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| Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso : mission de téléphonie rurale 09/1999
Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso Installation de téléphones dans les villages de Biba, Nimina, Yaba et Koin proche de la ville de Toma de la province du Nayala au Burkina Faso. Jeudi 23 Septembre Le voyage débute par un retard de 30mn mais ceci est habituel. Pas d’inquiétude donc et surtout pas de pessimisme pour le reste de la mission. Nous arrivons à OUAGADOUGOU vers 17h15. Là commence ce qui deviendra une cascade de déconvenues. En effet personne ne nous attend à l’aéroport, fort heureusement, Claude dont le physique ne laisse pas indifférent attire la sympathie d’un Burkinabè qui croît le connaître et propose de nous conduire à l’Onatel où nous sommes accueillis par Antoine qui nous mène chez Félix Compaoré, un des correspondants de CSDPTT au Burkina. L’accueil est très chaleureux et Félix s’étonne que personne ne soit venu nous réceptionner. Nous essayons de prendre contact avec M. Paré, notre interlocuteur pour cette mission, et il s’avère qu’il est souffrant depuis le début de la semaine mais fera en sorte de nous rencontrer demain vers 10h. Nous sommes soulagés d’apprendre qu’une chambre de passage nous a été préparée à la DILA où se trouve le service du fret de l’Onatel. Antoine se propose de nous y accompagner mais auparavant nous convenons d’aller dîner dans un restaurant servant des grillades. Pas de problèmes pour Antoine qui en connaît et nous emmène à la " Table de Chine ". Cette incompréhension aurait pu nous alerter sur la nécessité de faire montre de la plus grande clarté mais la fatigue aidant, seule la perspective d’une bonne nuit paraissait importante. Vendredi 24 Septembre Présentation des différents responsables de service de la DILA par JP Bonkoungou le responsable de l’hébergement qui nous fait préparer deux chambres individuelles. Le passage d’Alain Bergounioux a laissé un très bon souvenir et les contacts sont très amicaux. La matinée débutait bien et nous n’allions pas tarder à voir que c’était quasi exceptionnel. Ce bon Antoine qui devait nous emmener pendre un petit déjeuner vers 9h avant le rendez-vous de 10h avec Etienne ne se manifeste pas. Après un casse-croûte improvisé, nous nous rendons chez Etienne avec lequel nous avons un entretien cordial qui nous laisse néanmoins très perplexe quant à la suite de la mission. Il nous répète ce qu’il avait dit à André Nyamba, à savoir que la saison est mal choisie et qu’il sera très difficile de sortir le matériel de la douane avant notre départ. Rude coup d’autant qu’il nous apprend que la route de TOMA est impraticable à cause des pluies anormalement nombreuses à cette période de l’année. Nous échafaudons divers scénarios en fonction de l’évolution de la situation mais nous ne rencontrons pas de sa part un très grand enthousiasme. A sa décharge, il semble assez fatigué par la crise de paludisme qui l’affecte. Un peu dépités nous retournons à la DILA pour y rencontrer le responsable du fret à qui nous avons fait parvenir par fax divers renseignements en vue du dédouanement. Le matériel se trouvant à la gare depuis le 20, rendez-vous est pris pour 15h pour élaborer la stratégie de l’opération baptisée " Récupe du Matos ". C’est ici que débute la saga bière-qui-tue-le-temps par deux Castel avant un repas au Tam-Tam et une sieste pour oublier les premières misères. 15h15, entretien bref avec lui qui nous conseille d’aller voir le patron de la SDV société transitaire qui s’occupe de notre dossier. Il comprend la nécessité impérieuse de récupérer rapidement le matériel et s’engage à faire son maximum. Malheureusement, il manque quelques pièces obligatoires pour l’élaboration du certificat de destination finale et la demande d’exonération. Il faut donc appeler la France et cela est impossible à cette heure donc tout est différé à Lundi. La soirée se passe en compagnie d’André Nyamba qui pense que malgré ces problèmes notre présence est la bienvenue et insiste sur la nécessité d’aller dans les villages, un point de vue que nous partageons. Il estime que compte tenu de la situation politique du pays, certains cadres de l’Onatel n’osent peut-être pas prendre de décisions. Samedi 25 Septembre La journée est consacrée à la découverte de OUAGA que nous effectuons en compagnie de trois jeunes Burkinabè : Kassoum, Cholo, Al Hassan. Après avoir arpenté la capitale, pris un coup de soleil et descendu quelques Flag et autres So.b.bra (bières locales) nous attendons gentiment André avec qui nous devons passer la soirée. Excellente soirée autour d’un repas togolais arrosé de Flag. Dimanche 26 Septembre Nouvelle descente vers le centre ville en taxi dont nous arrivons à faire passer le prix de 16F la veille à 10f. Nous commençons à maîtriser la technique du marchandage mais nous sentons bien qu’il est possible de faire mieux. Nous passons la matinée en effectuant quelques achats de souvenirs. Aujourd’hui le repas ne sera pas suivi de la sieste habituelle car nous avons décidé de nous immerger dans la population en assistant à la ½ finale de la coupe du Faso de Football. Evènement considérable que nous ne résistons pas à vous narrer tant il restera pour nous un des faits marquant du séjour (Désolé pour ceux qui sont allergiques au Foot). La confrontation entre les deux meilleures formations du pays a attiré quelque 35.000 spectateurs. Nous éprouvons une légère inquiétude à notre arrivée au stade en voyant cet empilement de personnes devant les guichets. Il est évident que nous ne pourrons pas obtenir de billets. Un jeune Burkinabè se propose de nous aider et commence par nous faire entrer dans l’enceinte direction les tribunes où nous sommes refoulés faute de billets ( Il est décevant de constater que les blancs ne bénéficient pas de privilèges ). Qu’à cela ne tienne nous nous mettons à la queue et une fois notre tour arrivé nous expliquons que nous sommes prêts à payer nos places. Après réflexion des officiels, ceux-ci décident de nous laisser entrer sans payer, leurs rôles étant de contrôler les billets non pas de les faire payer. Où va la corruption à ce train ? Le spectacle qui nous est donné de voir est remarquable de convivialité et très réconfortant quand on sait ce qui se passe dans nos stades. L’effervescence qui suivit la fin du match fut mémorable avec cette multitude de mobylettes dégageant des nuages de fumée mélangés aux drapeaux et klaxons divers. Deux So.b.bra pour reprendre nos esprits et retour au bercail. (fin du calvaire pour les non-footeux ). Lundi 27 Septembre Nous prenons contact avec Bruno pour qu’il nous envoie un nouvel exemplaire du certificat de don manquant dans le dossier joint par le transporteur. On se met d’accord avec nos interlocuteurs sur les pièces à fournir de manière à transmettre un dossier complet au service des douanes. Un fol espoir naît avec la possibilité d’obtenir la sortie du matériel pour demain. Dans l’attente, nous filons chez M. Paré qui nous informe que l’installation du téléphone à Sérékeni est prévue pour le premier semestre 2000. Un repas, deux flag et une sieste avant de reprendre à 15h par l’apport du dossier chez le transitaire. Le dossier a été confié à un au chef des affaires maritimes, qui ne tarde pas à nous asséner une douche écossaise en nous indiquant que le devis de dédouanement n’est pas bon ( NDLR : nous l’avons fait parvenir une première fois en début d’année et une seconde avant notre venue ). Complètement désabusés nous décidons d’en aviser Félix qui est franchement désolé et va essayer d’en parler au directeur par intérim. Il considère que c’est une chance pour son pays de pouvoir s’appuyer sur une association comme CSDPTT pour contribuer au désenclavement de certains villages. De plus, nous lui expliquons que compte tenu des moyens financiers de CSDPTT et des possibilités en équipements téléphoniques, nous serions obligés de privilégier les interlocuteurs avec lesquels la collaboration serait plus facile, le MALI par exemple. Nous insistons sur la nécessité de constituer une association des amis de l’Onatel qui serait un relais efficace pour les projets futurs. Dans la foulée nous rendons visite à Casimir, autre correspondant de CSDPTT, heureux de nous rencontrer mais très dubitatif quant à l’avenir (privatisation de l’Onatel). Ce type de projet rentrera-t-il dans la future stratégie ? C’est sur cette interrogation que nous allons " enquiller " deux Flag, histoire de ne pas perdre le moral d’autant que les orages ne mollissent pas. Demain sera un nouveau jour. Mardi 28 Septembre Début en fanfare avec la panne du Fax qui va nous empêcher de récupérer l’imprimé vierge à en-tête CSDPTT que Bruno doit nous envoyer. Nous bricolons une nouvelle facture avec ciseaux et collage à la manière de Matisse, filiation niçoise oblige. Nous l’apportons au responable qui pense que ce sera assez long eu égard aux formalités restant à accomplir. Profitant du tarif négocié à 8f pour une course de taxi, nous allons à l’office du tourisme pour obtenir l’autorisation de prendre des photos. Pas de chance, mais pouvons-nous encore parler de malchance, la personne qui s’en occupe est absente et il est préférable d’aller au ministère du tourisme. Nous profitons d’un chauffeur de l’Onatel rencontré au préalable pour nous y rendre sans attendre. Et là, que croyez-vous qu’il advint ? Eh bien la secrétaire s’occupant de ces choses est sortie et a fermé son bureau à clef. Quand ça ne veut pas, ça veut pas. Nouvelle visite à Etienne qui ne semble pas surpris du tout de nos mésaventures. Nous souhaitons qu’il prenne contact avec le directeur du centre de Koudougou qu’il nous présente comme le responsable de la région du Nayala où se trouvent les villages. Nous envisageons en effet de visiter les sites ce qui nous permettra de nous faire une idée plus précise sur la tâche qui nous attend. Il est injoignable et nous craquons. Seule la sieste après le repas à la Fourchette pourra nous retaper du moins nous l’espérons. L’après-midi débute bien quelqu’un doit lui-même à la SDV et compte faire avancer le dossier. Pour ce qui est du directeur de Koudougou, il est à Ouaga pendant deux jours et M. Paré fait son maximum pour le joindre. Nous allons nous détendre au centre culturel français et enfiler deux So.b.bra. A notre sortie, il pleut et bien sur nous n’avons pas de quoi nous abriter. Nous décidons par la force des choses de manger à proximité dans un restaurant recommandé par le routard. Naturellement c’est son jour de fermeture. Heureusement Ibrahim Yaguibou un petit jeune sympa, voyant notre détresse nous propose le Zaka, restaurant avec spectacles musicaux. La soirée se termine en musique ce qui va sûrement adoucir notre amertume. En signe de reconnaissance nous lui achetons de l’artisanat pour l’association. Mercredi 29 Septembre Un début de matinée comme nous ne l’espérions plus. On nous informe que le dossier complet est signé par l’Onatel qui a décidé de payer la douane pour accélérer le processus. On nous confirme qu’il a été transmis à la douane. Nous aurons une date de sortie cet après-midi. M. Paré a pu avoir le directeur de Koudougou, nous faisons donc le forcing pour avoir une voiture avec chauffeur pour demain. JP Bonkoungou qui avait tissé des liens d’amitié avec Alain souhaiterait que nous allions aussi dans son village. Etant donné sa gentillesse et sa disponibilité à notre encontre nous décidons de lui consacrer une partie du prochain week-end. L’après-midi est plus en rapport avec ce que nous avons connu jusqu’à présent car il nous est impossible d’obtenir une date précise. Devant ce black-out nous filons chez M. Paré, lequel nous assure qu’il va faire son maximum pour ce qui est du véhicule. Nous en profitons pour aborder les questions techniques et envisager d’autres projets de collaboration notamment sur les IRT 1500 et sur la possibilité d’envoi de matériel désinvesti en France. Visite amicale à Félix qui nous permet à chaque fois d’utiliser son téléphone ce qui n’est pas négligeable. Quelques bières plus tard nous renouvelons la soirée Zaka. Jeudi 30 Septembre A 8h nous relançons M. Paré au sujet du véhicule et il semble qu’il sera possible de partir vers 11h ( A ce stade de la mission, nous ne pouvons donner que des heures approximatives ). C’est un pis aller mais pour une fois que nous obtenons un résultat nous n’allons pas faire la fine bouche. 11h15 pas de nouvelles. Coup de fil à M. Paré qui nous confirme l’arrivée imminente du bien nommé Zagaré Matthieu. La décontraction qu’il affiche à son arrivée à 12h40 nous désarme. Arrivée à Koudougou vers 14h où, bien sûr personne ne nous attend. Le gardien va chercher le chef de centre de Koudougou qui nous apprend que ce ne sont pas ses techniciens mais ceux de Dédougou qui assurent la maintenance à Toma et aux environs. Nous sommes étonnés de ne pas être surpris par cette nouvelle information erronée, deviendrions-nous africains dans l’âme ? Deux Flag pour se désaltérer avant d’affronter vers 14h30 la mémorable piste de Toma que nous allions apprendre à connaître par coeur. 16h30. Le technicien local, Zakaria Woni que nous apprîmes aussi à connaître par la suite, nous accueille amicalement et traduit l’impatience des villageois. Techniquement, nous sommes soulagés de constater que le dimensionnement de l’énergie sera suffisant, cela mérite bien une petite bière pour oublier qu’il est 17h et que nous n’avons rien mangé depuis ce matin. Nous retournons à Ouaga non sans avoir fait un sacré détour par de nombreuses pistes plus défoncées les unes que les autres. Ce bon Matthieu avait pour consigne de nous monter les villages mais nous ne le savions pas. C’est fourbus et poussiéreux que nous prenons d’assaut la douche avant notre premier repas de la journée. La nuit sera la bienvenue. Vendredi 1 Octobre Dès notre lever, nous mettons au point l’expédition à Toessin le village de JP Bonkoungou. Le départ est prévu vers 12h mais est-ce bien raisonnable ? La matinée est consacrée au chargement dont le dossier n’a pas progressé d’un poil, R Toé ne s’en étant pas occupé depuis deux jours. Le constat est amer et simple. Il ne faut pas relâcher la pression sous peine de ne perdre encore plus de temps. Chaque demi-journée apporte son lot de surprises pas souvent agréables. Nous descendons en ville, manque de " noisettes " oblige et profitons pour rencontrer Etienne et lui conter notre sortie de la veille. A notre grande surprise, il n’est pas étonné de la " promenade " à travers la province car c’est lui qui avait donné les consignes au chauffeur. De plus, il s’était arrangé pour nous faire préparer les chambres de passage de Koudougou se rendant bien compte de la longueur du périple. Une fois de plus l’incompréhension a été totale et si nous n’étions pas deux, nous pourrions nous interroger sur l’influence du soleil africain sur nos neurones. Rendez-vous est pris pour lundi matin afin d’optimiser si c’est encore possible la deuxième semaine. Nous revenons à la DILA (tarif taxi à 6f, nous devenons durs en affaire ) dans l’attente du départ pour Toessin. Nos nerfs ayant été mis à rude épreuve durant cette semaine, nous comptons sur cette visite pour nous changer les idées. Nouveau coup de massue. JP Bonkoungou qui nous avait habitués à une certaine rigueur se pointe à 15h au lieu de midi. Le temps ne mesure pas de la même façon en Afrique probablement. Nous musardons quelque peu jusqu’à Yako, chef-lieu de la province. A cet instant, les lecteurs uniquement intéressés par l’aspect mission CSDPTT, peuvent zapper au lundi 4 Octobre. Pour les autres, nous poursuivons l’aventure par quelques emplettes à Yako et autres So.b.bra, avant d’attaquer une modeste piste de 35 km. Notre arrivée un peu tardive ne permet pas de réaliser le programme prévu à savoir : Accueil par la population suivi d’une visite des sites importants du village ( dispensaire, maternité, école, salle des jeunes, potager communal, etc...). Nous avons néanmoins le temps de rencontrer le délégué ainsi que les personnalités représentatives avant d’aller à la buvette descendre quelques So.b.bra dites de l’amitié et d’assister au règlement d’un litige auquel est mêlé notre ami Jean-Paul (dorénavant nous l’appellerons J. Paul ). Fin de soirée légèrement surréaliste devant simultanément une soupe locale et la télé spécialement branchée pour nous. Au programme un épisode de la vie d’Abraham, quand nous disions que c’était un peu surréaliste. Samedi 2 Octobre Après une nuit agitée par de la pluie et du vent nous débutons une journée qui restera gravée dans mémoires. Cela commence par un petit déjeuner avant la réception officielle prévue à 10h. Là, nous sommes abasourdis par ce qui nous attend. Tout le village a été réuni et nous attend, formant un grand cercle par catégories : hommes, femmes, adolescents et enfants. Toutes communautés religieuses sont également réunies et le délégué est le premier à prendre la parole pour nous souhaiter la bienvenue et nous remercier de l’intérêt que nous portons à leur village. Toutes les prises de parole sont traduites en Moré par Paul. Nous intervenons à notre tour et précisons que notre association n’a pas vocation à oeuvrer dans le domaine sanitaire mais néanmoins nous ferons tout notre possible pour les aider lors de notre retour. Les représentants de chaque corporation expriment leurs souhaits après quoi débute la visite des sites. Nous restons interloqués par ce que nous voyons. Le dispensaire ne dispose même pas des plus élémentaires instruments nécessaires et la maternité sont dans un tel état que les femmes préfèrent accoucher dans leurs cases. Une tache d’espoir au milieu de ce décor sinistre avec la construction de trois classes il y a quatre ans grâce au financement d’une ONG suisse. S’en suit une petite collation qui nous permet de mieux comprendre la vie du village et de mesurer les difficultés qu’il rencontre comme probablement beaucoup d’autres au Burkina. C’est là que se produit un événement qui déconcertera un instant. En effet, le collectif après s’être concerté a décidé de nous offrir en signe d’amitié un bouc ainsi qu’un coq. Ne sachant trop que faire nous acceptons ce cadeau sitôt hissé dans le véhicule de J.Paul. 15h semble être une bonne heure pour déjeuner mais auparavant nous rendons visite à des cousins à J.Paul qui contents de notre passage et des photos que nous avons prises nous offrent un poulet. La question est : Allons-nous commencer une collection ou y-a-t-il une autre solution ? 17h : Avant de regagner Ouaga nous apprenons que le chef du village voisin ayant appris notre présence désire nous rencontrer. Salutations révérencieuses devant ce personnage apparemment très respecté. La cérémonie du partage de l’eau occasionne une scène cocasse. N’étant pas au fait de la coutume, Claude en profite pour se laver les mains avec l’eau du gobelet ce qui a pour effet de décrisper l’atmosphère et de nous valoir une chèvre supplémentaire. L’affaire se corse et nous proposons à J.Paul de récupérer les animaux et d’en faire l’objet d’un du village. Après délibération, ils acceptent nous enlevant un poids énorme. On l’a échappé belle Milou me dit Claude se prenant pour Tintin au Congo. C’est fort tard que nous arrivons à Ouaga après avoir dû subir un contrôle de police les papiers du véhicule n’étant pas en règle. OUF quelle journée !!! Dimanche 3 Octobre Nous avons fait de beaux rêves et cette journée sera insignifiante comparativement à hier. Nous l’occupons par une trilogie bien connue : Achat artisanat, Bière, Taxi. Lundi 4 Octobre Sus au matériel. On nous informe que le transitaire a fait la déclaration pour la douane mais le descriptif du matériel ne correspond pas à celui indiqué par nos soins au transporteur. La semaine débute de nouveau par quelques sueurs froides. Nous appelons un taxi destination le transitaire pour essayer d’élucider ce problème. Fort heureusement nous connaissions le taxi et les 45 minutes d’attente ne nous surprennent qu’à moitié. Sur place le soulagement est grand car la méprise venait de l’appellation des colis et le nombre est correct. Plus rien ne s’oppose à la sortie du " matos ". Nous nous rendons immédiatement chez M. Etienne Paré en négligeant la bière qui la première semaine se serait imposée. Tant pis ! L’entretien nous permet d’élaborer un calendrier des travaux à Toma. L’Onatel va collaborer pour ce qui est de l’acheminement du matériel et de l’installation des antennes sur le pylône. De notre côté nous ferons le maximum pour réaliser la totalité de l’installation à Toma dans le temps qu’il nous reste. Nous passons l’après-midi dans l’attente de précisions quant à la date et l’heure de sortie du matériel. Une Flag plus tard, nous tentons sans succès de joindre Afrique Verte. Idem pour ce qui est d’André. A Peuples Solidaires la secrétaire laisse un message au responsable, et nous dit se souvenir de notre association et du passage d’Alain. Nous ne fêterons rien ce soir car nous n’avons pas reçu de réponse. Mardi 5 Octobre Ce jour sera-t-il le grand jour ? A 8h nous prenons d’assaut le bureau de Konaté, l’adjoint de Somé, celui-ci étant absent. Nous lui demandons d’ appeler Toé pour obtenir les informations désirées car nous devons pouvoir évaluer le volume de la palette sur laquelle se trouve le matériel en vue du choix du véhicule de transport vers Toma. Toé est impossible à joindre car le central téléphonique de la DILA a sauté. Et c’est là que notre acharnement a atteint des sommets. Sautant sur la ligne directe de l’hébergement nous l’obtenons à la 18ème tentative et ses tergiversations ne nous satisfaisant pas, nous nous énervons et le menaçons de tout laisser tomber et de le rendre responsable de l’échec auprès de l’Onatel ainsi que d’en faire part à son chef, Mr Jean qui nous avait assuré que son entreprise ferait le maximum pour nous aider. Une heure plus tard, nous apprenons de la bouche de Somé que Toé en personne s’est rendu à la gare pour accélérer la sortie. A 12h, un peu dépités, nous avalons quelques brochettes et une So.b.bra de circonstance en évoquant l’aspect décisif de l’après-midi à venir. Impossible de faire la sieste, trop de choses dans nos têtes. 15h, nous sommes chez Somé. Coup de fil au transitaire. Nous n’en croyons pas nos oreilles. Le matériel a été livré au Km 4, zone de magasinage de l’Onatel. 15h15, nous téléphonons à M Paré pour qu’il prévoit un véhicule pour le lendemain car le temps presse. Nous en profitons pour demander un chauffeur pour les déplacements de l’après-midi (Eh oui, plus rien ne nous arrête ). 15h45, arrivée au centre de magasinage où nous rencontrons la responsable Mme Ky qui ignore tout d’une livraison effectuée ce jour dans son centre. Le coup est rude mais pas fatal. Voyant notre détresse, elle appelle tout de même son chef magasinier qui fait la plus belle déclaration entendue depuis notre arrivée sur le sol Burkinabè. En effet il a stocké du matériel livré en fin de matinée. Là, il nous est impossible de décrire la joie que nous ressentons à la vue de ces colis expédiés courant Août. 16h35, nous fonçons chez M. Etienne Paré car le problème du véhicule n’est toujours pas réglé. OK pour un " Bâché " avec chauffeur, demain 7h. Appel au chef de centre de Koudougou pour faire préparer les chambres de passage pour les deux nuits à venir. Nous convenons de débuter par les travaux dans le local de Toma car les pylonistes ne nous rejoindrons que Jeudi matin. Nous en profitons pour réitérer notre souhait de rencontrer le responsable assurant l’intérim du directeur avant notre départ. M. Etienne Paré nous propose d’aller voir le directeur de la production qui nous reçoit très chaleureusement. Il souhaite que nous fassions un bilan des travaux restant à effectuer après notre départ de telle sorte que l’Onatel assume sa part. Il est d’accord avec nous sur la nécessité d’achever le plus rapidement possible cette mission. Nous envisageons la fin Février. Nous évoquons quelques partenariats futurs notamment l’extension du réseau IRT 1500 dans la région sahélienne du Nord. Il s’engage à faire le maximum pour obtenir la signature du protocole avant notre retour en France. Nous ne sommes pas loin de l’euphorie et une Flag eût été la bienvenue pour fêter cela. Cependant avant la détente, un crochet par le bureau de Félix nous permettra de lui apprendre la bonne nouvelle et de téléphoner à nos familles. C’est l’esprit léger et le pas aérien que nous atteignons le centre culturel français où deux Flag sont ingurgitées avec un plaisir non encore éprouvé. 19h30, retour à la DILA où nous informons André avec lequel nous prévoyons une visite des villages le samedi. Cette folle journée, comme dirait Beaumarchais, se termine par l’un des meilleurs repas pris depuis le début. La nuit sera sûrement douce. Mercredi 6 Octobre Contrairement à ce que nous crûmes, ce fût la plus mauvaise nuit, car l’excitation de l’imminence du début des travaux et les quatre cafés libanais absorbés la veille furent préjudiciables à un sommeil réparateur. 7h, petit déjeuner rapide. 7h20, confirmation du véhicule par Mr Koné responsable logistique. 8h, départ vers le Km 4 pour le chargement du matériel. 9h, retour DILA et attente de l’ordre de mission. Nous en profitons pour faire une pause brochettes et Brakina (Bière) avec notre ami JP Bonkoungou. Nous regrettons de ne pas avoir fréquenter plus souvent la " popote " de la DILA. 10h, départ vers Koudougou où nous arrivons à 11h20. Nous réglons les divers problèmes (hébergement+perceuse+groupe électrogène) et poursuivons en direction de Toma 14h45, nous arrivons à Toma et procédons au déchargement ainsi qu’à la préparation des câbles, coffrets et autres antennes. 17h30, il faut ce qu’il faut, les So.b.bra s’imposent car le soleil a cogné nos crânes d’occidentaux fragiles. Pas de risques inutiles. 20h, retour à Koudougou où une douche précède le repas chez Wend Kuni qui restera un grand moment. En effet, notre présence dans ce petit " boui-boui " pour y déguster, avec les mains, une pintade servie dans une assiette de 40cm de diamètre en plastique laisse pantois le patron lorsqu’il apprend de la bouche de notre chauffeur que le choix de sa gargote a été fait par nous et non par lui. Nous avions suivi les conseils du Routard mais il n’en savait rien. Jeudi 7 0ctobre 8h, nous quittons Koudougou pour rejoindre à Toma les pylonistes arrivant de Ouagadougou. Mauvaise nouvelle, il semblerait que ceux-ci aient des difficultés pour se procurer une voiture et ne seront pas sur le site avant la fin de matinée. Nous testons les liaisons en attendant et le résultat est concluant. A midi ne voyant rien venir et un peu désappointés, nous allons prendre un repas en compagnie du technicien local, Zacharia Woni qui ne nous rassure pas lors qu’il annonce qu’il ne reprend son service qu’à 15h30. Un ange passe et sourit. Après le repas, nous visitons un centre touristique bâti par un Frère canadien et nous en prenons les coordonnées car il sera intéressant de loger sur place lors de notre prochaine mission. 15h30, les pylonistes arrivent mais il sera impossible d’achever l’installation ce jour. Nous sommes obligés d’y passer un jour de plus ce qui contrarie certains projets que nous avions pour le vendredi. Le travail de l’équipe est formidable car ils réussissent la gageure de fixer 4 supports + 4 antennes avant la nuit (18H30) et ce à 50m de hauteur (les connaisseurs apprécieront ). De notre côté nous installons les 4 coffrets ainsi que les câbles dans le local. Avant de s’enfiler quelques So.b.bra de l’amitié et prendre un repas, nous allons voir l’hébergement de fortune qui nous a été dégoté. Lorsque nous le regagnons, nous nous rendons vite compte qu’il sera difficile d’y dormir car il y règne une odeur très forte de pétrole due à la lampe et de plus la chaleur n’arrange rien. Notre décision est prise, nous dormirons à la belle étoile sur le plateau arrière du véhicule après y avoir mis les matelas. Mauvaise pioche car en pleine nuit une averse nous oblige à un replis stratégique vers l’intérieur où les moustiques nous attendent en se frottant les pattes. Le festin peut commencer. Vendredi 8 Octobre 6h, la nuit très courte a laissé des traces. Claude a été épargné par les moustiques que je soupçonne de favoritisme. Déjeuner communautaire et reprise des travaux. La pose des câbles entre les antennes et les coffrets ne se fait pas sans problèmes ( Fiches arrachées lors du tirage ) et nécessite la bagatelle de 6 heures. Le temps de peaufiner l’installation et nous reprenons la route de Koudougou où nous avions laisser notre change, pensant y dormir laveille( autre mauvaise pioche ). La douche va effacer deux jours de salopette et godillots et si possible apaiser les baisers de ces chers moustiques. C’est l’une des meilleures bien qu’elle soit froide. 15h30, départ vers Ouaga où M. Etienne Paré nous attend pour faire le point sur la mission. 16h40, arrivée à la DILA ( 1h10 Koudougou-Ouaga record à battre, belle performance du chauffeur Daouda Cissé fortement encouragé par nous ). 17h15, M. Etienne Paré est là, ravi lorsque nous lui apprenons que toute l’installation a été faite à Toma et surpris de lire l’inventaire du matériel envoyé et entreposé dans le centre de Toma en vue de l’achèvement des travaux. Nous avons la très nette impression que la crédibilité de CSDPTT vient d’être atteinte. Son enthousiasme non dissimulé et son invitation à aller prendre un verre ensemble nous conforte dans cette appréciation. Nous fêtons çà par une Pelforth car nos compagnes habituelles ne sont pas fraîches. L’homme est un animal souvent infidèle. Nous n’avons pu saluer Félix avant notre départ, il ne nous avait pas attendu malgré notre coup de fil de Koudougou. Comprenne qui pourra. 19h, M Etienne Paré nous ramène à la DILA où nous avons rendez-vous avec JP Bonkoungou qui nous a invités chez lui. 19h15, message de JP : invitation annulée. Nous rassemblons l’énergie qu’il nous reste et filons prendre le premier repas de la journée au Tam-Tam où André doit nous rejoindre. Nous essayons avec son aide de comprendre un peu mieux les burkinabès mais il nous avoue que quelquefois il a aussi des difficultés à saisir ses compatriotes. La visite des villageois, demain, n’est pas du tout assurée car il lui faut trouver véhicule 4x4. Effectivement, il ne " pige pas tout " car il pensait que l’Onatel en mettrait un à notre disposition. 22h30, si les moustiques et le coup de soleil le permettent, je devrais sombrer dans un profond sommeil. Samedi 9 Octobre 7h, coup de fil d’André qui a pu trouvé une voiture et nous fixe rendez-vous à 8h30 après une petite révision. 9h30, départ pour ce qui sera mais nous ne le savons pas encore la plus éprouvante journée du séjour. 12h30, arrivée Toma avec un chrono proche du record. Les pneus s’en souviennent encore surtout l’arrière droit comme nous le verrons plus tard. Zacharia nous accueille comme convenu pour ouvrir les locaux et nous permettre de prendre le matériel nécessaire aux essais que nous voulons effectuer dans les villages. Avec son accord nous utiliserons la ligne de la cabine et ferons tout d’abord les essais à Koin et Biba car la voiture qu’a récupérée André n’est pas assez grande pour y mettre trois personnes plus les coffrets et antennes des 4 villages. Premier coup de théâtre lorsque le p’tit gars Zacharia décide de venir avec nous. Il va falloir se serrer puisque nous n’osons refuser. C’est là que débute une série de tentatives d’organisation à l’intérieur. La première consiste à mettre André, Claude et Zacharia à l’avant, pour ma part je me coltine le matériel à l’arrière jusqu’à Koin. Nous y rencontrons le délégué, un peu contesté, et quelques villageois. Les essais s’avèrent concluant. Pour aller à Biba nous utilisons la formule numéro deux. Dans celle-ci, André, Zacharia et moi sommes à l’avant, Claude chouchoute le matériel à l’arrière. Il a préféré me laisser le soin de caler le levier de vitesse dans un endroit que la décence m’interdit de nommer d’autant que l’ami Zacharia prend ses aises. Bref, nous atteignons Biba où nous rencontrons des responsables ainsi que des villageois très heureux de nous voir. Là aussi, la tonalité nous parvient au grand plaisir de la foule nous entourant. Direction Toma pour échanger le matériel en expérimentant la troisième formule. André et Zacharia de plus en plus à l’aise à l’avant, Claude et moi à l’arrière pour un tête-à-tête avec le matériel, et c’est rien de le dire. 15h, Nous prenons un repas composé de poulet, riz et So.b .bra à Toma. Cette pause permet de déplier nos membres avant les deux dernières visites dont les parcours plus longs ne s’annoncent pas comme des parties de plaisir. Les pistes défoncées, l’exiguïté de la voiture et la chaleur font que nous arrivons à Yaba assez éprouvés. Nous y rencontrons le préfet qui assiste à la " magie des blancs ". Claude obtenant la tonalité pendant que, juché sur le toit du véhicule, j’oriente le mât avec antenne vers Toma. Il ne reste que Nimina, le village d’André, le plus problématique compte tenu de la topographie du site. 17h30, route de Nimina, signal piquet de bois surmonté d’un bidon. C’est la pause Dolo ( bière de mil ). Nous enquillons quelques gorgées pour nous aider à affronter les 28 Km de piste " esquicher " comme des anchois. Mais point d’autre choix du moment que Zacharia est bien. Il est 19h lorsque nous arrivons à Nimina. Là aussi l’accueil est excellent et le délégué nous emmène vers le lieu choisi en compagnie de quelques villageois. Les essais se font de nuit et se révèlent excellents. André ne résiste pas à l’envie de téléphoner chez lui à Ouaga. Enthousiasme général et grande satisfaction pour nous qui n’avions fait que des calculs théoriques. On nous offre des statuettes et après un dernier salut d’André à sa famille nous regagnons Toma. Les villageois de Koin et Nimina savent qu’il peuvent construire un local pour abriter le matériel en toute tranquillité car l’installation se fera. Pour ce qui est de Yaba pas de problème car l’infrastructure existe de même pour Biba où il y a une possibilité. Colossale surprise lorsque nous ramenons Zacharia chez lui, puisqu’il nous réclame le paiement des quelques taxes utilisées lors des essais. Refus poli mais catégorique de notre part, André et nous-même sommes abasourdis. 20h30, si tout va bien, nous pouvons escompter arriver à Ouaga vers 24h. Mais pourquoi tout irait-t-il bien après cette nouvelle mésaventure ? Nous ne cessons de pester contre Zacharia durant toute la piste vers Koudougou mais pas au point d’en oublier les ornières dont chaque passage est un nouveau coup porté à notre résistance physique très entamée. André plaisante lorsque nous croisons un chat noir sur l’incidence qu’il pourrait y avoir sur notre départ prévu demain. 22h30, Koudougou nous voilà. Fin des pistes pour cette mission, çà s’arrose. Et trois bières, trois. Que nenni, je déclare forfait pour celle-là et Claude carbure à l’eau gazeuse. Déchéance, quand tu nous tiens ! ! 24h, route de Ouaga, un nouveau chat noir traverse. Nous sommes trop crevés pour supputer quoique ce soit et nous ne sommes pas les seuls. La roue arrière droit aussi est crevée. Etonnant non ! Pas de clef adéquate pour démonter la roue et pas de lumière pour nous éclairer. Nous ne nous démontons pas et l’acharnement paye. Victoire, la roue est remplacée. Non, pas encore victoire car la batterie est à plat car nous avons laissé les feux allumés histoire de rire. Un peu d’exercice ne nuit pas à la santé de nos globe-trotters de CSDPTT. 2h, nous voilà déjà à Ouaga. Nous saluons André et le remercions. Dodo, car nous avons eu la bonne idée de demander à nos femmes d’appeler tôt demain pour être sûres de ne pas nous louper. Dimanche 10 Octobre 8h, coup de téléphone de France. Comme prévue la nuit fût courte. Au contraire la douche est la plus longue que nous ayons prise avant une dernière immersion dans Ouaga. Derniers achats, dernières salutations aux amis rencontrés durant ces deux semaines. 12h, dernier taxi pour la DILA. Boudiou, les 500m habituels que nous parcourons à pied nous semblent des Km. Nous devons en convenir, nous sommes " cuits ". JP Bonkoungou vient nous dire au revoir puis nous nous effondrons pour la dernière sieste. 16h30, réveil difficile mais obligatoire. Nous faisons nos bagages et attendons gentiment André qui doit nous conduire à l’aéroport à 18h30 19h, André nous appelle pour confirmer sa venue à 18h30. Décidément, le temps africain nous échappera jusqu’au bout. Une dernière Castel et l’heure de la séparation arrive avec la conviction que ceci n’est qu’un au revoir car ce projet ira à son terme nous en sommes convaincus. CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06 | |||||||||||||||||||||||||
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