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Bamako 2000 :

Bamako 2000 : témoignages de quelques participants

Brehima Sidibé : Coordinateur du Télécentre de Tombouctou

Voici en quelques lignes le témoignage de ma participation à Bamako 2000.

Dans l’ensemble tout s’est bien passé du point de vue organisation. Seulement il faut noter que le temps imparti aux différents intervenants était trop peu pour faire une présentation de qualité (c’est mon avis personnel).

Revenons aux débats de mon atelier qui était l’atelier n°9 : les accès collectifs et appropriation sociale des TIC. Le président était le maire de la ville de Tombouctou M.Mohamed CISSE et M. Ken LOHENTO du BENIN était le coordonnateur durant les 3 jours de travaux.

Mon intervention s’est portée sur l’exploitation des ressources des TIC par les populations : le processus d’interfaçage le tout dans le contexte des accès collectifs en me basant entre autres sur l’expérience de Tombouctou. C’est à dire expliquer comment les ressources sont tirées de l’Internet et utilisées par les populations, le tout en 15 minutes. Voici un résumé de mon intervention :

" L’exploitation des ressources des TIC par les populations : Tombouctou, a un passé culturel riche, elle abrita au 16è siècle l’une des plus célèbres universités de l’Ouest africain. Cette longue tradition fera tache et dotera la ville d’une élite très écoutée. Avec une population de cinquante mille habitants, Tombouctou s’est forgé une mentalité d’ouverture. Tombouctou aujourd’hui vit une période de grande ouverture. Les technologies de l’information et de la communication (TIC), comment sont- elles exploitées par les populations ? L’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC ) est certain. De façon directe les populations (les couches) directement intéressées par les prestations du Télécentre Communautaire Polyvalent " TCP " ( saisie, connexion et consultation Internet, formation, Émail, confection de pages Web, fax, scannage etc.....) sont les services techniques, les institutions culturelles, les organisations non gouvernementales, les radios de proximité, les guides, les hôtels et les jeunes. Ce sont des informations qui sont exploitées d’une certaine façon au profit des populations.

En fait, ces nouvelles technologies de l’information et de la communication embrassent tous les domaines et offrent des opportunités d’épanouissement de développement et d’ouverture sur le monde. Cependant, il faudrait des moyens plus appropriés et une sensibilisation continuelle, élaborer ou trouver des stratégies pour inciter les femmes à mieux fréquenter le TCP. Le contexte socio-économique de Tombouctou connaît une certaine évolution.

Nous noterons cependant que certains domaines ont de l’avance par rapport à d’autres. Sur le plan culturel, la bibliothéconomie a été perçue comme une nécessité qu’il faut posséder. Au niveau scolaire le besoin se fait aussi ressentir pour habituer les jeunes aux nouvelles techniques. Nous disons que ces nouvelles techniques sont à la portée de tous et les populations de Tombouctou ont montré beaucoup d’engouement. Depuis l’ouverture, la fréquentation va en augmentant. Certes des problèmes subsistent auxquels il faudrait faire face, la tête froide. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’échappent à la règle du " tout nouveau tout beau ", mais il nous appartient de maintenir l’élan, d’encourager les avances, de renforcer la fréquentation en mettant à la disposition des utilisateurs les compétences et les moyens nécessaires.

Les radios de proximité dans ce sens sont des partenaires de choix non seulement pour la sensibilisation, mais aussi pour l’exploitation d’informations sures et fiables, qu’elles mettent à la portée des populations. "

Au cour de l’exposé j’ai relaté l’historique du TCP de Tombouctou qui fait parti d’un programme de projet mis en oeuvre conjointement par l’UNESCO, l’UIT et le CRDI dans le cadre de l’initiative des Nations Unies pour l’Afrique suite au plan d’action de Buenos Aires. Il a pour but de stimuler le développement rural en facilitant l’accès aux NTIC. J’ai ensuite donné le détail sur la composition du comité de gestion du TCP qui est constitué de 6 personnes (2 femmes et 4 hommes). Il y a un économiste, un télécom, une psychopédagogue, une administratrice et deux informaticiens. Parmi les utilisateurs du TCP, j’ai pris un échantillon de 1000 personnes dans le "Log" qui m’a donné ce qui suit : 36% sont des femmes 60% sont des jeunes dont 57% sont des élèves et étudiants(Chercheurs) 38% sont du secteur publique 33% du secteur privé 29% sont des ONG.

Après l’exposé il y a eu des questions qui ont été posées entre autres ; quel est l’appui de la mairie dans l’exécution de ce projet ? Quels sont les rapports entre le TCP et l’ADPPTT ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? etc..... Pour ce qui concernait la question par rapport à l’appui de la mairie, j’ai laissé le soin au maire de répondre à cette question qui la concernait directement. Quand aux problèmes rencontrés, j’ai évoqué la localisation du Télécentre à l’hôpital qui n’a pas facilité la fréquentation, il y a aussi la gestion du social et de l’économie et en fin le débit limité à cause du support de transmission qui est en RTC entre Tombouctou et Bamako.

Pour ce qui concerne le rapport entre l’ADPPTT dont je suis le président et le Télécentre (TCP) dont je suis l’assistant du coordinateur est en bon terme ; pour preuve c’est CSDPTT de France, un des partenaires de l’ADPPTT à travers une de ses adhérentes qui a négocié avec France Télécom la récupération d’une vingtaine de PCs pour les mettre à la disposition du TCP.

Dans ce lot on a constaté que 8 ne passaient pas le cap de l’an 2000 donc ce sont 12 sur les 20 qui ont été envoyés au Mali pour le TCP par le biais de l’UNESCO de Paris. Franchement le temps était trop court pour aller au fond des choses souvent.

Le lendemain, le coordinateur a intervenu sur le thème suivant : Les problèmes liés à la participation communautaire dans la gestion et l’animation des accès collectifs et est revenu sur certaines dont je n’ai pas pu répondre à la veille parce qu’on a été interrompu pour céder la salle à une commission de la francophonie pour une rencontre.

M. Christian Segoe de RASCOM a fait un exposé sur le projet Rascom. Tout au long de son exposé j’ai retenu quelques points qui me semblent être importants, il s’agit de la visite de 600 experts dans plus de 151.000 villages et l’utilisation de 500.000 terminaux pour faciliter les connexions. Il a ensuite fait cas du système de financement "BOT" (Build, Operate, Transfert) qui est une première du genre dans le système de télécommunications. Selon ses explications RASCOM est composé des pays dit à risque et qu’il a le droit de superviser tout le système. Le projet prévoit le lancement de 2 satellites, tous les états sont associés à la phase d’étude sauf l’Afrique du Sud et sur les 54 pays il y a 43 qui ont signé ce projet. Il nous a précise que RASCOM est une entreprise commerciale. Il a une durée du projet est de 10 à 15 ans répartie comme suit : au cours des 10 première année il y aura le transfert technique à partir de la 11ème année commencera le transfert économique jusqu’à la 15ème année et ensuite il y aura le transfert du système aux pays membres. Il nous a rassuré que GLOBASTAR ne fait pas tous les services donc ne concurrencera pas RASCOM. 

La clôture officielle a finalement eu lieu le vendredi, 25 au lieu de samedi 26 comme initialement prévu.

Il est à noter que le PDG de la SOTELMA a tenu une conférence de presse avec les médias au cour de laquelle il a abordé tous les domaines y compris la privatisation de la société des télécommunications du Mali.

Les points que j’a retenu de cette conférence sont surtout : l’augmentation de l’objectif de l’an 2000 de la politique commerciale de 9,5% par rapport à 1999, la libéralisation de la bande des terminaux cellulaires, promotion et libéralisations des cabines privées, création des télécentres dans toutes les régions avec commercialisation de l’Internet, l’augmentation du réseau à 43.000 lignes d’abonné sur l’ensemble du territoire, revoir la politique tarifaire à la baisse de (12,5%) sur les communications internationales et nationales.

Il a noté que l’ouverture du capital de la SOTELMA est prévu pour fin 2000.

Il a fini en insistant sur le fait que toutes les installations techniques de Bamako 2000 ont été faites et assurées par la SOTELMA. Dans les recommandations, l’accent à été mis sur les points suivants
-  avoir un contenu culturellement riche
-  redéfinition des acteurs des cyber cafés
-  mettre les moyens pour rentabiliser les télécentres. Salutations amicales.


Oumou Doumbia : Association des volontaires pour le développement des Télécom ( Bamako) J’ai assisté à la rencontre de Bamako 2000 précisément à l’atelier 7 qui avait pour thème : FORMATION et RECHERCHE. Les travaux préliminaires ont porté sur les contributions aux débats à l’atelier de certains participants qui ont eu à donner leur point de vue face aux nouvelles technologies de l’information et communication. Partout dans les ateliers les participants ont démontré que l’Internet n’est plus un luxe, puisque l’Internet favorise l’accès au savoir ; le but recherché est l’utilisation des NTIC dans toute l’Afrique avec : * l’introduction massive des TIC dans l’enseignement, * l’implantation de la téléphonie rurale dans les village, * développer les centres communau-taires d’accès à l’Internet, * l’internet à la disposition des associations féminines. Des expériences réalisées dans certains pays ont été présentées au sein de mon atelier telles que :
-  le GEP(Groupe Educatif pour la Population) au Sénégal. - l’Infotech de l’architecture socio- environnementale basé sur la pêche au Cameroun. J’ai pris connaissance des sites à savoir :
-  l’EUFORIC http://www.euforic.org
-  IBISCUS http://www.ibiscus.fr
-  CIDOB http://www.cidob.fr
-  le réseau des lacs africains http://www.grandslacs.net Alors Bamako 2000 était vraiment le cadeau du siècle.


Talift Billal : Association des volontaires pour le développement des PTT ( Mopti) Enfin je suis de retour de Bamako 2000 qui s’est déroulé du 21 au 26 février 2000. Il y avait plus de 1600 participants venus de tous les continents. J’ai participé à l’atelier sur le commerce électronique. Là des questions relatives aux avantages et inconvénients ont été posées mais c’est surtout l’aspect juridique qui retiendra l’attention des participants. De la conclusion du président il ressort qu’il faut raccorder les 701 communes que compte le Mali à Internet et y avoir un enseignant pour chaque commune. Pour moi toute initiative qui va dans ce sens serait la bien venue. Après le congrès je n’ai pas pu rencontrer les autres collègues car la clôture a eu lieu le vendredi à 19 heures et c’était le week-end .


Sékou Coulibaly : Association des volontaires pour le développement des Télécom (Bamako) La rencontre de Bamako prévue pour recevoir 300 participants, nous étions plus de 1800 invités repartis entre 10 ateliers ; et dans le salon d’exposition de l’Internet. Personnellement j’ai participé aux travaux de l’atelier 9 où le thème principal était "l’accès collectif et appropriation des TIC" . Dans cet atelier, les présentations et les discutions sur les différentes expériences se sont déroulées autour des sous thèmes suivants :

-  Quels contenus et quelle valeur ajoutée des TIC au développement ?
-  Pertinence des contenus développés et nouveaux services offerts
-  Relations langues locales et contenus développés - formation des usagers et usages des TIC : quelles stratégies pour une véritable appropriation ? - L’apprentissage et exploitation des TIC par les populations : les processus d’interfaçage.

-  Conditions technologiques, financières et accès universel : quelles stratégies ? Adéquation entre les solutions techniques proposées et les conditions technico-économiques des zones défavorisées.
-  Les problèmes liés à la participation communautaire dans la gestion et l’animation des accès collectifs. Parmi les expériences présentées c’est surtout celle de "enda cyberpop " présentée par RABIA ABDELKRIM CHIKH qui m’a beaucoup impressionnée, car c’est un programme qui a réalisé un site pour la visibilité des réalisations des organisations populaires situées dans les zones défavorisées de grande pauvreté et montre comment les NTIC peuvent être accessibles aux communautés de bases par la formation de formateurs au sein des groupes et la création de télécentres communautaires appelés centres de ressources communautaires gérés par les groupes d’acteurs locaux. Je vous informe que cette expérience nous vient du SENEGAL. Le web c’est : http://wwww.enda.sn/cyberpop . Je ne pourrai terminer ce petit compte-rendu sans vous signaler que certaines questions ont suscité des débats tels que : le problème de contenu, le plurilinguisme, la connectivité etc... Pour la connectivité la présentation faite par un représentant de RASCOM nous a rassurée et personnellement je pense que nous africains avons intérêt que ce grand projet de télécommunication réussisse. D’ailleurs le président malien son excellence monsieur Alpha Oumar Konaré, dans son discours de clôture s’est engagé à connecter les 701 communes du MALI sur Internet tout en créant une école dans chaque village ; pour la réalisation de ce projet il n’a pas fait de calcul astronomique car 16 milliards de francs CFA suffisent si on nous allégeait du poids de remboursement de notre dette extérieur qui s’élève à plus de 50 milliards en 1999. Pour les différentes recommandations ou encore dites " déclaration de Bamako", je vous invite à consulter le site de la rencontre de Bamako 2000.

___________________________________

Benoit Dumolin

Bamako 2000 a réussi à être plus qu’une réunion d’experts en proposant une ouverture au public par le biais d’une communication importante dans les média de la capitale malienne. C’est ainsi que de nombreux jeunes ont pu faire leur premiers pas sur Internet et que beaucoup de maliens ont été informé de l’existence de ce nouveau média. Cette expérience est certainement unique : il faudrait s’interroger sur son réel impact


CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06


 

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