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| Quand l’Internet se met au rythme du Tam Tam
Quand l’Internet africain se met au rythme du Tam tam ... En matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), l’Afrique n’est pas toujours laissée pour compte. Preuve en est le financement de la première fête de l’Internet qui s’est tenu les 19 et 20 mars derniers dans la plupart des pays d’Afrique francophone. Les NTIC ont certes fait leur apparition en Afrique comme l’illustre la publicité affichée sur les bus de Bamako par la société publique de télécommunications malienne visant à promouvoir l’accès au réseau mondial. Mais elles sont en outre devenues un nouveau créneau de coopération : après s’être montrées parfois très réticentes, les grandes agences de coopération multilatérale et bilatérales ont désormais défini des lignes budgétaires destinées à financer des projets visant à promouvoir les NTIC sur le continent africain. Le principal credo des bailleurs de fonds est d’aider à combler le fossé qui risque de se creuser entre info-riches et info-pauvres. Tels sont ainsi les objectifs du projet de l’Université Africaine Virtuelle formulés dans son document de présentation visant à permettre à l’Afrique, qui n’a pas vu passer la révolution industrielle, de prendre en marche le train de la révolution informationnelle. Ces bonnes intentions peuvent néanmoins laisser sceptique face aux réels besoins en développement d’une Afrique souvent " en retard " en matière de technologies tout court. En témoigne cette réflexion exprimée par un responsable de programme de radios rurales au Mali, pour qui il peut paraître contradictoire d’équiper une radio d’un PC multimédia dernier cri alors que les journalistes disposent à peine de micro ou d’émetteur pour faire leurs émissions locales. Dans le même sens, on peut douter que le projet de Télécentre multimédia à Tombouctou ait la capacité de fournir aux publics cibles, à savoir les populations rurales de cette zone sahélienne, des informations adaptées à leurs besoins qui restent très liés à des réalités locales précises peu représentées sur Internet. Plus largement, faut-il réfléchir longtemps pour s’apercevoir que l’Afrique des villages et des quartiers, qui n’est pas toujours si éloignée pourtant des grands hôtels climatisés des capitales, demeure pour une grande part sous équipée en moyens de communication classique et s’inscrit surtout dans une forte tradition orale et demeure encore assez peu réceptive aux discours tenus sur l’impact et les enjeux sociétaux que ces nouveaux outils sont censés d’apporter. En Afrique, le nombre des connectés à l’Internet dépasse à peine les 100 000 personnes (hors Afrique du Sud). Ce nombre compte une majorité d’expatriés ou d’africains déjà privilégiés quant à l’accès aux outils de communication tels que le téléphone portable et les ordinateurs. On est alors en droit de se demander pourquoi l’effort financier actuellement consenti à la promotion des réseaux multimédia n’a jamais eu d’équivalent pour le développement d’outils et de services de communication et d’information au profit de populations dépourvues de téléphone, de bureaux de poste ou d’accès à la radio. A l’heure où des milliers de villages africains et de nombreuses agglomérations périphériques des grandes villes attendent le téléphone depuis parfois plusieurs années, ne serait-il pas en effet plus judicieux d’aider les africains à "fêter" le téléphone en appuyant notamment les initiatives des ONG ou les efforts des compagnies nationales de télécommunications pour installer des équipements en zone rurales ? Les grands gagnants de l’Internet africains sont encore pour l’instant des vendeurs de technologies et des consultants payés pour prévoir combien les budgets des agences de coopération (dont les montants s’avèrent colossaux par rapport aux bénéficiaires) seront dépensés dans le cyberespace africains ou pour inventer de nouveaux types d’usages propres à l’Afrique. Benoit Dumoulin Coordinateur de Globenet CSDPTT coopération Solidarité Développement aux PTT BP8 75261 Paris Cedex 06 | |||||||||||||||||||||||||
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