. Après 6 heures de taxi brousse sur 150 kilomètres de piste défoncée, nous mesurons mieux l’isolement et encore sommes-nous en saison sèche. Tout s’aggrave avec l’hivernage, saison des pluies de juin à septembre. L’accueil qui nous est réservé, s’il nous ravit, nous gêne quelque peu tellement nous sommes bien reçus. Nous pénétrons de plein pieds dans la vie d’une famille malienne à quelques kilomètres de la frontière Mauritanienne, région d’origine de beaucoup d’émigrés, en France notamment. Le cercle de Yélimané ne connaît l’électricité que fournie par des panneaux solaires ou des groupes électrogènes. Le centre Télécom n’échappe pas à la règle, relié à Kayes par un faisceau hertzien alimenté par des panneaux solaires et des batteries. Le centre en gestation comprend une cabine publique et un bureau de recouvrements, ne faisant pour l’instant que de l’exploitation. Une fois par mois une équipe de maintenance venant de Kayes intervient. Un agent s’occupe des antennes et des dérangements survenant dans le village, en relation avec Kayes pour les essais, mais sans le moindre outil fourni par l’employeur. Le cercle, d’un rayon de 70 kms, comprend 12 villages raccordés au téléphone dont celui de DIONGAGA qui a 60 abonnés. Apparemment, l’opérateur rencontre des problèmes de division dans certains villages concernant l’arrivée du téléphone, cela rejoint les conclusions de l’étude faite au Burkina (lettre CSDPTT n°37). Concernant le véhicule de l’hôpital, le problème est vite réglé celui-ci étant en panne depuis 4 mois. Le second véhicule est à Bamako en réparation depuis 1an. Ce centre de santé jouit d’une bonne réputation mais sans véhicule les problèmes s’intensifient. Il existe un système de radio fixe administratif ( RAC) reliant 14 centres de santé mais des problèmes d’horaires de vacation et de fréquences différentes selon les matériels aboutissent à une plus grande utilisation du téléphone. Et l’information est vitale en cas de problème mais surtout pour prévenir les épidémies de choléra ou de méningites. Un autre moyen existe à travers la radio locale qui émet de 9 heures à 16h30 , lorsque les batteries alimentées par des panneaux solaires sont à bout de souffle, ce qui est également le cas lorsque l’ampli fonctionne à pleine puissance pour "arroser " tout le cercle. Les programmes composés de reportages, d’informations générales et pratiques, de musiques (peule, soninké et étrangères ) sont très suivis dans les villages, car représentant souvent le seul lien extérieur, essentiel également lors de problèmes d’épidémies, tout cela avec très peu de moyens mais beaucoup de courage et de fierté. Nous nous sommes souvent posés la question, au sein de l’association, de l’intérêt du téléphone dans les villages isolés. Les conditions de vie très difficiles alliées à un isolement aggravé parfois par les intempéries nous montrent combien il est vital que tous les moyens soient mis en uvre pour venir à bout de la fatalité . Ce n’est pas parce que l’on vit parfois dans le dénuement que l’on n’aspire pas à vivre mieux et le manque d’information fait souvent le lit de la désinformation. Comment inciter les populations à consommer l’eau des forages plutôt que l’eau des fleuves, vecteur d’épidémies sinon par des moyens de télécommunications qui puissent toucher tous les villages quand les déplacements sont rendus impossibles. Des études ont été menées récemment concernant justement le cercle de Yélimané et les moyens de développer l’accès au téléphone sous toutes les formes possibles, extension du réseau, projet de téléphone par satellites commun à toute l’Afrique . Cette région possède la particularité de compter beaucoup de familles d’émigrés à la solvabilité certaine. N’est - il pas à craindre que les techniques nouvelles, génératrices de communications plus coûteuses, ne prennent le pas sur un développement classique de service public ? A qui profiterait cette manne ? Le débat est ouvert.

SEVARE, le carrefour Retour à Bamako puis départ pour Ségou ou nous rencontrerons la situation la plus enviable en infrastructures routières comme téléphoniques. Ici pas de problèmes de saturation concernant l’autocommutateur numérique ou la liaison hertzienne numérique à 34 Mbits/s vers Bamako et la qualité des communications est excellente. Ce qui n’est pas le cas à Sévaré ou je rencontre pour la première fois Talift BILLAL, avec qui je corresponds depuis 6 mois. Il dirige le centre de transmission de cette ville, carrefour pour le pays Dogon, Gao, Mopti et Ségou. Le trafic routier y est incessant et à quelques jours de la Tabaski, tout ce qui roule se doit de transporter les moutons bichonnés et ensachés, dans les soutes ou sur le toit, promis à un avenir définitif. Sévaré est reliée à Ségou par un faisceau hertzien analogique dégradé dont un seul canal fonctionne, pas de secours. Seuls 36 circuits sont disponibles pour joindre Bamako dont 24 passent par Ségou. Le centre dessert, par faisceau hertzien numérique, plusieurs localités voisines dont la plus importante, Mopti où réside André TOGO, un autre de nos correspondants. Le commutateur analogique d’une capacité de 500 abonnés est saturé depuis pratiquement son installation datant de 1985. Ces problèmes se retrouvent partout dans le pays. En 6 mois de correspondance, nous avons identifié les problèmes rencontrés et déterminé des priorités. C’est ainsi que j’amène du matériel de base comme du petit outillage, un métrix, des fers à souder, une valise de test basse fréquence, des combinés téléphoniques de test , tout cela représentant une vingtaine de kilos dont je ne suis pas mécontent de me débarrasser après tous ces voyages en bus qui me laissaient craindre le pire quant à l’état à l’arrivée. Outre l’apport de matériel répondant à leurs besoins est prévue une formation pratique sur le TNE2G ( terminal numérique d’extrémité) qui leur permet l’interface entre commutation analogique et transmission numérique. 6 personnes y participeront sur 2 jours. L’attente en formation, denrée très rare, est très importante quel que soit le domaine et les agents enthousiasmés d’y participer. Nous utilisons des équipements identiques mais souvent dans des conditions différentes aussi les questions furent nombreuses et il est regrettable que les réponses se trouvent simplement dans la documentation spécifique généralement absente sur le terrain, car non fournie par le constructeur ou égarée par manque d’organisation ou de suivi à plus haut niveau. Exemple édifiant que cette liaison DOMSAT, liaison satellite sur matériel américain prévue pour une manifestation internationale mais arrivée trop tard, installée depuis à Sévaré et ne servant qu’à la réception télé faute d’interface numérique/analogique avec le commutateur. Ces 2 jours nous ont permis de faire un large tour d’horizon du monde des télécommunications en général mais le souci principal reste l’ouverture du capital synonyme de privatisation. Espoir des uns, inquiétude des autres, étape obligatoire pour la modernisation du réseau selon certains, crainte de nouvelles compressions de personnel , fin des impayés d’organes officiels, tous les avis sont exprimés et en ce sens la SOTELMA ressemble fort aux opérateurs occidentaux. Ce qui n’est pas le cas en matière de social plus en rapport avec le niveau de vie du pays. Pas d’indemnisation en cas d’accident dans le cadre du travail, logement de fonction à loyer prélevé sur salaire supérieur aux prix pratiqués à l’extérieur et induisant une présence permanente sur le lieu du travail en raison de l’état des équipements, mutations arbitraires au gré des changements à la tête de l’entreprise, abus d’autorité pour détourner l’affectation d’un véhicule ou d’un équipement dont la nouveauté suscite la convoitise sont quelques exemples que j’ai pu recueillir au cours du voyage. Un certain paternalisme règne dans l’entreprise ou le respect de la hiérarchie n’est pas un vain mot et les positions dominantes très marquées mais l’enthousiasme est bien réel et contraste avec les difficultés rencontrées. Fatalisme bienvenu quand on maintient coûte que coûte des faisceaux hertziens obsolètes pour lesquels le constructeur français n’assure plus de réparations. C’est le second domaine dans lequel nous allons essayer d’apporter notre contribution en essayant de récupérer les mêmes équipements que nous désinvestissons et "poubellisons" en France. Notre objectif est qu’une association jumelle à la nôtre voit le jour au Mali afin de dialoguer d’égal à égal quel que soit le contexte et nous avons signé un protocole d’accord qui désigne la future association propriétaire du matériel fourni. C’est une façon d’affirmer notre solidarité envers des collègues qui n’en manquent pas non plus. La veille de mon départ un ami de la SOTELMA en fonction à Gao (à 500 kms ) a téléphoné à Talift afin qu’il lui fasse parvenir des médicaments introuvables sur place. Un petit crochet par la pharmacie, une connaissance de passage et l’enfant du " promotionnaire " sera soignée dés le surlendemain. Pas besoin d’expliquer plus longuement la nécessité du téléphone et des voies de communications. Solidarité qui s’étend à toute la population à travers des notions de service public démodées chez nous, telle la possibilité d’utiliser collectivement le chargeur de batteries du centre afin de s’assurer plusieurs jours de programmes télévisés moyennant une taxe forfaitaire destinée à l’amortissement de l’équipement.

TERMINUS Du voyage mais pas de nos relations. Nous avons enregistré durant notre séjour des demandes de téléphone pour des villages non raccordés actuellement. Ces demandes émanent de particuliers et nous allons en premier lieu solliciter la SOTELMA pour connaître ses projets concernant l’extension du réseau, fidèles à notre volonté de travailler en accord avec l’opérateur du pays. Nous souhaitions faire connaître notre association et nous avons établi beaucoup de contacts, à nous maintenant de pérenniser ces relations et de travailler ensemble. Nous avons des personnes-clés sur qui repose la création de l’association jumelle, étape importante pour notre action car elle facilitera les contacts et assurera notre indépendance en ces temps de privatisation. Sujet d’inquiétudes sociales et d’espoir de modernisation, l’ouverture du capital est au centre des discussions et préoccupations. Quoi qu’il en soit l’opérateur devra répondre à la demande grandissante de liaisons téléphoniques de qualité, incompatibles pour l’instant avec le réseau interurbain vieillissant et sous-dimensionné raccordé à des machines de commutation dépassées et saturées. Nous avons rencontré des agents motivés et très compétents qui font tout leur possible pour maintenir un réseau défaillant avec très peu de moyens. Certes c’est le lot de la grande majorité de la population débordante d’énergie, d’enthousiasme et de solidarité dans des conditions de vie difficiles mais si nous pouvons apporter un tant soit peu d’aide et de soutien alors faisons le, nous avons beaucoup à y gagner également.

Philippe Darrouy CSDPTT Toulouse


CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06


 

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> A la découverte des télécommunications maliennes

5 juin 2004, par T Mohand Cherif de Bejaia Algerie

Bonjour

Je viens de decouvrir cet article relatif à la situation du reseau telecom au Mali. Je constate bien entendu que j’accuse un retard sur la publication de cet article de 5 années.

Beaucoup de choses se sont passées depuis (de l’eau a coulé sous les ponts depuis)

toutefois, je serais interessé de voir l’evolution des choses

En ma qualité de gerant d’une PME de telecom en Algerie, pays voisin du Mali, pays ami à la fois ; je pourrai peut etre aider de mon coté avec mon savoir-faire dans ce domaine precis : Je dispose des moyens de réalisation de tout reseau telecom : reseau à grande distance par tout support (FO ou FHN), reseau filaire ou CDMA WLL, reseau urbain avec des cables à cuivre de è à 1800 paires en sous terrain (en canalisations. Montage et mise en service de centraux telephoniques publics numeriques, particulièrement le type Ericsson AXE 10 ou plus recent. Bref, je pourrais étudier et réaliser tout reseau ou toute infrastructure TELECOM, y compris la telephonie mobile du type GSM (MSC BSC BTS/RBS) Nos prix seront assurement plus competitfs, ce qui favorisera la concretisation de certains projets à moindres frais.

Salutations à Monsieur Philippe Darrouy

TMC de Bejaia

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